Convalescence

Amenée en salle d’opération puis de réanimation.
Elle fut ensuite assignée dans une chambre.

Duncan avait appelé Marianne pour la prévenir.
Il s’était rendu à l’hôpital juste après et Marianne était arrivée aussi vite que possible.
Ils étaient tous les deux dans la salle d’attente.
Il faisait nuit et il n’y avait pas grand monde à part quelques urgences, ce qui était déjà pas mal.
Totalement essoufflée elle se tint les genoux pour reprendre sa respiration lorsqu’elle vit Duncan.
Il la regarda surpris.

— Tu n’avais pas besoin de venir aussi rapidement… tu sais ?
Dit-il pour détendre l’atmosphère.

— … Où est Annabelle… ?
Réussit-elle à prononcer entre plusieurs respirations.

— … Elle est en salle de réanimation.
Répondit-il en reprenant son sérieux.

Il changea de ton et baissa la tête.

— Raconte-moi ce qu’il s’est passé.
Dit-elle, après avoir finalement repris son souffle.

Elle lui donna une tape dans le dos pour le rassurer, également pour se rassurer.
Ils s’assirent sur des chaises à côté d’un distributeur et il expliqua à Marianne les évènements.

— Je suis désolé…
Dit-il après avoir fini.

— … Ce n’est pas ta faute, elle s’est mise devant toi. Tu n’as rien à te reprocher… si tu es fautif je le suis tout autant de l’avoir jetée dans tes pattes.

Elle essaya de rester calme et de consoler son ami mais sa voix tremblait.

— Elle va se réveiller, c’est une battante.
Dit-il à haute voix, comme une prière.

— Au fait, il ne faut pas prévenir sa famille ?
Demanda t-il soudainement.

— … Non, elle est majeure et je suis désignée comme sa tutrice. C’est un peu compliqué mais elle ne souhaite pas revoir ses parents…

Un infirmier vint les voir au bout d’un moment.

— Vous êtes les proches de la patiente qui a pris une balle, c’est bien ça ?

Ils acquiescèrent.

— J’aurais besoin que vous remplissiez quelques documents.

— Est-ce qu’elle va bien ?
Demanda Marianne inquiète.

— Ah, oui. Excusez-moi, j’ai omis de vous dire que son état s’est stabilisé, elle ne recevra pas de visite avant demain. Après ces documents, rentrez chez vous et reposez vous. Elle devrait être reveillée pour demain.
Expliqua t-il, lui-même exténué de sa journée.

— Merci monsieur.
— Merci à vous, bonne soirée.
— Bon courage.

*

Annabelle se réveilla la tête embrumée.
Elle vit qu’elle était dans un lit et une chambre qu’elle ne connaissait pas. Tentant de se remémorer les derniers évènements.
Ses sens revinrent progressivement et elle sentit une douleur d’abord gênante, puis plus présente jusqu’à vraiment lui faire mal.
Elle essaya de bouger mais son corps tout entier la faisait souffrir et elle préféra s’écouter sagement et bouger le moins possible pour se ménager.
Elle observa minutieusement les alentours et elle put deviner qu’elle était dans une chambre d’hôpital.
Sa mémoire lui revint lentement.
Elle prit son mal en patience et attendit, fermant les yeux et essayant de se rendormir jusqu’à ce que quelqu’un lui explique la situation.

Une infirmière entra la voir et sembla surprise de la voir éveillée.

— B-bonjour. Comment vous sentez-vous ?
Demanda t-elle.

— Bonjour…
Sa voix était un peu rauque.

*

Quelques jours après, Annabelle demanda à sortir mais les médecins durent la forcer à rester au repos pour que son corps puisse guérir complètement.

La semaine écoulée, après son réveil, elle put finalement rentrer chez Marianne.
Duncan s’était arrangé pour se libérer et l’accueillir à la sortie de l’hôpital, il avait rassemblé ses affaires pour lui rendre. Entre temps il avait apporté des vêtements de rechange puisque les anciens étaient imbibés de sang et abîmés.

Marianne conduit Annabelle dans son entreprise, chez elle. Là où elle avait sa chambre.

2019.11.14

Visite

Marianne inquiète comme jamais, s’était assise au chevet d’Annabelle et lui serrait la main dans les siennes.

— Ne me refais plus jamais une frayeur comme celle là…
Disait-elle avec émotion, des trémolos dans la voix.

Elle posa son front sur sa main.
Duncan était derrière et observait la scène, spectateur et à la fois ému de la relation entre ces deux femmes.
Se sentant de trop dans cette pièce.

— Je dois passer un appel…
Mentit-il pour les laisser seules.

Il sortit et attendit dans le hall.
Il se dirigea vers l’entrée, et s’assit sur un des nombreux sièges libres. Il poussa un long soupir et se prit le visage dans les mains. Perdu dans ses pensées, laissant aller ses émotions.
Rassuré qu’Annabelle se soit réveillée, et redécouvrant ce doux sentiment d’affection qu’il ressentait à son égard.
À la fois fustré de voir que ses sentiments plus forts étaient certainement à sens unique.
La fatigue ne l’aidant pas, il ne savait plus trop quoi penser pour se vider la tête.

— … Je suis tellement désolée… si je ne t’avais pas demandé de l’assister…
Marianne n’eut pas le temps de finir.

