Panoramique

À son départ de l’hôpital, Annabelle et Duncan l’attendaient pour rentrer.
Il les raccompagna chez elles.
Il était rassuré que Marianne aille bien et se retira pour les laisser seule à seule.
Il pouvait se sentir rassuré de savoir que Marianne n’était pas seule. Et il savait qu’Annabelle prendrait soin d’elle. Il n’avait aucun doute là-dessus

Marianne était plus qu’heureuse d’enfin retrouver sa liberté, son chez soi, et son Annabelle.
Lorsque Duncan partit, elle lui sauta au cou pour la serrer fort contre elle. Cette effusion d’affection lui avait manquée. L’odeur d’Annabelle, la douceur et sa chaleur. Ce n’était que quelques jours mais elle avait l’impression que c’était plusieurs semaines.
La maison était propre et sentait bon, Annabelle s’était occupée de tout pour que Marianne soit comblée.
Annabelle lui avait interdit de retourner sur les lieux de son travail le premier jour, alors Marianne ne pouvait que ronger son frein et essayer de penser à autre chose.
Elle profita des heures qui suivirent pour ranger ses affaires et juste se poser avec Annabelle.

*

Le lendemain aux premières heures, Marianne était prête pour aller au travail.
Annabelle soupira et consentit à l’y accompagner.
Arrivées, il y avait une petite fête de retour organisée pour Marianne. Les employés étaient heureux de la retrouver en meilleure forme.
Cela ne dura pas très longtemps avant que Marianne ne s’éclipse pour se rendre dans son bureau.
Annabelle l’y suivit.
Marianne fut surprise agréablement de ne pas être submergée de dossiers urgents.
Annabelle lui expliqua qu’elle et l’aînée des employés avaient réussi à régler la plupart du travail qu’il restait à faire. Elles avaient constitué un petit tas de ce que Marianne devait faire, parce que c’était de son ressort.

— Tu es sûre que tu ne veux pas profiter de la fête… ? Tu pourras boucler ce tas en quelques heures seulement…
Essaya de la convaincre Annabelle.

Marianne sourit et posa les dossiers empilés. Elle prit la main d’Annabelle et elles sortirent du bureau pour retourner à la petite fête en son honneur.
Marianne remercia tous ses employés avant de retourner travailler.
Elle ne devait pas forcer mais elle devait finir son travail avant toute chose. Cela lui trottait dans un coin de sa tête.
Annabelle resta à ses côtés pour lui demander de lui expliquer certaines choses, pour qu’elle puisse prendre en charge plus de responsabilités pour la décharger.
Marianne n’avait pas trop le choix, elle aurait préféré prendre le temps de lui déléguer peu à peu des tâches mais elle savait qu’elle n’avait pas tort. Il fallait qu’elle lâche du leste.

Les jours qui suivirent furent riches pour Annabelle, qui prit des notes et qui essaya d’emmagasiner le plus d’informations.
Marianne était vraiment reconnaissante pour le travail abattu et elle en profita pour s’avancer et préparer de vraies vacances.
Elle en discuta en privé avec la plus ancienne de ses employés en qui elle avait entièrement confiance. Elle savait tenir la boutique pour les affaires courantes.
Elle avait fait preuve de beaucoup de professionnalisme pendant sa convalescence et elle lui confia son idée de vacances préparées.
Elle approuva à cent pour cent et Marianne s’organisa pour choisir le lieux et la période, ainsi que la surprise qu’elle voulait préparer pour Annabelle.

Annabelle était maintenant collée à Marianne, trop inquiète puis voulant bien faire pour que Marianne travaille le moins possible.
Marianne eut un mal fou à la forcer à se reposer et se dégager au moins une journée sans elle à son bureau.
Ce jour de libre durement négocié, Duncan en profita pour passer la voir et discuter avec elle.
Elle lui exposa son plan et Il resta bouche bée.

