Pâleur

Elle eut tout d’abord un vertige.
Rien d’inquiétant mais cela ne lui était jamais arrivée et elle dut s’assoir pour reprendre ses esprits.
Chris n’était jamais loin et il vint la voir.

— Tout va bien ?

Elle était en sueur et la pâleur de son visage l’inquiétait.

— Je, oui… Je crois. Ça va passer.

Sa voix était faiblarde.

— Je vais t’accompagner à l’infirmerie.
Dit-il, voyant qu’elle était perdue dans ses pensées.

Elle n’était pas dans son état normal.
Il l’aida à se relever du banc, elle crut perdre pied. Il la rattrapa dans ses bras.
Décidément, elle n’était pas au meilleur de sa forme.
Il la souleva derrière ses genoux et la porta jusqu’à l’infirmerie.
Elle était tellement à l’ouest qu’elle ne lui demanda même pas de la reposer au sol.

— Je… désolée…
Dit-elle, simplement.

Elle semblait ailleurs.
Elle ferma les yeux et appuya sa tête contre le creux de son épaule. Elle avait le tournis.

Arrivés à l’infirmerie, Chrystal était là pour les accueillir.

— Que se passe t-il ?
Demanda t-elle, surprise de les voir débarquer.

— Elle ne se sent pas bien…
Dit-Chris, en posant Alexandra sur le lit de consultation.

— En effet, elle est blanche comme un linge. Je vais l’examiner.

Au bout de quelques minutes, elle reprit ses esprits.

— Alexandra ?
— Merci Chris… Je crois que ça va mieux…
— Que s’est-il passé ?
Demanda Chrystal.

— Je me suis sentie mal d’un coup. Des tâches devant les yeux… Le souffle court…
— Tu as eu une petite baisse de tension. Cela ne te ressemble pas. Je vais faire une prise de sang, au cas où il y aurait quelque chose d’autre. Bois et mange quelque chose. Ne force pas trop à partir de maintenant. C’est peut-être juste de la fatigue.
— Merci Chrystal. Je vais faire attention.

Chris était parti prévenir Gabriel et revint avec lui.
Il déboula mort d’inquiétude.

— Alexandra ! Tu vas bien ?
— Pas besoin de te faire autant de sang d’encre.
Riait-elle.

Il s’approcha d’elle et serra ses mains dans les siennes.

— Chris m’a dit. Tu es sûre que ça va mieux ?
— Oui oui. C’était juste passager. Regarde.
Dit-elle en lui souriant.

Chrystal termina ses examens et la relâcha.
Gabriel ne quitta pas Alexandra d’une semelle.

— Je ne suis pas en sucre, voyons.
— On ne sait jamais !

Les résultats tombèrent dans les 24h et Chrystal convoqua Alexandra en privé.

— J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer. Enfin, je ne sais pas si tu vas la considérer comme bonne… Mais tout d’abord. Tu n’as pas de carence, ni de maladie. Cependant tu fais un peu d’anémie… à cause de ta grossesse.
— Hein ?
— Oui. Tu es enceinte. Je vais faire d’autres tests pour dater cela. Libre à toi d’en parler avec Gabriel. Pour l’instant je pense qu’il vaut mieux que vous discutiez des mesures à prendre pour cette information confidentielle.
— Je…
— Il te faudra faire un peu plus attention à ton alimentation, j’en parlerai avec Gabriel pour que tu aies des repas équilibrés.
Toutes mes félicitations, Alexandra.
— Je…
— Je te laisse annoncer la nouvelle au futur papa.

*

— Comment ?
— Oui… Je suis enceinte.

Il n’en revenait pas. Il était heureux et cela se voyait et s’entendait dans sa voix.
Âgé comme il l’était, cela serait mentir de dire qu’il n’attendait pas ce moment.
Il prit sa chère et tendre dans ses bras et l’embrassa.

— C’est merveilleux !
— Oui.

Après la digestion de cette nouvelle. Ils discutèrent d’un point plus problématique.

— Il va falloir que tu arrêtes de travailler… Je sais que ce n’est que le début de la grossesse, mais j’ai peur que tu te blesses inutilement. Je te connais.
— … Tu as raison… Comment expliquer ça à mes élèves ?
— J’en parlerai avec Chrystal mais on dira que tu es fragile en ce moment. Chris pourrait peut-être t’assister pour que tu puisses continuer à enseigner sans trop faire d’efforts.
— D’accord…
— On doit garder cette information secrète. Chris et les employés proches seulement seront au courant. Si cela venait à se savoir. J’aurais peur pour ta sécurité et celle de l’enfant. N’oublions pas qu’il héritera de mes pouvoirs ainsi que d’une partie des tiens. Beaucoup ne souhaitent pas nous voir prospérer…
— … J’espère que cela se passera bien. Je suis un peu inquiète…
— Je serai toujours là pour toi.
Dit-il en l’embrassant sur le front.

— Ne t’inquiète pas. Je ne laisserai personne te blesser. Ni toi, ni notre enfant.

Chris fut mitigé d’apprendre cette nouvelle. Il était à la fois heureux et anxieux.
Il aimait encore Alexandra de tout son coeur. Il confondait peut-être cet amour et la fidélité qu’il lui jurait, mais il était content pour eux.
Il savait qu’elle aurait besoin de soutien et de protection plus que jamais.

2016.07.05

4 réflexions sur “Pâleur

  1. james dit :

    « Pour l’instant je pense qu’il vaut mieux que vous discutez des mesures à prendre pour cette information confidentielle. »: le verbe discuter, il est pas au subjonctif ici, genre ‘discutiez’ ? Mais je suis pas sûr.

  2. Fluo dit :

    *trépigne* dès que j’ai lu les premières lignes, je me suis dit « elle est enceinte ! c’est sûr ! ».

    J’ai hâte de découvrir ce que tu as réservé pour eux, Gabriel, Alexandra et leur enfant ! J’espère que ça va bien se passer

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