Avertissement [RolePlay]

— Maître, je suis rentrée.

Elle s’annonça à son bureau.
Elle toqua à la porte et entra sans attendre de réponse de sa part. Depuis les nombreuses décennies de service, elle avait ce privilège. Elle faisait partie de son cercle le plus proche, même plus proche que son propre majordome qui était son plus ancien fidèle.
Elle savait qu’elle pouvait s’autoriser certains écarts.
Et c’est ce pourquoi elle était sa favorite.
Elle sourit et s’inclina gracieusement alors qu’il était encore de dos. Il n’avait pas besoin de se retourner pour deviner son expression et son action.

Il souriait aussi, intérieurement.
Il s’était mis à attendre impatiemment son retour régulier. Ce qui le faisait sortir de sa routine.
Il avait besoin d’elle pour son moral mais aussi pour certaines tâches. Il lui arrivait parfois d’être débordé et il ne pouvait confier certaines actions qu’à elle ou des personnes de confiance qui étaient que trop peu nombreuses à ses côtés. Si seulement elles n’étaient pas occupées à d’autres tâches tout au moins aussi importantes.
Il huma l’air et s’approcha enfin d’elle pour l’observer.
Elle portait une robe qu’il n’avait pas l’habitude de voir. Une coupe contemporaine de là où elle vivait et il balada son regard sur cette forme et ce tissu inédit à ses yeux avant de poser ses pupilles sur son visage.
Il était très proche d’elle, presque trop proche. Il l’effleurait sans la toucher, il attrapa quelques mèches rebelles qui s’étaient échappées de son chignon tressé qui cachait sa longue chevelure.

— Est-ce que ma tenue vous plait, cher maître ?
Sourit-elle, satisfaite d’elle-même.

C’était une robe longue et sombre qui contrastait avec la blancheur surnaturelle de sa peau, qu’on pouvait apprécier dans la lumière de ce bureau.
Le tissu était léger, fluide et un peu plus ample au niveau des manches mais le tout était élegant.
Le bas retombait juste au niveau des pieds.
Il était intrigué qu’une tenue comme celle-ci soit considérée comme un habit alors que la matière et la coupe aurait laissé penser à un vêtement de nuit.
Puis elle amenait avec elle l’odeur de la ville. Une odeur différente d’ici. Une odeur riche en différents materiaux de construction, de la pollution, de parfums en tout genre, de chlore. Et ce nétait qu’une liste exhaustive.
Elle prenait soin à toujours porter une tenue différente lorsqu’elle venait lui rendre visite.
Il n’arrivait pas à savoir si c’était par pure coquetterie ou pour lui faire plaisir en lui apportant une brise de nouveauté. Ou peut-être bien les deux. Dans les deux cas. Son entreprise marchait assez bien pour qu’elle puisse s’offrir cette petite lubie.

— Ce n’est pas mal, en effet…
— Vous m’en voyez ravie. Cependant je crains que je ne vais devoir me changer pour accomplir mes tâches de manière officielle.

Il la dévorait des yeux mais il ne tenta rien de déplacé.
Même si l’envie était forte, il y avait une tension palpable entre les deux personnages.
Elle s’inclina une nouvelle fois et confia son sac à dos à son interlocteur, comme à son habitude.
Il contenait ses affaires personnelles qu’elle n’aurait pas pu laisser dans sa chambre de bonne, des effectifs précieux et d’une grande valeur comme son téléphone et un carnet de notes.
Il y avait également dans une sacoche en tissu qui contenait ses sous-vêtements de rechange, mais ces derniers étaient moins importants. Elle rentrait avec le stricte nécessaire.
Il accepta le sac et le posa dans un tiroir de son bureau qu’il referma aussitôt. Après qu’elle y est extirpé son téléphone qu’elle garda auprès d’elle.
Au cas où, on cherchait à la contacter pour une urgence.

— Puis-je savoir les tâches que j’aurais à effectuer ? Je pense m’y atteler sans perdre une minute, dès que je serai présentable.

Il lui tendit une feuille, où y était annoté les nombreuses missions.

— Cela m’aiderait grandement si tu peux te charger en partie de cela… bien entendu, dans la mesure du possible.

Elle lui jeta un regard de défi, l’air de lui demander s’il la sous-estimait mais il ne se prit pas à son jeu.
Il ne voulait pas trop lui en demander non plus.
Il savait qu’il devait déjà être reconnaissant qu’elle rentre le voir et l’aider aussi souvent. Rien ne l’obligeait de revenir jusqu’ici alors qu’elle avait pris son envol en choisissant sa propre voie et en s’entourant de ses propres « protégés ».
Il lui lança plutôt un regard désolé, qui ne passa pas inaperçu.
Elle baissa ses épaules légèrement et le rassura.

— Je ferai ce qui est en mon pouvoir pour vous satisfaire, maître.

Elle inclina son visage de manière très subtile, et reprit son air sérieux. Elle était sincère.
Elle retourna dans sa chambre pour changer de tenue, laissant sur le cintre la robe qu’elle portait auparavant.
Satisfaite, elle vérifia encore une fois si la tenue qu’elle portait était bien mise, et elle y rangea son téléphone portable dans la poche de la jupe.
Elle avait demandé à ce qu’on lui ajoute une poche de la taille de son téléphone au niveau des plis et cela avait été fait avec soin.
Elle reprit la feuille des tâches, le relut et analysa par lesquelles elle devait commencer.
Tout d’abord, elle devait saluer Bréto et lui demander si certaines de ces tâches avaient été déjà effectuées, puis si d’autres avaient été ajoutées sans que le maître ne soit encore au courant.
Elle ne l’avait pas encore croisé depuis qu’elle était arrivée, même s’ils avaient mutuellement senti leur présence au moment où elle avait pénétré la demeure.
Leur relation d’antant n’était pas à nier et ils avaient gardé une certaine sympathie l’un pour l’autre même si cela n’avait pas été plus loin, pour différentes raisons.
Ils s’étaient aimés et c’était tout ce qu’il y avait à savoir. Certains employés se doutaient de cette relation ou faisaient juste circuler des rumeurs sans savoir ce qu’il en était réellement. Ils étaient discrets.
D’autres aimaient imaginer qu’il se passait encore quelque chose entre ces deux personnages vraiment uniques en leur genre, fantasmer sans y croire.
Ce n’étaient que des suppositions et ils en étaient conscients et s’amusaient à laisser courir ces rumeurs.
Après tout, cela ne faisait de mal à personne, et ils en jouaient parfois parce qu’ils savaient qu’ils étaient observés, qu’on écoutait le moindre de leurs échanges pour confirmer ou écarter les hypothèses.
Alors elle se dirigea vers Bréto. Elle savait exactement où il était grâce à son odeur qu’elle connaissait plus que bien.
Il la sentit arriver et il ne feinta même pas la surprise.
Ils s’inclinèrent en même temps pour se saluer.

— Chloé.
— Bréto.

Il était en train de donner des ordres à d’autres petites mains, lorsqu’elle arriva vers lui.
Elle attendit patiemment qu’il ait fini.
Elle lui devait un certain respect, du moins en public, parce qu’il était techniquement son supérieur dans la hiérarchie des employés, même si son statut de favorite l’octroyait un statut au dessus.
Elle savait se tenir et quand reconnaitre son statut, elle n’avait rien à gagner à piétiner Bréto, après tout.

— Vous avez fait bon voyage ?
— Oui, merci de vous en enquérir. Veuillez me pardonner, je vais aller droit au but, le maître m’a confiée cette liste et j’aurai besoin de votre avis avant de commencer. D’après ses dires, il est possible que je ne puisse pas tout accomplir aujourd’hui… vous savez que notre but commun est de le satisfaire… puis-je vous demander de m’accorder quelques précieuses minutes de votre temps… ?

Il écouta ses paroles et il sourit. Il appréciait son professionnalisme. Elle avait fait du chemin depuis son arrivée et il était fier de ce qu’elle était devenue aujourd’hui. Quel dommage qu’elle ait préféré quitter le domaine, se disait-il intérieurement.

— Bien entendu. Laissez-moi y jeter un oeil. Si vous permettez ?

Il s’approcha d’elle et tendit sa main pour attraper le papier. Il se positionna près d’elle pour qu’elle puisse lire en même temps que lui, lorsqu’il pointa quelques lignes.
Il pouvait ainsi profiter de son odeur particulière et elle joua le jeu en se rapprochant également de lui, se penchant un peu plus pour lire.
Les autres employés les regardaient, et certains attendaient qu’ils aient fini pour recevoir la suite des ordres du majordome.

— Je vois que le maître a rédigé ici les dernières urgences. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire. Je m’en vais bientôt dans la partie de cette mission pour un autre sujet.

Il acquiesça et pointa du doigt une ligne en particulier.

— Je pense que je peux me charger de ce que le maître désire sans aucun problème. Cela devrait vous enlever une écharde du pied.
Il lui sourit.

— Je lui ferai mon rapport en même temps que pour le reste. Soyez sans crainte.
— Merci infiniment. Sur ce… au plaisir de converser bientôt avec vous, lorsque nous aurons moins de pain sur le plancher.

Elle s’inclina rapidement et s’en alla sans demander son reste. Elle était pressée. Il ne lui en tint pas rigueur mais regarda sa silhouette s’éloigner un court instant avant de retourner à ses petites mains.
Elle regroupa les actions par secteur et elle s’enquit des différentes situations, tout en guidant les tâches qui devaient être réalisées.
Dans certains cas c’était à elle de dialoguer avec certains invités spéciaux voire dangereux sans les froisser et il savait qu’elle était qualifiée pour cette tâche ou corvée.
Il avait moins la patience de traiter avec ces derniers et Bréto était trop intimidant pour faire une bonne impression.

*

— Bonsoir…
Dit-elle en s’inclinant.

Il était déjà le début de la nuit, le temps s’était écoulé si vite.

— Oh, quelle charmante surprise…
Il se retourna alors qu’il était assis oisivement dans un divan.

Il lui fit signe d’approcher.

— Vous me flattez… que puis-je faire pour vous satisfaire, cher invité ? Avez-vous des requêtes ?

Elle ne tourna pas autour du pot et elle essaya d’écourter son moment avec cet étrange personnage. Parfois elle ne comprenait pas pourquoi son maître acceptait d’offrir l’hospitalité à certaines personnes.
C’est ce qu’elle se disait jusqu’à ce qu’elle se rappelle de sa propre arrivée et de sa générosité envers sa petite personne.
Il l’observa à la lumière du foyer qui crépitait et se redressa.

— Eh bien. Vous êtes une délicieuse créature, à croquer.

À ces mots il découvrit ses dents beaucoup trop aiguisées et nombreuses.
Pas étonnant que personne n’ose venir lui parler.
Elle attendit qu’il daigné aborder sa question, patiemment, sans lui montrer une once de peur.
Voyant qu’elle n’était pas intimidée, il adapta son attitude et reprit un comportement à peu près normal.
Du moins, il la laissa croire, et il se leva nonchalamment pour se mettre à son niveau et s’avança vers elle, se rapprocha dangereusement.
Elle ne recula pas, et attendit patiemment.
Son attitude commençait un peu à l’agacer. N’avait-elle pas peur qu’il la blesse ?
Alors il la poussa, avec force et vitesse, tout en la soulevant par le cou et la plaqua contre le mur.
Etonnemment le bruit fut étouffé. Il s’arrêta à quelques centimètres avant que son dos ne touche la surface dure.
Elle ne réagit pas plus.
Elle n’était pas encore blessée, juste secouée.
Elle fut surprise mais elle ne réagit pas.
Il cherchait à la pousser à réagir, il s’amusait de savoir qu’elles étaient ses limites et son sourire malicieux était plus que révélateur.
Il passa sa main entre ses cuisses, soulevant le drapé de sa robe et elle ouvrit sa bouche.

— Je ne vous conseille pas de continuer.
Sa voix était neutre.

C’était un avertissement et il le savait mais il était trop imbue de lui même pour craindre quoi que ce soit. Jusqu’ici, il n’avait pas posé sa main sur d’autres serviteurs, mais celle-ci était particulière, il le sentait.
Elle avait une prestance et elle imposait quelque chose qu’il n’arrivait pas à définir avec des mots.
Cela l’arrêta un seconde, curieux il demanda.

— Ah bon… ? Qu’est-ce que je risque ?
Dit-il en penchant légèrement sa tête, comme pour s’étirer.

— Je doute que mon maître apprécie.
Sa voix était détachée, comme si ses actions ne la concernaient pas alors qu’il avait sa main contre sa chair. Elle ne frissonnait même pas.

Sa peau était lisse, douce et fraîche.
Il réfléchit un instant.
Que risquait-il s’il s’attirait les foudres du comte, après tout ? Il ne serait plus le bienvenue ici.
Et cela pourrait être un inconvénient parce que jusqu’ici, il était bien reçu et on ne lui avait rien demandé.
Peut-être que s’il commettait une erreur, cela leur serait bénéfique de ne plus l’accueillir de cette manière.
Effectivement, il n’avait qu’à y perdre.
Est-ce que cette servante vallait le prix de son désir ?
Il ne savait pas à quel point le maître des lieux tenait à elle, et s’il le savait, il ignorait s’il serait de taille à se battre pour défendre sa vie.
Pour l’instant, ses manières étaient questionnables mais il n’avait pas encore commis l’irréparable.
Il pesa le pour et le contre et finit par relâcher sa proie, en reculant d’un petit pas et l’observant, immobile mais gracieuse, comme si de rien n’était.
Elle lui sourit.

— Si vous en avez fini avec ma personne. Je vous prierai de ne pas intimider le reste du personnel.

Elle s’inclina et baissa légèrement la tête mais ses yeux se posèrent un instant sur son visage pour en observer son expression.
Il la vit.
Il vit le danger dans son regard.
Elle était docile jusqu’à présent mais son comportement et son aura laissa deviner qu’elle était dangereuse. Cela lui glaça le sang.
Elle se serait peut-être laissée faire mais au moindre ordre de son maître, elle aurait pu lui ôter la vie.
Il ne dit rien et elle se retira, disparaissant dans l’ombre de la pièce jusqu’à ne plus laisser aucune trace de présence.
Il put reprendre sa respiration.
Ses lèvres formèrent un sourire crispé et il se jeta assis sur le divan. Soulagé d’avoir pris la bonne décision.

*

[Mauvais choix] La vie se devait d’être vécue pour les désirs et il laissa sa soif de chair le guider. Ignorant l’avertissement plutôt clair de la servante.
Il remonta sa main et utilisa même son autre main pour dégager les épaules de la femme devant lui.
Il appuya son corps contre le sien et son visage s’était enfoui dans la nuque de sa proie. Il humait et léchait la parcelle de sa peau à cet endroit découvert.
Quel délice, cela confirmait sa supposition.
Il ne se posa pas plus de questions. Emporté par sa fougue, il se débarassa de son pantalon et il retira la culotte de la servante qui ne broncha pas.
Elle ne fit aucun bruit ni aucun mouvement.
Ce qui n’eut pas l’air de le déranger.
Au moins, elle ne criait pas, se dit-il.
Et il la pénétra, tout en la caressant.

— Avez-vous fini ?
Demanda t-elle, alors qu’il venait de jouir en elle.

Ce qui le surprit.
Sa voix était aussi neutre qu’au départ.
Il venait de faire son affaire et il était encore essoufflé de son effort. Contrairement à elle. Maintenant que son désir s’était consummé, il pouvait faire un peu plus attention à ses expressions.
Elle semblait légèrement ennuyée ou exaspérée.
Il ne lui répondit pas tout de suite et elle ne le pressa pas. C’était une bonne servante.
Il finit par se retirer et se rhabiller, la laissant décoiffée et sa robe froissée et salie.
Un sein était visible et son chignon n’était plus qu’une tresse défaite qui lui arrivait jusqu’à la taille.
Malgré son apparence débraillée, elle arborait une expression neutre et elle lui sourit comme si de rien n’était.
Un sourire qui lui fit froid dans le dos.

— C’est bon. Tu peux partir.
Dit-il enfin, en lui faisant un signe de la main pour qu’elle débarrasse le plancher.

— Si tel sont vos derniers mots…
Prononça t-elle.

Et il ne se doutait pas de la portée de ces paroles.
De l’autre côté de la porte.
Elle put lâcher un soupir d’exaspèrement.
Elle essaya de remettre rapidement les manches de sa tenue sur ses épaules, cachant sa poitrine modeste.
Elle avait remis sa culotte maintenant souillée et elle sentait encore la substance qui était en train de couler sur le long de sa cuisse intérieure.

— Je crois que je vais être bonne pour tout mettre à laver…

Elle pouvait laisser cours à son humeur lorsqu’elle était seule.
Il fallait maintenant qu’elle fasse son rapport, et elle espérait du fond de son coeur que personne d’autre n’avait été victime de cet invité bien imprudent.
C’était la règle ici. Tant qu’on ne commettait pas d’action répréhensible, il n’y avait pas d’action prise pour mettre un invité hors d’état de nuir.
En agissant ainsi avec un témoin, il signait peut-être son arrêt de mort.
Elle n’eut pas le temps d’aller se laver ni de se changer. Il fallait qu’elle aille faire son rapport au maître, pour qu’il puisse agir en conséquence où lui ordonner une action.

Bréto avait senti ce qui s’était passé mais ne pouvait pas agir sans l’ordre officiel du maître.
Il n’était qu’un majordome.
Ses sentiments et son respect pour Chloé l’aurait fait étriper cet homme, cependant elle avait eu raison de le laisser se mettre en porte à faux.
C’était une preuve de son comportement.
Mais sa rage bouillonnait et il serra son poing assez fort pour que les marques saignent dans sa paume, lorsqu’il la croisa dans les couloirs, sur le chemin du bureau du maître.

Elle lui sourit de manière professionnelle. Débraillée comme elle l’était.
Des marques de crocs sur la chair de son cou.
Elle ne fit pas de remarques et lui non plus, et elle continua son chemin.
Elle jouait un rôle nécessaire.
N’importe qui aurait pu l’accuser de menteuse, et qui aurait accordé une quelconque importance aux paroles d’une servante ?
Elle ne s’était pas lavée et elle constituait un preuve indéniable.
Elle frappa à la porte et entra dans le bureau.
Le comte sentit l’odeur et se doutait de quelque chose, mais lorsqu’il la vit, son coeur se resserra dans sa poitrine et il apparut devant elle, en colère.
En colère contre lui-même d’avoir imposé ce rôle à sa protégée, et contre cet énergumène qui n’allait pas rester longtemps dans son domaine.
Il avait un mauvais pressentiment lorsqu’il était arrivé mais il ne pouvait rien faire tant qu’il n’avait pas mal agi. Il jouait avec son autorité et profitait de son hospitalité. Il savait que s’il retournait ses propres règles contre lui, il porterait le mauvais rôle et cela pouvait porter préjudice au domaine. Alors il ne pouvait qu’attendre.
Chloé était toute désignée mais il souffrait de la voir ainsi.

— Maître, je viens faire mon rapport.
— … Ma précieuse Chloé… comment a t-il pu…

Sa voix tremblait et il n’osait pas la toucher, de peur de la briser. Alors que rien en elle ne laissait penser qu’elle était affectée par ce qu’elle venait de vivre.

