Convalescence [RolePlay]

Elle avait été déshabillée, nettoyée, rhabillée d’une robe de nuit ample et confortable. Pansée.
Depuis son retour au domaine, elle se souvenait d’avoir perdu connaissance. Elle avait entendu les voix, lointaines, et à la fois proches d’elle.

— Chloé !

La voix de son maître. Rauque, pleine d’émotions. Elle en avait eu le coeur brisée.
Puis des ordres qu’il donna à ses domestiques. Elle avait perdu le fil.
Elle avait mal. Elle sentait son énergie faiblir.

Il l’avait portée, d’un geste, ses bras puissants l’avaient soulevée et elle était contre son torse alors qu’il la maintenait par dessous ses genoux. Elle ne bougeait plus, un filet d’air léger s’échappait de ses narines et de sa bouche.
Il avait ralenti l’hémorragie en utilisant la magie de glace sur sa plaie. Il devait faire attention à ne pas créer d’engelures et il se précipita jusqu’à sa chambre.
Il la déposa délicatement sur son lit, en ne se préoccupant pas du sang qui allait tacher les draps, et les servantes étaient déjà à sa porte. Attendant son aval pour qu’elles puissent intervenir sur sa protégée.
Il resta aux côtés de Chloé durant tout le processus, il voulait être là si jamais il y avait une complication. Il n’était pas serein.
Les servantes avaient été efficaces et rapides. Elles étaient spéciales.

Chloe s’était retrouvée rapidement nue, et elles avaient utilisé leur magie pour la nettoyer de la tête jusqu’aux orteils sans devoir passer par la salle de bain.
Elles avaient fait extrêmement attention à ce qu’elle ne bouge pas beaucoup voire pas du tout. Puis le comte leur avait apporté de quoi la rhabiller après qu’elles aient appliqué un baume et un bandage tout autour du torse de la blessée.
Quand elles eurent fini, elles s’en allèrent sans demander leur reste, les laissant dans leur intimité.
Il s’approcha d’elle, et voulut la forcer à boire de son sang à nouveau, mais elle avait déjà refuse d’en boire plus. Elle était maintenant hors danger, il ne lui fallait que du temps pour que sa blessure se referme.
La lame qui avait transpersé son tronc, avait touché des organes vitaux, et effleuré le coeur.
Elle avait eu beaucoup de chance.
Il décida d’attendre qu’elle se réveille pour lui proposer à nouveau de s’abreuver.
Il l’embrassa sur le front et l’installa sous la couverture avant de s’en aller.
Il devait se changer les idées.

— Est-ce que…

Bréto avait intercepté les servantes spéciales et elles lui avaient épargné sa salive.
Lui jetant un regard compatissant, elles lui révélèrent l’état de Chloé.

— Elle se repose.
— Elle est tirée d’affaire.

Et elles continuèrent leur chemin sans s’arrêter à peine.
Bréto put reprendre sa respiration. Il était soulagé.
Cela nourrit encore plus les rumeurs qui circulaient sur eux, mais à ce moment précis, c’était le moindre de ses soucis.

*

Elle se réveilla doucement. La douleur s’était estompée et elle reconnaissait cette odeur et le lieu dans lequel elle se trouvait.
Elle essaya de se relever.

— Ne bouge pas ou je t’achève moi-même.

Elle se figea.
C’était le comte qu’elle n’avait pas vu, et qui la dévisageait de l’autre bout de la pièce.
Il se rapprocha et vint la voir.
Elle resta au fond du lit sans oser bouger.

— Nous allons avoir une longue discussion…
Ajouta t-il avec de l’animosité dans sa voix.

Elle eut froid dans le dos et n’osa pas parler tout de suite. Elle savait qu’elle était en tort mais pour de nombreuses raisons

— Est-ce que tu sais combien de jours tu as dormi ? Je vais te le dire : 3 jours ! 3 jours et 3 nuits ! Sais-tu combien nous étions inquiets ?! J’étais inquiet !
Sa voix était forte, dure, et elle vibrait.

— Je… je suis désolée…
Murmura t-elle, sans pouvoir croiser son regard.

— Tu peux l’être ! Que s’est-il passé ?!
— Je… j’ai commis une erreur… je pensais… qu’il… que je pouvais le raisonner… je l’ai sous-estimé… Pardon…
— Demande pardon à Flora. Elle s’est sentie coupable durant toute ton absence. Elle a même pensé que je lui en voulais…

Sa voix s’était stabilisée et était redevenue plus douce, aux oreilles de Chloé. Elle ne sut pas quoi répondre et elle se mordit les lèvres.

— Ne fais pas cette tête… tu peux pas savoir à quel point je suis soulagé que tu te sois enfin réveillée… as-tu soif… ? Abreuve-toi de mon sang, tu dois reprendre des forces.
— Maître…
— Il n y a pas de maître, c’est un ordre. Cela te permettra d’être plus rapidement sur pieds. Tout le monde t’attends.

Il s’approcha d’elle, et se pencha sur l’oreiller et tendit son cou pour qu’elle puisse y enfoncer ses crocs.

Elle était réticente mais il avait raison.
Elle prendrait rien qu’une gorgée pour le geste.
Elle but et avala ce liquide si particulier, si délicieux et enivrant.

— Toujours aussi têtue, à ce que je vois…
Elle avait bu qu’une infime gorgée et s’était arrêtée.

— Je sais que tu n’aimes pas boire mon sang… mais ça devrait suffire… soit…

Il la surplombait encore et leurs regards étaient plongés l’un dans l’autre.

— Je t’interdis de bouger. Même après avoir bu mon sang. Et je t’interdis de te remettre en danger de la sorte. Est-ce que c’est clair ?! De toute façon j’en connais une autre qui va veiller à ce que tu prennes plus soin de ton existence !

