Bibliothèque

Ils se jetaient des regards.
Elle, un peu timide mais ne voulant pas passer pour quelqu’un de faible, tentait de ne pas baisser les yeux.
Lui, un peu moins gêné, ne voulait pas l’ignorer.
Il ne pouvait s’empêcher de trouver son comportement adorable.
Cela se voyait comme les yeux au milieu de la figure, elle continuait de l’observer mais se cachait, les joues légèrement rosées, derrière son livre.

En parlant de ses yeux, il constata que ses iris n’étaient pas de la même couleur.
La lumière basse de la bibliothèque et les ombres des étagères ne l’aidaient pas à bien distinguer ses couleurs, ce qui le poussa encore plus à la contempler, sans gêne.
Il s’amusait à la taquiner.
Les cheveux courts de la jeune fille, un peu ondulés, qui lui arrivaient au niveau de la nuque.
Ses sourcils un peu épais, lui donnaient un air un peu effarouchée.
Elle portait un haut un peu ample et léger qui laissait ses petites épaules un peu à découvert et cachait sa silhouette fine.
Son jeans taille haute, moulant, lui dessinait ses hanches en enveloppant la partie tombante de son haut.
Elle finit par en avoir assez de son petit jeu, et décida de se détourner de son attention.
Voyant qu’elle était sur le point de quitter le rayon dans lequel ils se trouvaient, il se réveilla de sa contemplation et l’interpela en silence, en la rattrapant et lui demandant gentiment.

— Bonjour, excusez-moi. Est-ce que je peux vous inviter à prendre un verre ?
Dit-il, à son tour un peu gêné, et se sentant un peu bête.

Il lui avait doucement tapoté l’épaule, et avait tout de suite retiré sa main, en la glissant dans ses propres cheveux. Il essayait d’avoir l’air naturel et esquissait un sourire forcé, en se disant qu’elle n’allait jamais accepter.

Elle put l’observer de plus près.
Tout d’abord surprise de son intervention, elle se retourna vers lui, les yeux ronds.
Il n’avait pas l’air méchant, et dans cette situation où il était clairement désavantagé, il avait l’air beaucoup moins espiègle que quelques minutes plus tôt.
Le voyant en position de faiblesse, malgré sa taille et son petit jeu, elle le trouva presque charmant.
Ses yeux à lui étaient d’un vert très clair, presque gris blanc, ce qui au premier abord n’était pas commun, mais ils étaient en contraste avec sa couleur de peau un peu basanée et ses cheveux bruns foncés, un peu négligé, en bataille sur sa tête.
Elle eut envie de le connaître un peu plus, ou bien juste profiter de son embarras pour se divertir un peu.
Elle le regarda et sourit malgré elle, en se cachant derrière une de ses mains, lorsqu’elle s’en rendit compte.
Elle vit le visage du garçon se décomposer.
Puis elle lui répondit.

— Pourquoi pas ?

Il passa de la déception au bonheur, en quelques secondes.
Ils se rendirent dans un petit café, aux alentours.
Ils discutèrent de tout et de rien.
Il faisait le pitre, ne sachant pas trop comment bien faire pour la mettre à l’aise.
Elle ne parlait pas beaucoup mais semblait s’amuser de leurs conversations. Elle souriait et riait doucement.
Il reprit un peu son sérieux lorsqu’ils commencèrent à parler de leurs livres favoris.
Traînant dans les mêmes rayons de livres, il était presque pas étonnant qu’ils apprécient des oeuvres similaires.

*

Ils étaient restés plus tard que d’habitude à la bibliothèque.
Ne pouvant pas parler trop fort, ils étaient obligés de chuchoter, ce qui les rapprocha physiquement.
Il était obligé de se baisser pour qu’elle puisse lui parler dans son oreille. Ou pour qu’il puisse juste lui répondre à son tour.
Ils avaient fini par s’accommoder de cette proximité.
Vint l’heure où la voix annonça que la bibliothèque allait bientôt fermer.
Elle invitait tous les visiteurs à regagner la sortie.
Lorsqu’elle se dirigea vers la sortie du rayon, il l’attrapa par le bras et la bascula lentement vers lui.
Ils étaient dans les bras, l’un de l’autre et se regardaient dans les yeux, plus gêné l’un que l’autre. Attendant que l’autre fasse le premier pas.

Elle essaya de s’élever un peu plus, en se mettant sur la pointe des pieds, et il se baissa un peu pour que ses lèvres atteignent les siennes.
Ils s’embrassèrent tendrement mais ce fut rapide.

— Et si on restait après la fermeture ?
Lui chuchota t-il.

Elle le regarda avec incompréhension.
Il la guida derrière le rayon de livres. Il y avait un petit creux hors de la vue normalement.
Ils s’y glissèrent et attendirent que l’employé finisse sa ronde.
Il était en position de force, avec son bras au dessus de sa tête et l’autre à côté de sa taille.
L’endroit exigu n’était pas très confortable.
Il était gêné de la situation et à la fois excité.
Il réussit à chuchoter une formule magique, sans qu’elle ne le remarque, pour invoquer un discret voile d’invisibilité.
Le soleil se couchait et les ombres des étagères et des fenêtres dessinaient un peu plus les pénombres.

Ils se regardaient dans les yeux, tous les deux embarassés, attendant que la ronde soit terminée et qu’ils ne soient plus que tous les deux.

— Comment on va faire pour rentrez chez nous si on est enfermé… ?
Finit-elle par demander.

— Ne t’inquiète pas, j’ai une solution.

Lorsqu’il n’eut plus personne.
Elle détourna le regard vers l’extérieur et se dégagea de leur cachette.
Observant attentivement cet endroit auquel elle était habituée en plein jour, maintenant en mode nuit.
Elle avait du mal à le reconnaître.
Le clair de lune était magnifique et donnait un air fantastique à ce lieu commun.

Il s’approcha d’elle lentement et la serra dans ses bras, en l’enlaçant par la taille, puis en collant son souffle contre sa nuque.
Elle frissonna et se figea.
C’était sa première relation avec quelqu’un et elle ne savait pas quoi faire et ne savait pas vers quel chemin ils s’aventuraient.

Ils se retrouvèrent au sol, elle allongée sur cette moquette plutôt propre et confortable.
Il balada ses mains de manière sensuelle et sur ses vêtements, son corps et en dessous.

— Laisse-toi faire, je vais prendre soin de toi…
Murmura t-il, de manière sérieuse.
Elle se laissa aller et profiter de ce massage érotique.

2017.06.30

2 réflexions sur “Bibliothèque

  1. james dit :

    ahh, enfin du cheesy 🙂 y’a tout ce qu’il faut, une rencontre random, un jeu de regard qui aurait pu ne rien donner, de l’audace, des étoiles qui s’alignent pour les forcer à se rapprocher dans la bibliothèque. et le moment où, sans que tu saches pourquoi, la garde qui tombe, pour simplement apprécier le moment.
    Enfin bref, j’aime beaucoup. Il va sans dire qu’emporté par le récit, j’ai pas trop fait gaffe si y’avait des fautes 🙂

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