Vision [R-18]

Elle ressentait des choses étranges lorsqu’elle était avec lui.
Il l’apprenait à appréhender ses sens sans sa vue, il était obligé d’être tactile avec elle, pour lui montrer les gestes.

Elle trébucha.
Il la rattrapa comme il put, la serrant dans ses bras.
Cette sensation était familière et elle était toute troublée.
Il s’excusa et s’écarta.
Elle l’attrapa par la main et osa lui poser cette question absurde.

— Est-ce qu’on s’est déjà rencontré auparavant… ?

Il ne répondit pas.
Elle savait que sa question était étrange, elle avait une impression de déjà-vu alors que c’était la première fois qu’il venait ici.
Elle retira sa question et voulut s’en aller de honte.
Cette fois-ci, ce fut à son tour de la rattraper et de serrer sa main contre sa poitrine.

— Et si je répondais que si… ?

Il lui avoua ses sentiments.
Elle le serra dans ses bras et il ne put s’empêcher de l’embrasser.
Il lui rendit son étreinte et lui donna un baiser longoureux.
Ses doigts dans ses cheveux, et sa main sur sa hanche, il était aux anges.
Lorsque leurs lèvres se touchèrent, elle ressentit quelque chose d’étrange.

Il la raccompagna jusqu’à sa chambre, dans un silence gêné.
Il était sur le point de la quitter lorsqu’elle lui attrapa encore une fois le bras.

— Pourquoi ai-je l’impression que je ne te reverrai plus jamais… ?

Il resta silencieux.

— Ne pars pas…

Elle le suppliait avec une telle tristesse qu’il ne put lui refuser cet instant.
Il entra avec elle dans sa chambre.

— Que comptes-tu faire maintenant… ?
Soupira t-il.

— Dis-moi la vérité…
— … Même si tu seras blessée ? Es-tu vraiment sûre de vouloir l’entendre ?

Elle le serra dans ses bras et caressa son visage jusqu’à y trouver sa bouche et l’embrassa.
Il souhaitait la repousser pour la protéger mais ses désirs étaient plus forts. Il lui rendit son baiser et la porta jusqu’à son lit.
Il était sur son corps et elle sentait sa respiration sur son visage.
Il semblait lutter contre ses pulsions.

— Je vais te montrer qui je suis… vraiment…

Il passa sa main sur ses yeux et lorsqu’elle rouvrit ses paupières, elle vit de nouveau.

— Regarde-moi bien, ça va être très rapide…

Il se transforma sous ses yeux pour prendre sa forme de démon.
Elle ne cria même pas, au fond d’elle, elle savait.
Et sa vue s’assombrit de nouveau.

— Si je te dégoute et que tu ne veux plus me revoir, je pourrais te rendre la vue de manière définitive. Je disparaîtrai de ta vie…

Elle tendit ses mains et chercha à lui caresser le visage et les moindres recoins de son anatomie.

— Je savais que c’était toi… Tu as sauvé la vie de mon père… Je ne t’en serai jamais assez reconnaissante… Je comprends que tu aies pris ton apparence humaine. Mon père ainsi que ses sujets t’en veulent encore de m’avoir pris la vue…
Tu n’aurais pas été en sécurité…

Elle le serra dans ses bras.

— Ne pars pas…

Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle faisait, mais elle commença à le déshabiller, en aveugle.

— Arrête… Ne fais pas ça…
— Pourquoi… ?
— Si tu continues… Je ne vais pas pouvoir me retenir…
— Et si c’est ce que j’attends de toi… ?
— J’ai peur de te blesser…

Elle continua à défaire ses boutons de chemise et de pantalon.

— Ne t’inquiète pas pour moi…

Il avait un museau assez imposant et il était à quelques centimètres de son visage.

— Je ne te fais pas peur… ?
— Non… Tu es magnifique…

Elle lâcha ses vêtements et pris son museau entre ses mains, et caressa ses dents pointues.

— Fais attention, elles sont très coupantes…

Elle ne manqua pas de se couper, et une fine couche de sang se forma.

— Qu’est-ce que je te disais…

Il lui prit la main et lui lécha sa plaie.
Il la déshabilla à son tour.
Elle était maintenant en sous-vêtements sur son lit.
Elle était plus que gênée.
Il finit egalement par se déshabiller en entier.

— Es-tu sûre… ?
— Oui…
Elle lui tendit les bras.

Il lui retira la dernière couche de tissu et la repositionna correctement sur le lit, avec ses grandes pattes.
Son épiderme était plus chaud que celle d’un humain normal.

— Je t’aime… Je ne pense pas pouvoir me retenir plus longtemps.

Il la caressa pour la préparer et se rendit compte qu’elle était encore vierge.

