Route de montagne

Les cheveux longs et légèrement bouclés. Toutes les deux dans la voiture.
C’est Hélène qui conduit, elles vont faire une petite virée dans les montagnes, rien que toutes les deux.
Elle est brune et à la peau légèrement hâlée tandis que sa soeur est pâle, les cheveux blonds.
Dur de croire qu’elles soient soeurs.
Aurore a les yeux vairons et Hélène a les yeux marrons foncés comme ceux de leur mère.
La musique tourne dans le lecteur et c’est dans la bonne humeur qu’elles roulent.
Hélène est prudente mais elle aime la vitesse et fait rugir le moteur de temps en temps, lorsque la route lui permet. Pour faire peur à sa petite soeur, pour la taquiner. Aurore la réprimande et la sermonant de faire attention, ou de regarder la route.
Il y a encore une bonne heure de route,  » est le moment de rattraper le temps en papotant et en se racontant les dernières nouvelles.

— Tu ne m’as jamais racontée pourquoi tu avais cassé avec William.. Il t’a fait quelque chose… ? Si c’est le cas, ne t’en fais pas qu’on va aller lui en toucher deux mots !

— Non ! Bien sur que non !
Répondit-elle outrée.

— C’est juste que je voulais expérimenter de nouvelles choses… ce n’était pas compatible avec mes projets et je préférais casser que de le garder en otage, tu sais…
— Oh… je vois. C’est vrai que maman et papa le voyaient déjà comme leur gendre, tellement vous étiez bien ensemble, mais je comprends. Enfin, c’est pas pour te faire regretter ton choix, hein !
— Oui oui, ne t’en fais pas. On reste de bons amis… même un peu plus parfois…
— Ah bon ?! Petite cachotière !
— C’est pas de ma faute ! C’est un trop bon amant… !
— Ah bah d’accord, je comprends mieux !
— Comprendre quoi ?! Et toi? Hein ? T’es en couple ?
— Hum… on va peut-être passer sous un tunnel…
— Oui oui, c’est ça, allez crache le morceau !
— Bon d’accord… j’en ai pas encore parlé aux parents… Alain est au courant mais c’est tout… c’est encore assez récent mais je suis avec un humain… il est un peu plus jeune que moi. Voilà.
— Quoi, voilà ? T’as une photo ? Il est comment ? Tu me le présentes bientôt ?
— Wow wow, du calme. Erm… je dois avoir des photos de lui sur mon téléphone, tu peux regarder si tu veux…
— T’es sure ? Je ne vais pas tomber sur des photos bizarres ?
— Oh, mademoiselle, j’ai rien de bizarre sur mon tééphone ! C’est toi qui fait un boulot chelou, je te signale !
— Ok ok, je retire ce que j’ai dit.

Elles rirent et Aurore débloqua le téléphone de sa soeur pour regarder dans les photos.
Elle vit la bouille de quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. C’était une photo un peu floue mais plein de charme, un jeune homme blond, aux cheveux ébourrifés et aux lunettes rondes, souriait timidement à la caméra, et semblait avoir voulu échapper au cliché.
Une autre photo où il regardait ailleurs et n’avait pas remarqué qu’on le prenait en photo. Ses yeux étaient d’un bleu clair brillant et ses longs cils lui donnaient un air angélique. Il faisait jeune et avait quelque chose de très innocent.

— Il s’appelle comment ? J’aimerai bien le rencontrer, moi.
— Ah… ! Il travaille pas très loin de la boutique et généralement on prend juste la pause déjeuner ensemble… je lui en parlerai…

Le reste du trajet se passa sans encombre avec d’autres anecdotes.
Elles arrêtèrent la voiture pas loin de l’entrée de la zone forestière et elles marchèrent.
Il n’y avait personne et elles pouvaient continuer leur conversation tout en ayant la possibilité d’utiliser leurs pouvoirs. Hélène n’en avait pas réellement mais Aurore pouvait s’en donner à coeur joie. S’entraîner à utiliser ses pouvoirs et impressionner sa grande soeur.
Ten’ avait dormi sur la banquette arrière tout le long du trajet et pouvait maintenant se dégourdir les pattes. Il courrait partout et sautait de joie, plein d’énergie.