— Je vous confirme que cet invité a-
— N’en dis pas plus. Tu es recouverte de preuves. Il ne pourra nier et j’emporte une partie de lui avec moi. Excuse-moi…

Il leva sa robe délicatement pour récupérer avec le bout de ses doigts le reste de liquide seminal qu’il y avait encore à l’intérieur d’elle.
Contrairement à auparavant, elle réagit et eut un petit spasme.
Le contact de sa peau sur la sienne lui donnait toujours cette sensation de courant électrique qui lui parcourait le corps.
Elle se contrôla pour ne pas broncher.
Il s’approcha d’elle pour que son visage puisse s’enfouir dans ses larges épaules, et la stabiliser.
Son geste l’avait surprise.

— Je t’en demande toujours trop…
Murmura t-il.

— … Ce n’est rien, je vous assure.
Répondit-elle, décontenancée mais rassurée de sa présence si proche.

Son contact même léger.
Mais ses mots la touchaient au fond de son être et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Qu’elle réprima aussitôt.

— Attends-moi, je reviens tout de suite.
Dit-il avant de sortir de son bureau. La laissant seule.

Elle reprit sa respiration.
Bréto ne tarda pas à frapper à la porte et entrer la rejoindre.
Il la serra dans ses bras aussitôt la porte refermée.
Il connaissait son histoire et il était affecté par ce qui venait de se passer.

— Ca va, Bréto, je t’assure. Ne t’inquiète pas comme ça… tu vas me briser les côtes si tu continues…

Ce fut elle qui dut le rassurer et le consoler.
Il s’agenouilla à cause de sa différence de taille et il la regarda dans les yeux, compatissant.

— Je… tu es sûre ? Je…
Il n’arrivait pas à trouver les mots mais elle lui sourit chaleureusement, ce qui était étrange vu à quoi elle ressemblait.

— Oui. Ne t’en fais pas, vraiment. Tu devrais peut-être aller voir comment le maître s’en sort… je suis un peu inquiète mais il m’a demandée d’attendre ici…. puis s’il a finit, peut-être qu’il aura besoin de toi.
— Je sais. Je comptais le suivre mais j’avais besoin de passer te voir avant.

Il ferma les yeux et se releva.

— Je vais y aller alors…
— Oui. Tu me raconteras ?

Il lui sourit et sortit du bureau.

*

Le comte arriva devant la suite de l’invité et il frappa quand même avant d’entrer.

— Bonsoir cher comte.
Dit-il, allongé dans le divan.

— Bonsoir. La moindre des choses serait de montrer un minimum de respect pour votre hôte.
Dit-il, la voix neutre mais avec une certaine force, qui fit se redresser l’homme désinvolte.

Il se leva et vint le saluer avec une révérence, qui était peut-être trop exagérée.
Le comte ne releva pas.

— Que me vaut votre présence, monsieur le comte ? D’habitude je ne reçois la visite que de vos serviteurs.
— Justement, je viens vous parler d’une de mes servantes que vous avez… violé.
— Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je ne fais qu’offrir du bon tempsà ces belles fleurs.
— Peut-être que c’est le cas avec d’autres de mes employées mais l’une d’entre elles n’était pas du même avis.
— Cela m’étonnerait que j’eusse bafoué son consentement. Avez-vous la moindre preuve ?

Il tendit ses doigts qui étaient encore imprégnés de son sperme et il utilisa la magie pour le soumettre.
Il se retrouva à genoux. Plié en deux par une faiblesse extrême.

— Qu’avez-vous à dire pour me convaincre ?
— Attendez, je peux tout vous expliquer. Elle m’a séduite-

À son mensonge, sa gorge brûla et il mit ses mains à son cou comme si cela pouvait soulager ce mal.

— J’ai peut-être omis de vous dire que les mensonges se retournent contre vous. Vous disiez ? Ma servante vous a séduit… ? Cela peut arriver et si cela était vrai, je n’aurais pas à intervenir…
— Non… arrêtez… je ne savais pas qu’elle était sous vos ordres directs…

Il se mit à tousser et cracher du sang, ainsi que saigner du nez.

— Vous êtes certain ? Ne vous a t-elle pas mis en garde… ?

Il regardait le corps se tortiller de douleur comme si c’était un ver de terre. Le fluide rouge était en train de tinter le tapis mais c’était le dernier de ses soucis.

— Si… si… je… je suis désolé… pardonnez-moi…

Sa voix était rauque, tel un dernier souffle. La douleur devait être un tel supplice que cela lui avait coupé l’envie de mentir.
Contrairement à ce qu’il pouvait penser, cela n’arrêta pas son martyre, mais sa peine ne s’intensifia pas, ce qui était déjà une bénédiction pour lui.
Ils se réjouissait trop vite.

— Ce n’est pas à moi que tu dois des excuses. Misérable être que tu es…
Dit-il avec mépris.

À cet instant, une sensation d’épines vint lui transpercer le gland de son membre reproducteur, puis des aiguilles invisibles remontèrent dans son urètre pour se loger dans ses testicules.
Il hurla.
Ses cris résonnèrent dans cette pièce.
Il essuya ses doigts dans un mouchoir fin et le jeta sur son interlocuteur.
Et le comte quitta la pièce, laissant le corps recroquevillé sur lui-même hurler jusqu’à sa mort lente et douloureuse.
Bréto était dehors et l’attendait dans le couloir.

— Débarrasse-moi de ça, lorsqu’il aura finit de bouger. Fais-en ce que tu veux. Qu’il se fasse dévorer, peu m’importe.
Dit-il à son majordome qui acquiesça sans un mot.

Il s’inclina et attendit devant la porte, réfléchissant à une utilité du futur tas de chair qu’il aurait à disposition.
Le maître retourna aussi vite que possible à son bureau.

— Pourquoi pas. On peut s’en occuper.
Répondit une servante, parmi d’autres, en face de Bréto.

— Dans ce cas, je vous le laisse, faites-en ce que vous souhaitez tant qu’il ne reste plus rien et que la pièce soit nettoyée après votre passage.
— Très bien.

*

— Le pauvre. On avait quand même eut du bon temps avec lui…
— Quel idiot de s’en être pris à Chloé.
— On ne lui suffisait plus ?
— Trop gourmand. Il n’a pas su s’arrêter.
— Il s’est attaqué à un trop gros poisson.
— On en fait quoi, du coup ?
— On peut en profiter encore une dernière fois, avant de faire le ménage…

Elles sourirent et s’amusèrent toutes les trois avec son corps avant de le dévorer littéralement jusqu’à ronger ses os.

*

Il passa par la petite chambre de Chloé et récupéra sa robe sous son bras et retourna à son bureau.

— Je t’ai fait attendre…

Elle devina que c’était lui. Il n’avait pas frappé pour entrer dans son propre bureau.
Il alla récupérer le sac dans son tiroir.

— Je n’ai pas encore eu l’occasion de faire mon compte rendu-

Elle s’inclina et se tenait prête à lui faire son rapport mais il l’arrêta d’un geste.

— Tout d’abord, je ne peux pas te laisser dans cet état. Je t’ai rapporté ta robe pour que tu puisses te changer pendant que ton uniforme soit nettoyé. Ma suite est à ta disposition. Tu pourras me raconter le reste après. Cela peut attendre.

D’un pas pressé, il emporta ses affaires et l’invita à le suivre.
Les yeux écarquillés, elle accepta et le suivit sans trop avoir de choix.

— Permettez-moi de porter mes affaires… quelle servante je fais si c’est à mon maître de faire une telle tâche…

Elle posa sa main sur sa robe et ainsi sur son bras et le regarda dans les yeux sans sourciller. Elle savait être convaicante et surtout, elle n’avait pas tort.
Il lui tendit ses effectifs et ouvrit la marche.
Elle avait sa démarche gracieuse habituelle et sa prestance malgré l’état de sa coiffure et des marques sur son corps ainsi que son uniforme mais personne n’osa faire de remarque en sa présence et encore moins en celle du maître.
Le peu de personnel qu’ils croisèrent leur fit une révérence respectueuse comme à l’accoutumée.
Il se rendait dans sa chambre privée et personne n’aurait osé le déranger sauf urgence ou nécessité de premier ordre. Sa journée ou plutôt soirée était enfin terminée après tant de péripéties. Il avait droit à son moment de repos.

Arrivés à destination, dans la salle de bain.
Elle accrocha ses affaires et il s’approcha d’elle pour mieux l’observer.
Son regard et ses doigts frolant son visage à sa nuque.
Il n’osait toujours pas la toucher malgré leur attirance mutuelle.
Elle baissa les yeux, honteuse. Elle était souillée. Elle se mordilla les lèvres et il le remarqua.
Il attrapa son menton entre ses doigts et le releva pour qu’elle le regarde dans les yeux.

— Tu n’as pas à te blâmer. Laisse-moi t’aider à te nettoyer pour me faire pardonner l’affront qu’on t’a fait subir…

C’était à son tour d’afficher une expression maussade, coupable.

— Je suis prête à tout subir pour vous, maître.
— Ne dis pas ça… tu ne mérites pas de subir quoi que ce soit.

Elle s’apprêtait à rétorquer autre chose mais il l’en en empêcha en posant ses lèvres sur les siennes, la surprenant et elle ferma ses paupières pour savourer cet instant. Elle était faible lorsqu’il la traitait ainsi et il le savait.
Il trichait.
Il fit glisser avec ses mains les manches de sa robe et le tissu tout entier jusqu’à ce qu’elle finisse sans rien au milieu de la pièce.
Il fit couler l’eau dans la baignoire et la dirigea vers la cabine de douche.
Il failli oublier de lui-même se déshabiller.
Il la lava avec douceur et délicatesse, dans les moindres recoins, s’arrêtant sur les endroits ou elle avait été touchée. Elle se laissa faire. Il prenait soin d’elle. C’était assez rare pour le signaler.
Lorsqu’il eut fini, ce fut à elle de lui proposer de le laver.
Ils se glissèrent ensuite dans la baignoire. Lui d’abord puis elle qui se retrouva entre ses bras et ses jambes.
Ils étaient presque à l’étroit.
Il passa ses doigts entre les siens.

— Tu peux me délivrer ton rapport, maintenant…
Dit-il détendu, jouant avec sa main.

Alors elle se détendit aussi. Et lui raconta la conclusion de ses missions de manière informelle. Pour finir avec l’invité.
Ce qui rejetta un froid dans la baignoire. Ou peut-être était-ce dû au temps déjà passé dedans.

— Hm… d’ailleurs… quelle a été l’issue de…
Demanda t-elle curieuse.

Il soupira et finit par lui répondre.

— Il a été confronté à ses mensonges… puis Bréto s’est occupé du reste.
— Ah… quel genre de mensonges… ?
— Il a dit que tu l’avais séduite.

Elle se retourna aussitôt vers lui, l’air outré et légèrement rose.

— Et… vous l’avez cru ?
— Bien entendu. Une aussi belle créature que tu es…

Il sourit, taquin.
Ce qui eut l’effet qu’elle se mette à bouder.
Elle cacha son visage à moitié dans l’eau et s’apprêtait ensuite à sortir de sa marinade.
Il lui attrapa le bras.

— Ne te vexe pas. Je plaisantais. Bien sûr qu’il mentait. J’avais déjà jeté un sort sur lui avant qu’il puisse raconter sa version des faits.

Elle se retourna vers lui encore un peu boudeuse.
Il la regardait d’un air suppliant de lui pardonner.
Elle força un sourire rapide.

— Je vais finir par me dissoudre si je continue à rester dans cette baignoire.

Et elle s’en extirpa pour se sécher et porter sa robe sombre et longue aux manches fluides.
Elle sentit son regard sur elle.

— Je ne vais pas avoir le choix…

Il se releva également et vida la baignoire tout en se séchant et se rhabillant d’une simple chemise bouffante et d’un pantalon.
Il n’avait pas à remettre sa tenue complète.
Elle vérifia que tout était en ordre dans la pièce avant d’en sortir avec ses affaires.
Son uniforme sale était déjà dans un bac à linge sale qui serait relevé par des employés plus tard.
Elle lui jeta un dernier regard et se rendit dans la chambre du maître.

*

— Je suis plutôt ravi de pouvoir profiter à nouveau de cette tenue sur toi.
Dit-il en sortant de la salle d’eau et en l’observant d’un air satisfait.

Elle s’inclina en faisant une révérence avec un large sourire.
Il fut à côté d’elle en un instant et passa ses mains sur le tissu et ses formes.
Elle releva son visage pour pouvoir l’observer.
Elle était ensorcelée par ses gestes et son aura.
En un mouvement il l’attrapa par dessous ses genoux et la porta jusqu’à dans son lit. L’allongeant sur le dos et lui la surplombant.
Il était pris d’une pulsion mais il ne voulait pas brûler les étapes.

Dans les bras l’un de l’autre, dans le lit sous les draps.
Il lâcha un soupir de soulagement et de bien-être.
Il était heureux qu’elle soit rentrée.

Le lendemain, elle était assise devant la coiffeuse et il l’aida à brosser sa chevelure, soigneusement.

— Mon séjour ici est déjà terminé, je dois rentrer.
Annonca t-elle.

— Je vois…
Il ne cacha pas sa tristesse.

— Sauf si vous avez d’autres tâches à me confier, maintenant ?
— Non… tu as traité toutes mes urgences. Merci à toi. Reviens quand tu veux.
— Je ne peux rien vous promettre mais j’essaierai de revenir lorsque mon emploi du temps le permettra.

— Je comprends… est-ce que tes protégés prennent bien soin de toi ?
Demanda t-il réellement inquiet.

— Ils sont grands, vous savez. Mais oui, ne vous en faites pas. Si je ne pouvais pas leur faire confiance, je ne serai pas ici aussi souvent.

— D’accord…
Répondit-il, songeur.

— Si nous prenons quelques jours de repos, il est possible que nous rentrons tous pour vous rendre visite.
— Ah. Je sais qu’ils ne me portent pas tous dans leur coeur…

— … Vous dîtes tous cela !
Soupira t-elle.

— À la limite, Flora a l’air d’être la plus sympathique à mon égard mais Nao… je sens clairement de l’hostilité dans son aura. Quant à Vladislaw… c’est juste qu’on ne se connait pas assez, je dirais… ?
— Je peux en discuter avec Nao, mais comment lui en vouloir… ? Vous vouliez le tuer à l’époque !
— C’est de l’histoire ancienne, je vois bien qu’il n’est plus un danger pour toi.
— Peut-être serait-il sage de le lui rappeler, vous-même. Qu’en pensez vous ?
— … Bien, j’y songerai.

— Je… j’aimerais qu’ils vous apprécie à votre juste valeur. Pas simplement parce que vous êtes mon maître.
Dit-elle d’un souffle, tel un souhait qu’elle ne répètera pas. Elle s’en alla.

Elle croisa Bréto dans les couloirs.
Elle s’inclina et ils se saluèrent rapidement.

— Vous partez déjà ?
— Oui, on m’attend ailleurs.
— Je vois. Prenez soin de vous.

— Merci, vous aussi. J’espère que nous aurons plus de temps à nous consacrer la prochaine fois.
Sourit-elle, désolée qu’elle n’ait pu lui libérer un moment durant son séjour.

Il accepta ses mots sans rien ajouter et regarda sa silhouette élégante s’éloigner.

2021.02.24

Table [R-18]

Il avait des muscles saillants, bien marqués par ces entraînements intensifs pour garder une certaine forme. Sa carrure était plus qu’imposante lorsqu’elle était à ses côtés
Il pouvait l’envelopper toute entière, il aurait pu lui briser les os rien qu’à la puissance de ses bras.

Elle n’était pas tant plus faible. Elle était elle-même entraînée et malgré sa taille plus petite et ses épaules moins larges que lui, elle arrivait à lui tenir tête.
Elle devait juste ruser pour ne pas se faire attraper parce qu’elle savait qu’en terme de force brute, elle était perdante.

Aujourd’hui, ils étaient seuls dans le bureau.
Elle avait fermé la porte derrière elle, et elle le regardait avec malice.
Elle devinait ses muscles à travers ses vêtements
Les manches longues de sa chemise étaient retroussés au niveau de ses avant-bras, et ses yeux étaient rivés sur ses mains qu’elle voulait voir sur elle. Sentir sa poigne sur son corps.

Il ne se douta de rien lorsqu’elle l’enlaça par derrière, il se retourna pour lui faire face et elle lui caressa la peau, avec toute la sensualité qu’elle pouvait mettre dans ces gestes.
Baladant ses mains sur son épiderme, sur le dos de ses mains, ses poignets, son avant-bras et ses bras, pour les remonter jusqu’à son torse, là où elle s’arrêta pour défaire le noeud du lacet de son col de chemise.
Il lui attrapa les poignets.

— Je peux savoir ce que tu fais… ?
Demanda t-il, amusé.

— Rien… du… tout.
Sourit-elle, en essayant de continuer son plan.

— Si tu le dis… on va continuer à rien faire, alors…
Prit dans son jeu, il la souleva pour l’asseoir sur la table du bureau.

Elle en avait vu d’autres, cette table.
Ses cheveux bruns bouclés qui tombaient en cascade sur ses épaules, son sourire malicieux.

Il l’observait attentivement, ses mains immenses passèrent derrière son cou, sur sa nuque pour l’envelopper et la maintenir pendant qu’il approchait son visage, pour l’embrasser, la dévorer lentement.
L’autre main avait saisit sa hanche, massant avec ferveur ses côtes et la zone juste en dessous de sa poitrine. Elle était si petite à côté de lui mais il devinait ses muscles sous ses vêtements.
Il la souleva pour la basculer sur son épaule.

— On risque de faire trop de bruit ici, je t’emmène.
Dit-il, tout en la transportant comme une proie, alors que c’était elle qui avait lancé la chasse à son égard.

La chambre se trouvait juste à côté, il prit soin de refermer la porte derrière lui.
Il la deposa aussi délicatement qu’il put, sur le lit, puis la surplomba de sa présence. Son ombre projetée sur elle, elle ne se laissa pas intimider.
Elle soutenait son regard et elle avait qu’une hâte, qu’il choisisse à quelle sauce il souhaiterait la déguster.

Ses cheveux blonds parsemés poivre et sel, retombant en pagaille devant son visage, ses cils clairs et son regard d’un océan abyssal, il la regardait, savourant l’instant de calme avant qu’il ne décide de se jeter sur ce qui aurait pu être sa victime.

Ce fut elle qui attaqua la première.
Elle glissa ses doigts dans les mèches claires et les agrippa pour les tirer doucement mais fermement. Loin de là &tait son id&e de lui faire mal.
Elle faisait ça pour le provoquer mais surtout parce qu’elle savait qu’il appréciait cette sensation.

Il se laissa faire, fermant les yeux pour profiter pleinement, comme apprivoisé par ce simple geste, il se rapprocha d’elle pour qu’elle puisse continuer de le chouchouter.
Puis, assez près d’elle, il changea de direction pour plonger son visage dans le creux de sa nuque et l’embrasser précautieusement jusqu’à son épaule, et de ses mains, il souleva son haut pour pouvoir glisser ses doigts sur son abdomen.

