Soin

Cean emmena sa mère à l’infirmerie et l’y déposa avant de retourner voir son père et le tenir au courant de la situation.
Elle s’assit en attendant que le médecin en chef soit de nouveau disponible. Elle savait qu’elle n’allait pas se faire examiner immédiatement mais rien que de pouvoir s’asseoir, lui était agréable.
Le temps passait, puis elle se mit à avoir un gros coup de fatigue.
Le lit sur lequel elle était assise, était acceuillant, elle se dit qu’elle pouvait s’allonger quelques minutes en attendant que sa migraine et son vertige passe.
Elle s’assoupit.

Pendant ce temps, le médecin était en train de mobiliser ses infirmiers et infirmières pour prendre soin d’Aurore et Hélène.
Elles furent mises sous perfusion et dyalise pour pouvoir nettoyer leur sang de la drogue qu’elles avaient ingérée.
Il en profita pour faire une prise de sang aux deux filles, puis il dut les osculter.
Hélène avait quelques fractures minimes, il pouvait deviner ce qui avait pu arriver avec les bleus sur sa peau. Il soupira mais il l’avait déjà vu dans un état plus grave.
Lorsqu’il examina Aurore, il pâlit.
Ce qui lui mit la puce à l’oreille, ce fut les nombreux bleus sur sa peau entre ses cuisses. Contrairement à Hélène, elle avait la peau très claire et elle marquait. Lors de ses analyses, il comprit qu’elle avait été violée, à plusieurs reprises.

Lorsqu’il sortit de la zone avec les filles, il remarqua la présence d’Alexandra.
Il l’examina rapidement et sut tout de suite qu’elle avait trop usé de sa magie.
Son corps réagissait de cette manière parce qu’elle était demi-humaine, mais surtout à cause du contre coup violent dut à l’utilisation du portail. La consommation en magie avait été sous-estimée par son utilisatrice.
Elle était un peu fièvreuse mais cela pouvait passer inaperçu. Une extrême fatigue, physiquement.
Il passa sa main sur son front et son pouls.
Et il la réveilla doucement.

— Hmm…
— Dame Alexandra…
— … Toutes mes excuses !

Elle était embarrassée et se releva trop vite.

— Ne vous précipitez pas, vous devriez aller vous reposer. Vous avez trop puisé dans vos réserves de magie… vous pouvez rester ici… mais je pense que vous seriez peut-être plus à l’aise dans vos quartiers. Juste du sommeil devrait suffire.
Dit-il en posant ses mains sur ses épaules, pour l’empêcher de tomber ou de se presser plus. Sa voix se voulait douce.

— Ah… je…
Elle était encore déboussolée.

— Qu’avez-vous fait pour vous retrouver dans cet état… ?
Demanda t-il curieux.

— Des portails de téléportation… ?
— … Vous savez que ce n’est pas un art à la portée de tout le monde… ? Même les plus doués sont parfois obligés de consommer certaines potions pour…
— Je pensais…
— Combien ? Pour combien de personnes ?
— Aujourd hui… ? 2 fois… pour deux, puis 5 si je me compte… ?
— … Et si on compte depuis hier… ?
— Un peu plus… ?
— Ok, vous restez ici pour l’instant. Allongez vous, vous ne vous déplacez pas seule. Compris ?
— Mais—
— Non, pas de « mais ». Je vous garde sous surveillance. Personne ne vous a prévenu pour les portails ?! On ne se met pas à créer des portails à tout va, bon sang !
— Je…
— Imaginez, si vous étiez restée là-bas, après que tout le monde ait passé votre dernier portail ?! Vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez pu avoir.

— … Je ne savais pas…
Répondit-elle honteuse.

— Excusez moi, mais comprenez mon inquiétude. Reposez vous. Je préviendrai monsieur Gabriel et Chris.
Répliqua t-il, exaspéré. Il ajouta ces derniers mots pour la rassurer.

— Et Hélène et Aurore… ?
Pensa t-elle à demander.

Ce fut à son tour de prendre une expression gênée.

— Hélène a quelques contusions mais elle devrait s’en remettre d’ici peu. Par contre… Aurore a été abusée… sexuellement. Elle aura besoin d’un traitement après son réveil pour être sûr…

Alexandra avait sa main sur le bas de son visage, figée par la stupeur et horrifiée.

— Nous nous occuperons bien d’elles, n’ayez crainte.

Il recula et tira un rideau pour la laisser se reposer.
Elle était avec ses pensées, réfléchissant au malheur qui s’était abattu sur ses filles.
Elle finit par s’endormir, dans sa tristesse.