— Tu vas quoi… ?
— La demander en mariage, tu as très bien entendu.
— Ah.
— Tu n’as rien d’autre à dire de plus… ? Je pensais que tu allais t’y opposer
— J’aurais pu, mais en fait, je n’ai pas de contre-argument. Tu as raison… je crois.
— T’es sérieux… ?
— Bah… je n’ai aucune raison de penser que c’est une mauvaise idée. Annabelle… j’ai vu de mes propres yeux à quel point elle tenait à toi. Puis, elle t’a beaucoup aidée pour ton travail, non ?
— Oui… le seul problème… c’est que je n’ai aucune idée de si elle acceptera… en plus du fait qu’on ne peut pas épouser un humain de compagnie.
— Ah. C’est vrai ça. Tu comptes faire comment.. ? À la base c’était juste pour lui léguer ton entreprise, non ?
— Oui et non. Je voudrais quelque chose de plus sexy qu’un simple testament…
— Effectivement.
— J’ai une solution mais il faut qu’elle accepte de retrouver son statut d’humain. Tu crois qu’elle serait capable de refuser… ?
— J’en ai aucune idée… je ne savais même pas que c’était possible.
— Moi non plus. Mais je me suis beaucoup fait chier à l’hôpital, j’ai lu beaucoup de paperasse à ce sujet et c’est une possibilité.
— Je vois ça. Du coup tu vas faire comment… ?
— D’abord… je dois lui faire ma demander en mariage… et si elle accepte, je lui présenterai les possibilités…
— Et, si elle refuse… ?
— Bah, ça sert à rien que je me prenne la tête avec les papiers à signer…
— Te connaissant, ils sont déjà prêts quelque part…
— Oui… au cas où, hein.
— Bien sûr… tu voulais me demander conseil sur quoi déjà ?
— Ah, oui ! Je suis en train d’organiser des vacances à la montagne, je me demandais si tu avais des stations de ski ou des endroits à me recommander ?
— Hm… pour faire ta demande en mariage.
— Entre autres.
— Je t’enverrai ça par mail, avec les photos à l’appuie, je pense que ça devrait te plaire.
— Super, ça serait parfait !

*

Marianne avait choisi un endroit qu’elle ne connaissait pas pour pouvoir le découvrir avec Annabelle.
Elle lui fit la surprise de ce voyage juste entre elles.
Mis à part des vêtements chauds qu’elle pu prêter à Annabelle, elles firent quelques achats pour qu’Annabelle soit équipée convenablement, et habillée assez chaudement pour faire du ski.

Annabelle avait à la fois hâte et appréhendait.
C’était la première fois qu’elle partait au ski mais également en vacances. Elle ne savait pas ce que c’était de couper du monde pendant une durée déterminée.
Elles avaient une grosse valise pleine à craquer pour toutes les deux et elles prirent le train.
C’était une expédition.

Marianne avait loué un petit chalet isolé. Heureusement qu’il était possible de se faire aider par des locations de voiture électriques pour pouvoir charger leurs affaires dans leur logement isolé.
Une semaine entière avec très peu de réseau téléphonique.
Une cheminée, des balades dans la neige, une initiation de ski pour Annabelle.
Les soirées au coin du feu et dans les bras chacune.
Marianne insista pour manger dans des établissements pour qu’Annabelle ne soit pas obligée de préparer les repas.
Elles se rendirent dans une tour panoramique se situant tout en haut d’une montagne. Il se trouvait un restaurant et Marianne avait prévu de rester dîner avec Annabelle.
Une table réservée à son nom.

Annabelle avait l’impression de vivre un rêve éveillé.
Elle passait les meilleurs moments de sa vie, elle rayonnait et ses yeux brillaient de voir ce que c’était la montagne, cette immensité et cette vue.
Marianne était heureuse par procuration.
Elle ne réussit pas à trouver le bon moment pour aborder le sujet et elles profitèrent tout simplement du repas.

*

À l’extérieur, elles avaient vue sur la vallée.
Tout semblait si petit et le paysage était magnifique.
Annabelle avait un sourire radieux, le soleil et la neige étaient éblouissants.
Ce fut Annabelle qui brisa le silence.

— M-merci Marianne. Merci de me faire découvrir la montagne… je suis si heureuse d’être avec toi…
Dit-elle, le vent frais soufflant sur son visage pâle. Ses cheveux maintenus sous son bonnet et sa tête enfouie dans son gros manteau d’hiver et une écharpe moelleuse.

