Disparition

Il avait pu retrouver le chemin du retour jusqu’à la ville et il se dirigea vers la boutique de vêtements.
Le sens de l’orientation des animaux est parfois impressionnant.
Il se faufila dans la galerie, effrayant à moitié les passants et touristes qui ne l’avaient jamais vu. Les autres savaient qu’il était le chien de la famille qui tenait la petite boutique de vêtements.
Ils levèrent tout de même un sourcil, étonnés qu’il ne soit pas accompagné de sa maîtresse. Mais continuèrent leur chemin, retournant à leur balade.
Il aboya et tenta de pousser la porte du magasin, sans y parvenir, lorsqu’une cliente à l’intérieur le vit.
Elle s’adressa au gérant, soucieuse de savoir s’il connaissait ce chien, qui rentrait panique et surtout un peu sale.
Alain s’excusa auprès de sa cliente et ouvrit la porte pour laisser entrer Ten’ qui l’ignora pour se rendre directement dans l’arrière boutique.
Alain lâcha un soupir et attendit de voir arriver les deux filles, mais rien. Un peu inquiet, il revint vers sa cliente pour la servir de son mieux mais décida de fermer boutique juste après.
Il était déjà presque le soir et de toute facon, la galerie était également sur le point de fermer.
Il jeta un coup d’oeil à sa montre. Elles auraient dû rentrer il y a un moment et Ten’ n’était jamais loin d’Aurore. C’était étrange.
Il alla voir dans l’arrière boutique pour rejoindre Ten’, qui grattait à la porte qui menait dans l’autre monde.

— Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? Où sont Hélène et Aurore ?
Questionna t-il en sachant qu’il n’allait avoir aucune réponse.

Ten’ chouina, désespéremment en lui tournant autour pour qu’il ouvre et le laisse partir.

— Bon, attends encore un peu. Je finis de fermer et je t’accompagne, d’accord ?

Impatient, Ten’ n’avait pas d’autre choix, et arrêta au moins de gratter à la porte.
Alain ne prit pas trop de temps, il vérifia que la porte du magasin était bien verrouillée ainsi que celle menant à l’arrière boutique et le sas. Double précaution.
À peine il ouvrit, Ten’ se faufila et courut droit devant, sachant déjà où il devait se rendre.
Alain eut du mal à le suivre.
La porte menait à une sorte de débarras, et derrière les tas de cartons et étagères, il y avait un rideau qui cachait un mur non palpable.
Encore une précaution de plus. Le mur faisait illusion mais lorsqu’on tendait la main, elle passait à travers.
Après ce mur, il y avait un couloir et une seconde porte qui menait vers le château de Gabriel et Alexandra.
Ce portail avait été installé peu de temps après l’achat des murs de la boutique, et il était bien pratique pour retourner à la maison en cas de problème.
Ten’ fonça vers l’extérieur et se rendit chez William.
Alain dut courir pour tenter de le rattraper, ne sachant pas ce qu’il se passait, il ne craignait qu’une chose, qu’il s’en aille et ne revienne jamais. Il ne savait pas ce qu il aurait dit à Aurore. Il n’avait jamais été très proche de Ten’ et il ne comprenait pas son comportement. Il n’avait pas la patience avec les animaux.
Il se souvenait de William et il le salua, gêné, lorsque Ten’ vint lui sauter dessus, dans le jardin de ses parents.

— Wow, doucement mon grand, qu’est-ce qu’il se passe ?
Répondit-il, souriant et caressant Ten’ avec affection.

— Salut William, désolé, je ne sais pas ce qui lui prend… il est rentré seul et je n’ai pas vu Aurore ni Hélène…
— Salut Alain.

William remarqua l’état de Ten’ et l’ausculta tout en le caressant.

— Il y a un problème… ?
Demanda Alain, le voyant songeur.

— Il est rentré il y a longtemps… ? Tu sais où il était… ? Ca sent… la magie et il est blessé légèrement à quelques endroits.
— Il y a moins d’une demi-heure, je dirais… bah dis donc, ça l’a pas gêne pour tracer, apparemment, ses blessures. Il était avec elles pour une balade en montagnes, mais il me semble qu’elles étaient en voiture. C’est pas la porte à côté…

Il sortit son téléphone pour tenter de les appeler ou de leur envoyer un message.
Sans succès.
Ten’ aboya.

— Mon grand… Aurore et Hélène… est-ce qu’elles sont en danger… ?

William le regarda dans les yeux et Ten’ aboya une seconde fois, il le tira avec sa gueule, par son pull, pour qu’il se lève et le suive.
Alain commença à s’inquiéter réellement.

