En bois

Le chariot est attaqué, la fille se trouvait à l’arrière.
Le chariot du marchand est renversé, la fille perd connaissance en se cognant lors de l’attaque.
Le marchand est mort sur le coup, tué par les bandits.
Les bandits inspectèrent l’arrière de la charrette qui pouvait contenir quelques marchandises de valeur.
La jeune fille était alors inconsciente par le choc et le renversement de la voiture.
Un bandit entra et l’aperçut. Il la tira par la jambe à l’extérieur. Son corps à la lumière du jour, l’homme fut surpris de sa découverte.
Il interpela ses amis qui étaient aux alentours, encerclant la charrette à laquelle ils avaient tendu une ambuscade.
Un des bandits se trouvait aux côtés du corps du marchand, faisant ses poches, et jouant à moitié avec son cadavre.

— Hé les gars, vous allez pas croire ce que je viens de trouver comme « marchandise »… !
Dit-il d’un ton rieur.

Ses compagnons s’approchèrent, curieux.
Il tenait la jeune fille par ses cheveux et brandissait fièrement sa trouvaille devant les yeux lubriques de ses amis.

— Putain. Qu’est-ce qu’elle fout là ?!
— Elle doit pas avoir plus de 12-13 ans, on peut la revendre cher.
— On pourrait s’amuser un peu avec avant de la vendre !
— Dis pas de conneries, si elle est vierge on peut facilement décupler son prix !

Ils riaient comme des idiots, en baissant leur garde.
Ils entendirent le bruit d’un objet tomber et rouler sur le sol de terre jonché de feuilles. Suivi d’un second.
Un homme plutôt musclé et barbu se trouvait aux côtés du corps du marchand et du corps d’un bandit, sa tête complètement détaché de son corps, d’une découpe nette.

— PUTAIN L’ENFOIRÉ !

Ils se dispersèrent, du moins tentèrent de s’enfuir, et de venger leur compagnon d’armes.
Le tueur massacra tous les bandits qui venaient vers lui un à un.
Il coupa des membres, pas forcément la tête la première, visa le coeur parfois.
Il ne restait que le premier bandit, qui avait observé toute la scène et se tenait encore derrière la charrette, avec dans ses mains les cheveux de la fillette.
Il était apeuré. Il voyait que sa fin était proche. Le guerrier finissait de retirer son épée du corps d’un bandit, regarda autour de lui et fixa le dernier homme encore debout. Il s’avança vers lui d’un pas non-pressé. Leurs regards se croisèrent.
Pris de panique, le bandit lâcha la fillette et prit ses jambes à son cou.
Le guerrier ne le laissa pas s’enfuir, il se mit à courir pour le rattraper jusqu’à le tuer un peu plus loin.
Alors qu’il essuyait la lame de son épée sur le tissu du vêtement du bandit à présent mort, il jeta un regard au corps de la fillette.
Il s’approcha.
Il mit un genou à terre, prit la main de la petite pour tâter son pouls.
Elle était en vie, juste inconsciente.
Il ne bougea pas et fixa quelques instants la jeune fille.
Il semblait prit dans une longue réflexion entre laisser le destin faire les choses et la laisser ici. Ou bien l’emmener avec lui et aviser ensuite.
Il soupira, passa son bras sous son corps frêle et la serra contre lui pour la réchauffer.
Il voyait bien que la voiture ne contenait aucune marchandise intéressante. Il balaya du regard les alentours, la tête avertie du moindre danger. Rien.
Il se leva et la porta, se dirigeant vers son chez lui.
Il sentit sur la cuisse de la fillette une sorte de sangle sur la largeur et un métal dur sur la longueur.
Il fit remonter en faisant glisser lentement le tissu de sa robe au dessus de sa jambe.
C’était une lame, dans son fourreau, ornée d’un emblème qui lui était inconnu. Elle semblait valoir une bonne fortune vu la richesse dont faisait preuve les détails du fourreau.
Il n’en fit pas plus et reprit sa route.
Ils arrivèrent près d’une cascade.
Le bruit de la chute d’eau s’était fait entendre à quelques mètres déjà.
L’homme au traits durs s’avança droit vers le rideau aqueux.
Il contourna le bassin qui accueillait cette grande quantité d’eau.
Un petit passage à droite de la cascade permettait de la traverser sans se tremper.
Passés derrière ce rideau, il y avait une grotte d’un plafond bas, assez pour tenir debout sans trop se courber pour l’homme.
La lumière de l’extérieur filtré par la cascade pénétrait un peu à l’intérieur et permettait de voir les parois rocheuses de l’endroit.
Il s’enfonça au fin fond de la grotte, jusqu’à ce qu’ils baignent dans l’obscurité.
De sa jambe droite il écarta quelque chose. Le bruit laissait croire que c’étaient des feuilles.
Un rideau de lianes de feuilles s’ouvrit et laissa apparaître une porte en bois, il la poussa de son pied et une petite lumière éclaira d’un filet une partie de la profonde grotte.
C’était une petite demeure.
Il prit soin de remettre le rideau en place ainsi que la porte.
Il y avait un lit fait, il posa délicatement la fillette sur la couette, il regarda autout de lui.
Il attrapa une cape assez épaisse et lourde qui trainait sur un porte-manteau et la posa sur le corps endormit de la protégée.
Il resta debout un moment et se gratta la tête de sa main droite, se demandant ce qu’il avait fait. Quelles seraient les conséquences de son acte.
Elle sentit qu’elle reposait sur une surface moelleuse et chaude.
Quelque chose d’un peu lourd mais qui la réchauffait peu à peu fut posé sur elle.
Elle ne se souvenait plus de grand chose.