— Merci à toi, Annabelle… ces vacances n’auraient pas la même saveur sans toi… merci de m’accompagner et de m’apporter tant de bonheur…

— Qu’est-ce que tu racontes… ?
Se moqua Annabelle, gentiment, gênée par les propos.

— Ma vie a radicalement changé depuis que je t’ai rencontrée… je suis beaucoup plus épanouie… je t’aime tant…
— Moi aussi, Marianne…

Elles se tenaient les mains et se faisaient face, émues et profitant de cet instant magique.
Ce fut le moment pour que Marianne s’exprime.

— Dis, Annabelle… est-ce que tu veux m’épouser ?
Annabelle resta silencieuse.

Elle connaissait assez Marianne pour savoir qu’elle était sérieuse et qu’elle ne pouvait pas répondre à la légère. Etait-ce même possible ?
Elle doutait de la faisabilité de la question mais pas de ses sentiments.
Marianne attendait patiemment une réponse.

— Marianne…
— Si tu écoutes ton coeur, Annabelle… sans te soucier de ce qu’il y a autour… est-ce que tu m’épouserais… ?
— Bien sûr… là n’est pas la question…
— Si je te disais que c’est possible… à une seule condition ?
— Laquelle… ?
— Que tu récupères ton statut d’humaine. Tout ce que tu dois faire, c’est signer un document pour recouvrer ton humanité…
— Mais… ça veut dire…
— Je te rends ta liberté.
— Tu ne veux plus de moi… ?
— Au contraire. Je te veux mon égale. Je veux que tu sois ma compagne, officiellement, que tu ne te préoccupes plus de ce contrat d’adoption.
— Marianne…

Annabelle n’avait pas les mots.
Elle l aimait de tout son coeur et ses mots la comblait comme jamais, mais le fait de redevenir une humaine la terrorisait. Elle avait envie de dire oui, de faire confiance à Marianne, même si sa peur était forte et présente.
Emue au plus profond d’elle, elle avait réunit ses mains sur sa bouche. Et elle acquiesça, d’un mouvement de tête. Et si elle faisait confiance à Marianne ?
Oui, cette idée de mariage la faisait rêver.

— C’est un « oui » ?
Demanda Marianne, pour confirmer. Elle n’arrivait pas à cacher sa joie.

Elle se doutait qu’Annabelle accepterait mais il restait une faible probabilité qu’elle refuse.
Annabelle acquiesça une nouvelle fois, de manière plus marquée et elles se prirent dans les bras.
Elles rayonnaient toutes les deux de bonheur.

*

Lovées ensemble dans le canapé, en face de la cheminée allumée, où le feu de bois faisait craqueler et chanter les bûches.
Elles étaient emmitouflées dans une couverture, observant les flammes danser comme hypnotisées par ce spectacle aléatoire.
Elles se réchauffaient et se câlinaient tout simplement, dans les bras l’une de l’autre.

— À quoi tu penses… ?
Demanda Marianne. Elle sentait Annabelle songeuse, inquiète.

— … Tu sais que ça m’angoisse… de perdre mon statut d’humain de compagnie… ?
Hésita Annabelle.

— Pourquoi… ? Je ne vais pas changer la manière dont je vais me comporter avec toi après.
Essaya de comprendre Marianne, maladroitement

— Je… c’était rassurant de ne pas avoir à m’occuper de… tout ça… ces responsabilités d’humain… j’ai peur… ça me fait si peur…
— Tu te rends même pas compte que tu fais déjà beaucoup plus que ce simple statut… et si ça peut te rassurer, je ne te demanderai pas plus que ce que tu ne fais déjà à présent.
— Si cela ne change pas grand chose… pourquoi m’épouser… ?
— J’aurais envie de dire « pour que tu sois à moi » mais ce n’est pas vraiment ça… je veux qu’on s’appartienne d’égale à égale… que tu sois ma femme tout comme je serai la tienne… est-ce que je suis trop niaise… ?
— Non… ça me parait juste… irréel…

— Je te signale que tu as déjà accepté… est-ce que tu vas revenir sur ta décision… ?
S’inquiéta Marianne.

— Non… ! Non, pas du tout ! …
— Tu me rassures… mon coeur n’aurait pas survécu à cet ascenseur émotionnel…
— Pas de chantage affectif avec moi !