*

Elle était enveloppée dans les draps et l’oreiller moelleux dans lequel sa tête disparaissait à moitié.
Il était à ses côtés, sa carrure imposante semblait lui servir de rempart pour la protéger.
Tourné sur le côté, il la contemplait, la serrait dans ses bras musclés.
Elle souriait, d’une plénitude et d’un bonheur apparent, elle se sentait bien avec lui, elle se sentait en sécurité.
Elle se tourna pour lui faire face.
Les draps, la couverture, les oreillers et les rideaux du baldaquin formaient un cocon dans lequel ils avaient un semblant d’intimité.

Il n’eut qu’à se pencher pour poser ses lèvres sur les siennes et l’embrasser avec toute sa passion.
Sa main rugueuse et imposante caressa les formes de son corps, en commençant par ses hanches et en descendant plus bas.

Elle l’empoigna par son bras, gentiment mais avec une certaine force.
Elle rougit et sa respiration s’arrêta un instant.
Il venait de passer ses doigts entre ses cuisses pour la caresser tendrement avant de pénétrer un doigt épais dans l’antre de son intimité.
Elle en avait le souffle coupé, elle savourait ce moment et le plaisir qu’il lui procurait lui faisait perdre ses moyens.
Haletante, elle s’agrippait à lui, lui suppliant de ne pas arrêter, les joues rouges et les oreilles brûlantes, elle était contre son torse musclé, au bord de l’extase.

2022.02.26

Irréfléchi [R-18]

Il prenait à coeur et à corps l’entrainement d’Alexandra.
La proximité physique était nécessaire et ils ne s’en souciaient pas.
Elle avait un but et même s’il avait des sentiments pour elle, il savait se contrôler et faisait en sorte de ne pas le montrer dans le cadre de ce cours.
Il chérissait et se réjouissait du peu de temps qu’il pouvait passer à ses côtés.
Elle apprenait vite, c’était l’avantage des jeunes, et elle se donnait à fond pour progresser.
Perdu dans ses pensées, il s’était laissé surprendre.
Ses coups le rappelèrent au présent.

— Non, comme ça.
Dit-il, en la corrigeant sur un mouvement qu’elle venait d’effectuer.

Elle l’observa avec attention et tenta de reproduire ce qu’il faisait.

— C’est mieux, mais il manque quelque chose. Regarde.

Il s’approcha par derrière pour montrer les gestes en repositionnant ses bras et ses jambes. Il suffisait de pas grand chose. Il fit le tour pour lui faire face, et posa un genou à terre pour être à sa hauteur et observer sa posture de plus près.

— Ca a l’air bien.
Dit-il, concentré et regardant les moindres détails.

Ce fut au tour d’Alexandra de perdre pieds.
Ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait avec une telle proximité avec lui, et même si elle pensait ne rien ressentir pour lui, elle ne pouvait pas rester insensible à sa carrure imposante, ses muscles.
La manière dont il avait de la toucher, avec fermeté mais sans la brusquer. Il y avait quelque chose dans ses gestes qui lui faisait quelque chose en elle.
Elle savait qu’elle ne devait pas se laisser emporter par ses émotions, ses pulsions, elle essayait de se raisonner. Elle avait des sentiments pour Chris et elle avait l’impression de le trahir en ayant des envies pour quelqu’un d’autre. Elle était dans le déni.
Elle devait se ressaisir.
Elle ne se reconnaissait pas.
Elle l’observait, perdue dans ses pensées, l’écoutant sans l’écouter, contemplant son visage, ses expressions, ses lèvres. Elle avait une terrible envie de l’embrasser et elle ne l’expliquait pas.
L’adrénaline et les phéromones après un effort physique, peut-être.

— Tu m’écoutes ?
Fini t-il par dire, voyant qu’elle fixait un point sans rien dire.

Elle fit quelque chose d’irréfléchi, elle réduisit le peu de distance entre eux, et elle donna un baiser passionné mais court, sur la bouche de Gabriel qui resta sans voix.
Il lui fallur quelques secondes pour se rendre compte de sa bêtise.

— Je suis désolée !!! Pardon ! Je n’aurais pas dû faire ça !
S’écria t-elle, totalement paniquée. Elle n’avait aucune excuse.

Il était estomaqué. Elle venait de l’embrasser. Ce n’était pas un simple baiser posé sur ses lèvres, il avait ressenti cette envie, elle avait fait quelque chose qu’il n’aurait jamais cru. Il en rêvait et pourtant il n’arrivait pas à y croire.
Il fut encore plus surpris qu’elle s’excuse d’avoir fait cette « erreur ». Non, il ne pouvait pas la laisser se rétracter. Il allait saisir cette chance.
De quoi s’excusait-elle ? Il ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit, il saisit l’instant présent.

Encore les yeux emplis de panique, il la saisit en lovant son visage dans sa paume et lui rendit un baiser avec toute sa passion qu’il avait gardé en lui.
Tout d’abord surprise, elle fut totalement emportée par son geste. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il l’embrasse en retour, et il ne faisait pas cela à moitié.
Elle aurait voulu dire quelque chose mais il embrassait à merveilles, elle se laissa envelopper par ce baiser passionnel.

Ils étaient en train de se rendre cette passion, pendant combien de temps ? Ils l’ignoraient, le temps semblait s’être arreêté pour eux.
Puis, pour reprendre leur respiration, ils durent s’arrêter.
Reprenant chacun leur souffle, elle était dans ses bras et elle n’osait pas le regarder dans les yeux.
Les joues roses, la respiration saccadée, le coeur battant à tout rompre.
Il souleva le menton fin d’Alexandra avec ses doigts et chercha son regard.

— Est-ce que… ça va… ?
Demanda t-il, les joues légèrement roses et inquiet. Sa poitrine se gonflant au rythme de sa respiration.

Elle avait si honte, honte d’avoir apprécié ce moment, elle ne savait pas quoi en penser.

— Je… Chris…
Bafouilla t-elle. Elle pensait à lui, elle ne trouvait pas ça correct vis à vis de Chris.

Il l’arrêta en posant un doigt sur ses lèvres.

— Oublie le, rien que pour aujourd’hui… est-ce que tu as envie de plus… avec moi… ?
Osa t-il formuler.

Entendre le nom de Chris à ce moment précis lui avait resserré le coeur, mais il savait qu’il ne pouvait pas lutter contre leur relation. Tout ce qu’il demandait, c’était un moment privilégié avec elle, rien qu’une fois. Peut-être qu’il arriverait à passer à autre chose, après cela. Peut-être pas, mais il aura essayé.

— Pardon…
S’excusa t-elle.

Il avait raison, c’était malvenu de sa part de mentionner Chris alors qu’ils venaient de passer un instant intense, complice. Elle se sentait idiote. Elle ne lui avait jamais laissé l’occasion de tenter quelque chose. Elle ne le remarquait que maintenant. Il avait des sentiments pour elle, comment avait-elle pu être aveugle à ce point. Et elle n’y était pas indifférente, du moins, pas physiquement.
Pourquoi pas essayer… ? Qu’avait-elle à perdre de lui laisser cette chance… leur laisser une chance, rien qu’une fois ?

Perdue dans cette réflexion, Gabriel pensa qu’elle venait de décliner son invitation. Il ne laissa pas entrevoir sa déception.
Un soupir silencieux, il remarqua qu’elle était plongée dans ses pensées, mais elle était restée dans le creu de ses bras, les mains posées sur sa poitrine, elle réfléchissait. Il profita de chaque dernière seconde qu’il pourrait la serrer ainsi dans ses bras, attendant qu’elle émerge et qu’elle prononce sa sentence de manière plus formelle.
Après tout, il avait été trop gourmand, il aurait souhaité plus avec elle, juste une fois, il avait été idyllique.

Comment formuler de manière pas trop gênante son envie de plus avec Gabriel ?
Elle sentait le sang monter à ses oreilles.
Elle resserra le tissu de vêtement de Gabriel qui commençait à devenir moite entre ses mains, elle releva légèrement son visage pour le regarder en face, cela lui demanda beaucoup de courage.

— Je… d’accord…
Balbutia t-elle

Gabriel ne comprit pas tout de suite.
Il écarquilla les yeux.

— Que… pardon ? D’accord pour quoi… ?
Demanda t-il pour être sur d’avoir bien interprêté ses paroles.

— Je… plus… avec toi… ?
Elle avait l’impression de mourir de honte.

Gabriel n’en croyait pas ses oreilles.

— V-vraiment ?
S’écria t-il, sans cacher sa joie dans sa voix.

Cela surprit Alexandra qui prit du recul, et avec maladresse, elle faillit perdre l’équilibre et tomber en arrière. Gabriel la rattrapa.

— Hop là. Je ne vais pas te laisser t’éloigner de moi tout de suite.
Sourit-il, comme si c’était le plus beau jour de sa vie.

— Pour commencer, que dirais-tu d’un bon bain pour nous décrasser… ?
Proposa t-il, en la regardant de haut en bas, ainsi que lu-même.

Ils avaient transpiré pendant leur entraînement et ils étaient recouverts d’une fine couche de sable du terrain sur lequel ils se trouvaient.
La sueur avait collé le grain et la poussière de terre sur leur peau et sur leurs vêtements.
Ils réunirent leurs affaires et se rendirent normalement, en marchant côte à côte comme ils auraient eu l’habitude de faire, en arpentant les couloirs.
Gabriel affichait un sourire radieux, et elle n’avait pas le souvenir de l’avoir vu aussi joyeux.
Elle allait se rendre dans la salle d’eau commune lorsqu’il lui tint la main pour la tirer vers lui.

— Je t’emmène dans ma salle de bain privée.
Lui murmura t-il, au creu de l’oreille.

Elle rougit aussitôt.

— Je ne veux pas être dérangé et je compte bien savourer ce moment avec toi…

Elle préféra garder le silence et le suivre. Elle ne savait pas quoi dire. Son coeur battait de manière saccadée dans sa poitrine. Elle n’avait pas peur, elle ne savait pas ce qui allait se passer mais ils allaient se retrouver seuls, dans leur intimité.
Elle appréhendait, un peu. Il n’était pas du genre à la forcer à faire quelque chose qu’elle ne voudrait pas, mais elle ne savait pas comment il pouvait réagir. Elle avait un doute sur son comportement en privé.
Elle imaginait le pire, mais elle avait envie de lui faire confiance. Le temps qu’ils se rendent dans sa chambre où se trouvait la salle de bain, la tension était retombée.

Ils empruntèrent la porte du bureau, pour éviter d’attirer l’attention sur eux plus que nécessaire.
La chambre se trouvait juste à côté et une porte permettait d’y accéder.
Il l’y invita et lui proposa de se rendre directement dans la salle de bain.
Elle était très spacieuse, presque trop.
Il y avait une baignoire qui pouvait contenir le corps de Gabriel sans qu’il ne s’y trouve à l’étroit. Ce qui était déjà un grand format.
Une douche à l’italienne était également présente, assez grande pour que Gabriel puisse se sentir à l’aise sans toucher les murs ni la vitre qui servait de séparation.

Il referma les portes et verrouilla celle de sa chambre.
Il tira légèrement les rideaux des grandes fenêtres à son passage, ne laissant qu’un léger filet de lumière éclairer la pièce, créant une douce atmosphère.
Il commença par retirer son haut, laissant voir son torse nu.

Elle fut prise au dépourvu et elle détourna le regard, gênée. Elle l’avait déjà vu, son torse avec des bandages lorsqu’il s’était retrouvé à l’infirmerie, mais cette fois-ci, il n’y avait pas de bandages.

Il fit comme si de rien n’était, il n’était pas pudique, il s’était avancé vers la vasque pour se déshabiller entièrement, laissant ses affaires au sol. Dans le miroir il vit et observa la gêne d’Alexandra, d’un air amusé.

Elle pensait qu’il s’observait et elle en avait profité pour regarder un peu plus dans les détails la musculature de Gabriel. Sa peau était claire, parsemée de quelques anciennes cicatrices. Elle était surtout impressionnée par sa carrure, sesépaules larges et sa taille si imposante. L’éclairage de la salle de bain ainsi que sa position, accentuaient le relief que dessinaient ses muscles.

Il voyait que son corps ne la laissait pas indifférente et il appréciait cela.
La voyant immobile, timide, il se déshabilla complètement et fit couler le bain.

— Est-ce que tu comptes te laver toute habillée… ?
Demanda t-il innocemment, sur un ton moqueur.

Il était à l’aise avec son corps nu et cela se voyait.
Elle sortit de sa contemplation, et embarrassée, n’osa pas répondre à sa question. Elle gromela quelque chose d’incompréhensible avant de se déshabiller à son tour. Elle fit un tas avec ses vêtements.

Gabriel était de bonne humeur, il se glissa dans la baignoire en attendant que l’eau chaude la remplisse, il y versa quelques produits pour embaumer la pièce d’une agréable odeur ainsi que de faire apparaître de la mousse à la surface de l’eau.

— Je prends d’habitude une simple douche mais je pense qu’un bon bain risque de nous faire le plus grand bien.
Expliqua t-il, allongé de tout son long, de manière très détendue.

Il avait fermé les yeux.
Elle était maintenant nue, les cheveux attachés grossièrement pour éviter de les mouiller, elle l’observait encore, sans oser le rejoindre.
Elle attendait.

Il remarqua qu’elle ne faisait plus aucun bruit, et lorsqu’il ouvrit les yeux, il la vit dans son plus simple apparat, à attendre, gênée. Cela lui était inhabituel. Elle était d’habitude si confiante, si sure d’elle.
Son coeur fit un tour dans sa poitrine.
C’était la première fois qu’il la voyait nue et il en était retourné. Son corps si frêle en comparaison du sien, elle était pourtant musclée et loin d’être maigrichonne, mais il y transparaissait en cet instant précis, une certaine vulnérabilité.
Sa poitrine généreuse et ferme qu’elle ne savait comment cacher sans paraître pudique, sa cicatrice la plus marquée au niveau de son abdomen.
Il ne devait pas se laisser aller, il devait réagir et ne pas avoir l’air d’un idiot la bouche ouverte et perdre ses moyens.
Il n’était pas né de la dernière pluie.

— Viens, ne reste pas là, tu vas attraper froid. L’eau est à bonne température, enfin j’espère.
Dit-il, en lui faisant une place dans la baignoire.

Elle se pressa et enjamba la baignoire pour se glisser dans l’eau, dans sa précipitation, son pied glissa au fond de la cuve qui était déjà remplie d’un fond d’eau, et elle tomba, torse contre torse contre Gabriel qui ne sut comment réagir.

— Eh bien, attention là !
S’exclama – il.

— J-je, pardon… !!!
Alexandra perdait ses moyens. Morte de honte, elle ne savait plus où se mettre.

— … Tu ne t’es pas fait mal ? Ca va… ?
Demanda t-il, plus inquiet pour elle que pour lui.

Elle s’était affalée sur lui, et elle n’osait plus bouger, de peur de le toucher à un endroit où il ne faudrait pas.
Il l’aida à se relever en la prenant par ses mains et elle se cacha derrière la mousse, de l’autre côté de la baignoire.

— Ce n’est pas grave, tu sais… ?
Sourit-il.

La baignoire étant assez remplie, il coupa l’arrivée d’eau.
Elle n’osa pas parler, ne sachant pas quoi dire ni quoi faire.
Il lui tendit sa main.

— Approche, je ne vais pas te manger. Laisse moi te laver le dos.
Lui proposa t-il, tout simplement.

Elle posa sa main dans la sienne, il la rapprocha doucement et il posa un baiser sur ses phalanges.
Cela la surprit. Il avait des manières de prince, elle ne pensait pas et en même temps ça n’avait rien de surprenant, c’était un prince.
Elle se tourna et il lui frotta le dos avec ses mains savonneuses.
C’était relaxant. Les vapeurs de chaleur, la température chaude parfaite de l’eau, l’odeur douce dans laquelle ils baignaient. Elle réussit à se détendre et être moins crispée.
Elle fit le vide dans sa tête.
Elle fut presque déçue lorsqu’il annonça qu’il avait fini, il s’était effectivement arrêté qu’au dos, comme il l’avait dit.

Il avait remarqué qu’elle était tendue et il cherchait à détendre l’atmosphère. Il souhaitait qu’elle passe un bon moment, qu’elle se sente à l’aise. Il prit les devants, lui proposant de lui laver le dos.
Il s’y tint. Pas de gestes déplacé, il n’avait pas dérapé ou chercher à la toucher ailleurs, même si l’envie était forte. Il sentit sous ses doigts qu’elle avait réussi à se décontracter, ses nerfs étaient moins tendus.
Quand il eut fini, elle tourna son visage vers lui, l’air de lui dire qu’elle en voulait plus, sans le formuler.
Il ne ferait rien sans son autorisation, il esquissa un sourire.

— Je… je peux te laver le dos… aussi.
Dit-elle, à demi-mot.

Il ne s’y attendait pas. Il pensait qu’elle lui demanderait de continuer, et il resta quelques secondes à la regarder, avant d’accepter et de se tourner à son tour.
Il essaya de se remémorer à quand remontait la dernière fois qu’on lui avait frotté le dos. Perdu dans ses pensées il se laissa porter et profita de l’instant.

Son dos était encore plus imposant de près, elle ne pouvait pas être plus près sauf si elle collait son visage contre sa peau.
Elle attrapa un savon qu’elle frotta entre ses mains, puis le reposa avant de s’attaquer à la surface en face d’elle. Elle put sentir entre ses doigts chacun de ses muscles, même détendus.
Elle se fit la remarque qu’elle avait peut-être sous-estimé Gabriel. Il était peut-être plus fort et plus discipliné en terme d’exercices sportifs, qu’elle.
Et surtout, quelle carrure. Chris était musclé, mais là, c’était d’un autre niveau.
Puis, elle ne devait pas penser à Chris, pas aujourd’hui.
Elle lui avait promis.

En parlant de Chris, il cherchait sa protégée.
Après être passé sur le terrain où il ne vit personne, il demanda aux employés s’ils avaient vu Alexandra.
Ils ne savaient pas trop mais quelqu’un signala qu’il l’avait peut-être vue accompagner Gabriel à son bureau.
Il y passa, frappant à la porte avant d’entrer, mais ne vit personne. Il ne chercha pas plus loin, en se disant qu’ils étaient peut-être occupés ailleurs.
Si elle était avec lui, c’est qu’elle devait être en sécurité.
Il s’en alla, sans chercher plus en profondeur.

