Faiblesse

Sans m’en apercevoir, j’avais saigné du nez.
J’avais eu à peine le temps de réagir que l’homme en face de moi s’était rapproché et m’avait tendu un mouchoir en soie, juste sous mon nez.
Cela m’avait tellement surpris que j’étais restée là, à le fixer.
Pendant ce temps, Chris avait vu la scène de loin et s’était approché, alerté par le geste de la personne.
Il marcha rapidement vers nous.
L’homme se retourna et le fixa.

— Elle saigne du nez.
Dit-il d’un ton froid.

Chris s’arrêta net.
L’homme prit ma main et me fit comprendre de tenir moi même le mouchoir.
Je me réveillais de ma torpeur, le regard allant de Chris à l’homme.

— Merci…
Dis-je, la voix à moitié étouffée dans le tissu.

Je serrais ma narine assez fort pour couper le flux sanguin.
L’homme m’observait.

— Est-ce tu te sens bien ?

Il toucha mon front avec sa paume, en passant sa main derrière les quelques cheveux faisant office de frange.
Il approcha sa tête pour prendre ma température.
Je ne pu m’empêcher de rougir.

— O… Oui, je crois…

Chris voulu s’interposer et se rapprocher mais la femme qui m’accompagnait plus tôt, lui barra le chemin.
Elle lui fit comprendre que s’il tentait quelque chose, elle serait là pour agir et le neutraliser.
Il s’arrêta quelques secondes et l’écarta. Il marcha d’un pas calme et posé vers nous.

— Tu n’as pas l’air d’avoir de fièvre…
Dit-il, poussant un soupir de soulagement.

Chris était juste à côté de moi.

— Ça va ?

Je hochais la tête.
L’homme s’était un peu éloigné, après avoir vérifié rapidement mon état.
Chris fit la même chose, mais resta à mes côtés comme s’il craignait quelque chose.
Il se retourna vers nous et prit la parole.

— Je vais tout de même t’emmener à l’infirmerie.

Je me sentais tout à fait bien. Je n’avais pas besoin d’aller à l’infirmerie.
Lorsqu’il s’approcha de moi, je lui refusai la main qu’il me tendait.

— Cela ne sera pas nécessaire. Je vais bien. Je suis juste un peu fatiguée…

À peine ses mots prononcés, ma tête commença à tourner.
J’avais l’impression d’avoir le vertige. Je m’arrêtais de parler et je fis un pas en arrière avant de ne plus sentir mes jambes et de sombrer.
Mon corps était devenu mou, je ne contrôlais plus rien.
Chris me prit dans ses bras, il attrapa mon bras puis tâta mon pouls.

— Où se trouve l’infirmerie ?

Bellinda s’était également alarmée quand je perdis connaissance.
Gabriel lui fit signe que ça allait, il s’approcha de Chris.

— Je peux ?

Chris resta méfiant.
Gabriel s’approcha de moi et me porta.
Chris décida de lui faire confiance pour l’instant.
Il le surveillait.
Gabriel se deplaça et se dirigea vers l’infirmerie.
Chris emboita ses pas.
Pas grand monde n’assista à la scène.
Bellinda rejoint les autres soldats dans la cour, et croisa Charles, posté derrière la porte en verre qui séparait l’intérieur et le terrain.
Il avait observé la scène de loin.

2014.08.14

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.