— Je n’oserai pas…
Blagua Marianne.

— Pourquoi tu penses que c’est irréel… ?
Questionna Marianne, curieuse.

— Comment… pourquoi moi… ? Comment une personne aussi formidable que toi… voudrait de moi… ? Je ne te mérite pas…
— Moi je sais ce que tu vaux. Tu m’apportes beaucoup plus que tu ne le penses. Moi, je sais ce que tu vaux et tu mérites d’être heureuse. Si cela fait ton bonheur d’être à mes côtés… bien entendu.

Annabelle resta silencieuse. Acceptant les mots de Marianne et digérant lentement ses paroles.
Elle se serrait un peu plus fort dans les bras de Marianne. Elle voulait être assez bien pour que Marianne ne regrette pas son choix.

— Qu’est ce qu’on va faire… ?
Demanda finalement Annabelle.

— Moi je sais. Est-ce que tu veux que je te dise les prochaines étapes… ?
— Oui… j’ai envie de savoir ce que tu as manigancé…

*

Marianne avait prévu le rendez-vous avec la directrice de l’établissement où elle avait rencontré Annabelle.
La directrice avait bien voulu la recevoir malgré l’objet incongru de son mail. Marianne était reconnaissante qu’elle accepte.

La directrice avait un bon fond, elle s’était réjouit que ce soit Marianne qui adopte Annabelle, pensant qu’elle était une personne assez saine pour ne pas abuser de la jeune fille. Qu’elle soit de nouveau contactée par un propriétaire n’était pas rare, mais c’était généralement pour des nouvelles plus funèbres.
Lorsqu’il y avait un décès d’humain de compagnie, il était nécessaire de le signaler pour qu’elle puisse clôturer le dossier, avec le justificatif confirmant la mort. C’était la première fois qu’elle avait un cas aussi complexe, et surtout inédit que le propriétaire cherche à rendre sa liberté à son humain de compagnie.
De manière générale, il arrivait que le propriétaire ne soit pas satisfait ou se lasse de son humain de compagnie, et finisse par retourner dans l’établissement d’adoption pour le rendre et qu’il soit de nouveau possible d’être adopté par un nouveau propriétaire.
Mais le cas de Marianne était différent. Elle ne rendait pas Annabelle. Elle voulait lui rendre sa liberté en lui rendant son humanité.

*

La directrice les convoqua pour essayer de comprendre ce qu’il se passait et si Annabelle allait signer de sa propre volonté. Qu’elle n’était pas forcée ou qu’on ne lui faisait pas du chantage pour qu’elle soit libre, et qu’elle soit ensuite abusée sans aucune impunité pour Marianne. Elle cherchait à comprendre la démarche.
Lorsqu’elle les vit, elle comprit que leur relation était toute autre. Marianne était changée mais Annabelle également. Elles étaient toutes les deux différentes de leur première rencontre.

Annabelle était anxieuse mais elle prit son courage à deux mains pour signer le document, attestant qu’elle acceptait la décision de sa propriétaire de lui rendre sa liberté, en toute connaissance de cause et de sa propre volonté. Elle était consentante.
Marianne dut également signer.
La directrice était bouche bée de voir ce développement de situation.
Marianne était honnête et lui expliqua sa démarche, et qu’elle souhaitait épouser Annabelle.
La directrice dut s’asseoir pour digérer l’information.
Annabelle avait proposé de lui demander d’être témoin de leur union, ce qui la laissa sans voix.
Elle pouvait voir l’amour et l’affection qu’il y avait entre ces deux femmes.
Elle mit un certain temps avant de tout intégrer et elle accepta avec joie d’être leur témoin. Elle signa également un papier attestant de l’intégrité des papiers précédents, qu’elle avait pu voir qu’aucun des deux partis n’était menacé ou autre.
Elle leur assura que les documents officiels seraient réglés dans la semaine, le dossier d’Annabelle allait être classé et qu’elle ne devait s’inquiéter de rien.

Marianne avait déjà les documents d’identité d’Annabelle et elle avait préparé les papiers à remplir pour qu’Annabelle soit de nouveau considérée comme une humaine normale dans la base de données.

