Analyses

Alexandra se réveilla tout doucement et elle reconnut aussitôt l’infirmerie.
Elle ne chercha même pas à se relever, elle referma les yeux et soupira, exaspérée par sa propre faiblesse.
Elle entendit l’infirmer discuter, de l’autre côté du rideau de séparation, un peu plus loin. Malgré ses chuchotements elle entendait la conversation.

— Il va falloir que vous la forciez à se reposer…
Disait le médecin, les résultats à la main.

— … J’aurais dû me rendre compte de son état de fatigue…

Elle reconnut la voix de Gabriel emplit d’une grande tristesse. Sa poitrine se resserra et les larmes lui montèrent aux yeux lorsqu’elle entendit ces mots. C’etait elle la fautive, il n’avait rien à se reprocher.

— Vous n’y êtes pour rien, je vois bien qu’elle est têtue et fait tout pour ne rien laisser paraître.
Dit-il pour le rassurer.

— Merci… mais je ne peux m’empêcher de m’en vouloir.
— Son état n’est pas critique, rassurez vous. Ce n’est qu’un petit malaise.

Il marqua une pause.

— Je me suis permis de faire des analyses et je peux vous annoncer une bonne nouvelle, Alexandra est enceinte. Ce qui explique aussi pourquoi elle a moins d’énergie ces derniers temps. Il va falloir qu’elle prenne soin d’elle.

Gabriel resta sans voix. À la fois heureux et inquiet de l’avenir.
Le médecin comprit tout de suite et enchaîna.

— J’ai eu accès aux dossiers des précédentes grossesses. Compte tenu de votre réaction, j’imagine que cet enfant est le vôtre. Nous surveillerons de près Dame Alexandra, rassurez vous. Je suis conscient que ça a été un cas très particulier pour Cean, et nous serons sur nos gardes. J’ai également contacté Chrystal, pour avoir son avis et je pense qu’elle reviendra spécialement pour elle.

Gabriel s’approcha du rideau et passa sa tête pour voir Alexandra.
Elle avait les yeux ouverts et humides.
Le médecin resta de l’autre côté du rideau pour leur laisser un peu d’intimité.

— Bonjour, toi.
Dit-il en s’approchant d’elle, un sourire bien triste aux lèvres.

— Bonjour…
Répondit-elle, la voix tremblante.

— On t’a réveillée ?

Elle fit non de la tête.

— Ça fait combien de temps que je dors ?
Demanda t-elle. Jetant un regard par la fenêtre pour deviner l’avancée de la journée.

— Quelques heures. Comment te sens-tu ?

Il s’assit sur le bord du lit, caressant d’une main le visage de sa reine, et serrant son autre main dans la sienne.
Il en profita pour prendre son pouls.

— Mieux… excuse-moi de ne pas avoir pu assurer mon cours-
— Chut. Je ne veux pas entendre ça. Prends le temps de te reposer. Si tu es dans cet état c’est que tu en as terriblement besoin. Les cours seront assurés par une autre personne. Ce n’est pas un problème. Ta santé avant tout, bon sang !

Sa main serra un peu plus fort son étreinte. Il lui embrassa le front et sécha ses débuts de larmes aux coins des yeux.

— Ne pleure pas… le médecin m’a dit que tu étais enceinte. Je ne vais pas te mentir. Je suis extrêmement inquiet pour toi et pour le bébé. S’il te plaît, repose-toi et ne t’inquiète pas du reste…

Il sourit à nouveau, tristement.

— Je suis heureux que tu portes notre enfant, mais tu sais à quel point cela me chamboule de te voir dans cet état…

De grosses gouttes perlèrent de ses yeux jusqu’à ses joues.

— Pardon…
Sanglotait-elle.

Il lui caressa la tête et la serra dans ses bras.

— Là, là… ça va aller. Ne sois pas si dure envers toi même… Les enfants tiennent absolument à te rendre visite, Chris est avec eux. Tout le monde était inquiet.

Ses sanglots se calmèrent et elle sourit timidement.

— Il va falloir que j’aille m’excuser auprès de tout le monde…

Quelqu’un toqua à la porte et les enfants déboulèrent dans la pièce.
Heureusement il n’y avait personne, au vu des informations qui ont été échangées, c’était normal.
Hélène était la première, elle accourut jusqu’au milieu de la pièce et chercha derrière quel rideau était sa mère. Elle vit celui au fond, dans un coin de la salle, bouger, Gabriel le tira un peu pour lui faire signe.
Elle sautilla jusqu’au lit de sa mère.
Ses bouclettes d’un noir brillant rebondissaient à chacun de ses sauts.

— Maman !
Cria t-elle.

Elle ne put se résoudra à la gronder, et la rappela gentiement à l’ordre.

— Hélène. On ne crit pas. Nous sommes à l’infirmerie.

D’une voix douce, elle lui fit signe d’approcher.

— Oui, maman…
Bouda t-elle. S’approchant quand même du lit et de sa mère pour lui prendre sa main.

Alain, Cean puis Chris entrèrent à leur tour.

*

Chris s’avança lorsqu’il vit qu’elle essayait de se redresser, l’aidant à se relever.
Cean était resté en retrait, observant sa mère.
Malgré son calme, les émotions l’envahissaient et ses yeux picotaient et devenaient humides.
Il vit son père et courut dans ses bras.
Il lui rendit son étreinte et s’accroupit pour être à la hauteur de son fils.

— Ça va aller, maman va bien. Regarde.

*

Elle se forçait à sourire et prit ses enfants dans ses bras.
Hélène et Alain d’un côté, Cean de l’autre.
Hélène regardait sa mère, les yeux emplis d’inquiétude.
Alain lui avait pris une main et la serrait dans la sienne. Cean faisait la même chose de l’autre côté.

— Ne vous inquiétez pas, un gros dodo et j’irai beaucoup mieux.

Chris raccompagnait déjà les enfants vers la porte.

— Maman a besoin de se reposer maintenant.

— Je veux faire dodo avec maman !
Hélène commençait à faire un caprice.

— Pas de bêtises, c’est compris ? Et on écoute Papas.
Dit-elle sur un ton un peu plus autoritaire.

2020.01.18

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