Papillon

Alys préféra attendre Rose à l’extérieur des vestiaires.
D’autres personnes arrivèrent pour y entrer et elle les salua timidement, même si elle avait l’habitude de se faire ignorer. Cela la blessait un tout petit peu au fond d’elle mais elle essayait de ne plus y penser.
Rose lui faisait oublier sa condition particulière et elle lui en était entièrement reconnaissante.
Pour éviter de croiser d’autres personnes.
Elle s’aventura dans le jardin intérieur. Il était entretenu et magnifique. Il y avait un banc simple en bois sur lequel elle pourrait s’asseoir pour attendre son amie.
Il y avait de grands buissons et autres plantes qui l’isolaient un peu sans non plus l’empêcher d’être vue si on s’attardait un peu plus sur l’endroit.
De plus, elle s’était positionnée pour voir l’entrée du vestiaire pour guetter Rose lorsqu’elle aurait fini.
En s’avançant sur le lieu, une petite terrasse en bois légèrement surélévée était installée pour ne pas marcher directement sur les plantes.
Elle aperçut un petit papillon aux ailes abîmées, posé sur une feuille. Il avait du mal à voler et semblait à bout de forces.
Elle s’accroupit à sa hauteur et tendit sa main pour le faire monter sur ses doigts.
Elle le prit avec elle et s’assit sur le banc en continuant de l’observer tristement.
Elle se reconnaissait dans cet insecte épuisé et qui n’était plus capable de voler, qui allait certainement mourir incessament sous peu.

Cendre avait fini de donner des conseils à Basile et se dirigeait vers le vestiaire également.
Il vit tout de suite Alys dans le jardin et la vit observer le papillon sur son doigt.
Il s’arrêta inconsciemment pour l’admirer, il était comme hypnotisé.
Basile était juste derrière lui et vit la scène, il le tira de sa rêverie.

— On va aux vestiaires ?
Dit-il d’un ton neutre mais assez fort pour que Cendre entende.

Il l’avait interpelé comme si de rien n’était.
Cendre se retourna aussitôt, et continua son chemin.
Il devait se ressaisir.

*

Lorsque Basile et Cendre furent dans sa chambre et qu’ils firent leurs affaires.
Cendre commença par aborder le problème.

— Je t’apprécie mais je crois que je suis amoureux de quelqu’un d’autre…
Avoua t-il.

— Je sais…
Répondit Basile.

Les yeux écarquillés, Cendre se retourna vers lui.

— C’est l’amie de Rose, n’est-ce pas ?
Enchaîna t-il, attristé.

— Oui… je sais que c’est un amour à sens unique, mais je préfère être sincère avec toi. Je ne sais pas où notre relation va nous mener.

Cendre avait repris son air sérieux.

— Voilà dans quoi tu t’engages…

— Ça ne me fait pas peur. Rien qu’être à tes côtés me suffit.
Dit Basile.

— Pour l’instant. Le jour où cela ne te suffira plus, tu seras libre d’arrêter. Mais à quel prix ?
Cendre était pragmatique.

— Je suis prêt à en payer le prix. Je sais que je finirais peut-être blessé à la fin. Mais s’il y a une infime chance que tu oublies l’Ignorée pour être heureux avec moi. Je la prends.

Basile était déterminé.
Cendre ne savait pas quoi répondre.

— Donne-moi cette chance.
Supplia Basile.

Cendre s’avança vers lui pour lui enlacer la nuque et le serrer contre lui.

— D’accord, donnons-nous cette chance.

*

— Excuse-moi, je ne peux pas. Alys occupe toutes mes pensées et cela ne serait pas raisonnable de ma part.
Déclina Cendre.

Basile encore sur le lit, réfléchissait et avait encaissé le refus. Il s’en doutait mais voulait tenter.

— Je comprends. Je l’avais remarqué.
Se résigna t-il.

— Cela se voit tant que ça ?…>
S’inquiéta Cendre.

— Non. C’est juste que je passe mon temps à t’observer, bien sûr que je l’ai remarqué.
Rit Basile.

Cendre était extrêmement gêné.

— La seule chose que je peux te proposer, si cela t’intéresse, bien sûr. On peut coucher ensemble plus ou moins régulièrement.
Exprima Cendre en toute sincérité.

Les yeux de Basile s’écarquillèrent.

— T’es sérieux ?
Il était interloqué.

— Oui. Le moment qu’on a passé ensemble n’était pas désagréable.
Cendre se rassit sur le rebord du lit et observait avec amusement la réaction de Basile.

— Bien sûr que ça m’intéresse !
Répondit-il joyeux.

— Si cela te convient, on peut faire ça.

Cendre se pencha sur lui et commença par l’embrasser de nouveau et ils repartirent pour un second round.

*

La relation entre Cendre et Basile était bénéfique pour les deux.
Basile osait de plus en plus frapper Cendre lors des cours privés qu’il avait la chance de recevoir, parce qu’il les demandait à la fin des cours collectifs.
Cendre aimait le voir motivé et il s’améliorait.
À son rythme, mais il y a avait des progrès.
Les autres élèves se doutaient de quelque chose mais chacun avait du respect pour la vie privée des autres, tant que cela n’empiétait pas sur la vie quotidienne de l’école, il n’y avait rien de plus à ajouter.
Ainsi, ils se voyaient de temps en temps, généralement après la séance, après leurs douches, parfois dans la douche.
Cela était devenu leur quotidien.

2019.04.24

Une réflexion sur “Papillon

  1. Fluo dit :

    Je peux comprendre Basile qui veut être un maximum auprès de Cendre et qui accepte la situation mais je l’aurais pensé un peu plus triste ou déçu que Cendre lui disent que leur relation ne pourrait pas être amoureuse.

    J’aime bien la profondeur que prend ton récit avec cette situation et je suis curieux de voir la suite de l’histoire.

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