— Je… C’est ma première fois… Alors je ne sais pas trop…

Bien qu’elle disait ne pas avoir peur, elle tremblait un petit peu.
Il la rassura et lui promit qu’il irait doucement.
Lorsqu’elle fut prête, son pénis sécrétait déjà assez de lubrifiant par ses pores. Les démons avaient cette particularité puisqu’en temps normal l’humaine n’avait pas son mot à dire.
Il y alla lentement, elle poussait des petits gémissements mais l’encourageait à continuer. Elle le tenait par les mains et serrait fort ses poings.
Lorsque tout fut entré il lui demanda si ça allait.
Elle avait l’air d’être épuisée puis elle commença à bouger son bassin d’elle-même.

— Je… Je crois que ça commence à devenir agréable…

Il avait du mal à contrôler son plaisir. Il la porta et la serra dans ses pattes.
Elle commencait à s’essoufler alors il proposa de terminer.

— Est-ce que je peux… jouir en toi… ?
— Oui… Elle était d’accord. Elle savait ce qu’elle encourait mais elle prenait le risque et comptait le défendre face à son père.
Lorsqu’il vint, il la recoucha sous la couverture et s’endormit à côté d’elle.
Elle s’allongea à moitié sur son torse brûlant.
Elle avait l’impression de rêver, et s’endormit.

*

Chris frappa à la porte mais personne ne répondait.
Il tourna la poignée et vit tout d’abord les vêtements et les sous-vêtements d’Alexandra par terre, avant de la voir dans les bras d’un démon, dans son lit.
Il ferma la porte derrière lui.
Il observa la scène en espérant qu’il soit en train de rêver.
Le démon dormait à poings fermés, sur le côté, en serrant dans ses bras Alexandra, qui dormait également comme un bébé.
Chris eu le coeur brisé mais il était à la fois en colère contre le démon qui avait piégé Alexandra.

Lorsqu’ils se réveillèrent, Deniel vit Chris et lui sourit d’un air gêné.
Alexandra se réveilla peu à peu également.
Elle serra Deniel dans ses petits bras.
Il lui chuchota que Chris était dans la chambre et les observait.
Elle paniqua et se figea.

— Bonjour Alexandra. Bonjour Deniel. Je crois que vous nous devez des explications.
— Chris… Je vais tout t’expliquer… Mais s’il-te-plait sors de la chambre que je puisse m’habiller…
— Que je sorte ? Et qu’il te kidnappe ? Laisse-moi au moins le temps de le tuer pour ce qu’il t’a fait.
— Qu’est-ce que tu racontes… ?
— Si je voulais la kidnapper je l’aurais fait le premier jour, lorsqu’elle était inconsciente dans mes bras…

Chris bouillait de rage.

— Ce n’est pas ce que tu crois Chris, il ne m’a pas forcée !
— Tu diras ça devant ton père…

Il s’apprêtait à quitter la chambre quand soudain, Alexandra gémit de douleur. Quelque chose lui faisait mal dans le bas du ventre.
Deniel s’approcha tout de suite et demanda si ça allait.
Chris se retourna et s’inquièta également.

Une marque rouge s’était formée sur son ventre et des lignes remontaient peu à peu comme des veines. À chaque pulsasion forte, Alexandra souffrait.
Deniel lui jeta sa chemise trop grande sur son dos, ainsi que son manteau et comptait sortir ainsi pour l’amener à son père.

— S’il-te-plaît, reprends ta forme humaine… Je ne pourrai pas te défendre dans mon état actuel…
— J’ai compris, ne t’inquiète pas pour moi.
— Chris… S’il-te-plait, ne le traite pas comme un ennemi…

Elle était pliée en deux et souffrait terriblement.

— J’ai compris, j’ai compris. Qu’est-ce qu’il lui arrive… ?
— Je crois savoir mais je ne suis pas sûr… C’est peut-être de ma faute.
— On ne va pas la déplacer… Occupe-toi d’elle, j’appelle son père. Tu n’as pas intérêt à t’enfuir… !
— Comme si j’allais la laisser dans cet état…

Le temps que son père arrive, les veines avaient déjà fait un tracé de son ventre jusqu’à son cou.
Deniel l’avait à moitié rhabillée, elle était en culotte et avait sa chemise trop grande.
Lorsque Deniel raconta ce qu’ils avaient fait, son père se mit dans une rage folle. Deniel avait également repris son apparence de démon, ce qui n’eut pas un effet pacificateur.
Alexandra trouva la force de se relever et s’interposer entre son père et Deniel.
Il l’aida à se tenir.

— Tu ne devrais pas forcer…
— Papa… Ce n’est pas de sa faute. Il ne m’a pas forcée… Je l’aime…

Son père resta muet.

— Alexandra… Les démons ne sont pas des êtres comme nous…
— Il est différent, papa… Crois-moi… Ne lui en veux pas…

Les veines au niveau du cou battaient de plus en plus fort, et finirent par monter au visage.

— Qu’est-ce qu’on peut faire ?!

Alexandra s’écroula dans les bras de Deniel.

– Je ne vous attaquerai pas tant qu’elle ne se réveillera pas.

