En vain

Elle ne savait plus depuis combien de temps elle était dans cette position.
Des menottes aux poignets, l’intérieur était recouvert de pics, sa peau était à vif et elle avait déjà écorché la chair en en essayant de se débattre. Du sang avait coulé le long de son bras et avait fini par sécher.
Les chaines étaient à un niveau où elle était obligé de plier ses bras pour ne pas que le poids de ses mains entraîne les menottes et la blesse encore plus.
Les genoux à terre et les bras en suspension, le regard vide.
Quelques mèches de ses cheveux décoiffés retombaient devant elle.
Elle ne sentait plus son sang circuler, elle avait froid et ressentait des fourmis sur tout son corps.

L’homme qui l’avait mise dans cette position n’était pas loin.
Bien qu’elle ne le voyait pas, malgré qu’elle se soit habituée à l’obscurité, elle sentait sa présence.
Il semblait se délecter de la situation.
De temps en temps, elle s’endormait et son poids s’abattait sur ses attaches, la douleur vive à ses poignets la réveillait tout de suite.
Elle était sure d’entendre un petit rire étouffé à ce moment là.

Il s’approcha d’elle, du peu de lumière qui pénétrait dans cette pièce, elle put deviner qu’il avait de longs cheveux lisses et clairs.
Les reflets lui parvenaient et elle voyait à peine ses yeux brillants.
Son regard était malveillant.
Il passa sa main dans les cheveux blonds et emmêlés de la jeune fille, et les porta jusqu’à son visage.
Elle voulut lui donner un coup de tête, mais en s’approchant de lui vivement, les chaînes la bloquèrent et deux fils rouges s’écoulèrent de ses poignets.
Elle ne cria pas, elle serra les dents et baissa son visage.
Elle savait qu’il souriait, il prit son menton et la forca à le regarder.
Il voulait voir la souffrance se dessiner sur sa face.
Il sortit une lame et commença à jouer avec en la frottant contre sa peau.
C’était pour la forcer à ne pas bouger et il en profitait pour observer ses réactions.
Il la passa sur sa joue, elle ne réagit pas.
Il descendit jusqu’au cou, elle frissonna au contact froid de l’arme, il la maintint encore plus fort. Il ne voulait pas abîmer sa poupée.
Il descendit encore plus et coupa le col de son pull qui laissa apparaître son décolté.
Il frôla légèrement la lame sur son corps et fit une coupure assez fine pour qu’elle saigne, pas trop profonde pour ne pas laisser de grande cicatrice.
Il porta ensuite sa bouche sur la chair ensanglantée et lécha la plaie pour en déguster le jus.

Elle voulut le repousser mais en vain, il la serrait assez fort pour l’immobiliser.
Après être restée dans cette position aussi longtemps, ses muscles étaient engourdis. Elle était faible de base et il ne lui restait plus grand chose.
Elle souhaita sa propre mort.
Lorsqu’il finit de nettoyer la plaie avec sa salive, il caressa sa joue avec sa main.
Il dessina les contours de ses lèvres.
Elle saisit sa chance pour tenter de le blesser.
Elle ouvrit la bouche et mordit son doigt.
Elle serra sa mâchoire de toutes ses forces.
En vain.

Il la laissa faire, comme s’il regardait un enfant mâchouiller un doudou.
Elle était tellement épuisée que sa morsure s’apparentait à un suçon.
Il retira son doigt de sa bouche et lécha sa salive.
Elle le regardait de bas.
Elle sentit ses forces la quitter et son corps plus lourd que d’habitude.
Elle n’arrivait plus à soutenir son propre poids.
Elle s’écroula et un autre flot de sang coula de ses poignets.
Elle ne ressentait plus rien, elle voulait juste dormir.

Il la rattrapa et soutint son corps dans ses bras.
Il détacha les menottes et observa les marques sur les poignets.
Cela l’amusait.
C’était la premiere fois que quelqu’un d’aussi proche, physiquement, de lui, lui manifestait autant de haine.
Ce qui l’amusait encore plus, c’était qu’il savait qu’elle ne pourrait jamais le blesser, même si elle le voulait.
Ce sentiment d’être haït mais de ne pas se sentir en danger, était nouveau pour lui. Il décida de la garder en vie comme divertissement.
Il la porta jusqu’à une autre chambre pour que son corps se réchauffe.
Bien qu’étant ennemis, il devait en prendre minimum soin pour qu’elle ne meure pas.

2015.02.06

Une réflexion sur “En vain

  1. james dit :

    non mais c’est dingue. normalement, les scènes où ça se passe mal, j’essaye de les survoler, parce que je suis pas fan, mais la description est terriblement prenante et je ne peux pas m’empêcher de me sentir mal (dans le bon sens) en me représentant la scène.

    La justesse des détails, le fait que la scène soit décrite si précisément, comme si le temps était au ralenti. je me demande si c’est pas plus impactant que si je l’avais vu en film.

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