Gercées

J’etais allée voir l’état de Chris lorsque je m’étais suffisament reposer.
Gabriel était aux petits soins avec moi, même si je lui disais que ça allait beaucoup mieux, il sentait que quelque chose avait changé en moi.
J’étais distante, avec tout le monde.
Je n’arrêtais pas de penser à Chris et à son baiser.
J’étais perturbée et le contact physique d’un homme, même Gabriel que j’aimais de tout mon être, m’effrayait. Je me mettais à trembler et à avoir un rejet.

Perdue dans mes pensées, je me retrouvais finalement devant la salle de soin de Chris.
Il y avait une baie vitrée qui donnait sur une vue en plongée sur la pièce.
Chris était allongé sur la table de soin.
Il avait les cheveux lâchés et emmêlés.
Des tuyaux et des câbles couraient un peu partout sur son corps, je voyais bien ses bleus et ses autres blessures.
Il était examiné et bien pris en charge.
J’étais rassurée de voir que son état était stable.
Chrystal me vit et vint à ma rencontre pour m’en parler.
M’expliquant la situation, que Chris avait perdu la mémoire à partir de quand il avait été contrôlé. Il avait un black out de quelques semaines.
Je discutais avec Chrystal.
Chris ouvrit doucement les yeux et me vit derrière la vitre. Rapidement. Je n’avais pas fait attention, mon regard était concentré sur Chrystal.
Il me vit repartir.
Il aurait voulu se relever pour m’empêcher de m’en aller, mais il était encore trop faible.

*

Lorsqu’il se rétablit, la vie reprit son cours normal.
Sauf qu’il finit par remarquer que je l’évitais.
Il en avait parlé avec Gabriel mais il lui avait dit qu’il devait me poser la question lui-même, au sujet de ce qui s’était exactement passé.
La version officielle des faits disait qu’il m’avait juste attaquée.
Je ne pouvais m’empêcher d’être mal à l’aise en sa présence, mais je ne pouvais pas lui reprocher ses gestes alors qu’il n’était pas conscient de ce qu’il faisait.
Le soir, il m’arrivait de tremblotter et être distante envers Gabriel. Je voyais qu’il était également atteint par ma peine.

*

Ce jour-là, Gabriel était sorti plus tôt que moi de notre chambre. Il me dit qu’il avait des choses à régler.
Il me jeta un dernier regard avant de refermer la porte derrière lui.
J’étais assise devant ma coiffeuse pour me rendre présentable.
J’entendis la porte se rouvrir.
Je pensais que Gabriel avait oublié quelque chose.
Je me figeai lorsque je vis Chris.
Il verrouilla la porte de l’intérieur et me chercha du regard dans la chambre.
J’avais fini de me préparer et je me levais rapidement.

— Qu’est-ce que tu fais ici ?
Demandais-je, sèchement.

— J’ai quelque chose à te demander.
Dit-il, en ne bougeant pas de sa position.

Je ne voulais pas être plus longtemps dans la même pièce que lui, j’étais mal à l’aise, je ne savais pas comment réagir.
Je me précipitais vers la porte et lui demandai de me laisser sortir.

— Je dois y aller. On en discutera une prochaine fois…

J’essayais d’ouvrir le verrou, lorsqu’il bloqua la porte avec sa main et son pied.
Sa carrure recouvrant la mienne, il me surplombait.

— Je ne te laisserai pas sortir tant que tu ne m’auras pas tout dit. Je sais que tu m’évites…

Je me retournais vers lui, affrontant son regard.

— Dis-moi ce qu’il s’est passé pour que tu sois si distante avec moi. Je veux savoir la vérité.

Je détournai le regard, ne voulant pas y penser.

— Tu n’as pas besoin de le savoir, tu n’y étais pour rien. Ce n’est pas de ta faute…
— C’est moi qui décide si j’ai ou non besoin de le savoir.

Il commença à hausser le ton et cela me faisait un peu peur.

— Tu ne comptes vraiment rien me dire ? Tu sais que je ne peux pas le demander à une autre personne ?

Je le regardais dans les yeux à nouveau, déterminée.

— Dans ce cas… tu ne me laisses pas le choix. Excuse-moi d’avance pour ce que je vais te faire…

Il approcha son autre main de mon visage et posa son front sur le mien.
Il se passa une seconde et le contact se termina.

Chris venait de pénétrer dans ma mémoire pour voir l’objet de mon traumatisme.
Il n’eut pas la peine de chercher ce souvenir spécifique, sa présence l’avait ravivé et il était tombé dessus très rapidement.
Lorsque le contact prit fin, il me regarda d’un air triste.

— Comment ai-je pu… je suis terriblement désolé…
— Chris… ce n’est pas de ta faute…

J’essayais de le consoler, mais lorsque je voulus prendre son visage dans mes mains, elles se mirent à trembler.
Il m’attrapa les mains et me regarda dans les yeux, avant de déclarer.

— Je suis désolé mais je ne veux pas que tu aies ce souvenir de moi, et quitte à ce que tu me fasses la tête, je veux le faire quand je suis conscient.

Il m’embrassa sur la bouche.

Je ne m’y attendais pas du tout.
Ses lèvres étaient chaudes, douces, quoique qu’un peu gercées. Son geste était chaleureux. Rien à voir avec son baiser d’avant qui était vide de vie et de passion.

2017.08.26

2 réflexions sur “Gercées

  1. james dit :

    très surpris du move de Chris, qui l’embrasse, alors qu’elle vient de se remémorer son agression. ça peut marcher, mais c’est très risqué. si elle n’avait pas appréciée, s’en était fini de lui.

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