2019.11.11

Décrocher

Retour au quotidien
Duncan

Il quitta les lieux un peu précipitamment, laissant Annabelle retourner auprès de son employée, ou plutôt sa propriétaire.
Rien qu’en y pensant, il passa sa main dans ses cheveux et soupira. Ce séjour imposé était enfin fini.
Il retourna s’installer dans sa voiture, après avoir attaché sa ceinture, inconsciemment il jeta un coup d oeil sur son siège passager.
Il avait pris l’habitude de le faire.
Il poussa un autre soupir en le voyant innocupé et demarra le moteur.

Il repensa au jour de son arrivée et étrangement, lorsqu’il ouvrit la porte de son appartement, il ressentit comme un vide.
Son air maussade était revenu et il se dirigea de manière nonchalante vers la cuisine et ouvrit le réfrigérateur en quête de nourriture.
Il commençait à se faire tard et il était déjà l’heure du dîner.
Il fut d’abord surpris, puis il eut un sourire jusqu’aux oreilles en voyant qu’il y avait des petits plats préparés accompagnés de quelques mots.
« Manger avant le… » ainsi que le nom du contenu.
Il en choisit un au hasard, les dates étant les mêmes.
Il le réchauffa et le mangea dans son salon, sans aucun bruit. Il était bien trop occupé à réfléchir et à se perdre dans ses propres pensées.
Il se remémora les quelques jours qui ne furent pas aussi longs, ni aussi pénibles qu’il l’avait imaginé.

Après avoir débarassé et fait la vaisselle, il alla se déshabiller et faire sa toilette de nuit.
Les vêtements sales dans la corbeille à linge sale, il les jeta par dessus ceux qu’il lui avait prêtés en lieu de pyjama.
Il se rendit dans sa chambre pour s’écrouler dans son lit, sur la couverture.
Il était sur le dos au milieu du lit, il resta un moment ainsi puis se tourna du côté gauche.
C’était de ce côté-ci qu’elle avait dormi, et il sentit une odeur différente, la sienne.
Ce n’était pas une odeur désagréable, c’était celle de sa peau. Il s’approcha et enfouit son visage dans le côté de sa couverture, et inspira.
Il s’arrêta un instant, encore perdu dans ses pensées.

Son téléphone sonna.
Il décrocha.

2019.09.19

Dossiers

Quelqu’un sur qui compter.
Marianne s’écroula sur le sol de son bureau.
Annabelle, entra par la porte entrouverte, après avoir entendu le bruit de la chute. Inquiète.
Marianne était sur le côté, le front en sueurs et les cheveux humides. Ses mèches collaient sur sa peau et jonchaient sur le sol.
Annabelle accourut aussitôt. Elle s’accroupit à ses côtés et toucha son pouls. Sa température n’était pas habituelle et sa respiration difficile.
Avec difficulté, elle tenta de la porter et l’allonger sur le divan dans le bureau.
Elle retourna chercher de quoi éponger le visage de sa patronne, et la rafraîchir par la même occasion.
Pendant qu’elle se reposait, Annabelle reprit les tâches de Marianne en rangeant son bureau, et en triant ses dossiers. Elle éteignit l’écran de son ordinateur en prenant soin de mettre en veille sa session au préalable.
Lorsqu’elle reprit ses esprits, Annabelle avait préparé de quoi la requinquer.

— Mademoiselle, il faut prendre soin de votre santé…
Soupira t-elle.

— … J’ai dormi pendant combien de temps ?
Demanda t-elle, un peu irritée.

— Quatre bonnes heures, je dirais… ?
Réfléchit-elle à haute voix.

— J… j’avais des dossiers urgents à finir.
Dit-elle exaspérée et souhaitant se relever sur le champ.
Elle la retint de bouger.

— Je m’en suis occupée, en partie.
La rassura t-elle.

— Les dossiers les plus urgents sont préparés et vous n’aurez qu’à les finir quand vous serez remise sur pieds.
La sermona t-elle.

Elle la remercia.

— Comment faisiez-vous quand je n’étais pas là… ?
Dit-elle exaspérée.

— J’étais bien embêtéee…

2019.09.14

Curriculum Vitae

Assit dans le fauteuil juste en face du bureau.
À la fois décontracté et tendu.
Il se demandait ce qu’il faisait là.

— Ne fais pas cette tête. Je sais que tu mourais d’envie de revenir me rendre visite.
Lui dit-elle, exaspérée.

— Je ne vois pas où tu veux en venir…
Lui répondit-il en détournant son regard.

— Fais pas ton timide, tu attendais juste une bonne raison pour faire le déplacement. On ne me la fait pas.

— Bon bon, si tu veux.
S’avoua t-il, vaincu.

— Tu vas me le demander directement ou il faut que je te livre tout sur un plateau, cher ami ? Le taquina t-elle.

Elle semblait prendre un malin plaisir à le voir embarrassé à ce point.

— Q-quoi… de neuf, depuis la dernière fois… ?
Finit-il par articuler, avec le plus grand mal.

Elle soupira.

— Comment tu vas, toi ? La dernière fois tu avais l’air en pleine dépression.

Il se remémora rapidement cette période et son visage s’assombrit subitement.

— Ça va mieux… C’est certain.

— Elle te manque… ? Ma petite Annabelle.
Dit-elle avec sincérité et compassion.

— Si on veut.

Il joua également la carte de la sincérité.