Il continuait à la sermoner, Chloé ne bronchant pas.
Elle finit par détourner le regard.

— Je… suis vraiment désolée…
Ajouta t-elle, la boule au ventre. Elle savait qu’elle avait fait une grave erreur. Et vu l’état de colère de son maître, elle devinait ce qu’il avait dû endurer pendant qu’elle était encore inconsciente.

Il soupira.

— Je sais… moi aussi je suis désolé de n’avoir pas deviné à quel point cette mission était dangereuse. J’aurais dû t’y accompagner. Mais cela ne sert à rien de ressasser le passé. Ce qui compte c’est que tu sois encore là. Repose-toi. Prends-le temps de te reposer. Je ne vais rien dire pour l’instant sinon j’en connais une qui va se précipiter ici et ne plus me laisser tranquille. Puis je pense qu’elle apprécierait la surprise que tu lui rendes visite quand tu iras mieux. Elle est tous les jours en train de s’entraîner depuis… elle va finir par mourir d’épuisement si elle continue comme ça.

Il réussit à lui arracher un sourire timide.

— J’imagine que ma tenue…
— Je te prêterai une de mes tenues en attendant, si besoin. Sinon ton uniforme est toujours là, à disposition.
— Merci… Merci de m’avoir ramenée…

Et il l’enlaça comme il put, sans la serrer trop fort.

— La dernière fois où j’ai eu si peur de te perdre… c’était le jour de ta création… tu te souviens ?

Bien sûr qu’elle s’en souvenait.
Elle lui répondit d’un simple sourire.

— Bréto est également passé te voir. Plusieurs fois.
— Je vois… je vais devoir m’excuser auprès de lui, aussi…

Au bout de quelques jours supplémentaires, le comte l’autorisa à sortir du lit et elle avait presque entièrement guéri de ses blessures.
Elle enfila des vêtements trop amples pour elle, ceux de son maître, une ceinture pour tout maintenir en place, et elle quitta cette pièce.
Elle n’était pas en tenue de travail, juste en tenue confortable pour se balader dans les couloirs du château.
Et elle sut où se diriger d’abord. Elle devait faire la surprise à Flora qui devait être morte d’inquiétude.
Elle entendit et reconnut sa voix s’élever du terrain d’entraînement, et elle la vit.

Elle était concentrée et elle ne regardait pas autour d’elle, puis après ces enchaînements de mouvements, elle se laissa tomber sur le sol, épuisée.
Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était en train de s’exercer, mais cela devait être de trop.

Chloé s’approcha lentement, discrètement et se pencha sur Flora, pour la saluer d’un sourire.
Flora eut le coeur qui bondit dans sa poitrine, de joie et elle passa ses bras autour du cou de Chloé pour l’enlacer, l’entraînant avec elle au sol.

— Chloé !!!
— Oh, Flora. Doucement, je suis encore en concalescence d’après le maître…
— Ah. Oui c’est vrai. Pardon… je…
— C’est moi qui devrait m’excuser… désolée de t’avoir causé autant de souci…

Flora ne dit rien et se frotta contre Chloé comme un animal content de retrouver sa maîtresse.

— Je t’ai tant manqué que ça… ? Est-ce que tu as bien pris soin de toi durant mon absence… ? Est-ce que tu ne passerais pas trop de temps sur le terrain… ?
— Oui… oui et oui… ?

— Flora…
Répondit Chloé avec un petit ton de réprimande.

— Hé les filles, faites ça en privé ! C’est indécent de le faire dans un endroit public !
Frekio les lnterpella de l’autre bout du terrain et se rapprocha d’elles.

Elle se regardèrent et sourirent puis se relevèrent.
Flora en première puis elle aida Chloé.

— Ca fait plaisir de te revoir Chloé. C’était juste cette fois… j’ai bien cru…

— Moi aussi… Flora n’a pas fait trop de bêtises pendant que je dormais ?
Répondit Chloé en changeant de sujet.

— Hé ! Je ne suis pas une enfant non plus ! Et pourquoi ça serait Frekio qui me fliquerait ?!
— Ca va…

Frekio afficha un sourire narquois et se défendit sans trop de conviction pendant que Flora l’assénait de coups gentillets.

— Je vois que vous vous entendez toujours aussi bien… Je vais aller saluer Bréto également… on m’a dit qu’il était inquiet pour mon état.
Dit-elle attendrie.

— C’est peu de le dire.
Dit Frekio.

Il garda Flora près de lui, et lui jeta un regard qui voulait dire : laisse-la aller le voir seule.
Elle n’insista pas.

Il était dans sa chambre et c’était tant mieux, pour cette fois.
Elle frappa et il ouvrit aussitôt.

— Bréto…
— Chloé…

Elle entra et la porte se referma derrière elle sans attendre et il la serra dans ses bras.
Une douce et tendre étreinte.

— Je suis désolée… de t’avoir tant inquiété…
— Ce n’est rien, tout ce qui compte c’est que tu sois encore là maintenant…

Elle se laissa étreindre encore quelques minutes et elle profita de ce moment à deux. Elle avait du mal à se remémorer de quand datait leur dernier moment ensemble.

— Tes blessures… comment ça va ?
— Bien. J’avais surtout une grande plaie ici… mais elle est en train de se résorber. Je ne pensais pas qu’il m’aurait fallu autant de temps, dans ce corps… mais apparemment j’étais vraiment pas loin de…

— Ici… ?
Il posa sa grande paume sur son torse, curieux.

— Oui… par là…
Elle attrapa ses mains dans les siennes et elle le dirigea à l’endroit exact.

2021.01.26

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