— L’autre fois, un ancien des cours de mon père est venu me voir pendant ma pause…
— Tu veux dire, te voir, ici ?
— Ouais, j’étais au parc et j’attendais mon copain…
— Oh non. Il était amoureux de toi, c’est ça ?
— J’en sais rien ! Mais il m’a tellement énervée ! À me dire ce que je dois faire, que je gâchais mon talent ou quoi, que maman n’approuvait pas ! N’importe quoi ! Rien que d’y penser… !

Elle donna des coups dans le vide pour extérioriser sa colère et Aurore la regarda, en se tenant à l’écart et n’osant rien dire pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu.

— Bref, on s’est battu et mon copain a vu ça. J’avais trop honte… !
Hélène se cacha le visage dans ses mains et se mit à chouiner.

— Tu devais être trop classe. Avoue, il a dû kiffer.
— Je crois… j’avais tellement peur de sa réaction, mais il m’a embrassée !
— C’est un lover ton copain !
— Il est trop mignon, mon coeur fond à chaque fois que je le vois…
— Ahah, t’es complètement amoureuse, hein !
— Roh ça va. J’ai le droit d’expérimenter ça à mon âge ! Tout le monde n’a pas eu la chance de tomber sur le prince charmant aussi tôt que toi !
— William est un prince charmant, pour toi ?
— Un peu, non ? Il fait charmeur aussi. Je me suis toujours demandée s’il était pas gay, à tout le temps être collé à Cean et pas avoir de copine.

Aurore pouffa de rire.

— Non mais c’est vrai ! Il était loin d’être moche et je ne l’avais jamais vu avec une fille… avant toi.
— Tu vas me dire que t’avais un crush sur lui ?
— Absolument pas ! C’etait le genre de mec à faire n’importe quoi à l’école, juste pour attirer l’attention. À se demander comment Cean a fait pour ne pas mal tourner avec ce genre de fréquentation… c’était le genre de mec populaire par son charisme, il me sortait par les trous de nez.
— Eh bah dis donc, il est habillé pour l’hiver là. Tu m’en avais jamais parlé…
— Bah… c’était assez étrange de le voir en dehors de l’école. Après le lycée. J’aurais jamais imagine qu’il puisse être aussi sérieux avec le taf de ses parents.
— Je t’avais raconté qu’il était venu une fois me chercher au lycée ?
— Il venait souvent te chercher, non ?
— Oui mais la première fois, il est venu dans ma classe, me chercher.

Hélène s’arrêta et dévisagea Aurore.

— Ouais.
— Il est débile ou quoi.
— J’ai cru mourir de honte, personne était encore au courant qu’on était ensemble.
— Dis-moi que tu l’as frappé.
— Non, mais je lui ai fait un peu la tête…
— T’es trop gentille, je te l’ai toujours dit.

Hélène avait reprit son allure de marche.

— Maintenant je comprends mieux pourquoi le prof’ a presque fait une attaque en le voyant dans notre classe.
— Tu m’étonnes. C’est vraiment un imbécile. Je vois pas d’autres mots.

— Depuis quand tu sais faire ça ?!
Demanda Hélène, stupéfaite des pouvoirs de sa soeur.

—Je ne sais pas, j’essaye juste… tu sais bien que je m’entraîne à utiliser ça qu’avec toi… j’ai un peu honte de montrer ça aux parents…
Répondit Aurore, gênée.

Elle venait de faire sortir de terre quelques racines qu elle essayait de controler par la pensee. Elle bougeait ses doigts et ses mains pour tenter de visualiser.

— Tu devrais pas, je suis sure qu’ils t’aideraient à t’améliorer ! Moi je suis impressionnée ! Je suis incapable de faire ce que tu fais, je n’ai que ma force brute.
— Et moi je suis bien incapable de me battre avec autant de classe que tu le fais !