— Je sais qu’on a pas eu l’occasion d’en parler l’autre fois, mais elle m’a terriblement manquée lorsqu’elle était avec toi. C’est mon assistante et même plus. Elle m’est indispensable. Je songe même à l’ajouter sur mon testament. Elle manque encore d’un peu d’expériences mais je lui lèguerai ma firme. Je sais que ce que j’ai construit serait entre de bonnes mains si c’était elle. Je ne crois pas t’avoir raconté son histoire.

Il l’écouta avec attention. Toutes les informations à son sujet étaient bonnes à prendre.
Il l’incita à continuer, d’un hochement de tête et d’un mouvement de main.
Elle prit une grande inspiration.

— Ça risque d’être un peu long.

*

Elle arriva avec une petite malle. Des vêtements sobres : une chemise et une robe longue. Ses cheveux étaient longs et attachés en une tresse.
Elle venait pour une candidature spontannée.
Elle tremblait un peu et semblait anxieuse mais avec tout son courage elle aborda l’accueil.

— Non mademoiselle, nous ne cherchons personne actuellement.

Il souhaitait la renvoyer aussi vite qu’elle était arrivée, le ton était froid.
Elle insista.

— Veuillez au moins prendre mon CV… et cette lettre de motivation.
Ajoutait-elle en sortant les papiers de sa malle.

Elle-même embarrassée d’avoir fait le déplacement pour rien.
L’hôte ne savait pas comment réagir à cette situation.

— Mademoiselle…

La directrice passait par hasard et voyant l’hôte avoir du mal, elle observa la scène de loin pour jauger de la pertinence de son intervention.
Touchée par la sincérité dans cette jeune fille, elle s’approcha du guichet.
L’hôte, voyant la gérante arriver pensa avoir mal géré cette situation et s’excusa aussitôt.

— Madame, veuillez m’excuser-

Elle l’arrêta d’un geste.

— C’est bon, je prends la relève. Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
S’adressa t-elle directement à la visiteuse, avec un sourire bienveillant.

Trop gênée d’avoir en face d’elle, la directrice en personne, elle bafouilla maladroitement.
La directrice tendit sa main vers l’employé et il lui tendit les papiers. Elle jeta un oeil rapide au CV et à la lettre de motivation manuscrite. L’écriture était appliquée et fluide.

— Je vous invite à continuer cette conversation dans mon bureau… mademoiselle Estival ?
Dit-elle en lisant le nom sur le papier.

Installée dans le fauteuil, elle était plus que tendue et l’assurance dans la personne qui lui faisait face la destabilisait. Elle se mettait la pression pour faire bonne impression.
La directrice s’installa derrière son bureau et continua la lecture de la lettre de motivation.

— Je vous écoute, vous souhaiteriez travailler ici ? Je lis dans votre lettre que n’importe quel poste vous irait.

Elle restait silencieuse, de plus en plus tendue.

— Détendez-vous, je suis curieuse de ce qui vous motive à travailler dans mon établissement.Votre CV est intéressant mais il ne me dit pas ce que vous valez sur le terrain.

2019.09.14

Bercail

Retour au bercail.
Elle entra dans le bureau.
À peine la porte fermée, elle lui sauta dessus, en l’enlaçant.

— Tu m’as terriblement manquée… je ne sais rien faire sans toi… Ces derniers jours furent longs…
Chouinait-elle.

— Mademoiselle… n’exagérez pas…
Répondit-elle gênée.

Elle reprit son sérieux et l’interrogea.

— Comment s’est passé ton sejour ? Raconte moi ! Comment est ce cher Duncan en privé ?
Questionna t-elle, curieuse.

— Bien… il est… gentil ? Il m’a prêtée un de ses vêtements pour dormir…
Réfléchissait-elle, en essayant de rester concise.

— Oh ? Je vois, comment était son appartement ? Est-ce qu’il y avait une chambre d’ami ?

— L’appartement était bien entretenu, je n’ai pas eu énormément de travail. Il n’y avait pas de chambre d’ami, nous avons partagé son lit.

*

Elle reprit ses fonctions et ses habitudes auprès de sa patronne.
Alors qu’elle servait le thé, Marianne qui était derrière son bureau, dans son siège, attrapa son employée par la taille.

— Je suis contente que tu sois rentrée… tout est plus simple lorsque tu es à mes côtés…
Avoua t-elle en enfonçant son visage dans la taille et l’uniforme de la jeune femme.

*

Retour au quotidien de Duncan.
Il conduit et jette un regard sur le siège passager qui est maintenant vide. Il soupire en se rappelant qu’elle n’est bien évidemment, plus là.
Arrive chez lui, après avoir fermé la porte de son appartement.
Il se sent seul, et il a du mal à se l’avouer mais sa présence lui manque déjà.
Il ouvre son réfrigérateur et voit quelques plats préparés avec des petits mots.
« À manger avant… » ainsi que le nom du plat.
Il sourit et attrape le plat avec la date la plus proche pour le réchauffer au micro-ondes.

Il s’allonge dans son lit.
Il roule du côté où elle avait dormi durant son séjour, et essaye de sentir s’il reste son odeur.
Il réunit la couverture de ce côté du lit entre ses bras et plonge son visage dedans.

— Qu’est-ce que je fais, sérieux… ?!
Pense t-il.

Son coeur bat à tout rompre, et il ressent quelque chose au creux de sa poitrine.

Son téléphone sonne.

— Allô ?
Décroche t-il.

— Salut, c’est moi.

Il reconnait sa voix et exaspère déjà.

— Qu’il y a t-il ?