Pendant ce temps là, ils étaient encore dans la baignoire et Alexandra commençait à avoir la peau fripée. Elle s’était savonnée partout et s’était rincée, prête à sortir de l’eau.
Gabriel fit de même, se levant, il attrapa deux grandes serviettes, il en tendit une et enveloppa Alexandra dedans.
Il était d’excellente humeur, la taille de la serviette était faite pour Gabriel et elle était trop grande pour Alexandra. Elle avait presque disparu en s’enroulant dedans. Il souriait, amusé par cette vision.
Elle boudait un peu, n’appréciant pas qu’il se moque d’elle.
Gabriel s’essuya sans aucune gêne de montrer son corps nu, mais elle se tourna et s’essuya sans montrer le sien, et resta cachée, emmitoufflée dans la serviette en attendant, ne sachant pas quoi faire ensuite.
Il posa sa serviette après avoir fini, et attrapa Alexandra pour la porter, dans sa serviette.
Elle poussa un petit cri d’étonnement, ses pieds quittèrent le sol et Gabriel la porta comme une princesse jusqu’au lit, où il la posa et le drap de la serviette s’ouvrit, laissant découvrir le corps nu d’Alexandra.
Il la surplombait, contemplant cette personne avec admiration, pour ne pas trop la gêner, son regard se plongea ensuite dans ses yeux.

— Je n’ai pas les mots pour décrire à quel point tu es magnifique…
Dit-il, avec émotion.

Elle essaya de cacher son visage cramoisi avec ses mains, détournant tout de suite son regard. Elle ne savait pas quoi répondre ni quoi dire.
Gabriel avait également les joues rosies, il n’avait pas l’habitude de prononcer ces mots et la voir aussi embarrassée par ses paroles, il en avait le coeur attendrit.
Il voyait qu’elle n’était pas à l’aise, et il ne voulait surtout pas la brusquer ou la forcer, ne surtout pas détruire le peu de relation quéil avait avec elle.

— Je… est-ce que je peux t’embrasser… ?
Demanda t-il, avec une crainte dans sa voix, il savait qu’elle pouvait refuser, et sur ça, il n’y pourrait rien.

Ce qu’il ne souhaitait pas, c’est qu’elle passe un mauvais moment.
Contre toute attente, elle acquiesça, timidement, même si elle cherchait à se cacher dans un trou.
Cette fois-ci, il y alla avec beaucoup plus de douceur, comme s’il avait peur de la briser, toute sa tendresse réunit dans ce geste, il posa sa paume sur sa joue et la dirigea lentement pour que ses lèvres puissent se poser sur les siennes.
Il prenait son temps, il savourait cet instant.

Elle sentait la chaleur de sa main sur son visage, il tremblait d’une manière presque imperceptible, elle arrivait à ressentir ses craintes, sa main était légèrement moite. Cela l’étonna.
Elle avait cette image de Gabriel sûr de lui, bourré de confiance, imperturbable. Etait-ce la même personne qu’elle avait maintenant en face d’elle.
Elle ne faisait pas non plus la fière, et qu’ils soient tous les deux dans cette situation, elle eut envie de le rassurer.
Elle posa sa main sur la sienne, pour l’encourager, et la serra pour lui donner confiance.

Il ne devait pas avoir peur. Ils étaient tous les deux adultes et conscients de ce qu’ils faisaient.
Ils avaient d’autant plus rien à se reprocher parce qu’ils étaient mariés, sur le papier.
Ce geste de la part d’Alexandra, le rassura.

Ils avaient le visage proche l’un de l’autre et sa respiration tiède contre les lèvres d’Alexandra avant que la distance soit complètement réduite, ce fut un baiser tendre, timide, empli de craintes qu’elle ne l’accepte pas.
Elle lui rendit aussitôt, entrouvrant ses lèvres pour l’inviter à ne pas se retenir.
Il cueillit son invitation, à bras ouverts, tout en se contrôlant, il y alla progressivement, et ils commencèrent à trouver leur rythme de croisière.

Elle se laissait porter par ses émotions, elle avait envie de son corps, il y avait quelque chose en lui qui la rendait folle. Sa manière de l’embrasser n’arrangeait rien.
Elle avait toujours fait taire cette petite voix en elle qui était attirée par Gabriel, et elle se rendait compte aujourd’hui, qu’elle pouvait, rien qu’aujourd’hui, laisser cette partie d’elle faire ce qu’elle voulait.
En ce moment, il n’y avait que lui qui existait.

— Ne t’inquiète pas, je prends mes précautions.
Avait-il murmuré, en s’arrêtant un instant et la regardant sérieusement.

— Je ne suis pas inquiète.
Avait-elle répondu, en le regardant droit dans les yeux.

Il utilisa sa magie et fit apparaître un halo translucide autour de son érection.
Elle regarda ça avec surprise, elle n’osa pas formuler sa question de savoir ce qu’il faisait.
Il remarqua sa réaction.

— C’est la première fois… ?
— Eh bien… je l’ai déjà fait avec Chris… mais…
— Ah… évidement…
— Je suis désolée, je ne voulais pas-
— Non non, je veux dire. Il utilise l’ancienne méthode. Lorsqu’on sait utiliser la magie, on a pas besoin de « préservatif ». D’ailleurs, j’imagine que personne ne t’a enseignée cette technique pour…
— Q-quoi… ?!
— Ok, on va garder ce cours pour une autre fois.
— D’accord…

— Est-ce que je peux… ?
Demanda t-il, en s’approchant d’elle.

Elle acquiesça, timidement. Elle n’avait pas fait attention à la taille de son membre, mais maintenant qu’elle lui faisait face, elle voyait et appréhendait sa dimension. Proportionnel à la carrure de Gabriel, elle avait un peu peur.

Il la caressa et introduisit un doigt pour vérifier qu’elle était prête. Elle réagit aussitôt. Elle était légèrement humide et elle se contracta.

— Je te promets d’y aller doucement.
Dit-il en la regardant droit dans les yeux.

Il voyait son appréhension, même si elle était fière et ne voulait pas l’avouer de vive voix.
Il retira son doigt, aussi lentement qu’il l’avait fait entrer. Elle laissa échapper un soupir de plaisir.
Il l’embrassa à nouveau, posant ses lèvres sur tout son corps, et de ses mains il enveloppa sa poitrine généreuse. Il descendit pour la goûter, ouvrant ses cuisses pour lui laisser la place d’accéder à son intimité.
Elle se cachait derrière ses bras, mais ne lui empêchant pas de lui offrir ce plaisir.
Il réussit presque à lui faire atteindre l’orgasme rien qu’avec sa langue et ses doigts, il s’arrêta lorsqu’il comprit qu’elle était assez prête pour l’accueillir.
Il s’essuya la bouche sur un bout de serviette qui était encore sous elle.
Plutôt fier de lui, de la voir totalement démunie, de lui avoir procuré un certain bien-être.
Elle était complètement détendue.
Gabriel prit une fois de plus les devants et s’approcha d’elle, la surplombant.

— Je vais…
Dit-il, pour la prévenir.

Elle l’empêcha de parler en l’embrassant avec passion.
Il ferma les yeux, savourant son baiser, il attrapa ses hanches d’une main et de l’autre, il guida son membre pour la pénétrer sans difficulté, malgré sa taille, il y alla avec toute la douceur possible en son pouvoir.
Elle ne se laissa pas guider, et ne lui laissa pas tout le contrôle, alors qu’il essayait de la ménager, elle bougea son bassin pour l’avaler plus rapidement, s’arrêtant parfois pour reprendre son souffle, pour profiter des sensations qu’elle ressentait en elle.
C’était différent, elle l’avait déjà fait mais c’était tellement différent avec Gabriel.
Elle étouffait ses propres gémissements.

Il fut surpris qu’elle prenne l’initiative, qu’elle bouge de sa propre volonté sur lui, il la sentait se contracter, sa chaleur, son humidité tout autour de lui, c’était un délice. Il ne se souvenait plus de la dernière fois qu’il avait pu goûter à cela. C’était il y a bien trop longtemps, et il était presque heureux d’avoir préservé cela pour la seule personne qui comptait à ses yeux aujourd’hui.
Il la laissa faire, aller à son rythme, profitant de ce qu’elle était en train de lui faire subir, un doux supplice.
Il se contrôlait, il voulait que cela dure.

Elle gesticulait sous lui, elle avait posé ses mains sur ses avant bras, les serrant avec poigne, elle se maintenait ainsi pour pouvoir bouger son bassin avec plus de facilité.
Il laissa également échapper quelques gémissements.
Elle ne s’arrêta pas, au rythme de son déhanché, elle finit par l’avaler tout entier, ils poussèrent un râle en même temps lorsqu’elle réussit à l’engloutir en elle.
Elle était moins réservée qu’au début et elle n’hésita pas à prendre ce genre d’initiative.

Il l’empêcha de continuer, souhaitant également prendre les devants, il attrapa ses mains pour entrelacer ses doigts avec les siens, et il l’empêcha de se mouvoir, c’était à son tour de jouer.
Il prit contrôle de la situation et la voir prendre autant de plaisir était une satisfaction en soi.
Il voulait que sa première fois avec elle soit parfaite, et surtout, que ce soit agréable.
Au vu de ce qu’il entendait et de la manière dont elle se tortillait sous lui, ce n’était pas un échec.
Il la sentit se contracter plus fort, et ressentir des frissons à son contact. Elle avait jouit et il ralentit lentement la cadence pour l’embrasser et lui demander si ça allait.

Les joues rouges, elle fronçait des sourcils.
Elle semblait contrariée et Gabriel s’en inquiéta.
Elle était vexée parce qu’elle avait trouvé cela trop bon.
Elle reprit son souffle et elle se releva pour s’asseoir sur lui, alors qu’il était lui-même assit sur le lit.

Il l’accueillit à bras ouvert, se demandant ce qu’elle comptait faire.
Lorsqu’il la sentit le chevaucher, il attrapa ses hanches pour l’empêcher d’aller trop vite.
Il avait failli jouir lui-même, lorsqu’elle avait atteint l’orgasme. Même s’il se contrôlait, cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas goûté au plaisir de la chair.
Elle l’embrassa de nouveau, passant ses doigts dans la chevelure de Gabriel et lui caressant la nuque.
Il se laissa aller et ce fut terminé.

Il allongea sa partenaire délicatement dans le lit et se coucha près d’elle.
Ils se regardèrent, tous les deux allongés sur le côté, sans trop savoir quoi dire.
Essoufflés, il prit la main d’Alexandra pour l’embrasser et la remercier. Il tira la couverture pour la couvrir.

— J’espère que tu as apprecié…
Murmura t-il.

Elle acquiesça sans un mot, resserrant son étreinte dans la main de Gabriel pour le rassurer.
Ca avait été un moment magique, cependant elle était perdue. Qu’allait-il se passer après ça ?
Etait-elle amoureuse de Gabriel ? Elle ne savait pas. Elle commençait à avoir de l’affection pour lui mais elle ignorait si c’était de l’amour. Elle savait maintenant qu’elle avait une attirance physique pour lui. Cela n’arrangeait pas son cas.
Allaient-ils continuer à se voir juste pour coucher ensemble ? Est-ce que cela changerait leur relation ? Elle ne savait pas.

2021.12.15

Enchantement

Ils étaient en séjour chez Gabriel.
Alexandra s’était laissée convaincre de s’entraîner chez lui, elle progressait beaucoup et elle avait d’énormes lacunes à combler en magie, et Gabriel avait de très bons magiciens qu’il avait désigné comme professeurs pour elle.
Chris l’accompagnait par simple mesure de précaution.
Ils partageaient la même chambre et dormaient ensemble.
Gabriel n’avait fait aucun commentaire à ce sujet.

Un jour, Chris fit un malaise et Alexandra était plus qu’inquiète à son sujet.
Elle le veilla à longueur de temps.

*

Chris était à l’infirmerie, sur un lit allongé, il semblait dormir profondément.
Alexandra, assise à ses côtés, elle lui tenait la main et s’était endormie sur la couverture, à moitié affalée sur Chris.

Chrystal n’avait pas réussi à lui faire entendre raison pour dormir dans un vrai lit.

Gabriel vint vérifier, et Chrystal haussa les épaules, impuissante.

*

Il soupira.
Elle s’était endormie sur son siège, le haut du corps sur le lit, sa main serrant celle de Chris dans la sienne.
Chrystal avait haussé les épaules, elle avait essayé de lui faire entendre raison mais têtue comme elle était, Alexandra n’avait pas voulu quitter Chris.
Gabriel s’accroupit à ses côtés et essaya de la réveiller sans la brusquer.
Ce qui ne fut pas facile, elle dormait profondément. Lorsqu’elle ouvrit enfin les yeux, elle mit un temps pour comprendre ce qu’il se passait.
Il perdit patience, et la força à lâcher la main de Chris, puis l’emmena dans la pièce adjaçante pour lui parler sans déranger l’infirmerie.

— À quoi tu joues ?!
Il était agacé et il ne comprenait pas ce qu’elle faisait.

Alexandra se réveillait à peine et le ton de Gabriel l’effraya. Elle tremblait légèrement, elle n’avait pas mangé depuis que Chris était dans cet état, elle était chamboulée par sa condition et elle était trop inquiète.

— Je…

Elle n’arriva pas à réunir des arguments ni formuler des explications. Elle ne savait pas de quoi il fallait qu’elle se justifie.

— Chris est entre de bonnes mains, c’est stupide de le veiller aux dépends de ta propre santé !

Alexandra était aux bords des larmes.
Elle avait un mauvais pressentiment au sujet de Chris, peut-être à tort, mais elle tenait trop à lui et c’était la première fois qu’il se trouvait dans un état similaire question santé.

— Mais…

Elle n’avait aucun bon argument. Sa peur était irrationnelle. Sa voix s’étrangla.

— Il n’y a pas de « mais » tu vas arrêter de faire ta tête de mule, et aller te reposer. Qu’est-ce que tu veux qu’il croit s’il te retrouve épuisée après sa maladie ? Ca va finir par me retomber dessus.

Elle baissa les yeux. Elle perdait pieds sans Chris.
Gabriel s’approcha d’elle et posa la main sur son épaule.

— Allez, sois raisonnable.

Elle releva les yeux vers lui, ils étaient mouillés.
Ele fondit en larmes, dans les bras de Gabriel.
C’était à son tour d’être désemparé.
Il la serra timidement dans ses bras. Lui tapotant doucement le dos.

— Hé, ça va aller…

Il ne s’attendait pas à ce qu’elle se blottisse ainsi dans ses bras. Il la sentit faillir, elle tremblottait.

— Qu’est-ce que je te disais…

Il la porta, la serrant contre lui et l’emmena.
Il était sur le point de la ramener dans la chambre qu’elle occupait avec Chris,

— Ne… me laisse pas seule…
Supplia t-elle, en s’accrochant à sa chemise.

Il soupira et fit demi-tour pour l’installer dans sa chambre personelle.
Elle n’était pas dans son état habituel, elle était si vulnérable et désemparée.
Elle s’endormit presque aussitôt, après qu’il l’ait installée au fond du lit, elle s’accrocha à son bras encore un instant, de peur qu’il ne s’en aille.
Il dut attendre qu’elle s’endorme profondément pour la quitter: tirant légèrement les rideaux du baldaquin pour lui offrir un semblant d’intimité.

Il quitta la chambre pour s’occuper du problème.
Il inspira un grand coup et se dirigea vers sa destination.
Il savait que la cause de l’alitement de Chris n’était pas naturelle, et il devait s’en occuper rapidement et sans que cela ne s’ébruite.
Voir Alexandra dans cet état l’avait chamboulé.
Il se rendait compte de la relation particulière qu’elle entretenait avec Chris, il savait qu’il aurait du mal à se faire une place dans son coeur, mais il en avait maintenant la preuve.

Cela n’était pas sans risque, lorsqu’il discuta avec la personne responsable du mal, il marchait sur des oeufs. Il devait faire en sorte que Chris soit défait du sort qui l’emprisonnait sans que sa situation n’empire, et cela dépendait de la seule volonté de l’enchanteur.
Il réussit à le convaincre que cela n’était pas pour le mieux, tout en gardant sa composition, il ne laissa rien paraître.

Chris reprit des couleurs et ses esprits dans les heures qui suivirent.
Alexandra se réveilla le lendemain, en panique.
Gabriel était retourné dans sa chambre.
Il n’avait pas osé se coucher dans le même lit.
Elle failli perdre l’équilibre en se levant et en cherchant à sortir.
Gabriel la rattrapa et la forca à se recoucher.

— Du calme, rien ne presse. Tu vas tout d’abord prendre le temps de manger quelque chose, je t’apporte ça.
— C-chris…

— Oui oui, il s’est réveillé.
Annonça t-il avec un sourire sincère.

Il attendait de la voir se réjouir et il ne fut pas déçu.
Elle se détentit et n’opposa plus aucune résistance.

2021.11.17

Fougue [R-18]

Les lèvres contre celles de Chris, elle en avait rêvé.
Elle ne pensait pas aux conséquences de ce qu’elle était en train de faire, cela lui procurait un tel bien-être d’être à nouveau proche de la personne qu’elle avait aimé aussi fort et aussi longtemps.
Ses mains caressant le corps, la moindre parcelle de peau et de muscles de Chris, elle avait l’impression d’être dans un rêve, cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas pu le toucher ainsi, et elle saisissait cette chance de pouvoir le faire à nouveau, craignant que ce soit la dernière fois, elle mémorisait la douceur du contact dans son esprit.

Elle avait réussi à briser la glace qu’il avait fait apparaître entre eux, un simple baiser, il avait baissé sa garde et son geste avait fait fondre son bouclier si impénétrable.
Il l’avait suppliée de l’arrêter, de le ramener à la raison, en vain, elle n’attendait que cela.
Elle qui pensait qu’il ne ressentait plus rien pour elle depuis tout ce temps, il l’avait bernée, elle s’était sentie trahie, il lui avait mentit.
Cependant, elle était si soulagée qu’il ressente encore les mêmes sentiments, que cela soit réciproque, même après tout ce temps.

Il était emporté par la fougue.
Il essayait de se restreindre, d’arrêter ce qu’il était en train de faire, il était encore temps, mais elle savait la vérité maintenant, et elle avait balayé ses craintes en lui disant qu’il n’y avait rien de mal. Devait-il la croire ? Lui faire confiance ? Elle n’était pas du genre à mentir mais il doutait. Quoi qu’il en soit, son esprit était ailleurs. C’était tellement bon de pouvoir la sentir si près, si proche de lui à nouveau, il en avait rêvé aussi. Un désir inavouable, elle lui avait manqué, c’était indéniable. La douceur de sa peau contre la sienne, son odeur, ses cheveux, son souffle haletant de plaisir.
Il ne pouvait plus se contrôler, c’était beaucoup trop excitant et ennivrant. Elle le connaissait et il ne pouvait rester insensible à sa manière qu’elle avait de le caresser, de se coller contre lui, de l’étreindre. Tout son corps lui exprimait à quel point elle avait envie de lui.
Il finit par cesser de lutter contre lui-même, et il se laissa porter par l’instant présent. Pour cette fois, il avait baissé sa garde et il lui faisait entièrement confiance vis à vis des conséquences. Il préférait ne pas y penser à ce moment précis.

Le goût de ses lèvres, la manière qu’elle avait de caresser sa langue avec la sienne, sa reprise de souffle, le mordillement de ses lèvres.
Il massait le corps, les formes d’Alexandra avec ses mains légèrement rugueuses par les entraînements et ses déploiements sur le terrain. De ses hanches pour remonter jusqu’à son torse, lentement mais avec force.
Il la serrait tout contre lui, il sentait sa chaleur contre lui et ce contact lui était tellement rassurant.
Il la sentait perdre le contrôle tout autant que lui, elle s’accrochait à lui, murmurant son prénom, lui suppliant de la prendre toute entière et de la consumer.