Hélène fut la première à se réveiller.
Elle ouvrit les yeux et paniqua.
La respiration rapide, elle ne savait pas où elle était, puis elle remarqua les perfusions dans ses deux poignets intérieurs.
De quoi respirer dans ses narines.
Elle était assise sur le lit et regardait autour d’elle, pas rassurée. Elle réussit à se calmer lorsqu’elle reconnut l’infirmerie de chez elle.
Ce qu’elle voulut croire.
Puis la présence d’Aurore dans le même état qu’elle, mais encore endormie ou inconsciente dans le lit à côté d’elle.
Elle était à la fois rassurée et pas sûre de l’endroit où elle se trouvait.
Puis elle entendit et reconnut la voix du médecin.
Elle aurait voulu retirer tout ce qu’elle avait sur ses bras et sur son visage mais elle devait être patiente.
Elle se détendit au fond du lit.
Elles avaient été déshabillées et elles étaient dans une tenue neutre.

Chris et Alain étaient dans le bureau de Gabriel et faisaient leur rapport.
Cean venait de les prévenir qu’Alexandra n’était pas en forme et qu’elle était à l’infirmerie aussi.
Alain s’éclipsa pour s’entraîner, pour extérioriser toute sa frustration et sa colère.
Cean le rejoignit laissant les adultes ensemble.

— Alain… ménage toi, prends donc un bain et repose toi. Tu as fait de ton mieux…

Alain l’ignorait puis finit par répondre.

— Tu ne sais pas… à quel point c’est énervant… j’ai servi à rien. Pire… j’ai été un fardeau… et nos soeurs… elles ont eté abusées et je n’ai rien pu faire !
— Tu crois que ça m’a fait plaisir de rester ici les bras croisés ? À vous attendre ? Tu as fait ce que tu as pu et je suis sûr que tu as été d’une grande aide. Chris et maman n’étaient pas que tous les deux. Arrête de te torturer l’esprit, calme toi et rentre à la maison. Hélène et Aurore sont entre de bonnes mains, on doit juste attendre.
— Et maman…
— Ca n’a pas l’air très grave, de la fatigue, le médecin va s’occuper d’elle et je suis sûr que nos pères vont aller la voir pour s’en assurer.
— … Je ne m’en suis pas rendu compte.
— Tu t’occupais d’Aurore, et tu connais maman, elle cache toujours auand ça va mal et elle force trop… même ton père ne s’en est pas rendu compte, alors arrête de t’accabler, ok ?
— … Merci Cean…
— Allez viens, on rentre.

Pendant ce temps là, au bureau

— Excuse moi, je ne m’en suis pas rendu compte pour Alexandra…
Chris s’en voulait.

— La connaissant, elle a dû rien laissé paraître. Tu n’as pas à t’excuser. Tu devrais aller te reposer aussi… je vais passer la voir.

Gabriel se leva de son fauteuil et eut un moment d’inattention, de vertige et posa sa main sur le bureau pour soutenir son poids. Il s’arrêta un court instant et Chris le connaissait assez bien pour le remarquer.

— Hé… t’es sûr que ça va… ? Tu as fait une pause depuis… ?
— Ca va… je me suis relevé trop vite.
— Je mettrais bien ça sur le dos de ton âge, mais je ne pense pas que cela soit ça. Tu en as encore trop fait ?
— Fanfaronne tant que tu le peux encore… ça va. J’ai eu des dossiers urgents à traiter ces derniers temps, pas trop le temps pour couper.
— N’hésite pas, si je peux aider… enfin, ce qui est admnistratif et de ton ressort, je ne vais pas pouvoir… mais tu sais que je suis là, si besoin…
— Merci… Alexandra m’aide beaucoup d’habitude, mais à cause des derniers éènements, j’ai pris un peu de retard… dur de se concentrer.
— Ménage toi un peu. C’est facile pour moi de te dire ça…
— Non, tu as raison. Normalement j’ai pu finaliser les derniers documents, je vais passer la voir. Et voir les filles…
— Je sais que le médecin est en train de les examiner et d’en prendre soin. Je vais suivre ton conseil et rentrer un moment… je reviens vite.
— Prends ton temps. Cas exceptionnel, tu as le droit de te reposer et si besoin je préviendrai tes classes.
— Ca ne devrait pas être nécessaire. Merci quand même.

Gabriel se rendit à l’infirmerie et le médecin l’accueillit et lui expliqua la situation.
Il l’emmena auprès d’Alexandra.