— Je voulais juste savoir comment tu allais… et j’attends que tu me racontes comment s’est passé le séjour avec ma petite Annabelle… alors alors ?
Dit-elle curieuse.

— Tu n’as pas voulu rester pour me le raconter de vive voix.

— Ok…
Accepta t-il à contre-coeur.

— Tout s’est relativement bien passé, elle est en effet compétente et plutôt… agréable.
Reconnut-il, en rougissant.

Il était rassuré que son interlocutrice ne se trouve pas dans la même pièce que lui.

— Je suis contente de te l’entendre dire.
— Je suis surpris de son efficacité en tant qu’assistante, elle m’a vraiment été d’une aide formidable. Est-ce qu’elle a suivi une formation en particulier ? Je songe à vraiment engager quelqu’un. Ça m’a fait gagner un temps fou dans mes dossier.
— Non, elle fait à l’instinct. Parfois elle pose des questions très simples et évidentes pour nous, et c’est ça qui me le rappelle…

— Bon, par contre, tu peux m’expliquer ce qu’elle fait toute nue avec toi… ?
Demanda t-il encore plus rouge.

— Comment ça… ?!
— Elle s’est déshabillée dans ma chambre pour dormir dans mon lit.
Dit-il d’une traite.

Il l’entendit rire à l’autre bout du combiné.

— Tu as fini… ?
Dit-il vexé.

— Non, enfin oui, plus sérieusement. Tu as réagi comment ?

Elle avait reprit son sérieux.

— … À ton avis ? Je lui ai jeté un pyjama ! Déjà que partager mon lit avec elle était gênant… !!!

— Ah, elle a quand même dormi avec toi. N’est-elle pas mignonne quand elle dort ?
Dit-elle, totalement gaga de son assistante.

— Oui- enfin, certes mais c’est pas la question. Est-ce qu’elle t’a parlé de quelque chose qui s’est passé… ?
Se racla t-il la gorge.

— … Non… ? Quel genre de chose ?

Elle réfléchissait mais ne trouvait pas.

— À mon bureau…
— Oui… ?
— Bon, en bref elle s’est fait emmerder par un de mes collègues, et elle n’était pas super à l’aise avec son comportement de forceur… j’ai dû intervenir.
— Oh…
— Ce que je veux dire par là, c’est qu’elle risque de se faire aborder de cette manière à l’avenir, et… il n’y aura pas toujours quelqu’un pour la tirer d’affaire.

— Ah ! Tu es inquiet pour elle ! C’est chou !
S’exclama t-elle.

— Je suis sérieux Marianne. Elle avait vraiment pas l’air bien en face de ce… trou de balle.
— Ok ok, je vais voir ce que je peux faire, je vais en discuter avec elle… Dis ?
— Hm ?
— Tu ne te serais pas un peu attaché à elle ?

— Pfff- q-q-qu’est-ce que tu racontes ?
Baffouilla t-il.

— Je suis sûre tu es en train de renifler le pyjama que tu lui as prêté, ou un truc dans le genre.

— Pour qui me prends-tu !? Allez je raccroche, demain je bosse !

Il coupa net.
Puis pensant à ce quelle venait de dire, il alla dans sa salle de bain pour regarder dans le panier à linge sale.
Le pyjama qu’elle avait porté était dedans.
Il hésita quelques secondes. Puis il prit le tissu.
Hésitant quelques secondes de plus. Il finit par le porter à son visage et inspira profondément.

Elle coupa son téléphone, contente d’elle.
Elle était dans une autre pièce de son appartement, qui faisait partie intégrante de l’entreprise.
Elle retourna dans la chambre, sur le lit deux places, Annabelle était endormie enroulée dans la couverture.
Lorsque Marianne s’assit sur le rebord du lit, elle se réveilla à moitié.

— Vous étiez au téléphone… ?
Demanda t-elle, les yeux encore clos.

— Oui, excuse-moi, je t’ai réveillée. C’était Duncan.

Elle était en peignoir et nue en dessous, elle le retira pour le poser sur un support près du lit et se glissa également sous la couverture.
La lumière était basse pour ne pas perturber le sommeil.
Annabelle était sur le côté du lit et se tourna sur l’autre côté pour faire face à Marianne, toujours les yeux clos.
Marianne s’allongea également sur le côté pour se retrouver en face.
Elle l’embrassa sur le front , éteignit la lumière et s’endormit.

2019.08.25

Hall

Le sejour se déroula sans encombre.
Malgré une petite intervention de Duncan.

Alors qu’elle se baladait dans les couloirs des bureaux, en revenant des toilettes. Elle se fit aborder par quelques hommes qui souhaitaient en savoir plus sur elle, et l’inviter à dîner.
Gênée par leurs demandes, elle essaya de décliner leur offre mais elle fut intimidée par leur manière de faire plutôt insistante.
Il s’inquiétait un peu et passa voir ce qui se tramait à quelques pas de son bureau.
Il vit son assistante assaillie et mal à l’aise. Il pressa le pas pour s’interposer et décliner de manière plus sèche les invitations forcées des hommes.

— Ça suffit ! C’est quoi ces manières ?! Que je ne vous vois plus lui tourner autour !
Dit-il énervé.

Il se tourna vers elle.

— Ça va ? Je suis désolé que tu aies dû subir ça… il ne faut pas hésiter à les envoyer paître, tu sais.
Sourit-il, embarrassé.

Elle semblait ne pas retrouver le sourire et garda la tête baissée, gênée d’avoir montré un tel spectacle et honteuse qu’il ait dû intervenir.