Le soleil commençait à décliner et elles décidèrent de rentrer. Ten’ retourna à la voiture et se posa sur la banquette arrière comme à l’allée, cette fois-ci, Aurore avait plie un plaid dans lequel Ten’ pourrait poser ses pattes sans salir la petite voiture de sa soeur.
Après avoir attaché leur ceinture, les filles étaient prêtes à reprendre la route.
Il faisait encore jour, le ciel avait prit une teinte rosée et elles profitèrent de ces derniers instants de calme avant de retourner en ville.

— C’est vrai que c’est agréable de prendre l’air frais. Ca me manque un peu en ville, heureusement qu’on peut prendre la voiture pour venir jusqu’ici.
Affirma Hélène perdue dans ses pensées.

— Dis plutôt que c’est une bonne excuse pour prendre le volant !
— C’est vrai aussi !
— On pourrait retourner à la maison, mais il parait que c’est plus dangereux…
— C’est ce que disent les parents, parce qu’ils sont toujours trop inquiets, je pense sincèrement que notre génération ne risque rien. En plus je suis certaine que les alentours du domaine sont surveillés et sécurisés.
— C’est pas pareil… ici on est libre.
— Si on part du raisonnement des parents, ça devrait être aussi dangereux pour nous d’aller nous balader aussi loin.
— Tu as raison. Qu’est-ce qui fait que c’est moins risqué ici, à ton avis ?
— Parce qu’il y a moins de gens comme nous ici, mais concrètement, on encourt les mêmes risques. Si on devait s’arrêter de vivre à cause du danger, ça serait ennuyeux non ?
— Hm… je préférerai ne rien risquer mais tu n’as pas tort. Tu crois que notre génération n’a rien à craindre ?

— En tout cas, moi, je ne suis pas la fille de Gabriel donc je pense que je n’ai aucune valeur aux yeux des ennemis de chez nous.
Dit Hélène avec sarcasme avant de se rendre compte de l’impact de ses mots.

— Ah, désolée Aurore, je ne voulais pas… tu sais, ça ne me fait rien de ne rien valoir aux yeux des autres. Tant que les gens qui comptent pour moi savent ce que je vaux, ça me va. C’est le plus important.
— Je vois… je… c’est juste que je m’en veux que tu aies vécu dans notre ombre alors que…
— Je sais, je sais. Ce n’est pas de ta faute alors arrête. En tout cas si c’est après toi qu’on peut en avoir, je te protègerai. Je ne les laisserai pas faire !
— Merci… j’aimerai être capable de me défendre moi-même, quand même.
— Oui oui, laisse moi un peu me vanter tant que je le peux.

La bonne humeur revint rapidement dans le véhicule.
Le paysage était magnifique et Aurore était perdue dans sa contemplation. De temps en temps, elle jetait un coup d’oeil à Hélène.
Elle ressemblait tellement à leur mère, même avec sa peau couleur café, son attitude et son caracère venaient bien de quelque part.
Son assurance, surtout.
Elle resta silencieuse, rendant un sourire à Aurore quand leur regards se croisaient, puis son attention retournait à la route.

Quelque chose percuta la voiture de plein fouet.
En un instant, leur moment de plénitude explosa.
Tout sembla se passer au ralenti.
Il n’y avait rien sur la route pourtant leur véhicule se fit projeter par dessus la palissade de la route montagneuse et elles étaient en train de finir dans le ravin.
Tout se passa très vite.
Aurore paniqua, et dans cette action, ses pouvoirs réussirent à les sauver de justesse.
Les grosses racines sortirent et amortirent leur chute. Elles attrapèrent et enlacèrent le véhicule, les secouant, mais les secousses s’arrêtèrent aussitôt.
Les roues ne touchaient pas le sol, elles avaient été balotées dans tous les sens et elles étaient la tête à l’envers.
Aurore essaya de reprendre ses esprits tout de suite.
Ten’ chouina et aboya pour signifier qu’il était encore là.
Ce qui aida Aurore à revenir sur terre, Hélène était la plus secouée.
Dans les mouvements, elle semblait s’être cognée contre son volant et ailleurs. Par chance les vitres n’avaient pas été cassées mais rien n’était sûr pour les filles.

— Hélène !! Est-ce que ça va ?!
— Hmmm… Aurore… je te jure, j’ai fait attention… ce n’était pas moi…
— Je sais, j’ai vu. Il n’y avait rien sur la route, c’était trop bizarre…
— Putain !