*

Il eut le choix des alliances, de la robe d’Annabelle.
Marianne ne se sentait pas à l’aise dans une robe et elle opta pour un costume.
Marianne souhaitait que ce soit parfait et qu’elles n’aient pratiquement rien à gérer le jour J.
Elles s’occupèrent des détails ensemble et Marianne s’occupa de contacter une entreprise qui s’occuperait de la mise en place jusqu’à la fin des festivités.
Elles avaient décidé que cette journée devait être un jour spécial pour l’ensemble des invités, et il n’y en avait pas beaucoup.
Cela s’arrêtait aux amis proches de Marianne qui étaient principalement ses employés. Elle s’entendait à merveille avec eux et elle les considérait comme faisant partie entière de sa famille.
Ceux qui étaient partis pour choisir une autre vie avaient tenus à faire un cadeau, ils avaient été invités au vin d’honneur.
Annabelle n’avait pas de famille ni d’amis à inviter, et elle le vivait bien.
La directrice de l’établissement fut invitée au vin d’honneur.
Duncan fut évidemment de la partie.

Le plus difficile, fut d’annoncer la nouvelle aux parents de Marianne.
Elle reprit contact avec eux et elle y dîna.
Ce fut après tout le repas qu’elle prit son courage à deux mains pour aborder le principal sujet.

— Je sais que ça fait longtemps que je ne prends plus le temps de venir vous voir…
— On sait que tu es occupée avec ton travail… quoi qu’on puisse en dire, tu gères ta vie professionnelle avec brio.
— Merci… si je suis rentrée… c’est pour vous annoncer quelque chose… je vais me marier…

Ses parents restèrent bouche bée. Ils ne savaient pas comment réagir à cette nouvelle. Si c’était une blague ou si c’était un miracle qu’ils ne pensaient plus possible.

— V-vraiment… ?
— Oui, c’est sérieux.
— Est-ce qu’on peut savoir avec qui… ? Tu peux nous en dire plus… ?
— Vous vous doutez que je ne suis pas restée célibataire pendant tout ce temps pour une raison…
— Ton travail… ?
— Pas que… elle s’appelle Annabelle.
— Pardon ?

Son père faillit s’étouffer avec sa salive.

— Je préfère que vous soyez au courant de mon mariage, même si vous ne l’approuvez pas. Ca m’a paru plus honnête que de vous le cacher et que vous finissiez par l’apprendre d’une manière ou d’une autre.

— Qu’est-ce que ça veut dire, Marianne… ?
Reprit sa mère, qui laissa son père digérer l’information.

— Je l’aime, et elle me rend heureuse. Je sais que je pourrais compter sur elle pour le restant de mes jours.
— Tu ne comptes pas nous la présenter… ? Tu aurais pu l’amener avec toi… pour qu’on puisse la voir.
— Je ne savais pas comment vous aurez pu réagir et je ne souhaite pas que vous l’intimidiez ou que vous l’insultiez.
— V-voilà une bonne image que tu te fais de nous.
— Je vois bien que vous avez du mal à avaler mon annonce…
— C’est que… on avait fini par tirer un trait sur tes enfants… et c’est un peu inattendu que tu te décides à enfin te marier à ton âge…
— Merci pour le repas, je vais rentrer.
— Laisse-nous digérer la nouvelle… et d’ici là… songe à revenir en compagnie de ton… amie. Nous aimerions bien la rencontrer…
— … Je vais y réfléchir…

Marianne lâcha un gros soupir de soulagement.
C’était fait et ses parents avaient presque bien pris la nouvelle. Ils ne s’étaient pas mis à crier ni à l’insulter. Ils avaient été plutôt calme.

— Remets-toi.
Avait dit sa mère, après que Marianne soit partie.

— Mais… elle…
— On s’en doutait. Jamais un petit copain, c’était évident…
— Et sa… copine ? Qui c’est ?
— Qu’est-ce que j’en sais ?!