— Hé, tu n’y es pour rien.
Tenta t-il de la rassurer.

— On y va… ?
Dit-il en restant derrière elle.

*

Dans la voiture, il conduisait vers chez Marianne.

— J’espère que tu as tout de même passé un moment agréable durant ce séjour imposé…
Commença t-il.

Il n’arrivait pas à croire que ces quelques jours étaient déjà passés et que ça n’avait pas été aussi contraignant qu’il l’aurait imaginé.

— C’était très bien, merci beaucoup pour votre hospitalité. J’espère que j’ai été à la hauteur de mes fonctions.

Ils restèrent silencieux le reste du trajet.
Arrivés dans le hall, après avoir garé la voiture.
Marianne était au comptoir en train de discuter avec l’hôte d’accueil et elle fut agréablement surprise de les voir.

— De retour ? J’ai eu peur que tu ne veuilles pas me la rendre.
Blagua t-elle.

Elle fit signe à Annabelle de s’approcher et elle l’enlaça avec tout l’amour qu’une mère puisse avoir pour son enfant.
Elle lui rendit son étreinte et Duncan songea à l’idée de garder un peu plus longtemps Annabelle. Un peu jaloux de cette étreinte et de la relation que partageait ces deux femmes. Il attendit gêné, qu’elles finissent.

— Tout s’est bien passé ?
Murmura t-elle dans son oreille.

— Oui, mademoiselle.
Répondit-elle de sa douce voix.

Elle se retourna pour faire face à Duncan et elle s’inclina pour remercier Duncan et lui dire aurevoir.
Et elle s’en alla avec sa malle dans les étages.
Laissant Marianne avec lui pour discuter entre eux.

— Tu veux qu’on aille dans le bureau pour parler ?
Proposa t-elle, joyeuse de retrouver sa protégée.

— Non non, ça ira, je vais y aller.
Refusa t-il poliment.

— T’es sûr… ? Tu ne me déranges pas tu sais. Qu’est-ce que tu en as pensé ? Est-ce que tu te sens mieux… ?
S’enquit-elle.

— Oui, je ne vais pas tarder. Merci. Je reconnais que c’était pas trop… chiant… je me sens… un peu mieux.
— « Pas trop chiant » hein… ?
— Ok ok, c’était rafraîchissant. Elle m’a énormement aidé au bureau.

— Elle t’a accompagné au bureau, donc ?
Répétait-elle, intéressée et amusée.

Il soupira et tourna les talons pour repartir, en faisant un signe de main pour dire aurevoir.

— Rentre bien !
Dit-elle joyeusement.

Elle resta accoudée sur le comptoir et échangea un regard avec l’hôte.

— Tu crois qu’elle lui a plu ?
Demanda t-elle sournoise.

— En tout cas, elle ne l’a pas laissé indifférent.

Elle était dans sa chambre et rangeait ses affaires.
Elle empila soigneusement les tenues qu’il lui avait offertes.
Elle ne put s’empêcher de sourire tendrement en repensant à ce geste.
Puis elle reprit ses esprits pour retourner auprès de Marianne qu’elle recroisa dans les escaliers.

— Dans mon bureau.
Ordonna t-elle.

2019.08.24

Appel

— Hey salut, comment ça se passe ?
Demanda t-elle, avant même qu’il ne puisse dire le moindre mot.

Il l’imaginait très bien, décontractée, le combiné calé avec son épaule en train de toucher à ses documents sur le bureau.

— Salut… très bien… jusqu’à ce soir… Justement…

Le ton dans sa voix essayait de suivre celui enjoué de son interlocutrice mais il prononça ses derniers mots de manière plus posée et avec précaution.

— … Comment ça ? Elle a fait quelque chose ?
Demanda t-elle sur le qui-vive.

Elle posa sa main sur le bureau et il pu entendre le petit bruit sourd de l impact.

— Oui et non…
— Crache le morceau.
— Eh bien… il s’est passé quelque chose d’assez grave ce soir… elle est en train d’être emmenée à l’hôpital…
— Quoi ?! Explique-moi. Elle est malade ? Qu’est ce qu’elle a ?

Elle semblait impatiente de savoir et il pouvait l’imaginer piétiner.

— Pas exactement… on lui a tiré dessus… je t’expliquerai les détails.

2019.08.23

Peur

Elle était là, à attendre à la salle de repos.
Elle lui avait tapé dans l’oeil et il sauta sur l’occasion de l’aborder sans personne aux alentours.
Elle sursauta à moitié lorsqu’il s’approcha d’elle pour la saluer.
Tout dans son attitude semblait lui plaire. Sa petite voix discrète, sa gêne et sa timidité, elle ne semblait pas à l’aise.

— Bonsoir…
Répondit-elle, doucement.

Elle lui jeta un regard discret avant de retourner fixer la cafetière en train de préparer sa tasse.

— Tu fais des heures sup’ ?
Demanda t-il pour faire la discussion.

— On peut dire ça.
Répondit-elle, désintéressée.

Sans aucune émotion, elle ne s’intéressait pas aux autres personnes.
Irrité par son attitude, il se montra un peu plus insistant.

— On s’est vu ce midi, je veux t’inviter à diner ce soir après ton travail.

Cela eut l’effet escompté et elle se tourna vers lui avec le regard plein d’incompréhension.

— Je ne pense pas que ce soit possible…
Répondit-elle presque immédiatement.