Hélène sembla reprendre ses esprits aussitôt, et paniqua.

— Putain putain putain-
— Calme toi, il faut qu’on sorte d’ici. Est-ce que tu peux bouger… ?
— Aurore, ce qu’on disait tout à l’heure, est-ce-
— Hélène, on va d’abord sortir de la voiture…

Alors qu’Aurore essayait de rester calme et de ne rien laisser paraître, il fallait qu’elle s’occupe des priorités.
Hélène ne semblait pas en état de refléchir. Encore à moitié confuse, elle essayait de se remettre les esprits en place.

— D’accord, tu as raison… j’ai un peu mal à la tête mais ça devrait aller.

Elles étaient la tête en bas, encore attachées à leur ceinture de sécurité, et Aurore fut la première à se déclipser. Elle séchoua dans un grand bruit de taule sur la toiture et réussit à s’extirper après avoir réussit à ouvrir sa portière.

— Ok… à mon tour…
Hélène fit la même chose à son tour, en jurant pour ponctuer chaque respiration.

Ten’ s’était engouffré dans la portière du côté d’Aurore et il était aux aguets. Il ressentait le danger, même loin, il savait qu’elles étaient vulnérables dans cette situation et cette géographie.
Aurore rejoint Hélène et vérifia qu’elle n’avait rien de cassé. Inquiéte elle n’osait pas la toucher pendant qu’elle semblait se remettre d’une énorme migraine.

— Ca va… ça va… passer. Quelle situation de merde. Le soleil commence à se coucher, avec les arbres ici, on va rien voir dans pas longtemps… !
— Je viens de vérifier, on capte rien sur mon téléphone.

— Merde, moi non plus.
S’exclama Hélène en regardant sur son propre appareil.

La barre indiquait aucun signal.

— On va pas pouvoir prévenir… il ne nous reste pas d’autre choix, il faut rentrer à pieds…
— Ou passer la nuit dans la voiture… mais vu comment elle est, ça va être compliqué…
— Tu… penses pouvoir la remettre dans le bon sens… ?
— Euh… je sais même pas comment j’ai fait pour faire… ça. Alors la remettre dans le bon sens…
— Okay, bon on va marcher avant qu’il fasse complètement noir… avec un peu de chance on va peut-être pouvoir s’arrêter dans une zone d’habitation, un petit village. Et surtout avoir du réseau…

Elles récupèrent ce qu’elles pouvaient dans la voiture, dont le plaid de Ten’ et elles se mirent en marche.
Lorsque le soleil disparu complètement du ciel, la température baissa drastiquement et Aurore se serra contre sa soeur, enroulée dans la petite couverture.

— T’as toujours peur du noir… ?
Demanda Hélène, pour détendre un peu l’ambiance et le silence qui s’était installé.

— Je, je ne vois pas de quoi tu veux parler…
Répondit-elle en tremblant légèrement.

Hélène sourit légèrement.

— T’as entendu ce bruit… ?
Taquina la brune.

— N-non ? Arrête, ne me fais pas marcher… c’est pas drôle…
Chouina Aurore.

— Aha, ok. Par contre… c’est vraiment trop bizarre cet accident, je te promets que j’ai fait attention…
Expliqua Hélène.

Elles n’avaient pas osé en parler parce qu’elles savaient toutes les deux ce que ça impliquait, et inconsciemment elles préféraient se voiler la face. Malheureusement ce n’était pas une solution.

— Je sais, je te fais confiance et j’ai vu également q’il n’y avait rien sur la route…

Ten’ ouvrait la marche pour indiquer le chemin. De temps en temps il aboyait pour signifier qu’il fallait passer par là, où pour qu’elles se dépêchent.

—Je sais que Ten’ nous préviendra si jamais il y a une présence… mais je reste sur mes gardes…
— Moi aussi… même si je ne sais pas me battre…
— Tu sais courir au moins ?
— Ah oui ! Tu savais que je devais aller à la salle pour me garder en forme pour mon boulot ?
— Non… ? Tu soulèves des poids ?