— Est-ce que tu crois… ?
— Je ne sais pas… mais suivons le. Il n’est pas dans son état habituel… je crois qu’il veut nous emmener quelque part.
— J’appelle mes parents, j’ai un mauvais pressentiment…

*

— Aurore ? Hélène ?

Alexandra était dans son bureau et Gabriel était dans la même pièce, elle répondait au téléphone et le ton qu’elle avait, fit lever le visage de son époux vers elle.

— Il y a un problème ?
Demanda t-il, sans attendre de réponse immédiate.

Elle lui fit signe d’attendre.

— Ok, j’arrive tout de suite, je m’occupe de prévenir Chris. On se rejoint dans la boutique.

Elle raccrocha et attrapa son manteau avant d’ouvrir la porte.

— Aurore et Hélène ne sont pas rentrées, Ten’ est avec Alain. J’y vais, je te préviendrai. William est là aussi.
— Quoi ? Et tu me laisses là ?
— Il faut que quelqu’un reste ici.
— Ok, laisse moi voir si j’ai des infos ici, à ce sujet… on ne sait jamais. Mais tu n’y vas pas seule !
— Je prends Chris au passage, ne t’en fais pas.
— Si elles ont vraiment disparu… merde !

— Ca va aller… on va les retrouver… elles ne doivent pas être très loin. Ca ne fait même pas 24h…
Dit-elle, pour se rassurer.

Elle lui sourit, avant de franchir la porte.
Le coeur battant, serré, elle était morte d’inquiétude.
Elle tenta de contrôler ses émotions et se rendit directement sur le lieu de travail de Chris qui fut surpris de la voir arriver à moitié essoufflée.

— Alexandra ?
— Chris, prends le minimum et suis moi. Alain nous attend à la boutique.
— Pardon ?
— Hélène et Aurore ne sont pas rentrées… Ten’ semble savoir où elles sont, ils nous attendent avant de faire le trajet.
— Ok, laisse moi 2 minutes, j’arrive.

Il prit sa veste et y rangea ses armes favorites avant de suivre Alexandra jusqu’à la porte de téléportation.
Il remarqua son inquiètude et ce fut à son tour de la rassurer.

— Hé… on va les retrouver, d’accord ?
Dit-il en serrant sa main dans la sienne.

Elle sourit timidement, sans être convaincue mais ses mots la réconforterent un peu.
Elle savait qu’elle ne devait pas céder à la panique, mais elle s’imaginait le pire.
Un accident de voiture ?
William avait dû calmer Ten’ et lui donner de l’eau et de quoi manger, par chance Aurore avait laissé un sac de croquettes dans la réserve, au cas où.

— Là, là… reprends des forces, on en a pas pour longtemps, on va te suivre après, je sais que le temps presse mais on doit prendre nos précautions et s’organiser.

William caressa Ten’ tout en lui parlant, accroupi à ses côtés. Comme s’il pouvait comprendre ses mots.
Alain le regardait faire et il était rassuré qu’il soit là. Il n’aurait jamais pu gérer Ten’ seul. Il se sentit idiot et inutile. Il n’eut pas trop le temps d’y penser, que la porte de la réserve s’ouvrit.
Ils arrivèrent dans la boutique et ils remarquèrent la présence de William.

— Bonjour…
Salua t-il timidement, son coeur fit un bond à la vue de Chris.

— William… ah… avec Ten’, j’aurais dû m’en douter.
Dit Chris, compréhensif.

— Si, ça concerne Aurore…
Précisa t-il, gêné.

— Je sais que tu connais mieux Ten’ que nous, mais tu n’es pas obligé de nous accompagner.. je ne sais pas ce qui nous attend.
Dit Chris.

— J’y tiens.
Répondit-il, d’une voix assurée.

Ils s’échangèrent tous un regard approbateur et ils se mirent en route.
Ce fut long, ils durent y aller à pieds en empruntant des petits chemins dans les bois parce que Ten’ était passé par là sur le chemin du retour.
Ils lui faisait confiance mais avec la nuit et le froid, ils ne savaient pas encore combien de temps ils allaient devoir marcher.
Puis ils virent des lianes qu’ils reconnurent, surtout Alexandra, Chris et Alain.
Et la voiture d’Hélène.
Alexandra se précipita sur la voiture, vérifiant si elles étaient encore dedans.
Ten’, pista les dernières traces jusqu’à quelques mètres plus loin et s’arrêta à un endroit et chouina, et s’écroula de fatigue.