— Je t’attendrai, on est sur le même bateau.
Dit-il en lui faisant un clin d oeil.

Elle ne semblait pas changer d’avis. Ce qui ne lui plaisait pas.

— Bon, en parlant travail, j’aurais besoin d’un petit coup de main dans la salle des archives, est-ce que tu peux me dépanner quelques minutes… ?
Demanda t-il, suppliant.

Elle hésita puis accepta. C’était pour le travail et elle ne négligeait pas ses tâches.
Il sourit et la remercia. Il lui ouvrit le chemin et elle le suivit jusqu’à un couloir qui menait vers une porte avec l’écriteau : salle des archives.

— C’est ici.

Il ouvrit la porte et l’invita à entrer.
Elle cherchait l’interrupteur de lumière lorsqu’elle entendit la porte claquer derrière elle.Elle se retourna mais il faisait maintenant noir complet et elle heurta quelque chose, ou plutôt quelqu’un qui l’attrapa par la taille.
Elle sentit que quelque chose ne tournait pas rond et se crispa.
Elle sentait les mains se refermer sur son corps et la repousser au fond de la pièce.
Elle tenta de résister et se débattre pour se libérer et rester près de la porte, mais la personne était beaucoup plus forte.
Elle ne connaissait pas la superficie ni ce qu’il y avait dans cette pièce. Elle n’avait aucune envie de s’enfoncer plus loin dans les rayons qu’elle avait aperçu une fraction de seconde.
Sentant qu’elle n’avait aucune chance de repousser la personne, elle réussit tout de même à se dégager en se résignant à aller plus au fond, elle ne voyait rien et s’aidait de ses mains pour deviner l’emplacement des obstacles. Essayant de faire le moins de bruit possible.
Elle n’osa pas parler et continua sa visite en espérant faire le tour et retourner à la porte de sortie.
Elle entendit une voix derrière elle, ce qui lui permettait de savoir à peu près à quelle distance elle était de lui.

— Tu as perdu ta langue ? Viens donc par ici, on va juste jouer un peu ensemble…
Disait-il, amusé par la situation.

Il ne devait pas voir plus qu’elle mais connaissait mieux cette pièce.
Elle n’avait aucune confiance en cet homme. Ces paroles n’inspiraient aucunement confiance. Elle avait été prise au piège.
Elle continua à s’éloigner de lui, du moins elle essaya.
Elle ne voulait pas créer des ennuies à Duncan et tentait de s’en sortir seule.

— Tu avais dit que tu me donnerais un petit coup de main…

Elle sentait ses battements de coeur s’accélérer et des sueurs froides, elle était en danger.

Duncan était dans son bureau, à remplir des documents.
Il releva sa tête un instant, se disant qu’il était étrange qu’Annabelle mette autant de temps pour revenir.
Elle était grande, peut-etre qu’elle était aux toilettes.
Il retourna sur ses papiers, puis quelques minutes après, il se leva.
Finalement, il était inquiet qu’elle ne se soit perdue dans les couloirs.
En effet, en sortant de son bureau, il n’y avait presque plus personne et l’étage était vide.
Pratiquement aucun bruit mis à part celui des machines, dont le distributeur.
Il remarqua la tasse de café pleine dans la cafetière.
Il la prit dans sa main et la tasse était encore tiède.
Jamais elle ne serait partie en laissant la tasse ici, sans une raison valable.
Il essaya de se convaincre qu’elle ne devait pas être loin.
Il voulut passer aux toilettes vérifier si tout allait bien.
Il passa devant la salle des archives qui était fermée.
Les autres bureaux semblaient innocupés également.
Rien aux toilettes.
Il se balada dans les couloirs en se demandant où ce qu’elle pouvait bien être.

Elle réussit a longer les murs et se retrouver non loin de la porte.
Le peu de lumière de l’extérieur pénétrait sur le pourtour de la porte. Elle réfléchit et se dit qu’elle allait trahir sa présence si elle se mettait devant la porte tout de suite.

— Où es-tu cachée… ? On va passer du bon temps ensemble, tu verras.

Il n’était pas très loin, elle l’entendait se rapprocher parce qu’il ne faisait pas spécialement attention et n’hésitait pas à se cogner sur les rayons ou donner des coups de pied dans les cartons qui trainaient.
Elle respira un bon coup et se précipita devant la porte et chercha la poignée pour ouvrir.
Lorsqu’elle enclencha la clanche, la porte ne s’ouvrit pas.
Elle retenta, une seconde fois, puis encore, sans succès.
Elle chercha la serrure de la poignée, sans succès.
Elle entendit les pas se rapprocher d’elle jusqu’à sentir la présence juste derrière elle.

— C’est moi qui ait la clé.
Murmura t-il en posant sa main sur les siennes.

Elle ne bougea plus.

— Tu es une petite joueuse à ce que je vois.

Duncan entendit un bruit puis d’autres dans le couloir et cela l’intrigua dans ce silence.
Il retourna voir et s’arrêta non loin de la salle des archives.
Cherchant d’où pouvait venir le son, il entendit une voix étouffée derrière une porte.

Elle n’osait pas crier, de peur de la réaction.
Il balada ses mains sur ses fesses et ses hanches, puis dans son entre-jambes.
Il la plaqua contre la porte, son corps écrasant le sien.
Elle pouvait sentir son érection contre ses fesses et elle n’arrivait pas à le repousser. Elle était immobilisée.
Des larmes commencèrent à mouiller ses yeux, tout en essayant de chercher un échappatoire à cette situation.
Elle réussit à dégager ses mains pour l’empêcher de la toucher dans son intimité, mais il utilisa une de ses mains pour la plaquer contre la porte, dans un bruit sourd.