Lorsque les veines atteignirent les yeux, elles semblèrent se vider du rouge et disparaître peu à peu.
Le souffle d’Alexandra se calma et elle retrouva une respiration presque normale.
Cela ne dura que quelques minutes qui semblèrent des heures.
Elle se réveilla peu de temps après.
Elle ouvrit ses paupières et vit de la lumière.
Elle voyait de nouveau… C’était encore flou mais elle arrivait à distinguer les personnes à ses côtés.

— Je… Je vois. Papa, je vois de nouveau !

Il la serra dans ses bras.

— Comment est-ce…

Il repensa à Deniel.

— Je crois que c’est ma semance qui a permi ce miracle…
Dit-il songeur.

Alexandra était morte de honte, et Chris n’osait rien dire.

— Maintenant qu’Alexandra va mieux, je crois qu’on doit avoir une discussion… Rejoignez-moi dans mon bureau dans un quart d’heure.

Ainsi Sephyl quitta la chambre avec Chris sur les talons.

— Je ne lui fais pas confiance, Monsieur.
— Je sais que c’est un démon Chris, mais cela fait deux fois qu’il nous rend plus que service… J’espère qu’il prendra ses responsabilités au sujet de ma fille…
— …

— Je suis à moitié humaine, et à moitié de ce monde. Ma mère n’a aucune magie dans son sang, c’est peut-être aussi pour ça que mon corps réagit étrangement au contact de la magie… C’est un miracle que je vois de nouveau…
— Normalement, si j’avais voulu te rendre la vue, il aurait fallu que je sacrifie ma propre vie pour te la rendre, vu que je n’ai pas le droit de rompre des contrats. J’ai ta vue en moi. C’est comme ça que j’ai pu te la rendre provisoirement tout à l’heure… Je ne connaissais pas du tout ce phénomène. J’ai dû t’injecter une partie de ta vue et ta magie interne a dû compléter ce qu’il te manquait.
— Je ne vois pas complètement net mais cela suffit pour l’instant.
— Je crois qu’il va falloir qu’on recommence si je veux te redonner la vue complètement.
Dit-il à moitié sérieusement.

Elle rougit.

La réunion fut assez courte.

— Que comptes-tu faire au sujet de ma fille ?
— Je prendrai mes responsabilités et je vous demande tout d’abord sa main.
— Facile à dire après coup… Alexandra… es-tu sûre de ton choix ?
— Oui. S’il faut que je parte, je partirai. Je le suivrais où qu’il aille et je le protégerai.

Son père ordonna à les séparer.
Deniel prit sa forme de démon.
Alexandra voyait encore flou, elle était paniquée.

— Papa, ne fais pas ça…

Deniel portait Alexandra d’une patte, et la protégeait de tout son corps.

— Deniel, ne les attaque pas…

Après avoir repoussé les vagues de gardes, Sephyl arrêta les assauts.
Il s’approcha d’eux et tenta de reprendre sa fille par la force.

— Je ne retiendrai pas mes coups, alors fais en autant.
— Papa, arrête…
— Ne t’inquiète pas Alexandra, je te protégerai…

Deniel la serrait plus fort que jamais dans ses bras et combattait Sephyl avec brio.
Lorsque son père s’apprêta à lui porter un coup puissant, Alexandra décida de s’interposer, alors que Deniel la prennait dans ses bras et s’apprêtait à encaisser.
Elle se dégagea de ses bras forts et se jeta devant son père.
Elle prit le coup en plein fouet et se fit projeter à plusieurs mètres de là.

— Ne le blesse pas !
Avait-elle crié.

Son père ne s’attendait pas qu’elle tienne autant à lui.
Deniel accourut à ses côtés.

— Je vais bien.
Souriait-elle.

— Mon père ne m’avait jamais frappée aussi fort.

Sa joue saignait.
Deniel posa sa main sur joue et sa blessure se résorba pour apparaître sur sa propre joue.

— Vous avez gagné. Je voulais tester votre volonté et votre force de défense… Pardon Sandra.

2016.06.03

4 réflexions sur “Vision [R-18]

  1. james dit :

    « Il finit egalement par se deshabiller en entier. » -> « déshabiller »
    « — On ne va pas la déplacer… Occupe-toi d’elle, j’appelle son père.Tu n’as pas interet a t’enfuir… ! » : il manque un espace avant « Tu »
    « Son pere resta muet. » -> « père »
    « Son père ordonna à les séparer. » -> « de les séparer » (peut-être)

    c’est dense comme texte ! Un démon qu’est sympa, un père à peine retrouvé qui la frappe, etc.
    c’est prenant !

    • Purée, la dose de coquilles ici, j’étais vraiment distrait quand j’ai « corrigé » !!

      Merci, j’suis content si ça t’a plu… ! Le « moi » de 2016 est ému !

  2. Fluo dit :

    J’ai beaucoup aimé cet arc. J’aurais bien aimé que tu le continues, je suis sûr qu’il y a des trucs super intéressants à faire avec cette base. Si tu ne le développes pas, je pense que je pourrai en écrire une side story 😀

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