Elle était vêtue d’une simple robe de chambre à bretelles fines, et elle n’avait rien mis dessous, en connaissance de cause.
Chris avait ralenti et arrêté Alexandra pour prendre des précautions, il ne souhaitait toujours pas la mettre en cloque et il ne voulait pas la blesser.

— Alexandra… attends… je ne veux surtout pas te faire mal…
— Tu ne me feras pas mal…

Elle attrapa sa main pour la mettre entre ses cuisses.
Elle était trempée et bien prête à l’accueillir.
Chris toucha et avec toute sa délicatesse, y inséra un doigt. Lentement.
Alexandra réagit aussitôt en se contractant et se mordant les lèvres.
Souhaitant aussi lui faire du bien, elle déplaca et positionna ses mains sur son érection.
Sa chair était brûlante à cet endroit, et son membre bien droit.
Il laissa échapper un petit souffle coupé, de surprise.

2021.11.15

Aveu [R-18]

Ils étaient arrives dans le château de Gabriel et il n’avait pas prévu qu’elle serait accompagnée.
Il pensait préparer une seconde chambre pour Chris, mais elle insista pour qu’ils partagent la même chambre, parce qu’elle ne voulait pas déranger plus.
Chris ne dit rien de plus et Gabriel ne chercha pas à la contredire.
Il ne savait pas quel genre de relation ils avaient mais sachant qu’il était son garde du corps, il ne se méfia pas plus.

Ils s’installèrent en déchargeant leur peu d’affaires dans la chambre préparée, Chris remarqua les détails et les efforts mis dans cette pièce pour qu’elle soit la plus agréable possible pour Alexandra.
Le lit était largement assez grand pour deux personnes, sans qu’ils ne se gênent.
Il pensait occuper le canapé pour le séjour mais alexandra lui fit remarquer que ce n’était pas la peine et qu’ils pourraient partager le lit.
Il ne chercha pas à la contredire.
Il se maîtrisa et se prépara mentalement à ne pas montrer ses sentiments et son affection plus que nécessaire.

À la nuit tombée, après le dîner la douche et le brossage de dents, Alexandra était en robe de nuit et s’était allongée au fond du matelas et de la couverture, occupant un côté du lit.
Chris dormait avec un simple T-shirt et un short.
Il s’allongea de l’autre côté et se mit sous la couette également.

*

Ils n’avaient pas eu l’occasion de discuter plus amplement de leur relation, et Alexandra pensait à trop de choses pour réussir à s’endormir.
Chris, avait le coeur qui battait plus fort que d’habitude et essayait de penser à autre chose pour que cela ne se remarque pas. Il l’entendait battre jusque dans ses tempes. Fermant les yeux et fronçant les sourcils, il tentait tant bien que mal de se focaliser sur un sujet diver.
La voix d’Alexandra retentit.

— … Tu dors ?
Demanda t-elle.

Chris ne put pas faire semblant.

— Non… pourquoi… ?
Répondit-il, tout simplement.

— … Je t’ai réveillé… ?
— Non. Je n’arrive pas à m’endormir…
— Moi non plus…
— À quoi tu penses ?

Elle se tourna vers lui, et le regarda dans les yeux.

— Je sais que je ne devrais pas… mais j’ai encore des sentiments pour toi… et même si je peux faire semblant de ne plus en avoir… mon corps ne désire qu’une seule chose… te prendre dans mes bras, je…
— N’en dis pas plus…
— Excuse moi…je sais que je dois tourner la page, et puis maintenant que j’ai signé ce contrat avec Gabriel, j’ai réalisé que je devais arrêter de me comporter comme une enfant, il vaut mieux que je grandisse et que je passe à autre chose.

Elle baissa les yeux, et son visage affichait une certaine tristesse. Elle était vulnérable.
Chris ne put s’empêcher de tendre sa main pour lui caresser le visage et tenter de la réconforter.
Surprise, elle le regarda avec stupéfaction et elle força un sourire, les larmes lui montaient aux yeux.

— Pourquoi tu fais ça… ? Pourquoi tu restes si gentil avec moi… ? Ca serait tellement plus simple si tu étais detestable !
— J’ai quelque chose à t’avouer… il n’a jamais été simple pour moi non plus, de me séparer de toi… mais regarde toi aujourd’hui. L’avenir radieux qui t’attend. Si nous étions restés ensemble, jamais tu aurais songé à accepter l’offre de Gabriel. Ne me dis pas le contraire. Je le vois dans tes yeux. Je pense avoir fait le bon choix, même si j’en ai également le coeur meurtri.

— … T’es qu’un idiot, surtout !
S’écria t-elle, outrée, les yeux écarquillés.

Elle prenait cet aveu en pleine face. Elle n’en croyait pas ses oreilles.
Alexandra chercha à lui donner un coup de genoux entre les jambes de Chris mais il l’arrêta d’une main.
Le contact de sa main sur la cuisse d’Alexandra la fit frissonner, même s’il ne faisait que la maintenir, elle glissa sa main sur son bras, ce qui eut pour effet qu’il lâche prise, comme s’il avait pris une décharge électrique.

— À quoi tu joues ?!
S’écriat-il, en s’éloignant d’elle.

Elle était remontée. Comment osait-il lui avouer cela après tout ce temps.
Elle l’attrapa par les épaules et le surplomba, l’enjambant.
Elle sentait quelque chose de dur et bombé sous elle, et elle sourit.

— Est-ce que tu peux m’expliquer ce que je devine… ?
Demanda t-elle, avec un large sourire.

Chris la regardait dans les yeux sans réagir.
En un mouvement, il se libéra et retourna Alexandra sur le lit, elle était allongée sur le dos, avec Chris qui la surplombait à son tour.

— Ne joue pas à ça avec moi.

Il semblait insensible, aucune émotion ne transparaissait sur son visage.
Elle glissa vers le haut de son oreiller pour se rapprocher du visage de Chris.
Elle passa ses mains autour de son visage, et elle approcha ses lèvres pour l’embrasser sur sa bouche, lui donnant un baiser langoureux.

Après avoir fini, elle le regarda un instant pour savoir ce que ça lui avait fait, elle pensait être déçue en voyant qu’il serait resté stoïque, mais elle eut à peine le temps de reprendre son souffle, qu’il passa sa main derrière sa tête pour la maintenir et l’embrasser à son tour, rendant avec passion le baiser qu’elle venait de lui donner.
Elle fut plus que surprise et cela raviva la flamme qu’il avait laissé quelques années auparavant.
Encore plus forte, plus vive.

Chris n’avait pas pu rester insensible au baiser d’Alexandra.
Elle réussit à briser les chaînes qu’il s’était lui-même apposées. Et il laissa ses émotions et ses sentiments s’exprimer, à nouveau.
Il l’embrassa avec passion, il libéra tout l’amour qu’il continuait de lui porter quotidiennement mais secrètement, discrètement. Cette fois-ci, la vanne était ouverte.
Il était en train de lui montrer à quel point il tenait encore à elle.

— Arrête moi, Alexandra…
Sussura t-il entre deux baisers, avec supplication.

— Non… aime-moi…
Réussit-elle à prononcer lorsque ses lèvres n’étaient pas contre les siennes.

Elle l’attrappa, passant ses mains autour de son cou, les baladant sur son corps.
Elle avait rêvé de ce moment pendant tellement longtemps depuis leur séparation.

— Je ne… dois pas…
S’arrêta t-il, torturé par ses propres pensées, ses mains dans sa chevelure.

— C’est trop tard, Chris, tu ne peux plus me mentir…

Elle attrapa une de ses mains et s’approcha de lui pour le convaincre.

— Alexandra, c’est mal… ce que nous faisons…
— Non, ça ne l’est pas… nous sommes deux adultes consentants…
— Tu es… sous contrat… avec Gabriel
— Que sur le papier. Tu le sais. Je n’ai aucune obligation sur ma vie privée. Rien ne m’interdit de faire ce que je veux avec mon corps.

Chris restait silencieux, sa main libre serrait la taille d’Alexandra.

Ils s’embrassèrent de nouveau et elle se laissa porter par le désir de Chris. Il se lâcha et laissa libre court à sa fougue.

Comment oublier la chaleur et la douceur d’Alexandra.
Après avoir enfilé une protection nécessaire, il redécouvrit le plaisir de la chair avec elle, il la pénétra avec toutes les précautions qu’il avait, et la sentir se contracter sur lui, ses mains l’aggriper, resserrer cette étreinte sur sa peau. C’était même meilleur qu’auparavant, toute cette attente accentuait ce qu’il ressentait à présent.
Il était trop tard, beaucoup trop tard, il avait, ils avaient franchi la ligne.

Elle accueillit Chris en elle, son corps semblait se souvenir de lui, elle n’avait pas consommé depuis leur rupture et elle redécouvrit à quel point il était bon de se sentir emplie, pas par n’importe qui mais par lui. Sa douceur habituelle, peut-être légèrement moins doux qu’à son habitude, elle arrivait à percevoir son excitation qu’il essayait de contenir pour ne pas la brusquer.

Cela n’avait pas besoin de durer des heures, ils se donnèrent du plaisir sans que cela ne s’éternise plus que nécessaire et ils surent s’arrêter de maniere raisonnable.

Une dernière contraction, un dernier soupir.
Ils s’allongèrent dans les bras l’un de l’autre.

Alexandra s’endormit avec un sourire serein sur son visage.
Il l’embrassa tendrement sur son front et s’endormit également, un peu plus léger mais surtout avec une pointe de culpabilité.

Le lendemain, Alexandra était de très bonne humeur.
Gabriel ne se doutait de rien, mais Chris était mal à l’aise de savoir qu’il avait couché avec Alexandra la veille. Ils essayèrent de rester extrêmement discret sur leur relation privée. En public chacun faisait comme si rien ne s’était passé.

*

Gabriel remarqua qu’il y avait un changement entre les deux. Elle était moins froide avec Chris et il semblait être un peu plus expressif, mais Chris étant ce qu’il est, n’était pas très démonstratif.

2021.12.04

Prisonnières [R-18]

Hélène et Aurore se soutenaient et se serraient tandis que les hommes les emmenaient. Ils étaient assez nombreux pour les encercler et les empêcher de s’enfuir, et elles n’osaient rien tenter de dangereux.
Elles avaient appris à leur dépend, et Hélène ne voulait pas risquer de faire souffrir Aurore encore plus.
Sans oublier qu’elles étaient affaiblies. Elles n’avaient rien mangé et elles n’avaient pas dormi. Somnoler, c’est tout ce qu’elles avaient pu faire.
Elles avaient froid de leur douche et de la fatigue accumulée.
Elles frissonnaient dans leurs vêtements et Hélène était inquiète. Aurore était plus pâle que d’habitude et ses mains étaient gelées.
Elle la regarda, les yeux emplis de peine. Elle n’était pas en meilleure forme mais sa soeur était dans un tel état qu’elle oubliait sa propre fatigue.

Elles arrivèrent enfin à destination.
Une porte qu’on ouvrit devant elle et on les poussa dedans avant de refermer.
Elles n’eurent pas le temps de se retourner que la porte était déjà verrouillée.
Sans aucun mot, sans aucune instruction.
Cette fois-ci, c’était une chambre plutôt somptueuse.
Un lit double à baldaquin était là, elles avaient l’impression d’être dans une chambre d’hôtel de luxe.
Il n’y avait pas de fenêtre mais une fente en hauteur, telle une bouche d’aération de cave, laissait entrer un filet de lumière qui suffisait pour éclairer les lieux et deviner ce qu’il s’y trouvait.
Hélène n’hésita pas et dirigea Aurore sur le rebord du lit pour qu’elle puisse s’y asseoir.

— Tu es sure que ça va… ? Tu es vraiment très blanche…
Demanda Hélène, les mains resserrant celles d’Aurore pour tenter de la réchauffer.

— O…oui… je… ça doit être la fatigue… je…

Aurore mentait. Elle tremblait et elle avait du mal à se réchauffer. Elle ne savait pas comment elle faisait pour garder conscience.

— Allonge toi, repose toi. Je resterai te veiller.

Insista Hélène en la poussant gentiment dans le lit, la bordant sous l’immense couverture.
Aurore ne se fit pas prier, elle était dans un sale état et elle s’endormit presque aussitôt.
Hélène qui devait la surveiller, s’installa également sous la couverture pour se réchauffer et observa Aurore s’endormir, jusqu’à elle-même sombrer dans un sommeil agité.

Elle rêvait, ou plutôt était-ce un cauchemar, que sa soeur se faisait martyriser devant ses yeux sans qu’elle ne puisse rien faire. Elle revivait la scène altérée de manière horrible.
Elle se réveilla en sueurs, le coeur battant, et elle se rendit compte qu elle s etait assoupie.

Elle eut un moment d’hésitation, elle aurait préféré que tout ceci ne soit qu’un mauvais rêve. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Elles étaient encore dans cet endroit.
Aurore dormait paisiblement et Hélène pria intérieurement qu’elle ne fasse pas de cauchemars.
Elle se leva du lit, en ne perturbant pas le sommeil d’Aurore.
Encore chamboulée de son rêve, elle faisait les cents pas dans la chambre. Observant la décoration, les meubles, elle cherchait à se changer les idées et penser à autre chose.
Elle était en colère, cette situation la mettait dans un état de rage. Elle ne savait pas quoi faire pour se sortir de ce pétrin. Elles étaient prisonnières.
Elle était en train de pester en silence lorsqu’elle entendit le verrou de la porte.
Elle se figea et recula, elle se rapprocha du lit où se trouvait Aurore.

L’homme qui semblait commander ici, entra dans la chambre et referma la porte sans la verrouiller.
Il sourit lorsqu’il vit Hélène.
Il s’approcha d’elle, tandis qu’elle tremblait.
Elle était terrorisée. Elle se souvenait de sa force, et de sa faiblesse.
Il l’empoigna par le cou l’empêchant de parler ni de sortir aucun son de sa bouche.

— Ne fais pas la maline avec moi. Je te garde en vie pour une seule raison. Reste à ta place et ta soeur ne souffrira pas, trop.

Il avait un sourire satisfait et relâcha Hélène qui s’écroula par terre. Essayant de reprendre sa respiration et se massant le cou
Il se dirigea vers le lit et regarda Aurore avec des yeux brillants et un sourire lubrique.

— Elle portera mes enfants.
Dit-il, comme à lui-même.

Hélène retint sa respiration. Elle n’était pas sûre de ce qu’elle venait d’entendre et elle aurait préféré ne pas l’entendre. Quelque chose se brisa dans sa poitrine.
Elle avait envie d’hurler et d’étriper l’homme, le monstre qui était à quelques mètres d’elle.
Mais elle savait qu’elle n’avait ni la force, ni la magie.
Elle ne pouvait que pleurer de désespoir.
Pourquoi ne pouvait-elle pas subir à la place de sa soeur.

Aurore dormait encore. Epuisée, son corps tentait de récupérer.

Il revint vers Hélène et la força à se déshabiller.
Il se dirigea vers une armoire et en sorti une tenue qu’il lui lança.
Elle n’avait pas d’autre choix.
Ce n’était qu’une simple robe blanche qui ressemblait plus à une nuisette.
Il lui enfila ensuite une boule dans la bouche pour qu’elle ne puisse pas parler et qu’elle se mette à baver.
Des larmes apparurent au coin de ses yeux. Elle était humiliée.
Il sortit ensuite des chaînes qu’il posa sur ses poignets et ses chevilles et l’attacha au pied d’un meuble ancien.
La longueur de la chaîne était courte. Elle se retrouva à genoux, près du meuble trop lourd.
Il la regarda, satisfait et l’ignora en retournant auprès d’Aurore.
Cette dernière commençait à sortir de son état de sommeil et lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle aperçut avec effroi la présence de l’homme, de l’ennemi, qui était beaucoup trop proche de son visage.

— Bien dormi, princesse ?

Il la bloquait de son poids et de son bras, sous la couverture, elle ne pouvait pas s’extirper du lit.
Il avait un large sourire, il s’amusait de cette situation, de voir la peur et la frayeur sur le visage d’Aurore. La surprise. Elle essayait de se débattre pour s’éloigner mais elle était trop faible. Petite et fragile, une proie parfaite.
Elle était à sa merci.
Curieux de voir ce qu’elle allait faire s’il la laissait sortir du lit, il retira son bras qui bloquait la couverture et l’observa.
Elle n’attendit pas et elle se précipita vers le rebord extérieur du lit, à l’opposé. S’emmêlant à moitié les pieds dans les draps, elle chuta par terre et se releva en vitesse.
Il ne chercha pas à cacher son rire moqueur qui résonna dans la pièce.
Aurore remarqua Hélène baillonnée et attachée au sol et courut vers elle.
Héène avait les larmes aux yeux.

— Pourquoi… ? Pourquoi faites vous ça… ? Que voulez-vous de nous… ?!

La voix d’Aurore tremblait, elle essayait de garder une certaine maîtrise d’elle-même, mais elle était secouée de voir sa soeur ainsi et de se sentir si menacée. Elles étaient en danger, elle le savait.
Ce qu’elle ignorait, c’est jusqu’où la personne devant elle, comptait aller.

— Laisse donc ta soeur. Si tu obéis, il ne lui arrivera rien. Par contre… si tu te comportes comme une vilaine fille… ça serait dommage qu’elle se blesse… ou que je décide de m’en débarrasser.

Hélène n’était pas d’accord, elle se débattait et essayait de s’exprimer pour qu’Aurore ne cède pas au chantage. Avec la boule dans sa bouche, elle ne pouvait rien dire de compréhensible.
Elle secouait la tête et produisait des sons, pour empêcher Aurore de se laisser manipuler.
Elle s’en fichait si elle devait elle-même être abîmée ou même mourir. Elle ne voulait plus que sa soeur encaisse des traitements ignobles à cause d’elle.
Elle savait ce qu’il souhaitait : qu’elle soit plus docile.
Aurore était déterminée. Elle empêcha sa soeur d’intervenir et s’interposa.
Pour une fois qu’elle pouvait faire quelque chose pour protéger sa soeur, elle se fichait du traitement qu’elle pouvait recevoir. Elle fonçait tête baissée dans la gueule du loup et dans le piège qui lui était tendu.

— Que voulez-vous de moi.. ?
La voix d’Aurore tremblait d’une certaine colère, contenue.

Il s’approcha d’elle et la souleva par le menton.
Elle suivit le mouvement, à contre-coeur. Laissant sa soeur au sol, qui la suppliait du regard de ne pas le laisser la manipuler. Elle fermait les yeux pour ne pas voir ce qui allait suivre, et parce que sa vision était trop embuée de ses larmes.

— Laisse toi faire, ma jolie…
La voix suave et lubrique de l’homme était malsaine.