— Bouge pas et laisse-toi faire.
Lui dit-il dans l’oreille.

De son autre main, elle essayait de l’empêcher de faire plus.

– A…arrêtez !
Dit-elle, désemparée.

Ignorant ses mots, il plaqua son autre main sur la porte et frottait son sexe sur elle.

— P-pourquoi… ?
Demanda t-elle, en sanglots.

*

Duncan entendit de nouveau les bruits, et devant la salle des archives, il entendit distinctement la voix d’un de ses collègues.

— Bouge pas et laisse-toi faire.
— A…arrêtez !

Il reconnut celle d’Annabelle et il sentit la colère monter en lui.
Il tourna la poignée pour ouvrir la porte. Sans succès.

En entendant la clanche tourner, l’homme se figea.
Il arrêta de bouger et attendit sans faire de bruit.

— OUVREZ TOUT DE SUITE.

La voix de Duncan résonna jusqu’à l’intérieur de la pièce.
L’agresseur relâcha son emprise sur elle et recula pour remettre en vitesse son pantalon.
Annabelle, encore sous le choc, resta devant la porte.

Duncan prit de l’élan et enfonça la porte. Elle s’ouvrit après avoir explosé le loquet.
Annabelle qui était encore derrière, se prit la porte de plein fouet et tomba par terre.

Il sentit qu’il avait percuté quelque chose et alluma immédiatement la lumière pour voir, hébété, son collègue la ceinture et la braguette ouverte, et son assistante au sol.

— Ce n’est pas ce que tu crois-
Dit l’homme.

Duncan, s’avança vers lui et lui donna un énorme coup de poing dans le nez, puis un coup de genou entre ses jambes avant d’ajouter.

— Je n’en ai pas fini avec toi.

L’homme finit plié en deux et le nez en sang.
Duncan s’agenouilla près d’Annabelle qui était sonnée.

— Pardon, comment ça va… ?

Elle reprit rapidement ses esprits et se releva comme si de rien n’était.
Les yeux encore humides, elle sortit de la salle et marcha jusqu’à retourner dans la salle de repos pour récupérer la tasse de café, et alla la poser dans le bureau.
Duncan la suivit, sans un mot.

Après avoir refermé la porte derrière lui, elle se tourna vers lui.

— M.. merci.
Dit-elle la voix tremblante.

Les larmes coulèrent à flots de ses yeux, qu’elle essaya de contrôler et d’arrêter sans y arriver.
La voyant dans cet état, il s’avança vers elle pour la serrer dans ses bras et la réconforter comme il pouvait.

— Je… je suis désolé. Je suis tellement désolé.

Elle éclata en sanglots. Elle avait eu tellement peur.

— Est-ce qu’il t’a…
Demanda t-il, timidement.

Après qu’elle ait pu se calmer.
Elle hocha négativement la tête, en essuyant ses larmes. Il soupira de soulagement.
Il sortit son téléphone et composa un numéro.

— Ça va aller.
Dit-elle souriante, encore tremblante.

Il posa son long et lourd manteau sur ses épaules et l’asseya dans un fanteuil avant de sortir pour passer son coup de fil. Il avait un contact dans la police et signala l’agression.
Lorsqu’il retourna dans son bureau, elle était encore tremblante mais gardait sa consistance en persistant à dire qu’elle allait bien.
Il vint se poser devant elle et s’agenouilla, pour prendre ses mains dans les siennes, en la regardant dans les yeux.

— On va rentrer, on a bien avancé aujourd’hui grâce à toi. Je comprendrais si tu ne souhaites plus m’accompagner demain, tu as besoin de repos…

Elle déclina sa proposition, et elle insista pour continuer à l’aider.

— C’est mon rôle de vous assister dans votre travail. Je ferai plus attention à l’avenir…
Dit-elle, en essayant de retrouver son sang froid et son professionnalisme.

— Ce n’est pas à toi de faire plus attention, mais aux gens de son espèce à ne pas se comporter ainsi… !
Dit-il un peu énervé.

— On en rediscutera demain. Tu as besoin de repos…
Ajouta t-il en se calmant.

Il pouvait sentir les tremblements dans sa main et cela lui brisait le coeur d’avoir sa part de responsabilité dans ce traumatisme.
Il referma la porte de son bureau.
Ils descendirent dans le parking, son manteau toujours sur les épaules d’Annabelle.
Arrivés à quelques mètres de la voiture, ils virent une silhouette, en s’approchant ils reconnurent le collègue harceleur qui semblait les attendre.
En les voyant arriver, il sortit quelque chose de sa veste qu’il pointa sur Duncan.
Elle sentait le danger et par réflexe, elle marcha un peu plus vite pour s’interposer et se mettre juste devant lui.
On entendit un coup de feu, puis un deuxième.
Il avait posé le flingue sur sa tempe pour le second tir et son corps tomba au sol dans un bruit sourd puis une flaque rouge commença à s’étendre au pied de la voiture de Duncan, qui restait encore deconnecté de la réalité.

— Annabelle… ? Tu n’as rien ?
Demanda t-il.