— Arrête de te moquer de moi !
Répondit Aurore en la poussant, faisant mine d’être agacée.

*

[Alternative] Hélène semblait avoir perdu connaissance. Le choc et la voiture qui était retournée, elle avait dû prendre un mauvais coup.
C’est l’aboiement de Ten’ qui tira Aurore de son état à demie consciente.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle ne distinguait plus grand chose à cause des arbres qui les entouraient mais également du soleil qui était en train de disparaître du ciel.
Elle avait peut-être eu un petit moment d’abscence.
Elle regarda autour d’elle et remarqua les racines qui entouraient le véhicule et qui l’avaient maintenue au dessus du sol, de pas grand chose mais elle pouvait le deviner parce qu’elle tanguait. La chute avait été amortie et elle était reconnaissante.
Elle tenta d’appeler et de réveiller sa soeur, mais sans succès. Au bout de plusieurs minutes, quand elle réussit à se détacher, elle se retrouva à quatre pattes sur le toit à l’intérieur de la voiture.

— Hmm… que…
— Hélène ! Il faut qu’on sorte de là ! Tu peux bouger ?
— Je… crois…

Elle répondit à moitié dans les vapes, elle avait encore du mal à comprendre où elle était.
Aurore la pressait, inquiète, un mauvais pressentiment lui disait qu’elles devaient se mettre en sécurité le plus vite possible, et que rester dans la voiture n’était pas une solution.
Elle la détacha et tenta d’extirper sa soeur qui n’était pas en état de réagir.
Elle avait dû se cogner trop fort pour être aussi sonnée.
Ten’ était déjà dehors et semblait guetter la moindre présence hostile.
Aurore tenta de supporter le corps de sa soeur et l’aida à marcher sur le chemin que Ten’ avait ouvert pour elles. Il les invitait à le suivre.
Hélène titubait mais fini par reprendre peu à peu ses esprits, l’air de l’extérieur et le fait qu’elles soient maintenant la tête dans le bon sens.

— Merci Aurore…

— C’est rien, quelque chose me dit qu’on est pas au bout de nos peines…
Répondit-elle en jetant un coup d’oeil à son téléphone.

À ce moment précis, son appareil vola a plusieurs mètres d’elle, une force invisible lui avait arraché de ses mains. Ni elle, ni sa soeur et encore moins Ten’ ne sentit la présence s’approcher.
L’objet se cogna contre un arbre avant de finir au sol, dans un bruit étouffé par les feuilles mortes.
Hélène se tint sur ses gardes, du mieux qu’elle put et Ten’ aboya. Malgré ce à quoi ils venaient d’assister, aucun d’entre eux n’arrivait à savoir d’où venait la menace.
Ils se regardèrent et en ne sachant pas quoi faire, et Aurore alla chercher son téléphone avant de continuer leur chemin en suivant les indications de Ten’ dans un silence oppressant.
Par chance, son smartphone marchait encore, malheureusement elle n’avait aucun réseau.
Elle put l’utiliser comme lampe d’appoint, au moins, mais elles avaient peur.
Hélène avait maintenant repris tous ses esprits.
Son téléphone ne captait pas mieux et la panique grandissait en elles.
Ten’ s’arrêta et elles en firent de même.
Elles se regardèrent, attendant un signe de Ten’, lorsqu’Aurore s’avança, elle vit le gouffre qui les attendaient s’ils continuaient leur chemin.
Il semblait aussi perdu qu’elles et ne comprenait pas pourquoi le chemin qu’il avait cru assez sécurisé, ne l’était plus.
Aurore recula et lui fit signe de reculer avec elle, elle avait peur qu’il y ait un éboulement.

— Parfait, le chien a suivi notre plan sans se méfier.
Une voix se fit entendre et peu de temps après, une silouhette apparut, encapuchonnée.