Aurore en avait des sueurs froides et il la dégoutait, mais quel choix avait elle.
Elle détourna le regard et ferma les yeux lorsque son visage s’approcha du sien.
Elle était réticente.
Il eut un rictus et n’apprécia pas de voir qu’elle se refusait. Son égo était blessé, il n’avait pas l’habitude qu’on se refuse à ce point à lui. Lui qui n’était pas désagréable à l’oeil, qui était puissant. Tous les partenaires qu’il avait pu avoir, se jetaient à ses pieds et obéissaient à ses moindres désirs.
Cela le fit sourire, lorsqu’il réalisa cette pensée.
Ce n’était pas si désagréable d’avoir un peu de résistance. Cela lui suscitait une certaine excitation de savoir qu’elle n’était pas consentente, mais qu’elle n’avait pas le droit de le repousser.
Il était aux commandes.
Il la jeta sur le lit et s’amusa de la voir s’écraser comme une poupée sur les draps.
Surprise par ce geste, elle essaya de se relever mais il la rejoint et la plaqua en lui montant dessus.
Ses mains se baladaient sur son corps tandit qu’elle était sur le ventre, le dos à moitié relevé.
Il la maintenait par le cou d’une main, et l’autre s’aventurait sur les courbes de son corps.
Aurore avait posé une main sur la sienne, celle qui serrait son cou, pour l’empêcher de l’étrangler, mais il contrôlait sa force et sa poigne était juste suffisante pour l’empêcher de bouger, tout en lui permettant de respirer. Aurore avait peur qu’il ne lui brise la nuque, contractée, elle s’aidait de sa main pour se maintenir et tenter de lui faire desserrer même un peu, son emprise.
Tandis que l’autre main s’était posée sur celle qui parcourait son corps. Elle n’avait pas la force nécessaire pour l’empêcher de balader ses doigts et sa main sur elle, mais par réflexe, sa main avait agrippé son poignet. C’était inutile.
Ces petits gestes n’avaient pas l’air de le déranger. Cela semblait susciter encore plus d’excitation en lui. Elle sentait son érection contre sa peau et la panique montait encore plus en elle.

Très rapidement, sa main passa sous ses vêtements et frôla sa chair fraîche, douce et claire.
Il avait l’impression de violer un sanctuaire sacré et c’était d’autant plus exaltant.
Le petit jeu était amusant mais il devait la déshabiller.
Il la retourna pour qu’elle soit sur le dos, à sa merci, il lui retira ses vêtements un à un, avant de retirer les siens.
Elle regardait ailleurs, se mordant la lèvre. Elle avait passé ses mains sur son corps pour se cacher, serrant ses cuisses.
Il se délectait de cette vision et il ne lui suffit que d’un seul geste pour lui écarter les genoux.
Il était imposant et puissant. Faisant facilement le double de la taille de la jeune fille.

— Je ne suis pas un monstre, je vais te préparer avant…
Sourit-il, en glissant sa main dans son entre-jambe.

Ce fut ensuite son visage qu’il dirigea vers son intimité et il commença à la lécher. Il s’en léchait les babines.
Aurore avait honte, ses jambes se contractèrent et elle ressentit du plaisir mais elle ne le voulait pas. Pas avec lui. Pas en cet instant.
Elle se cacha derrière ses mains et pleura.
Le plaisir qu’elle ressentait ‘tait contradictoire avec la situation et pour pouvoir supporter cela, son esprit se brisa.
Elle se laissa faire, la force de lutter l’avait quittée.

Elle était trempée, assez préparée. Il enfonça un doigt pour vérifier qu’elle était bien prête. Se léchant le bout du doigt, il la regarda et se prit en main lui-même.
Il était bien dressé et un simple geste de son poignet sur son membre l’aida à être bien dur pour elle.
Il y alla avec précaution, il souhaitait profiter de chaque seconde où il la pénétrerait.
Ses subordonnés étaient passés par là, mais lui seul serait à la féconder. En cet instant, elle était à lui, et il ne la prêterait à aucun autre à présent.
Il grogna de plaisir lorsqu’il réussit à entrer son engin dans sa petite fente. Lentement, il glissa jusqu’à atteindre le fond.

Aurore ne réagissait déja plus. Elle expira un peu plus fort lorsqu’il tapa au fond d’elle.

Il la viola. Son corps à elle, était immobile et sans aucune expression. Elle n’était plus là.
Il prit son temps et son plaisir, ses gémissements et ses râles retentissaient dans la pièce, jusqu’à son éjaculation à l’intérieur d’elle.
Il la laissa comme pour morte.
Il s’allongea à ses côtés.

— Tu m appartiens désormais. Tu porteras mes enfants. Sois en honorée.
Dit il, à peine essouflé. Satisfait.

Il se rhabilla et la laissa sur le lit. Il s’en alla sans rien dire.
Un moment après, quelqu’un entra et apporta un plateau de nourriture. Cela ressemblait à des restes mais Aurore et Hélène étaient tellement affamées qu’elles se jetèrent dessus sans se poser de questions.
Aurore devait porter le plateau jusqu’à Hélène et elle lui avait retiré la boule dans sa bouche.

— Aurore… je suis tellement… tellement désolée…
Avait-elle prononcé, entrecoupée de sanglots.

— Tu n’as pas à être désolée… mange. On va s’en sortir… je ne sais pas comment encore… mais il faut que ça cesse…

Sans couvert, elles mangeaient à quatre pattes dans le plateau qui leur avait été apporté. La nourriture n’était pas mauvaise. L’apparence laissait un peu à désirer mais le principal c’est que cela restait comestible.
Elles ne s’étaient même pas demandées si cela était drogué ou empoisonné. Au point où elles en étaient, leur instinct de survie primait et peut-être même qu’elles auraient préféré mourir que de continuer à vivre ça encore des jours, des semaines, peut-être des mois.
Aurore eut soudainement sommeil et elle s’écroula par terre, juste à côté du plateau.
Hélène vit cela et commença à paniquer mais elle-même, s’écroula de fatigue juste à côté du plateau.
Dans un sommeil profond.
Finalement, il y avait bien quelque chose dans leur repas.

Des hommes et des femmes vinrent les récupérer. Hélène fut détachée.
Elles furent emmenées dans une autre salle de bain où elles furent nettoyées
Habillées.
Et on les recoucha dans un lit propre.
Elles étaient droguées, endormies, préférant peut-être ne pas se réveiller que de subir encore ce cauchemar.
Elles étaient toutes les deux affaiblies et cela faisait parti de leur plan.
Elles étaient dangereuses si elles étaient en pleine forme. Ils ne savaient pas à quel point Aurore pouvait être puissante avec ses pouvoirs et Hélène savait se battre.
Aurore était nourrie parce que l’ennemi voulait qu’elle tombe enceinte de lui, mais sa nourriture contenait toujours une substance qui inhibait ses pouvoirs.
Il revint à plusieurs reprises pour la remplir de sa semence, plus pour le plaisir que par nécessité.

Elles n’avaient plus aucune notion du temps.
S’était-il déjà écoulé une journée ? Elle ne le savait pas.

2021.06.09

Sans défense [R-18]

Elles étaient toutes les deux portées comme des choses. Les bras des personnes qui les soutenaient ne semblaient pas de très bonne humeur d’effectuer cette tâche, mais le travail devait être fait, et correctement.
On les emmena à pieds, puis un portal s’ouvrit et on l’emprunta pour arriver enfin à destination.
Le climat était un peu plus doux, encore en plein air, l’entrée du domaine était proche.
Le portail se referma derrière leurs pas.
Lorsqu’on arriva dans le hall, une servante en chef les acceuilla et leur signifia qu’il fallait les emmener dans une pièce particulière.
Les petites mains n’eurent pas d’autre choix que d’obéir sans effectuer le moindre commentaire en face de cet employée. Il ne fallait pas la vexer.
On les jeta dans cette sorte de cave ou pièce à débarras.

Le temps s’écoula et Hélène fut la première à retrouver conscience.
Elle avait quelques douleurs mais cela restait supportable, le temps qu’elle comprenne leur situation.
Il faisait noir complet, la pièce n’était pas éclairée et elle était allongée sur le sol.
Elle pensa à sa soeur, et tout en tâtonnant autour d’elle, elle se mit à l’appeler.
Ses mains finirent par toucher quelque chose, et c’est avec appréhension qu’elle essaya de deviner si ce qui était sous ses mains était quelque chose qu’elle reconnaissait, si c’était un corps et s’il était encore vivant.
Elle entendit gémir.
Aurore était en train d’émerger également, et les mains d’Hélène qui étaient en train de la tripotter l’avaient un peu dérangée dans son sommeil.

— Aurore ! C’est toi ?!
— Hmm… oui, Hélène… ? Où est-ce qu’on est… ?
— Aucune idée… je viens aussi de me réveiller… J’y vois rien… et toi… ?
— Hmmm, ma tête… attends, je dois pouvoir invoquer un peu de lumière…

Elle utilisa un peu d’énergie pour faire apparaître une lumière chaude au creux de sa main, progressive et leurs yeux eurent un peu de mal à s’habituer et voir plus précisément ce qui les entouraient.
Lorsqu’elles comprirent dans quelle genre de pièce elles se trouvaient, elles tremblèrent d’effroi et elles se prirent dans les bras.
C’était une salle de torture. Des instruments de toutes sortes étaient installés un peu partout, également sur les murs. Des crochets de suspension au plafond.
Des chaînes et menottes, des fouets, martinets…
Hélène se leva et essaya d’ouvrir la seule porte qu’il y avait. Sans succès, mais elle ne pouvait pas rester là, à ne rien faire et ne rien tenter
Elles avalèrent leur salive sans oser rien dire.

— Je… j’espère que Ten a pu s’en sortir…
Prononca Aurore, en essayant de se rassurer comme elle pouvait. Ca restait une chose positive.

— Avec un peu de chance… il aura pu rentrer à la maison et peut-être prévenir les parents… putain oui, nos portables !

Elle sortit son appreil mais sa joie fut de courte durée. Le réseau était inexistant.
Aurore fit de même, même résultat.

— Tout va bien se passer…
Dit Hélène pour rassurer Aurore et se rassurer, pour ne pas céder à la panique.

— Oui…
Répondit Aurore, sans trop de conviction.

Elle se serrèrent dans les bras l’une de l’autre en attendant leur sort.

*

La porte s’ouvrit avec fracas.
Elles sursautèrent et se tournèrent vers l’origine du bruit. Elles ressèrent leur étreinte.
La lumière s’alluma et elles virent l’homme qui entra dans la pièce. Il était grand, musclé et il marchait le dos droit et il les regardait de haut, comme si elles étaient des esclaves ou des insectes.
Un sourire mesquin sur son visage, il semblait se délecter de la peur qui envahissaient les jeunes filles au sol.
Elles se relevèrent presque en hâte et Hélène s’interposa tout de suite, souhaitant protéger Aurore. Elle fit un pas en avant et décala sa soeur derrière elle.
Elles essayaient de se donner une certaine consistence, mais aucun son n’arrivait à sortir de leur bouche.
Il s’avanca jusqu’à Hélène et s’arrêta devant elle pour l’observer. Amusé par son comportement.

— Qu’est-ce que vous voule- ?!
Finit-elle par demander.

Il la giffla. Une claque du revers de sa main qui résonna dans la pièce et qui envoya valser le corps de la brunette comme si ce n’était qu’une poupée.
Elle tomba par terre, déboussolée.
Aurore étouffa un cri. Elle s’agenouilla vers sa soeur pour empêcher l’homme de faire plus. Ou pire.

— Apprends où es ta place, gamine.
Sa voix était grave et grondante, sans aucune émotion.

Un rictus satisfait de la punition qu’il venait de lui infliger.
Aurore se tint entre sa soeur et lui.
Il s’approcha d’elles et il attrapa Aurore par les cheveux pour la mettre debout.
Elle essaya de ne pas crier, pour ne pas lui donner cette satisfaction mais des larmes de douleur étaient au coin de ses yeux.
D’une seule main, il la tennait et d’un coup de pied, il fit déplacer le corps de sa soeur sur un demi-mètre.
Aurore ne voulait pas se laisser faire mais elle n’avait presque plus d’énergie magique.
Le peu qu’elle réussit à faire apparaître, fut de petites ronces qui sortirent de ses cheveux pour s’enfoncer dans la main de son agresseur.
Il ne réagit pas et observa ce spectacle, mi-amusé.
Les épines n’arrivaient pas à pénétrer sa peau et il n’en souffrait pas.

— C’est toi la petite princesse. Pitoyable. C’est tout ce que tu sais faire ?

Aurore ne tenta pas de répondre. Elle essayait de se concentrer sur la douleur dans ses cheveux et se tenir sur la pointe de ses pieds pour moins souffrir.
Il la tira et la jeta contre un mur où se trouvait une croix sur laquelle on pouvait attacher quelqu’un via des chaînes.
D’un geste, il utilisa une force invisible pour tenir la blonde les membres écartés sur la croix et dans un autre bruit, des sortes de menottes se refermèrent sur ses poignets et ses chevilles, la laissant à sa merci.
Il fit demi-tour et alla chercher Hélène en la trainant au sol et lui réserva le même traitement, sur une croix en face de sa soeur.

— Qu-est-ce que vous allez nous faire ?!
Cracha Hélène qui ne tenait plus, la rage bouillait en elle.

— Oh, tu es du genre à avoir besoin d’une bonne correction, toi. Ta soeur semble plus intelligente et docile.

Il lui attrapa la mâchoire ce qui résultat que Hélène essaya de lui mordre un doigt en dégageant son visage.
Il lui donna une seconde claque et elle lui cracha dessus.
Il lui rendit un coup de poing dans le genou, puis il s’essuya le visage dans les vêtements de sa prisonnière.
Aurore avait le coeur meurtri de voir sa soeur ainsi.
Hélène riait de manière démente. Ne connaissant pas de limite et Aurore aurait voulu l’empêcher d’attiser la colère de leur ravisseur qui était en train de tourner ses talons et d’aller voir Aurore.

— C’est facile de nous tabasser alors qu’on est attachées, sale lâche.
Provoqua Hélène.

— C’est quoi ton problème, petite ? Tu veux que je te tue sur le champ ? Tu sais dans quelle situation tu te trouves exactement ?
Repondit-il, sans même s’énerver. Presque exaspéré.

— Si tu tiens si peu à la vie. Je peux exaucer ton souhait, petite insolente.
— Que de la gueule, oui !
— Tu risques de regretter tes paroles.

Il s’approcha d’elle à nouveau.
Et Aurore paniqua. Elle ne savait pas ce qu’Hélène cherchait à faire mais cela ne présageait rien de bon. L’homme était dangereux, elle l’avait ressenti et Hélène devrait le savoir. Pourquoi cherchait-elle à le provoquer de la sorte ?
Il la détacha, contre toute attente.

— Vas-y, essaye donc de me toucher.
Dit-il, par défi.

Elle était en piteux état mais elle avait toujours la volonté de se battre, rebelle comme elle l’était.
Elle se tint prête et essaya de le frapper mais il para tous ses coups.
De temps en temps, il contre-attaquait et envoyait Hélène reculer sur plusieurs mètres.
Elle était de plus en plus essoufflée et lorsqu’elle s’arrêta d’essayer de le frapper, ce fut à son tour de répliquer. Et il n’y alla pas de main morte.
Les coups étaient puissants et Hélène était maintenant à terre ne pouvant même plus se relever.
Elle avait peut-être même perdu connaissance.
Il se rapprocha à nouveau d’elle pour peut-être l’achever.

— Arrêtez… ! S’il vous plaît, par pitié… ne la tuez pas… elle ne savait pas ce qu’elle disait… je vous en prie…
Finit par s’exprimer Aurore, d’une petite voix tremblotante et en cherchant le regard d’Hélène.

L’homme arrêta ses pas et se retourna, surprit.

— Le petit oiseau a donc une voix. Ta soeur semble avoir perdu la tête, qu’est ce que tu vas faire pour sa punition ? Tu veux te sacrifier pour elle ?
— Je… oui. Si vous la laissez partir, je ferai ce que vous voulez…
— Qu’est ce qui te dit que j’ai besoin de toi ? Tu essayes de marchander ? Vous ne savez même pas ce que vous êtes pour moi. Vous êtes juste des jouets que j’ai ramassé et dont je vais me débarrasser sous peu. Dès que cela ne sera plus divertissant.

Aurore déglutit.

— Cependant je ne suis pas un monstre, je tiens ma parole si tu trouves quelque chose d’intéressant à m’offrir en échange.
— Je… utilisez moi comme bon vous semble… mais laissez ma soeur tranquille… laissez la partir…

Il rit à gorge déployée.
Elles restèrent silencieuses, attendant son verdict.

— Tu as de l’audace. Je ne libèrerai pas ta soeur, par contre je veux bien l’épargner si tu me fais jouir.

Il détacha Aurore d’un coup, elle faillit s’échouer par terre mais ne fit que trébucher avant de réussir à retrouver son équilibre.

— Suce-moi.
Ajouta t-il en faisant glisser son pantalon jusqu’à ses chevilles.

Aurore n’eut pas d’autre choix, même réticente elle devait le faire et elle remercia le ciel que sa soeur ne soit pas en état de voir ça.
Lorsqu’elle eut fini, elle était en train de recracher le sperme dans sa bouche sur le sol, et elle avait envie de vomir.
Hélène reprit connaissance qu’à ce moment là et vit l’homme remonter son bas d’un air satisfait.

— Effectivement, tu sais te servir de ta bouche, petite.

Il s’en alla en refermant la porte derrière lui et laissant les deux filles dans le noir.

— Aurore… que s’est-il passé… ?! Parle moi…
— …
— Ne me dis pas qu’il t’a forcé à…
— … C’est rien, Hélène…
— Pourquoi… ?!
— En échange de ta vie…
— Je… ! Aurore… je suis tellement désolée… je ne voulais pas…
— Je sais… ne t’inquiète pas… c’était rien… mais promets moi d’arrêter de le provoquer… tu sais qu’il est dangereux… il allait vraiment te tuer…
— Je… je sais… pardonne moi… je pensais pas qu’il était aussi fort… Rah ! Ca m’énerve… ça devait pas se passer comme ça… !

Elle serra sa soeur dans ses bras.

*

Elles n’avaient aucune notion du temps qui passait et lorsqu’il revint, il n’était pas seul.
D’autres hommes étaient là.

— Amusez-vous avec la brune.
Dit-il tout simplement.

Ils attrapèrent Hélène et l’emmenèrent au milieu de la pièce, la séparant d’Aurore, qui contesta.

— Vous m’aviez promis que vous laisseriez ma soeur tranquille ! Menteur !!
S’époumona Aurore, hors d’elle.

— Du calme, petite furie, j’ai tenu parole. J’ai dit que je ne la tuerai pas. Mes hommes veulent juste se distraire, je ne vais pas leur refuser cela. Qui serais-je pour leur en empêcher, hein ?

Hélène était paniquée mais elle avait promis qu’elle arrêterait de le provoquer alors qu’elle avait qu’une seule envie, de cracher son venin et les insulter mais elle ferma sa bouche et essaya de réfléchir à des mots plus adéquats.

— … Prenez moi à sa place. Echangez moi… !
S’exclama Aurore, voyant le regard effarré d’Hélène qui ne semblait absolument pas prête par ce qui allait suivre.

— Quoi… ?! N-non, Aurore, ne fais pas ça…

Un des homme posa sa paume sur sa bouche pour la faire taire et des larmes coulèrent sur ses joues.