Marianne était sereine, elle voulait juste leur faire part de cette nouvelle, elle n’attendait rien en retour, elle n’avait pas besoin qu’ils approuvent sa décision.
Elle se sentait plus légère, comme libérée d’un poids. Elle venait en quelque sorte de faire son coming out.
Elle ne les avait pas conviés à l’événement, elle voulait que cela reste en petit comité et surtout dans la bonne humeur. Elle ne voulait surtout pas s’imposer ses parents qui seraient venus juste pour faire acte de présence.
Le visage serein, elle inspira un grand coup, ses cheveux ramenés en arrière par un vent léger, comme son cœur. Libéré d’un poids.
Elle avait hâte de rentrer pour retrouver Annabelle et la serrer dans ses bras.

*

Duncan fut choisi comme témoin.
L’établissement fut fermé pour le week-end, exceptionnellement.
Un photographe leur fut conseillé, qui prit des photos sur le vif et réussit à capturer le bonheur de cette journée.
Il eut le passage à la mairie, l’ambiance était joyeuse.
Le lieu réservé pour le vin d’honneur et le repas du soir.
Une liste de chansons calmes diffusée en fond durant le repas, puis la possibilité de danser et même chanter.
Ils étaient vraiment en petit comité, Marianne, Annabelle, Duncan, et les employés de l’établissement avec qui Marianne était le plus proche.
La liste complète des invités ne dépassait pas 25 personnes.
Les tables étaient agencées de manière à ce que tout le monde pouvait pratiquement discuter ensemble.
La musique était assez basse pour que ce ne soit qu’une ambiance et les gens pouvaient s’entendre sans crier.
C’était une petite salle privatisée dans un restaurant réputé.

Annabelle avait trop bu, elle était beaucoup trop joyeuse et Marianne l’avait laissée boire sans la freiner, pour une fois.
Duncan était ému et à la fois heureux pour elles.
Dans d’autres circonstances, s’il n’avait pas appris à connaître Annabelle, il aurait tout fait pour éviter que cela arrive, mais il savait maintenant que Marianne était entre de bonnes mains.

Annabelle s’était assise à côté de lui, elle était saoule.

— Je t’aime bien, tu sais ? Même si t’as joué au méchant… t’es un gentil en fait, hein… !
Dit Annabelle, en se collant un peu trop à Duncan.

Duncan ne savait pas comment réagir, il comprenait mieux pourquoi Marianne surveillait Annabelle concernant la boisson. C’était une toute autre personne.

— Tu dis rien… t’es jaloux… ? Moi qui pensais que vous finiriez par vous marier… tout compte fait, c’est moi qu’elle a choisit ! Sois pas trop triste… d’accord ? Je prendrai soin d’elle… !
— Oui oui… je te fais confiance, Annabelle… prends bien soin de Marianne pour moi…

2022.04.02

Une réflexion sur “Panoramique

  1. Fluo dit :

    Je suis trop contente pour Annabelle te Marianne qu’elles aient pu se marier sans soucis ! ça me fait tellement plaisir… Mais est-ce que c’est la fin maintenant ? Une fin heureuse et douce ? Ou est-ce que tu as prévu autre chose pour la suite ? Je suis très curieux de ce que tu pourrais écrire par la suite, comment tu pourrais faire évoluer les personnages.

    En outre, ce texte m’a fait me poser une question existentielle : que se passe-t-il si le maître décède et que l’humain de compagnie est encore vivant ? Je suppose qu’elle ne peut pas légalement hérité de quoi que ce soit même si son maître fait un testament à son nom ?

    Et qu’arrive-t-il à l’humain de compagnie ? Je suppose qu’il ne récupère pas ses droit humain ? Est-ce qu’il retourne dans la boutique où il a été acheté ? Et si jamais la boutique à fait faillite ?

    Quelques petites fautes en passant aussi :
    « Marianne était plus qu’heureuse d’enfin retrouver sa liberté, son chez soi, et son Annabelle. » => sa Annabelle plutôt non ?
    « Elle ne savait pas ce que c’était de couper du monde pendant une durée déterminée » => On dit plutôt « ce que c’était de se couper du monde » ou alors « ce que c’était de couper avec le monde extérieur »
    « Les soirées au coin du feu et dans les bras chacune. » => ça sonne bizarre, j’aurais plutôt dit « dans les bas de chacune » ou alors « dans les bras l’une de l’autre »
    « Elle l aimait de tout son coeur » => il manque l’accent à l’aimait et la faute à cœur

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