Poursuite

Il était venu me chercher en voiture, comme à l’accoutumée.
Cependant, il me fit signe de rester couchée sur la banquette arrière.
Nous étions suivis et ce n’était rien de rassurant.
Je le voyais jeter des regards dans les rétroviseurs et chercher un moyen de semer les poursuiveurs.
Nous étions maintenant sur la voie rapide.
Étrangement la route était vide.
J’entendis des coups de feu et la voiture partit dans le décor.
Les pneux étaient crevés.
Le temps qu’il descende de la voiture, il ouvrit ma portière et me dit de courir.
Nous enjambâmes la barrière et il resta derrière moi et me dit de courir et d’aller me réfugier n’importe où.
Les coups de feux avaient cessé.
Nous étions dans une forêt, bien qu’il faisait plein jour, les feuillages des arbres nous cachaient dans les ombres.
Je courais me cacher dans un buisson.
Je mis mon portable en silencieux, par réflexe, et je tentais de contacter mon père.
Mon chauffeur courait encore derrière moi, il me vit et continua son chemin pour attirer l’attention.
J’entendis un coup de feu, et il s’écroula au sol.
Je me retins de crier et faire le moindre bruit.
Les autres hommes le rattrapèrent très rapidement.
J’entendis d’autres coups mais il ne cria pas.
Les autres m’appelèrent et me dirent de sortir de ma cachette.

— Non, ne sors pas ! Ils me tueront de toute faç-

Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu’on le frappa.
Je n’arrivais pas à joindre mon père.
J’entendis à peine la personne derrière moi, qui m’attrapa et me jeta en dehors du buisson.

— C’est bon, je l’ai trouvée !

Ils avaient utilisé un appareil pour détecter les ondes.
Il était dans un état pitoyable.
Je me jetais sur lui et tentant d’empêcher d’autres coups.
Ils rièrent tous.

— Pas la peine de le protéger, on va le laisser là avec ton portable.

Ils m’attrapèrent et m’arrachèrent mon portable des mains.

— T’inquiète pas, on a besoin qu’il soit en vie pour qu’il explique à ton pere qu’on demande une rançon contre ta vie. Il nous connait.

Ils m’assomèrent et je perdis connaissance.

— Si tu la touches, je te tue. Tu veux lui faire perdre de sa valeur ?

Une voix de femme rauque me réveilla.
J’étais attachée et allongée dans un canapé plutôt confortable.
Il faisait sombre et ma vue dut s’habituer à cette obscurité.
Il y avait également de la fumée et l’odeur du tabac.
Elle s’approcha de moi et me souffla son haleine blanche.

— Tu es réveillée ?

Des pas s’éloignèrent.

— J’espère que ton père tient à toi et qu’il sera prêt à payer gros.
Avoir des enfants alors qu’on est dans ce monde, c’est vraiment se tirer une balle dans le pied.

Elle s’en alla.

2015.07.25

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