Cicatrices [Roleplay]

Elle s’amusait beaucoup trop à le taquiner, malgré sa petite taille et sa corpulence, elle le défiait de son regard.
Elle voyait qu’il la considérait comme une chose fragile, une « femme » peut-être. Terme auquel elle n’arrivait pas à s’identifier et qui semblait si étranger à ses yeux.
Elle s’approcha alors, maintenant à quelques centimètres de lui, son regard plongeant directement dans le sien.
Une étincelle de défiance brillait dans ses yeux sombres.
La différence de taille faisait qu’elle devait lever son menton pour le contempler, même inférieure en taille, cela ne l’empêchait pas de le toiser.
Son sourire carnassier ne lui avait pas échappé, elle était intriguée.
Emportée par sa nonchalance, elle leva doucement sa main pour l’approcher au visage de l’homme qui lui faisait face. Ses doigts fins et froids caressèrent sa joue puis se baladèrent jusqu’à la commissure de ses lèvres, pour se diriger vers ses dents bien acérées.
Elle était beaucoup trop curieuse.

Il lui aurait attrapé sa main avec poigne si elle n’y était pas allée avec autant de précaution et de douceur.
Il se retint au dernier moment et la laissa continuer ses gestes qui étaient déroutants mais pas désagréables.

L’étincelle rebelle s’était transformée en examination.

— Je peux savoir ce que tu fais ?
Finit-il par lâcher, ennuyé d’être devenu pour l’espace d’un instant, une rat de laboratoire.

— Es-tu… humain ?
Osa t-elle demander, incertaine.

Pris au dépourvu par cette question, il fit un pas en arrière pour s’écarter, et l’ignora.
Marchant d’un pas assuré vers le complexe des bains.

*

Elle resta silencieuse, consciente qu’elle s’était surement mal comportée.

De son côté, il lui était nouveau qu’une personne se comporte ainsi en sa compagnie. Lui, garde rapprochée du comte, inspirait un certain rang et nombreux n’osaient pas commettre d’impair en sa présence. Cependant cette petite nouvelle n’avait que faire de l’importance de son statut, ou ignorait-elle simplement qu’il n’était pas n’importe quel employé du château.
C’était à la fois rafraîchissant pour lui, et déroutant.
Sa présence n’était pas désagreable, au contraire, cela l’amusait et le sortait de sa routine, et il éprouvait une certaine sympathie pour cette nouvelle recrue.
Cela lui rapelait une certaine nostalgie, se remémorant ses propres débuts ici.

Lorsqu’il la vit sans ses vêtements, sa maigreur lui sauta aux yeux. Quelque chose dans sa poitrine se resserra.
Son regard ne put ignorer les marques caractéristiques de coups, des cicatrices, des restes d’hématomes présents à de nombreux endroits inhabituels.
Il s’y connaissait bien, ayant régulièrement quelques cicatrices ou coups résultants de ses entraînements intensifs. Cependant, dans le cas de Chloé, ce n’était pas dû à un quelconque entraînement.
Il en était certain.

Elle ne semblait pas gênée d’exposer ainsi son corps et sa nudité, elle avait oublié l’existence de ses marques qui faisaient partie d’elle. Ne se considérant pas comme un objet de désir, ni comme une femme. Elle se savait loin d’être attrayante ou agréable à regarder que ce soit à cause des marques présentes sur son épiderme ou des ombres accentuées par son squelette sur sa peau.
La seule partie épargnée par ce traitement était miraculeusement son visage, si on oubliait les cernes.
Elle se tenait droite, sans aucune honte.

Quant à elle, elle fut surprise de voir les cicatrices et morsures recouvrant le dos du garde, anciennes ou récentes.
C’était quelque chose d’impressionnant à ses yeux.
Elle avait beau jeter un regard dur et méfiant sur le monde qui l’entourait, de part sa cruelle expérience. Elle n’avait pas pu tout apprendre dans ses maigres lectures et elle ignorait totalement à quoi pouvait ressembler la vie dans un domaine comme celui-ci, ni celle de la vie des petites mains s’attelant dans les coulisses du château. Consciente qu’elle s’était méprise sur son chaperon, la faute à son comportement qui dénotait en présence de Bréto et des autres personnes qui lui semblaient importantes.
Elle ressentit le besoin de s’excuser d’avoir pu le considérer comme un tir-au-flanc. Elle le fit silencieusement, intérieurement, sachant qu’elle n’avait pas spécialement porté d’affront. Elle se jura de montrer un peu plus de respect au bellâtre.
Quelques soient ses entraînements, elle devait reconnaître qu’il était loin d’être désagréable à regarder.
Ses muscles sculptant à merveille sa carrure.
Elle restait de marbre, mais profitait tout de même de la vue.

2020.01.19

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