— Merci Ten’, c’est du beau boulot… tu dois te reposer maintenant.

William resta à ses côtés pour vérifier qu’il n’était pas blessé ailleurs.
Quant à Chris, ayant l’habitude du terrain, il vérifia les alentours et remarqua les traces de lutte et les indices laissés par ci et par là.
Alain resta planté là, sans pouvoir faire quelque chose, désemparé. Sa soeur n’était pas là et au vu des indices qu’il avait sous les yeux, cela ressemblait à un accident mais il n’y avait aucune trace de leur corps.
Il avait un pressentiment que sa soeur était en vie mais il ne savait pas si c’était ce qu’il essayait de se convaincre ou la fameuse intuition des jumeaux.
Voyant leur fils et son état devant la scène après bataille, Chris s’adressa à lui.

— Il se fait tard… rentrez avec William et Ten’, reposez vous. La soirée à été longue. On va continuer à chercher avec maman. Ok ?
— … Papa…
— Je préfère que tu sois en sécurite à la maison, préviens Gabriel de la situation et de ce que tu sais.
— On ne capte pas du tout ici. Impossible d’envoyer des messages sur le téléphone. Les filles ont dû se rendre compte de la même chose.
— Elles se sont battues contre quelque chose, c’est certain. Ten’ est blessé donc ça confirme cette hypothèse, et je ressens des traces de portail juste là où Ten’ s’est pose. Je pense qu’il a dû perdre leur trace à cet endroit.
— Je vais ouvrir un portail un peu plus loin, près de la voiture, venez.

Alexandra se dirigea vers l’endroit propice et se concentra avant de faire apparaître une petite fissure en diagonale assez large pour faire passer une personne. Elle n’était pas très douée pour ce genre de magie mais cela devrait suffire, elle avait posé le point de sortie dans la réserve de la boutique. Tant que le portail permettait de se déplacer dans le même monde, il n’était pas trop gourmand en terme d’énergie.

— Merci maman.

William eut du mal à relever Ten’ et tenta de le porter, mais il était trop grand et lourd.
Ten’ réussit à se remettre debout et marcher jusqu’au portail avec difficulté.

— Allez mon grand, encore un petit effort et on sera rentré. Je vais te soigner chez moi.
Dit William pour l’encourager.

— Merci William…
Remercia Alexandra avant qu’il ne passe le portail.

Il força un sourire.

— On te tiendra au courant de la suite, merci encore pour tout…

*

Chris et Alexandra étaient maintenant seuls.

— La trace s’arrête ici… difficile de dire combien ils étaient mais certainement trop forts. On peut commencer à compter par ici. C’est étrange qu’ils n’aient pas laissé de traces avant.
— C’est Aurore qui a invoqué son pouvoir pour la voiture… au vu du sens, elles sont tombées de la route au dessus mais il n’y a aucun impact. Je n’ai pas vu de trace de sang à l’intérieur, j’espère qu’elles vont bien…
— Il n’y a pas de trace de sang sur le sol non plus, peu importe leur raison, ils les voulaient en bon état… heureusement…
— Super… pour combien de temps… ?

Elle soupira et se remit en marche pour repasser l’endroit au peigne fin, la boule au ventre.
C’était certain, c’était un enlèvement.

« J’espère qu’elles vont bien, j’espère qu’elles sont encore en vie. »
Se répétait-elle, en boucle, perdue dans ses pensées, le regard à l’affut du moindre indice.

Chris, s’en rendit compte, il la connaissait trop bien. Il était également inquiet pour Hélène et Aurore, mais il réussissait à garder un certain calme. Maître de ses émotions, peut-être qu’il n’arrivait pas encore à réaliser la gravité de la situation.
Il attrapa la main d’Alexandra et la serra contre sa poitrine.

— Je suis désolée…
Lâcha t-elle, les larmes aux yeux. Ses émotions venaient de prendre le dessus et le geste de Chris venait d’ouvrir ses vannes.

— Ne sois pas désolée, on a quelques indices, on va les retrouver, et vite… rentrons pour prévenir Gabriel. Je ne pense pas qu’on puisse trouver autre chose. Les traces disparaissent avec le portail qu’ils ont posé. Il nous faudra un spécialiste pour nous en dire plus sur la distance de la sortie, ou même la destination…

— Ah… tu as raison, rentrons. Il fait trop sombre pour bien y voir… je vais rouvrir mon portail vers la boutique…
— Ca va aller… ?
— Oui… merci Chris… je sais que je ne devrais pas perdre mon calme comme ça…

Il l’embrassa sur le front.