— Elle a juste besoin de repos, elle a trop utilisé de magie pour les portails, cela ressemble à des effets secondaires de consommation abusive de magie. Elle ne s’en est pas rendue compte tout de suite, les portails sont particuliers et le coût en magie est complexe à calculer… elle peut rester ici ou bien si vous préférez, la ramener chez vous.
— Mis a part ça, tout va bien pour elle ?
— Oui, j’en ai profité pour l’examiner et tout est en ordre.
— Dans ce cas, si c’est juste du repos, je ne vais pas utiliser un lit ici pour ça. Je vais l’emmener. Merci pour les soins.

Gabriel s’approcha d’elle et passa ses bras sous son corps pour la transporter.
Malgré son âge, il avait encore la force de la porter sans problème. La magie aidant.

— Je vous en prie, et dame Alexandra n’utilise pas un lit de trop ici…
Essaya de se rattraper le médecin, pour ne pas paraître impoli.

Gabriel coupa court à ce sujet.

— Comment vont les filles… ?
— Comme je vous l’ai expliqué… mis à part Aurore… elles sont en cours de rétablissement et devraient se réveiller sous peu.
— Je vois…
— Nous avons les résultats d’analyse et ils sont bons. Mis à part la dose de drogue trop présente dans le sang. Cela est en constante diminution, même s’il en reste des résidus.

— Bien… je reviens. À tout de suite.
Ajouta Gabriel en embarquant sa femme.

Elle grommela dans son sommeil, et se réveilla à moitié.
Elle reconnaissait les bras de Gabriel et sa chaleur, sa démarche.

— Excuse moi, je t’ai réveillée… je pense que tu seras mieux à la maison. Je suis sur le chemin.
— Hmm… désolée.

— Ne le sois pas. Repose toi et reviens moi en forme. J’ai encore besoin de toi.
Dit-il en l’embrassant sur le front.

Lorsqu’ils arriverent chez eux, Chris etait dans la salle de bain en train de se secher et fut a moitie surprit de les voir.

Gabriel déposa Alexandra sur leur lit et commença à la déshabiller. Chris les observa d’un air amusé.

— Qu’a dit le médecin ?
— Cette idiote a abusé des sorts de portail. Tout simplement. Juste besoin de repos et ça devrait aller.

Elle fut ensuite installée au fond du lit avec la couverture.
Les rideaux étaient ouverts alors Gabriel les tira pour que la pièce soit léèrement dans l’obscurité.

— Je te la confie, je retourne voir le médecin au sujet des filles.
— Je vais m’allonger un instant et je te rejoins.
— Prends ton temps, on se voit plus tard.

Gabriel s’en alla et croisa Alain et Cean qui rentraient.

— Maman se repose dans sa chambre, essayez de ne pas trop faire de bruit.
Dit-il avant de prendre la porte et les laisser.

— C’est moi ou il est de mauvaise humeur… ?
— Non, je ne pense pas. Il est toujours un peu comme ça mais ça veut pas dire qu’il fait la tête…
— C’est ton père… j’imagine que tu dois le connaître mieux que moi… même en ayant vécu avec lui, j’ai toujours du mal à deviner ce qu’il pense…
— Oh, ça… moi aussi. Je pense que maman doit être la seuleàa le comprendre réellement et encore… pas facile d’être le chef et de montrer ses émotions. J’imagine…
— Ca doit être ça…
— Il est préoccupé, c’est sûr, j’étais avec lui et il fait son maximum. Ca, c’est certain. Bref, va te laver et te reposer. Tu en as besoin.

*

— Oh, tu es déjà réveillée, tant mieux. Aurore ne devrait pas tarder alors.
S’exprima le médecin à moitié surpris de voir Hélène assise dans son lit.

— Je… que s’est-il passé… ?
— Ca serait plutôt à toi de nous raconter cela… pour répondre à ta question, on a réussit à vous retrouver. Je laisserai les détails à tes parents.

Il s’avança vers elle et examina le reste en tâtant son pouls et vérifiant ses yeux.
Elle se rappela vaguement de sa première fois à l’infirmerie suite à une agression, sauf que cette fois-ci, c’était pire. Elle se souvenait de ce qu’elle avait subi et vu.

— Qu’est ce que tu souhaiterais manger ? Tu dois avoir faim, je vais demander à ce qu’on t’apporte quelque chose. Je vais pouvoir te retirer les perfusions.
— Peu importe…

Elle était là tout en n’étant pas là, elle était perdue dans ses pensées.
Gabriel arriva et il fut rassuré de la voir éveillée.
Le médecin s’en alla pour les laisser et il partit s’occuper du reste.
Gabriel vint la voir pour la serrer dans ses bras.
Il avait été inquiet. Elle lui rendit l’étreinte.
Elle n’avait jamais été très tactile avec Gabriel mais ce contact chaleureux lui faisait un bien fou.