Elle n’était pas seule et Aurore se rapprocha de Hélène qui essayait de se positionner pour se défendre.
Ten’ était également en train de grogner et tentait de s’interposer entre elles et l’ennemi.
Il faisait froid, elles avaient peur, elles tremblaient.
D’un geste vif, leur adversaire envoya un coup invisible projeter le corps d’Hélène comme si ce n’était qu’une poupée de chiffons.
Aurore sursauta et lorsqu’elle vit sa soeur valser à plusieurs mètres, quelque chose en elle se resserra.
Le temps de tourner sa tête pour suivre le mouvement, son instinct réagit plus vite que sa pensée, sa magie intervint et des racines apparurent de sous terre pour tenter de rattraper le corps de Hélène, pour au moins faire en sorte que sa chute soit moins dure.
Aurore courut auprès d’elle pour voir si elle allait bien mais le coup avait dû être trop violent. Ainsi que l’impact. Elle avait cogné fort contre un tronc et le bruit avait retentit comme une explosion au milieu du silence de la nuit.
Hélène était inconsciente, déjà sonnée par l’accident, ce dernier coup n’avait en rien aidé, ni arrangé son état physique.
Aurore ne pouvait rien faire d’autre à part rester à ses côtés et faire de son mieux pour la protéger. Ten’ aboyait et grognait. Les ennemis étaient en lévitation à plusieurs mètres au dessus et ils étaient inatteignables.
Il ne pouvait rien faire à part signifier son mécontentement.
Les inconnus, agacés, finirent par l’envoyer valser, également, mais de l’autre côté, du côté du ravin.
Aurore cria et leva le bras comme si elle pouvait les en empêcher, c’était trop tard.
Il glapit et, des racines sortirent de terre pour se précipiter sur le corps de Ten’ et le saisir avant une chute mortelle.
Une figure encapuchonnée s’approcha d’Aurore rapidement pour la saisir au cou et l’empêcher de nuire.
La poigne qui la saisit au cou était forte, elle l’attrapa comme si de rien n’était et la souleva.
Elle en eut le souffle coupé et elle n’osa plus bouger. C’était douloureux et elle avait bien trop peur de sentir sa nuque se casser dans cette main froide et puissante.
Elle essaya de ramener Ten’ sur la terre ferme et elle pria pour qu’il s’échappe.
Elle sentit qu’elle avait pu le relâcher plus loin et elle prit tout le souffle qui lui restait pour lui dire de fuir.
Il chouina mais voyant les réactions des adversaires, il courut pour sauver sa peau, et ses poils.
Des attaques tentèrent de l’attraper mais aurore essaya de le protéger du peu de forces qui lui restait.
Elle avait utilise trop de fois sa magie, et malgré ses capacités, elle n’avait pas l’habitude de s’en servir autant ni si intensément. Sa réserve d’energie magique n’était malheureusement pas infinie, et cela elle l’avait oublié.
Elle commençait à avoir l’esprit embrouillé mais elle pensait que ça venait du fait qu’elle n’arrivait plus à respirer.

— Relâche la avant qu’elle meure. Il faut qu’elles restent en vie.
Prononça une voix au loin, qui résonna jusqu’à elle.

— Tant pis pour le chien, on n’en a plus besoin.
Dit une autre voix.

Ils étaient à moitie camouflés dans les airs, derrière les feuillages et les branches des arbres. Aurore essayait de deviner combien ils pouvaient bien être, mais elle était sure de rien.
On la relâcha.
Elle put reprendre son souffle et elle tomba à genoux au sol, surprise de sa libération mais aussi n’ayant plus aucune énergie dans ses jambes. Elle se massa le cou, tout en reprennant des grandes bouffées d’air.
Que pouvaient-ils bien lui vouloir ?
Elle sentit les regards sur elle. On l’observait attentivement.
Elle essaya de se relever, sans succès, elle perdit l’équilibre et elle sentit son énergie la quitter.
Elle s’effondra de tout son corps.
De petites racines tentèrent de l’attraper avant qu’elle ne s’échoue.

— On a même pas besoin d’intervenir. Parfait.

Les silhouettes descendirent doucement pour se poser devant Hélène et Aurore qui étaient maintenant inconscientes.
On les ramassa et on les porta pour les embarquer.

— Porte les avec soin, je ne voudrai pas plus abîmer la marchandise. Le maître risque de nous en vouloir.
— Tss… j’ai compris.

Les soutenant précieusement, on les emmena.

 

2021.02

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