*

Ten’ était en soin chez William.
Alain était auprès de Gabriel et Cean les avaient rejoint.
Ils étaient dans le bureau et attendaient le retour d’Alexandra et Chris.
Lorsqu’ils arrivèrent, elle s’approcha de Gabriel, Chris s’était approché de son fils pour lui parler.
Gabriel ne put s’empêcher d’attraper Alexandra et de la serrer dans ses bras.
Il avait remarqué ses yeux légèrement rouges et malgré son sourire forcé, il la connaissait trop bien pour deviner qu’intérieurement, elle était beaucoup trop inquiète.

— Alain m’a fait un résumé, est-ce qu’il y a autre chose que je dois savoir… ?
Demanda t-il, en serrant la main d’Alexandra.

— Chris a proposé qu’on demande un expert de portails de téléportation. Il doit rester des résidus qu’on peut encore analyser… aucune nouvelles de ton côté ?
— Non. C’est étrange qu’on ait rien reçu comme demande de rançon… ni aucune annonce au sujet d’enlèvement… j’ai déjà fait une demande pour l’expert, il ne devrait plus trop tarder. De mon côté… je n’ai rien trouvé, encore…

— Il n’y avait pas de trace de sang, même s’il y a eu une lutte, je pense qu’elles ont été en sous nombre et contre beaucoup plus fort. J’ai une certaine certitude qu’ils les voulaient en vie…
Expliqua Chris.

— C’est toujours ça de prit… qu’est-ce qu’ils peuvent bien leur vouloir s’ils n’en n’ont pas après nous… ?

Alain n’osait pas s’exprimer. Il se sentait coupable de n’avoir pas réagit plus vite, et compris le message lorsque Ten’ rentra seul.

— Alain… tu n’aurais rien pu faire de plus, ne te jette pas la faute. Lorsque Ten’ est rentré, je pense qu’elles avaient déjà pris le portail, depuis un long moment.
Essaya Chris, de lui remonter le moral.

Il baissait la tête, les poings serrés, en restant silencieux.
Chris n’insista pas plus.
Cean était également silencieux, il écoutait les échanges sans broncher. Sa seule forme d’expression était son poing qui était crispé et serré.
Sa soeur, ses soeurs avaient disparu et il n’arrivait pas à imaginer un scénario qui se finissait bien.
Il n’avait aucune idée de comment les retrouver, ni ses parents. Il sentait le désespoir dans cette pièce mais ils devaient y croire.
Après avoir échangé leurs informations, cela ne servait à rien d’étaler leurs hypothèses et ressasser les idées noires. Cean et Alain quittèrent la pièce, après que leurs parents les mirent en garde de faire attention et ne pas s’éloigner ni se balader seuls.

— On sait. On sait se défendre maman…
Avait répondu Cean, exaspéré.

— Hélène aussi… sait se défendre… ne sous-estimons pas l’ennemi.
Répliqua Chris, pour le mettre en garde.

— … On fera attention.
Finit par dire Cean, un peu gêné de s’être fait reprendre.

Ils ne pouvaient rien faire d’autre qu’attendre.
Les minutes et les heures passèrent et Alexandra, ne pouvant tenir sur place, se rendit dans la salle d’entraînement pour s’échauffer et laisser échapper toute cette frustration. Tenter de penser à autre chose.
Gabriel ne pouvait pas se joindre à elle, il lui restait d’autres affaires à traiter, il jeta un coup d’oeil à Chris et lui fit un léger signe de la tête pour lui demander de la suivre. Chris acquiesça, c’était ce qu’il avait prévu, et ils quittèrent le bureau, laissant Gabriel seul.
Chris servait d’adversaire et en profita pour s’échauffer également, se tenant prêt pour toute éventualité.
Alain et Cean avaient fini par avoir la même idée et, en entendant du bruit dans cette salle d’entraînement, curieux, ils y jetèrent un coup d’oeil, et ils virent leur mère se battre avec Chris qui défendait. Parant chaque coup. Il était concentré et cela ressemblait à un combat unilatéral. Ils avaient rarement l’occasion d’assister à un entraînement sérieux de leur mère.
Ils s’échangèrent un regard, puis essayèrent de se remémorer la dernière fois qu’ils avaient pu regarder leur mère se battre. Cela remontait à trop loin. Lorsqu’ils étaient encore petits et qu’ils avaient l’habitude de la suivre partout.
Ils en eurent quelques sueurs froides de voir la différence de force entre elle et eux, et se jaugèrent mutuellement. Pensant la même chose, qu’ils devraient également s’entraîner plus souvent.
Ils avaient grandi et ils avaient suivi des cours, mais il était vrai qu’ils n’avaient plus eu d’occasion ni de raison de se battre sérieusement.
Ils n’osèrent pas déranger et s’en allèrent, utiliser une autre salle d’entraînement.
Chris les avait vu, leur mère étant dos à eux, et trop concentrée, elle n’avait pas fait plus attention.
Il jeta un regard rapide vers la porte entrouverte lorsqu’ils s’en allèrent.