— Que dis-tu, ma petite… ? Ca t’a pas suffit hier… ? Tu te sacrifies encore une fois pour ta soeur ? C’est beau cet amour entre soeurs, mais est-ce que tu penses être capable d’encaisser ce que j’avais prévu pour ta soeur ?

— Je peux. Laissez moi prendre sa place
Répéta t-elle, sûre d’elle, sans une once de peur.

Il claqua des doigts et ses hommes lachèrent Hélène qui s’effondra au sol, impuissante.
On lui mit une boule dans la bouche pour l’empêcher de parler ce qui eut effet de la faire baver.
Des liens furent apposésà ses poignets.
Dubitatif, celui qui semblait commander, fit signe à ses hommes de s’occuper d’Aurore, qui fut détachée.
Elle se massa rapidement les poignets, là où les menottes serraient sa peau, et se tint droite.

— Ma soeur n’a pas besoin de voir ça…

— Oh si, bien au contraire…
Sourit-il, satisfait.

Aurore n’eut pas le choix.
Les hommes l’embarquèrent au milieu de la salle, et la déshabillèrent en arrachant presque ses vêtements.

— Interdiction d’éjaculer en elle. Est-ce que c’est clair ? Si vous tenez à votre troisième jambe.
Ajouta t-il sur un ton sévère et autoritaire.

Il connaissait ses hommes et leur lubricité.
Il devait être du genre à tenir ses paroles puisqu’aucun ne chercha à jouer avec le feu.
Il était à côté d’Hélène et il lui tenait le visage pour qu’elle continue de regarder ce qui se passait sous ses yeux.

— Ca serait dommage de rater ce spectacle… ta soeur se sacrife pour que tu n’aies pas à subir ça. N’en perds pas une miette.

Hélène essayait de détourner le regard, fermer les yeux, mais les sons étaient terribles.
Le bruit des coups de rein et des suçons, des va-et-vient dans la bouche de sa soeur, ou bien des fluides dans ses parties intimes, rien n’allait.
Aurore faillit vomir à plusieurs reprises, les hauts le coeur lorsque les hommes peu intentionnés lui enfonçaient trop loin leur membre dans sa gorge, les sons étaient clairs dans la pièce.

— Non… ne regarde pas…
S’exprima Aurore entre ses sanglots, malmenée.

Un des hommes posa sa grande main sur sa bouche pour l’empêcher de s’exprimer plus.
Ils ne l’épargnèrent pas et cela sembla durer sans fin, au bout d’une bonne heure, cela n’était pas encore fini et chaque homme voulait prendre son pied et profiter de ce corps.
Ceux qui avaient déjà éjaculé, l’avait fait dans sa bouche, sur son visage ou sur son corps et elle était poisseuse de fluides et de transpiration.
Elle ne tenait plus debout et elle avait fini par abandonner, relâcher ses muscles, à bout de force.
Les hommes la maintenaient de manière à pouvoir continuer de la pénétrer.
L’un la portait pendant que l’autre la culbutait, ou alors les deux pouvaient s’introduire en elle par ses deux orifices. La douleur était telle qu’elle s’était mordue les lèvres jusqu’au sang.
Lorsqu’ils l’eut recouverte de leur foutre, ils la laissèrent au sol, à moitié consciente et les larmes aux yeux.
On relâcha Hélène qui se précipita sur sa soeur, inconsolable.
Elle bouillonnait de rage et elle priait intérieurement qu’ils paient tous un jour où l’autre, d’avoir fait cela.
Aurore avait trop honte pour croiser le regard de sa soeur, et Hélène s’en voulait trop d’être coupable de ce qu’elle venait de vivre.
Elles restèrent silencieuses, sans trop quoi dire.
Hélène n’osa pas toucher Aurore, elle ne se sentait pas légitime de pouvoir l’effleurer.
Elles étaient impuissantes dans cette situation.
Elles n’étaient pas assez fortes pour les battre, et au vu de l’état de fatigue d’Aurore, elle n’était pas dans la capacité de faire quoi que soit avec sa magie.
Hélène devait se contrôler pour ne pas se jeter dans la gueule du loup, et que cela retombe encore sur sa soeur. Elle prenait son mal en patience tout en les maudissant tous autant qu’ils étaient.

— Emmenez les dans la salle d’eau.
Prononça la voix grave et toujours sans émotion.

Des hommes vinrent vers elles, et c’est avec panique qu’elles se firent transporter jusqu’à une autre salle.
Aurore n’était pas encore revenue de son état à moitié consciente, se fit trainer par les bras, et Hélène dut se lever et avoir l’air la plus docile mais elle n’arriva pas à se laisser faire à 100%.
On les jeta dans une pièce avec juste des toilettes et des douches, carrelée du sol au plafond.
On les laissa et on referma la porte.
Aurore était à moitié nue avec le peu de vêtements qui lui restaient sur la peau.

— Aurore…
La voix d’Hélène était faible, une émotion indescriptible.

Elle ne savait pas comment s’adresser à sa soeur qui s’était sacrifiée. elle se sentait terriblement coupable et désolée.
Aurore reprit ses esprits et mit tous ses efforts à se relever. À moitié assise, elle essayait de recouvrir son corps avec les lambeaux qu’on lui avait laissé comme vêtements. Honteuse, elle n’osait pas regarder Hélène, et ne savait pas non plus comment réagir ni lui parler.

— Je suis désolée… Hélène… que tu aies dû voir ça…
Prononca t-elle, les larmes aux yeux, la douleur en elle.

Hélène se mordit la lèvre, de voir Aurore dans cet état et surtout qu’elle s’excuse pour cela alors qu’elle n’avait rien fait de mal.
Elle lui sauta dans les bras pour la serrer contre elle, et la rassurer. C’était la seule chose en son pouvoir.

— … Qu’est-ce que tu racontes ?! Pourquoi t’es désolée… ?! C’est de ma faute si tu as dû faire ça… pourquoi ça serait à toi d’être désolée… ?! C’est moi… je suis désolée que tu aies subi ça à ma place…. pourquoi… ?!

— Viens, on dirait que c’est une sorte de salle de bain… il y a des toilettes… est-ce que tu veux y aller en premier… ? Je vais utiliser la douche… si ça te va…
— D’accord…

Aurore tituba jusqu’aux toilettes et elle dut s’installer en étant dans la même piece que sa soeur, mais elle n’était plus à se préoccuper de ce genre de détails après ce qu’elle avait pu voir juste avant.
Malgré cela, elle cacha son visage dans ses mains en étant plus que gênée par les bruits qui sortaient de son postérieur. Elle se vidait de l’air qui avait pu entrer en elle à cause des hommes.

— On a grandi ensemble, Aurore… vraiment, ne t’en fais pas pour ça…
La rassura sa soeur, du mieux qu’elle put.

Pour l’aider à passer outre, elle enclencha l’eau de la douche pour recouvrir une partie des sons, ce qui la soulagea.
Lorsqu’elle finit, elle retira ses vêtements pour pouvoir se nettoyer.
Il n’y avait rien, que de l’eau.
Alors elle se rinça, longuement, de la tête aux pieds.
Laissant couler l’eau chaude, presque brûlante, la réchauffer et lui faire oublier les douleurs que son corps avait subi.
Il n’y avait même pas de serviette pour s’essuyer.
Elles restèrent alors sous le jet de la douche pour ne pas attraper froid.

— Ce sont vraiment des raclures… nous laisser dans cette pièce sans savon, sans papier toilette, sans serviette… je sais même pas si on devrait être reconnaissante qu’il y ait au moins l’eau chaude…

Aurore préféra rester silencieuse. Elle était perdue dans ses pensées. Sa magie ne marchait pas. Elle n’était pas assez forte… pourtant elle avait déjà réussi des exploits sans le vouloir mais dans cette situation, elle n’y arrivait pas… ou bien elle était trop épuisée pour pouvoir manifester correctement ses pouvoirs.
Hélène remarqua qu’elle était ailleurs, sa soeur regardait ses mains sans rien dire, son esprit était parti loin. Elle n’osa pas la rappeler sur l’instant présent. Elle venait de subir un viol, tout de même.
Alors elle lui laissa le temps nécessaire, elle se tut.
Elles durent arrêter de se rincer et elles essayèrent de se sécher comme elles purent puis se rhabiller, à moitié mouillées. C’était mieux que rien et rester nues.
Hélène tournait en rond et n’arrivait pas à rester sur place sans rien faire tandis qu’Aurore s’était assise dans un coin sec, à réfléchir à cette situation.
Elles espéraient toutes les deux que ce n’était qu’un mauvais rêve, ou que leurs parents et leur famille viennent vite à leur secours, elles étaient totalement impuissantes.

*

Elles entendirent le verrou et Hélène se rapprocha d’Aurore, toujours sur ses gardes.
La porte s’ouvrit et on les emmena dans une autre chambre.
Elles traversèrent les couloirs en terre et de roches. Hélène essayait de

 

2021.03.26

Filets [RolePlay] [R-18]

Un autre soir où le sommeil n’était pas au rendez-vous.
Dans sa robe blanche de nuit, elle sortit arpenter les couloirs du château.
Elle était maintenant habituée à ces lieux, elle ne craignait plus de se perdre. Sa nouvelle condition l’aidait également énormément à s’orienter. Elle qui avait un sens de l’orientation correct, ses sens aiguisés lui permettaient de retrouver son chemin même les yeux fermés.

Ce soir là, elle errait sans réel but, se disait-elle.
Jusqu’à ce que ses pas l’am-nent devant la chambre de quelqu’un. Pas n’importe qui. Le fameux majordome du château.
Son coeur battait un peu plus vite maintenant qu’elle s’était rendue compte où elle était.
Ce n’était pas un hasard. Elle s’ennuyait mais elle avait également un désir. Ses souvenirs de leur première fois étaient encore encrés en elle et en y repensant son corps se rapella les sensations dans le creux de son ventre. Les joues un peu plus roses, elle était immobile devant cette porte.
Elle savait qu’il était trop tard pour reculer.
Il avait dû sentir sa présence tout comme elle sentait la sienne à travers la séparation.

Elle prit son courage à deux mains et elle toqua à la porte.

Il l’invita à entrer, aussitôt.
Il était assis sur le rebord du lit.

— Bien le bonsoir.
L’accueilla t-il, aimablement, ne pouvant réfréner son sourire.

— B-bonsoir…
Répondit-elle timidement en refermant la porte derrière elle.

Ses cheveux lâchés et retombant dans le bas de son dos.
Elle n’osait pas le regarder dans les yeux mais elle sentait son regard amusé sur elle.

— Approche, je ne vais pas te manger.
Rit-il.

Il avait décidé de la tutoyer lorsqu’ils étaient seuls.
Elle approcha, presque à contre-coeur.
Elle était venue jusqu’à lui de sa propre volonté.
C’était juste difficile pour elle de se l’avouer.
Elle n’avait plus peur, il avait réussit à briser sa protection de glace et elle lui avait accordé sa confiance.
Il lui attrapa la main et l’embrassa sur le dos de la main. Elle debout et lui, assit sur le lit.

— Qu’il y a t-il, ma petite poupée ?

Elle s’empourpra encore plus à ses mots.
Amusé par sa réaction, il ne pouvait s’empêcher de continuer à la taquiner ainsi.

Elle s’agenouilla en face de lui, ce qui le surprit et son sourire disparut.
Il lui attrapa les deux mains pour l’inviter à se relever mais elle insista pour rester à ses pieds, et elle s’exprima.

— Je… veux vous faire plaisir…

Il voulut la couper mais elle l’incita à la laisser continuer de s’expliquer.

— La dernière fois… vous m’avez beaucoup donnée et je me sens redevable… je souhaiterai vous remercier pour votre geste.

Elle le regardait dans les yeux, sincère et déterminée.
Elle n’arrivait pas à le tutoyer.

— C’était également plaisant pour moi… tu n’as pas besoin…

Elle continua à le fixer de son regard perçant puis ses mains se libérèrent pour se balader et chercher à défaire son pantalon.
Il se tut.
Curieux, il la laissa faire son affaire.
En sous-vêtements puis sans rien.

Il était un tout petit peu excité par ses caresses et ce qu’elle venait de lui dire.
Elle le prit dans ses mains expertes.
C’était si nouveau alors qu’elle avait fait ça à de nombreuses reprises. C’était si différent.
Elle avait l’habitude qu’on la force à le prendre en bouche mais cette fois-ci, elle avait le loisir d’observer, de toucher, d’examiner sous tous les angles.
Il n’était pas chatouilleux et il la laissa faire sans broncher.
Sa seule réaction fut les spasmes et sursauts sur sa verge lorsqu’elle le caressait d’une certaine manière.
Il joua avec ses longues mèches de cheveux et de temps en temps, il fermait les yeux pour profiter des sensations.
Il n’avait pas d’odeur forte. C’était perturbant pour elle. Il ne sentait pas la sueur. Son membre était propre, lisse, doux. Presque froid.
Une légère odeur de fluide pré-séminal s’en dégageait.

Elle ouvrit la bouche et commença par lui lécher l’extrémité, du bout de la langue, elle en caressa le pourtour puis elle tenta d’avancer ses lèvres, pour que son phallus s’enfonce lentement dans la chaleur et l’humidité de sa bouche. Elle prenait un certain plaisir à le caresser ainsi avec sa langue, parfois à le mordiller, aspirer.
Elle le sentait réagir, son membre se gorgeait un peu plus de sang, il était plus tendu selon ce qu’elle lui faisait, et ses gémissments ne trahissaient pas.
Elle était amusée de l’entendre faire ces sons, lui, le majordome en chef du château, son supérieur.
Si strict et froid à son habitude. Il se laissait aller et exprimer ce qu’il ressentait vraiment. Elle trouvait ça adorable.
Elle continua en faisant des mouvements de va-et-vient avec sa mâchoire, tout en lui massant la hampe et les bourses. Elle avait une certaine fascination pour ses testicules et son pénis qui se contractait et vibrait à l’intérieur de sa bouche lorsqu’elle le léchait de toutes parts.

Il posa sa main sur son épaule.
Elle vida sa bouche pour le regarder.

— Je vais éjaculer…
La prévint-il.

Elle ne cacha pas son étonnement, et ne sut pas quoi faire. D’habitude les hommes se vidaient dans sa bouche sans lui demander son avis. Elle avait fini par s’habituer à ce goût, de ne pas vomir, de se forcer à avaler. Que devait-elle faire ? Devait-elle continuer ? Le laisser faire son affaire ?

Il vit sa longue réflexion.

— Tu n’es pas obligée de…

Alors elle ne le laissa pas finir sa phrase et le reprit en bouche. Elle voulait lui faire plaisir. Cette fois-ci serait différente.
Il lâcha un gémissement de surprise et de plaisir, lorsqu’il sentit de nouveau la chaleur et la douceur de ses caresses et de sa langue tout autour de son sexe.
Il ferma les yeux un instant pour profiter de ce délicieux massage puis il les rouvrit pour l’observer à l’oeuvre.

— Où… as-tu appris à faire cela… ?
Murmura t-il dans un râle.

Elle ne pouvait pas lui répondre la bouche pleine.
Elle le sentit se crisper, pousser un petit cri étouffé.
Puis son essence se déverser sur son palais, sur sa langue.
C’était étrange. Le goût n’était pas désagréable, contrairement à ce dont elle avait l’habitude.
C’était presque bon, se surprit-elle à penser.
Elle essaya de mettre un mot sur cette substance mais elle finit par en déguster l’entièreté avant de pouvoir le décrire.
Elle resta à terre à ses pieds, attendant qu’il reprenne ses esprits et qu’il lui dise quoi faire.

Il la fit se relever et l’enlaça, encore tremblant d’avoir atteint l’orgasme.
Elle ne savait pas comment réagir, alors elle posa ses mains sur ses cheveux et le caressa, en silence.

Ils étaient maintenant tous les deux dans le lit, allongés dans les bras l’un de l’autre, ils discutaient.

— Comment as-tu appris à faire ça… ? Je pensais que c’était ta première fois…
Il réitera sa question.

Elle lui expliqua et lui raconta son passé.
Que c’était de loin sa première fois.

— Je… mais c’était ma première fois consentante…
Avoua t-elle.

Et elle le sentit différent. Il ne dit plus rien.
Il s’éloigna un peu d’elle pour mieux la regarder.

— Comment ça… ? Tu… on t’a… ?
Demanda t-il, pour être sûr de comprendre ce qu’elle venait de lui révéler.

Elle acquiesça sans vraiment oser affronter son regard.
C’était du passé. C’était tellement normal pour elle qu’elle ne ressentait rien de particulier à ce moment précis. C’était un fait. Elle avait subi cela, elle n’avait pas le choix. Elle n’était ni en colère, ni triste.
Par contre, lui, elle le sentit se contenir, il tremblait d’une certaine colère contre ces gens qui lui avaient fait cela. Alors elle se sentit dans le besoin de le calmer, de le rassurer. Elle appréciait son soutien mais elle allait bien, maintenant. Elle l’avait accepté et cela faisait partie d’elle, et un nouveau départ lui avait été offert.

— Ne vous en faites pas. Je vais bien.
Elle lui adressa un sourire forcé.

Il caressa de sa main, sa joue et la garda dans sa paume.

— Je suis désolé…
— Ce n’est pas de votre faute.

Elle accepta sa main et se lova dedans. Elle sentit les battements de son coeur et sa tension se calmer.

— … J’oublié parfois la cruauté des humains. Nous ne sommes pas tous civilisés comme au château, je le sais bien, nos semblables peuvent être d’une bestialite sans nom… mais…

—Merci…
Dit-elle simplement.

Elle s’endormit dans ses bras.
Elle était tellement bien, elle n’était plus seule. Elle se sentait apaisée d’avoir pu se confier sur son passé.

Le lendemain, elle se réveilla à ses côtés.
Il la salua et elle ne tarda pas à se lever et se préparer, le laissant dans ses draps. Il la regardait se rhabiller, profitant du spectable.

— Merci encore pour votre hospitalité.
Elle s’inclina.

— Ne sois pas aussi formelle avec moi lorsque nous sommes seuls.
Il sourit, amusé par son comportement, son esprit étant encore à la veille.

Elle s’en alla, s’inclinant une nouvelle fois pour cacher sa gêne. Le laissant seul dans son lit.

*

Il se fit convoquer dans le bureau du comte.

— Vous m’avez demandé, maître ?
Dit-il tout en s’inclinant.

Son interlocuteur lui faisait dos puis se retourna finalement vers lui pour lui parler.

— Quelle est la situation dans le château ?
Demanda t-il simplement, les mains dans son dos et se déplaçant lentement dans la pièce.

— Rien à signaler, maître.
— Bien.

Il marqua une pause.

— Et la jeune pousse ? S’est-elle habituée à sa nouvelle condition ?

Il posa cette question tout en bougeant quelques bibelots sur ses étagères.
Le majordome, imperturbable, lui répondit sans aucune hésitation.

— Il semblerait.
— Bien, bien…

Il se tourna vers lui, scrutant sa réaction.