Elle était dans la voiture, puis une secousse. Elle ne vit plus rien, elle ne pouvait plus bouger mais entendait un grand brouhaha autour d’elle.
Elle sentait que quelqu’un la porta, quelqu’un qui dégageait de la chaleur. Elle se sentait rassurée.
Elle commença à bouger et reprendre connaissance.
Elle ouvrit les yeux peu à peu.
Elle vit le plafond de pierre et se demanda où est-ce qu’elle avait pu atterrir.
Une cape marron qui lui servait de couette.
Elle tourna la tête pour observer toute la pièce. Un homme se tenait debout, à sa droite et la regardait.
Il était d’un âge assez grand. Les traits de son visage étaient durs, il avait une barbe de plusieurs jours qui le vieillissait un peu.
Elle sursauta, elle ne le connaissait pas et se trouvait dans un endroit inconnu.
Ils se fixèrent mutuellement.
Elle aurait voulu partir en courant mais l’épee à la ceinture du monsieur la dissuadait de tenter quoi que ce soit.
Intimidée elle se cacha à moitié dans la cape.
L’homme, tout aussi embarassé, ne savait pas comment l’aborder.
Il soupira, et laissa un grand silence.
Il finit par demander :

— Que faisais-tu dans la caravane ?

La jeune fille resta silencieuse.

— Je…

Sa voix se fit entendre sans aucune suite.
Elle ne savait pas elle-même ce qu’elle devait dire ni par où commencer.
L’homme comprit que c’était une question peut-être trop personnelle et n’insista pas.

— D’où viens-tu ?
— Je…

Il comprit que c’était peine perdue.
Il se gratta la tête à nouveau.

— Si je ne sais pas d’où tu viens, je ne peux pas te ramener chez toi…

Il tira une chaise de la table qui se trouvait juste à côté, et s’assit dessus.

— Tu peux rester ici, cependant, maintenant que tu connais cet endroit je ne peux pas t’autoriser à partir sans condition, et j’imagine que tu comprends que je n’aurais pas autre choix que de te tuer si tu tentais quoi que ce soit de suspicieux.

Elle ne prit pas peur et se contenta d’approuver ses paroles d’un hochement de tête.
Il se leva et partit, non pas par la porte en bois qu’on pouvait apercevoir à gauche mais par un long couloir sinueux vers la droite qui semblait donner sur une autre salle.
Elle resta au lit en résumant dans sa tête tout ce qui venait de se passer.
Elle observa attentivement la composition de la pièce.
Cet homme semblait vivre seul.
Il y avait une planche en bois qui avait été incrustée dans le mur devant elle et servait d’étagère, quelques bocaux vides, ou contenant des feuilles, à sa droite, une table en bois avec une chaise en bois. Derrière cette table une grande armoire.
Tout était de bois, sûrement faits à la main par l’homme.
La chaleur de l’endroit était étrangement conservée.
Il revint un moment plus tard avec des poissons embrochés et grillés au feu.
Elle se rendit compte qu’elle avait faim.
La sortie se trouvait sûrement après le couloir. Elle ne pouvait plus partir.
Il lui tendit une brochette.
Elle s’était assise sur le rebord du lit et commença à manger après l’homme.

— Comment t’appelles-tu ?
Lui demanda t-elle après avoir tous les deux fini de manger.

— Alice.
— Pierre.

Il l’observa, elle avait des yeux clairs, ses cheveux étaient d’un noir sombre et longs à tel point que leurs pointes formaient quelques boucles sur le lit.
Il ne posa aucune question sur son épee qu’elle avait sur sa jambe, sous sa robe.
En parlant de sa robe, elle était particulière. Il n’en avait jamais vu de telle.

— Tu devras changer de vêtements. Il se fait tard. Demain je t’expliquerai certaines choses.

Elle comprit qu’elle devait se lever et le laisser dormir dans son lit.
Il était habillé d’un pull épais. On apercevait une chemise en dessous.
On pouvait deviner sa musculature sous ses vêtements.
Son pantalon un peu sale tombait sur ses chaussures et était rattrapé avec des bandelettes sur ses jambes.
Il retira son épée à sa ceinture et la posa contre le mur à côté du lit. À portée de main s’il devait être réveillé en pleine nuit.

2012.3.4

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