N’entendant pas de réponse, il se déplaça devant elle.
Elle avait une tache rubis sombre sur ses vêtements qui ne faisait que s’étaler et les imbiber de plus en plus.
Elle baissa la tête pour constater l’état de ses vêtement et de son corps, comme si elle n’y croyait pas, elle toucha de ses doigts qui se tintèrent de ce rouge bien vif.
Duncan observait également, encore plus choqué de la tournure des évènements.
Son regard allait du visage d’Annabelle et de son torse maintenant rouge.

— Je… ne me sens pas très bien…
Dit-elle avant de s’écrouler sur lui.

Il la rattrapa et l’allongea un peu plus loin.
Il repositionna le manteau sur son corps pour qu’elle ne perde pas trop de sa chaleur et appela immédiatement une ambulance et la police dans la foulée.
Il continua à lui parler pour qu’elle reste éveillée.

— Qu’est-ce qui t’as pris ?!

— J’aurais fait pareil… pour mademoiselle Marianne…
Repondit-elle avec mal.

— En parlant d’elle, elle va m’étriper…

Elle avait les yeux fermés et elle entendit sa voix s’éloigner et de plus en plus étouffée.
Comme si elle s’enfonçait dans la pénombre d’un rêve.
Elle entendit les bruits autour d’elle comme si elle était spectatrice de son propre corps.
Elle pouvait deviner la présence des gens arriver, lui parler et la porter sur un brancard.

— Monsieur, éloignez-vous, laissez-nous faire notre travail…
Expliquaient les ambulanciers, en soupirant.

Il s’éloigna à contre-coeur et les policiers arrivés sur le terrain ne tardèrent pas à lui poser des questions.
Il se renseigna sur l’adresse de l’hôpital et dut laisser sa voiture sur le parking pendant que les policiers et inspecteurs analysaient les moindres preuves de la scène. Il put enfin partir et prit sa respiration pour appeler et prévenir Marianne.

2019.08.22

Porte-document

Elle prit ses marques rapidement.
Le premier jour, elle observa les alentours et fit attention aux interactions avec ses collègues.
Il la présenta comme une stagière, une connaissance d’une bonne amie, et elle joua le rôle.
Il était en effet occupé lorsqu’il était au bureau.
Il la laissa vaquer à ses occupations pendant qu’il était noyé sous ses dossiers et autres tâches.
Il ne savait pas quoi lui ordonner de faire et ce n’était pas ce qu’il voulait.
Elle prit les devants et en l’observant un moment elle se positionna derrière lui pour mieux comprendre en quoi son travail consistait.
Il s’arrêta et la dévisagea, en se retournant vers elle.
Sans un mot, il se demandait ce qu’elle était en train de faire.
Elle l’ignora simplement et il fit comme si de rien n’était en retournant à son occupation.
Elle se mit à feuilleter les autres dossiers sur la pile de son bureau et à les trier.

— Wow wow wow, qu’est-ce que tu fais ?!
Demanda t-il paniqué.

— J’ai lu vos dossiers, je les trie par catégorie.
Répondit-elle comme si c’était une évidence.

Il se leva et vérifia, il fut interloqué qu’elle ait eu cette initiative.

— D’accord… merci. Je risque d’en avoir pour encore un moment mais en effet ça va me faire gagner un peu de temps…

— Je peux faire autre chose si vous m’y autorisez.

— Je…
Prit au dépourvu, il réfléchi à ce qui pourrait l’aider d’avantage.

Il se souvint que son amie l’avait prévenu sur l’efficacité de son employée et il voulut en attester de ses propres yeux.
Il lui confia une tâche un peu plus complexe qui normalement devait lui incomber, et il fut impressionné qu’elle s’en sorte sans rechigner, cela lui mâcha son propre travail.
Il dut la réfréner de lui servir le café ou le thé.

— Tu n’es pas ici pour me servir à boire, tu m’aides déjà énormément. Je pense qu’on a bien avancé, merci.
Viens, il y a un distributeur dans la salle de pause, on peut aller se prendre quelque chose.

La voyant en retrait il l’interpela.

— Tu veux quelque chose à boire ?
Demanda t-il alors qu’il se prenait une canette de café chaud.

Elle déclina et il dut insister jusqu’à ce qu’elle se décide à choisir une bouteille de thé.

— Tu n’es pas facile, tu le sais ça ?
Dit-il en blaguant.

Elle rougit et s’excusa platement, la bouteille à la main et le visage baissé.
Ils retournèrent au bureau et ses collègues n’hésitèrent pas à le harceler de questions. Il les ignorait en prétexant avoir trop de travail.
Alors qu’elle était en train de ranger certains dossiers en hauteur dans sa bibliothèque, elle était sur la pointe des pieds et tentait de le déposer.
Il vit la scène et s’approcha d’elle pour l’aider à pousser le porte-document.
Il était légèrement derrière elle, sa carrure enveloppant la sienne.
Elle ne s’y attendait pas et elle sursauta un peu, en perdant l’équilibre, il posa sa main sur son épaule pour la stabiliser.

— Je vais m’occuper de ces dossiers là, merci.
Dit-il simplement.

Ils mangèrent à la cantine de l’entreprise.
Elle ne parla pas beaucoup et les collègues curieux les noyèrent de questions qu’il ignora.

— Bon, vous allez la laisser manger tranquillement ?
Finit-il par dire, sèchement.

Elle se contentait de sourire sans rien dire, en observant les réactions. C’était dans son caractère de ne rien laisser paraître.

2019.08.19