— Est-ce que tu as appris des choses ?
— Oui… sur son passé. Ce qu’elle a vécu avant d’être ici, avec nous.
— Je vois…
— Vous étiez au courant… ?
— Je m’en doutais… j’ai vu son corps avant sa transformation. Frekio m’avait également fait part de ses observations. Peu de choses passent au travers de mes filets, tu te doutes.

Il avait intentionnellement prononcé ces mots.
Il marqua une pause avant de terminer

— Prends bien soin d’elle. Tu peux disposer.

Il savait pour leur relation et il ne désapprouvait pas.

2020.09.09

Majordome [RolePlay] [R-18]

Quelque chose titillait son odorat. C’était le majordome. Elle le remarquait maintenant et lui aussi s’était rendu compte du changement.
Lorsqu’il se croisèrent dans les couloirs, ils s’étaient échangés quelques regards intrigués.
Puis ils avaient continué leur chemin.

Beaucoup plus tard, ils se recroisèrent. Ils étaient seuls. L’activité nocturne était un peu plus calme.
Elle errait dans les couloirs parce qu’elle n’arrivait pas à dormir et ce fut le hasard qu’elle tomba sur lui.
Tout comme le majordome qui faisait une simple ronde.
Il fut agréablement surpris.

— Mademoiselle Chloé.
La salua t-il

Elle s’inclina en réponse.
Balayant des yeux l’espace autour de lui, ils étaient dans une allée très peu fréquentée mais il ne souhaitait pas être dérangé.

— Est-ce que vous avez un petit moment à m’accorder ? Je souhaiterai m’entretenir avec vous.

— Oui, bien sûr.

Elle ne cacha pas son étonnement.
Il ouvrit la marche et elle le suivit.
Elle sourit interieurement, cela lui rappelait son premier jour ici. Tellement de choses s’étaient passées et elle était beaucoup plus à l’aise maintenant.
Ils arrivèrent devant une porte et il l’invita à entrer.
Elle n’avait pas peur, qu’avait-elle à craindre, après tout ?

C’était une simple chambre.
Elle entendit la porte se refermer derrière elle. Elle se retourna.
Son attitude changea, il s’avança vers elle, jusqu’à ce qu’ils ne soient qu’à quelques centimètres.
Il la surplombait de beaucoup, c’était une armoire à glace et elle devait lever son visage pour pouvoir le regarder dans les yeux.
Il se pencha pour qu’ils puissent se faire face, et il approcha son visage pour lui murmurer quelque chose après avoir humé son odeur.
Elle resta stoïque. Elle n’avait pas peur mais elle restait sur ses gardes. Se demandant si elle avait fait quelque chose de mal pour que le majordome lui en veuille.

— Vous êtes… différente, n’est-ce pas ?

Elle ne répondit pas. Elle ne savait pas si elle devait le dire. Était-ce un secret ? Le comte ne lui avait pas interdit mais elle ne souhaitait pas le crier sur les toits.
Puis. En tant que majordome personnel du comte, n’était-il pas au courant ? Ou alors le comte avait omis cette information, exprès ?
Même si rien n’avait été dit, tout le monde le savait implicitement. Elle ne sentait plus l’humaine. Cela devait être évident, mais il devait le savoir. Était-ce un test ?
Il recula pour mieux l’observer et un sourire apparut sur ses lèvres. Il était rare de le voir sourire.
Se moquait-il d’elle ?
Elle resta à le fixer, sans broncher. Sa question était réthorique.

— Ne soyez pas si méfiante envers moi. Je ne vous veux aucun mal. Au contraire…

Sa voix se voulait rassurante mais elle n’arrivait pas à se détendre. Elle continuait à le regarder sans dire un mot. Attendant ses explications. Il restait un employé important, même si son supérieur direct était Homa, il était au même rang et elle ne devait pas faire de faux pas.

— Vous avez dû remarquer que nous sommes similaires, maintenant.

Elle avait coupé sa respiration inconsciemment et à ces mots elle inspira et recommença à respirer.
Elle n’avait pas remarqué jusqu’à présent qu’il dégageait une odeur familière,à cette distance il n’y avait aucun doute. Elle en était certaine. Il était comme elle, comme le comte.

— Je souhaitais vérifier de mes propres yeux ce fait, pardonnez-moi d’avoir été rude.

Il se mit à genoux et attrapa la main de la jeune fille pour lui apposer un baiser d’excuse.
Elle frissonna. Pas parce que le toucher était froid mais étrangement doux, sa petite main s’était perdue dans sa paume immense. Malgré sa corpulence ses gestes étaient délicats.

— Permettez-moi de vous faire la cour. Je trouve votre odeur fort délicieuse.

Il se releva et son visage se retrouva à nouveau juste en face du sien.
« Délicieuse » ? Était-ce ça qu’elle ressentait également ? L’odeur du majordome était déroutante, mais est-ce qu’elle la qualifiait de délicieuse ? Elle ne savait pas.
Il lui attrapa le menton.
Elle eut un mouvement de recul. Un peu trop brusque qu’elle perdit l’équilibre, il la rattrapa. Il n’eut qu’à tendre son bras pour l’aider à reprendre son équilibre, sa main était dans son dos et il s’approcha encore plus d’elle. La ramenant vers lui.
Ses petites mains frêles étaient sur son torse, sur son uniforme.
Collés ainsi, l’odeur était plus intense, elle était enivrante. Elle devait se l’avouer.
Que lui proposait-il ?
Qu’est-ce que cela impliquait.

— Je vois que je ne vous laisse pas indifférente…

Sa voix grave résonna en elle.
Elle l’avait déjà fait, ou plutôt elle avait déjà subi cela.
Mais cette fois-ci, c’était différent. Il ne la violentait pas, il ne la forçait pas à faire cela. Pas encore.
Il attendait, elle ne savait pas quoi mais il attendait et il l’observait.
Est-ce qu’elle en avait envie ? La peur la paralysait.
Est-ce que lui, avait envie d’elle ?
Ce n’était pas la première fois qu’un homme se serve d’elle. Elle attendait sa sentence, qu’il fasse ce qu’il veut et que cela se termine vite. C’est tout ce qu’elle pouvait souhaiter s’il allait imposer ses désirs sur elle.
Elle tremblait.

— Si je me trompe, je ne vous retiens pas.

Elle continuait de boire ses paroles. Ne comprenant pas ce qu’il disait. Elle avait le droit de partir ? Vraiment ? N’était-ce pas un piège ? Une ruse ? Était-ce un jeu sadique ?
Elle le regardait sans le voir, pensive et perdue.
Il remarqua ses tremblements et s’interrogea.
Avait-elle froid… ? Ce n’était pas possible dans ce corps. Il réalisa qu’elle avait peur.
Il fut confus et il tenta de la rassurer, ne sachant plus où se mettre. Que dirait son maître s’il apprenait qu’il effrayait sa protégée ?

— Mademoiselle Chloé… Je ne voulais pas vous effrayer.

Il s’éloigne, la relâchant.
Elle n’ose pas le regarder dans les yeux, son regard fuyant.

Elle essayait d’analyser la nature de ce qu’elle ressentait actuellement.
Était-ce la première fois qu’elle eut envie de quelqu’un ?
Était-ce cela avoir du désir charnel ?
Elle sentait une certaine attirance physique pour l’homme en face d’elle. Son odeur. Ses gestes. Son attitude. Il était attentionné et c’était quelque chose qu’elle n’avait jamais eu la chance d’avoir dans ce genre de situation.

Il attendait patiemment qu’elle lui autorise ou qu’elle refuse ses avances.
Quelque chose en lui était douloureux. C’était étrange de la voir aussi vulnérable. Était-elle vierge ?
Il n’aurait jamais pensé qu’elle puisse l’être et il se sentit bête d’avoir pu brûler les étapes.
Il ne devait pas la brusquer et surtout ne pas la forcer même s’il avait envie de la dévorer.
Ce qu’il avait en tête, c’était simplement qu’ils passent tous les deux un bon moment. Il ne pensait pas qu’il se retrouverait dans cette situation plus complexe à gérer.

Elle pouvait se sentir en confiance.
C’était peut-être une chance pour elle de découvrir le plaisir charnel sans le subir. Devait-elle la saisir ?
Est-ce qu’il comprendrait ? Tout son corps lui dictait de fuir, par mécanisme, mais elle avait longuement réfléchi. Elle voulait surmonter son traumatisme.
Elle savait que si elle ne faisait rien, rien ne changerait et elle aurait constamment peur de cette proximité. Elle ne voulait pas rester prisonnière de son passé.
Elle releva la tête pour croiser le regard de l’homme, qui l’étudiait patiemment.
Elle jouait avec ses doigts, les mains entrelacées, nerveuse. Elle avait réussi à calmer ses tremblements.

— Je…

D’une voix faiblarde, elle n’arrivait pas à s’exprimer.
Elle n’arrivait pas à trouver les mots.
Elle voulait essayer.
Elle s’avança vers lui, lentement. C’était sa manière à elle de dire qu’elle acceptait son offre.
Timidement.

Il s’approcha d’elle, sans faire de mouvement brusque.
Il voulait la toucher, poser sa main sur son visage et la rassurer d’un baiser, mais au vu de sa réaction précédante, il se retint.
Il prit sa main nerveuse et la dirigea vers son propre visage. Il embrassa ses phalanges.

— Je serai doux, je vous le promets.
Dit-il, simplement.

Elle fut surprise à nouveau au contact physique.
Tout allait bien. C’était juste sa main.
Son visage, ses lèvres. C’était… agréable. Étrangement doux. Malgré sa corpulence, il était si délicat.
Avait-elle le droit d’apprécier cela ?

Il avait décidé de prendre soin d’elle.
Il partait du principe que c’était sa première fois et il allait tout mettre en place pour la mettre à l’aise.
Et surtout prendre le temps de le faire.
Il se pencha et il l’embrassa dans le cou, tout en passant ses mains sur ses épaules pour l’aider à retirer son uniforme.

Elle frissonna encore une fois. Le contact de son souffle et de ses lèvres sur sa propre chair était… un délice. Elle ressentait quelque chose en elle, une petite boule de chaleur avait fait son apparition dans le creux de sa poitrine.
Elle chercha à croiser son regard.
Levant ses mains et attrapant un bout de tissu de l’uniforme du majordome.
Devait-elle le déshabiller, également ?
Il répondit à sa question muette en acquiesçant, un petit sourire au coin de sa bouche, elle s’empourpra.
Elle balada ses doigts hésitants sur son uniforme pour le défaire et rapidement les vêtements furent au sol et ils se retrouvèrent tous les deux en sous-vêtements.
Elle, en culotte short blanc et lui en un boxer de la même couleur.

— Magnifique…
Souffla t-il, lorsqu il découvrit le corps de la jeune femme.

Elle était fine et sans réelles formes. Elle avait une poitrine presque inexistante. Dans ce nouveau corps, sa peau était lisse et claire comme de la porcelaine. Ses cicatrices et hématomes avaient disparu.
Elle garda le silence et fut gênée. Elle qui d’habitude ne portait aucune importance à sa nudité, elle se trouvait aujourd’hui dans un autre contexte et elle ne savait pas où se cacher.
Il l’attrapa pour la porter jusqu’au lit, l’allongeant dessus. Ce qui fit virer son visage au rouge.
Pour ne pas l’embarrasser plus, il avait gardé son bas de sous-vêtement. Et il s’attaqua aux préliminaires.
Il s’allongea à ses côtés, et commença à caresser sa peau, baladant sa main et ses doigts sur son corps pour commencer, tout en observant ses réactions.
Elle l’imita et prit le temps de découvrir le corps de son partenaire, ce dont elle n’avait jamais eu l’occasion.
Quelque part en elle, elle avait encore peur de cette présence masculine, elle n’avait connu que des hommes qui l’avaient forcée et utilisée, faisant leur affaire et l’abandonnant ensuite.
Celui-ci était différent. Il lui laissait le temps. Il essayait de lui faire plaisir ?
C’est-ce qu’elle ressentait lorsqu’il la touchait.
Elle voulait lui rendre l’appareil. Qu’elle ne soit pas la seule à apprécier ce moment.
Et elle le sentait frissonner sous ses doigts fins et frêles. Elle s’amusait à dessiner ses muscles, caresser son torse, elle découvrait à quel point sa chair était dure mais douce, ses muscles, ses os, son corps. Cela avait un effet sur lui, même si son expression restait neutre, il exprimait quelques bruits discrets. Et si elle regardait un peu plus bas, elle pouvait deviner quelque chose grossir dans son boxer. Elle essaya de ne pas faire attention mais elle ne pouvait pas l’ignorer.
C’était loin d’être la première fois qu’elle voyait l’entre-jambe d’un homme, d’habitude ils étaient déjà durs, prêts et ils étaient violent et rapides avec elle. Elle n’avait pas son mot à dire. Mais cette fois-ci, elle était sereine, amusée que ce soit ce qu’elle était en train de lui faire qui l’excitait. Que son envie soit visible mais qu’il soit capable d’attendre qu’elle-même soit prête.
Ils étaient de plus en plus proche et il finit par lui demander.

— Est-ce que je peux vous embrasser ?

Elle hocha la tête en guise de réponse.
Il n’attendit pas une seconde de plus. Cela faisait un moment dont il en avait envie et il approcha son visage pour apposer un baiser, d’abord sur la joue, puis sur la commissure de ses lèvres, puis enfin dessus.
C’était un baiser tendre et elle se surprit à l’apprécier.
Elle ressentait des picotements dans son ventre, ce qui n’était pas désagréable. Au contraire. C’était une sensation nouvelle et étrange mais ça lui apportait un certain bien-être inédit.
Alors elle lui rendit ce baiser. Elle fit son premier pas.
Elle chercha à l’embrasser, elle essaya de bien faire.
Il entrouvrit ses lèvres et elle en fit de même pour reprendre sa respiration, même si elle n’en avait pas besoin, elle eut ce réflexe humain, et il engouffra quelque chose d’humide et tiède à l’intérieur de sa bouche. Sa langue. Il chercha à caresser la sienne et elle l’imita, pensant que c’était la bonne chose à faire.
C’était agréable. Tout était agréable.
Elle découvrait.

Il se déplaça pour la surplomber. Il était au dessus d’elle et elle le regardait dans les yeux.

— Je vais vous faire du bien.
Dit-il, avant de descendre vers le bas de son corps et retirer sa culotte.

Elle se laissa faire. Elle n’avait aucune raison d’avoir peur, c’est ce qu’elle se répéta pour se calmer.
Tout irait bien. Il n’avait rien fait jusque ici qui pourrait lui faire mal.
Il passa sa main sur son ventre pour la caresser puis prit ses chevilles pour les poser et les écarter de chaque côté de lui.
Il observait avec admiration son intimité ce qui la fit resserrer ses cuisses, d’embarras.

— Il n’y a rien à cacher. C’est magnifique, vous êtes magnifique.
Rit-il, en décalant gentiment ses cuisses pour pouvoir se positionner au bon endroit.

Il en dessina les contours avec ses doigts puis il y posa sa bouche pour la déguster.
Sa langue semblait chercher quelque chose, il la baladait de manière experte.
Et elle appréciait, elle laissa échapper à plusieurs reprises quelques gémissement de plaisir.
Puis elle eut envie de plus. Elle eut envie de lui. Qu’il la comble avec son membre.
Il aurait peut-être continué jusqu’à ce qu’elle atteigne l’orgasme mais elle l’arrêta. Elle posa ses mains sur sa tête et il releva son visage pour la regarder.

— Est-ce qu’il y a un problème ?
Demanda t-il, inquiet.

— Prenez-moi…
Repondit-elle simplement, elle aurait pu mourir de honte à ces mots, mais elle se contenta de rougir et se cacher le visage avec ses avant-bras.

Il sourit, et son coeur fit un bond dans sa poitrine.
Il retira rapidement son bas et se positionna juste au dessus d’elle.
Il déplaca ses bras pour pouvoir voir son visage.
Il l’embrassa sur le bout du nez puis il descendit, en embrassant ce qu’il pouvait sur son passage : son menton, ses clavicules, sa poitrine, son abdomen puis il revint vers son visage.

— Je vais y aller tout doucement… dites-moi si vous avez mal.
La rassura t-il.

Elle n’avait jamais entendu ces mots mais elle se sentit tellement soulagée. Il aura fallu que ce soit un non-humain qui prononce ces paroles.
Il se redressa et se prit en main pour se guider et la pénétrer, doucement.
Il était assez imposant mais l’extrémité entra sans problème, puis le reste put glisser à l’intérieur.
Elle savoura chaque instant. Il prenait le temps nécessaire pour qu’elle puisse apprécier et lui également.
Il lui fit l’amour et elle découvrit ce que c’était.

Epuisée mais comblée, elle s’endormit le sourire aux lèvres.

Elle se réveilla presque en sursaut.
Quelle heure était-il ?
Elle était seule dans le lit, et il l’avait recouverte d’une couverture.

— Bonjour mademoiselle. J’espère que vous avez bien dormi.

Il était déjà debout et habillé. Il finissait de se préparer. Il lui adressa un sourire.

— Je dois vous laisser. Revenez me voir quand vous le souhaitez.

Il s’en alla, la laissant seule dans sa chambre.
Elle se cacha sous la couverture, embarrassée au plus haut point.
Elle devait se reprendre et elle aussi, se préparer.
Elle avait passé une excellente nuit.

Elle sortit de la chambre, sur ses gardes, jetant des regards autour d’elle et en espérant qu’elle ne croise personne, pour ne pas devoir s’expliquer.
Frekio la vit et la salua.

— Hé, que fais-tu là de si bon matin ?
Elle sursauta.

— J-je cherchais Bréto.
Bégaya t-elle, embarrassée.

— Je l’ai croisé il y a quelques minutes dans les couloirs.
— Ah, d’accord…

Et elle se dirigea dans l’autre direction, celle qui menait à la salle d’eau. Ignorant le jeune homme.
Il la suivit, méfiant et trouvant bizarre sa présence dans cette aile du château, et son embarras était étrange. Son odeur aussi.
Elle sentait la sueur et… Bréto.

— Tu…
Devina t-il en marchant à ses côtés.

Il n’avait apparemment rien de mieux à faire.
Elle accéléra le pas, ne souhaitant pas aborder le sujet.
Le visage rouge pivoine.

Un large sourire apparut sur son visage.

— Je vois.
— Tu vois q-quoi…?!
— Mon flair ne me trahit jamais. Tu sens… quelque chose de particulier aujourd’hui… tous les deux… je me disais bien qu’il était particulièrement de bonne humeur quand je l’ai croisé. Vous avez…

Elle se précipita sur lui pour lui couvrir la bouche avec sa main et l’empêcher d’en dire plus.

— N’en dis pas plus ! Tu as bien deviné, maintenant. Chut !

Les oreilles brûlantes, elle attendit qu’il acquiesce de se taire et elle le relâcha.

— Ah… sacré Bréto.
Dit-il, en lui jetant un regard amusé.

Cela ne le choquait pas. C’était une chose courante en ces lieux.
Il n’ajouta rien de plus et il l’accompagna en silence et la laissa à l’entrée de la salle d’eau.
La laissant tranquille.

2020.09.01