— Es-tu prête ? C’est à mon tour.
Dit-il, avec un sourire mesquin sur son visage.

Elle était essoufflée et voyant son attitude joueuse, elle ne put que se détendre et lâcher un petit rire.

— Pardon, je crois que j’y suis allée un peu fort… ok, à ton tour.

Elle prit un peu de recul et changea de position de son corps pour être de trois-quart en face de lui, les poings levés, elle se balançait d’un pied sur l’autre. Prête à parer quelques coups, elle hôcha la tête en sa direction.
Il n’y alla pas de main morte. Il commença fort et cela la surprit. Il sourit un peu plus, la voyant prise au dépourvu, elle se repositionna et para les coups.
Son humeur taquine l’aida à relâcher la pression un instant, se prenant au jeu, elle laissa de côté ses angoisses et sa colère face au temps qui s’écoulait.

— Ca va mieux ?
S’enquit-il.

Elle lui sourit, transpirante, en guise de réponse.
Après leur session d’échanges. Ils sortirent de la salle et entendirent des éclats de voix dans une autre salle.
Elle s’étonna et interrogea Chris d’un regard.
Il haussa les épaules et l’incita à aller voir.
Elle ne se fit pas prier, et elle vit avec surprise ses fils.

— Ils sont venus jeter un coup d’oeil lorsqu’on s’entrainait.
— Je n’ai rien remarqué…
— Tu étais trop dedans en plus d’être de dos.
— … Parfois j’oublie qu’ils sont adultes et indépendants…

— Même s’ils ont de bons restes, ils devraient clairement revenir aux cours des confirmés.
Soupira Chris.

Ce qui fit glousser Alexandra.
Après leur séance, ils se dirigèrent vers les douches.
Les garçons dans la partie du vestiaire qui leur était réservée, Alexandra préféra rentrer chez elle.

*

Ce fut en pleine nuit qu’ils eurent des nouvelles des experts. Ils avaient réussi à trouver une trace infime du lieu possible d’arrivée du portail. Le résidu était faible mais ils étaient presque certains que c’était dans leur dimension, et la distance probable était vaste mais cela leur donnait un lieu où commencer les recherches.
La carte indiquait une région qu’ils connaissaient peu, rocheuse, montagneuse. Ils ne savaient même pas quelle éthnie occupait cette zone et la probabilité qu’elle soit hostile à leur égard était forte.

— Voici donc le périmètre possible… rien ne nous dit qu’elles soient là, mais au moins, cela nous indique un endroit où on peut commencer à enquêter.
— Ce n’est pas la porte à côté…
— J’ai déjà une équipe qui est partie faire un premier repérage, je préfere attendre leur retour avant de foncer tête baissée.
— Je suis d’accord… même si j’ai du mal à ne rien faire, je sais que c’est la décision la plus sage. Toujours rien sur une potentielle rançon… ?
— Rien. Personne d’extérieur n’a cherché à me joindre. Pas de message. À croire que ça n’a aucun lien avec nous.
— Ou alors… ils n’ont aucune intention de négocier…

Chris était resté songeur.
Etudiant le dénivelé de la carte, il finit par s’exprimer après avoir écouté les arguments des deux autres.

— On va avoir besoin de Ten’… je vais aller voir William et en discuter avec lui, déjà pour savoir si son état lui permet de nous accompagner… mais j’ai peur que sans lui, on n’arrive à rien. Il y a énormément de montagnes… cela leur offre un avantage et de quoi se cacher.

Alexandra se dirigea vers lui et attrapa sa main pour la serrer dans la sienne. Sans un mot.
Il se tourna vers elle et lui sourit tristement.
Son étreinte était plus forte.
Même s’il gardait son sang-froid, il était extrêmement inquiet et essayait de ne pas le montrer.
Elle resta à ses côtés et elle le connaissait assez pour savoir que cette situation l’affectait.
Elle lui apportait du soutient.

 

2021.06.09

2 réflexions sur “Disparition

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