— Est-ce que tu te souviens de ce qu’il s’est passé… ?
— … Oui… sauf sur la fin. Je ne sais pas comment on s’est retrouvé à l’infirmerie.
— Tu peux me raconter comment vous vous êtes retrouvées là-bas… ?

Il essayait de ne pas la brusquer.
Elle aquiesça de la tête et commença à lui raconter tout ce dont elle se souvenait. Elle s’arrêta à plusieurs reprises, pour décrire le traitement qu’elles avaient reçu. Gabriel lui avait tendu un verre d eau.
Elle tremblait lors de son récit, son corps et son esprit se rappelèrent de la terreur qu’elles avaient subi.
Gabriel la rassura, la main dans la sienne, pour lui rappeler que tout était fini. Qu’elles étaient de retour à la maison.

— Aurore… elle a voulu me protéger, et… je n’ai rien fait pour elle… je suis tellement désolée.
— Chut… tu as été là pour elle, ne te blâme pas. Ce qu’on sait c’est que vous avez été droguées. Lorsque ton père, maman et Alain vous ont trouvées, vous étiez dans un sommeil profond. Ils vous ont ramené et depuis vous êtes ici.
— Je ne suis pas en train de rêver, hein.. ? On est de retour à la maison… ?
— Oui, je te l’assure.

Gabriel était bouleversé de la voir dans cet état, la boule au ventre, il la serra dans ses bras. Fort.

— Prends le temps qu’il faut et repose toi. On s’occupe du reste.
Murmura t-il en lui caressant ses cheveux châtains.

— Je… je vais bien… je vais beaucoup mieux maintenant… j’espère juste qu’Aurore…

— On va s’occuper d’elle, ne t’en fais pas. Pense à toi d’abord.
Essaya t-il de la rassurer.

Il savait qu’Hélène était proche d’Aurore mais la voir aussi concernée par Aurore était touchant.
Hélène préféra garder le silence par la suite. Elle voulait rentrer chez elle mais elle voulait aussi veiller sa soeur.
Peu de temps après, le médecin revint avec le plateau-repas.
Il l’aida a retirer les tuyaux respiratoires et les perfusions avant qu’elle ne mange.
Elle fit la grimace pour les tuyaux dans ses narines, et détourna la tête lorsqu’il retira l’aiguille des perfusions dans ses veines.
Il lui essuya le sang avec du coton imbibé d’alcool et lui mit des pansements pour cacher la cicatrice et absorber le sang.

— Je vais te laisser Hélène, tu es entre de bonnes mains. N’en fais pas trop, ne force pas. D’accord ? Ton père devrait passer te voir plus tard.

— Il va bien… ? Maman aussi… ? Alain était là ?
Sembla t-elle se réveiller, en lui posant toutes ces questions.

Gabriel lui sourit.

— Oui, ils vont bien. Maman est juste un peu fatiguée, elle se repose aussi, mais je suis sûr que, dès qu’elle sera sur pieds, elle accourra te voir.
— Que s’est-il passé… ? C’est rien de grave… ?
— Non, rien du tout. Elle en a trop fait, comme d’habitude. Petit retour de bâton de sa sur-utilisation de magie.

Expliqua Gabriel en levant les yeux au ciel.
Ce qui arracha un demi sourire à Hélène.
Elle avait hérite du même caractère après tout.
Gabriel lui adressa un dernier sourire et un geste de la main avant de passer de l’autre côté du rideau et s’en aller.
Le médecin avait fini de retirer ce qui pourrait gêner Hélène et qui n’était plus nécessaire et lui posa son plateau-repas devant elle.

— Régale toi mais pense à bien prendre ton temps. Ton estomac n’a rien avalé depuis un moment et tu risques de le malmener si tu manges trop vite.
Expliqua t-il, sans aucune émotion. Il était froid.

Elle l’écouta sans lui répondre et commença à déguster son repas.
Elle en eut les larmes aux yeux tellement c’était bon de manger.

— Je vais te couper durant ton repas mais c’est assez urgent et important. Est-ce que tu sais ce qui est arrivé exactement à Aurore ?

Elle se figea puis après un court instant, elle reprit ce qu’elle était en train de faire, avala ce qu’elle avait dans sa bouche après avoir mâché, puis elle lui expliqua tout ce qu’elle savait.
Il prit un bloc-note et commença à écrire dedans certains termes.

*

Lorsqu’Aurore se réveilla.
Ce sont les machines qui le détectèrent, parce qu’elle était restée silencieuse.
Une simple inspiration un peu plus forte et elle avait le regard dans le vide.

2021.04.14

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