Réminiscence

Elle était dans un endroit sombre et bruyant.
Elle discernait mal les gens autour d’elle.
Les bruits avaient un rythme. C’était une sorte de musique.
Elle essaya de marcher à tatons jusqu’à la source du son.
Une porte s’ouvrit et elle se retrouva dans une salle à néons et rayons de lumières et une foule de gens en train de danser, discuter et boire.
C’était étrangement familier.
Elle s’assit sur un tabouret à la table du bar, il n’y avait personne autour d’elle mais le barman lui apporta un verre.
Il lui fit signe que c’était offert par la maison.
Elle ne se posa pas de questions et commença à siroter sa boisson.
Elle but une gorgée et sentit l’alcool qui réchauffa son corps.
Elle s’arrêta et préféra ne pas continuer à boire.
Elle avait l’impression d’attendre quelqu’un.
Elle jetait des coups d’oeil par-ci par-là, dans l’espoir de croiser quelqu’un qu’elle connaissait.
Le bruit était insupportable et elle décida de s’isoler dans les toilettes.
C’étaient des toilettes mixtes.
La musique y était moins forte mais d’autres bruits étaient présents.
Elle entendait des gémissements et des cris des cabines. Hommes ou femmes. Ils devaient passer un bon moment.
Elle se regarda dans le miroir et elle vit quelqu’un derrière elle.
Elle se retourna à toute vitesse, de surprise.
Il semblait lui vouloir quelque chose.
Il lui attrapa le poignet et étrangement elle n’arrivait pas à se débattre.
Ses forces étaient en train de la quitter.
Elle repensa à la boisson mais elle n’en avait bu qu’une gorgée.
Il l’assoma et elle se réveilla en sursaut.

Elle était dans son lit d’hôpital. En sueurs.

— Ce n’était pas un rêve… C’était pas un rêve…

Dès le lendemain matin, elle voulait voir les inspecteurs.
Son père lui rendit visite, et elle essaya de le convaincre qu’elle était en état de faire l’interrogatoire. Il insista pour rester avec elle et d’arrêter tout si cela n’allait pas.

— Je comprends que tu veuilles éclaircir cette affaire… mais tu es encore affaiblie….

Lui qui naturellement était un peu distant, il la serra dans ses bras.

— Je suis rassuré que tu te sois réveillée et que tu te sentes mieux…

Dit-il en lui caressant les cheveux.

— Papa…

Les mots lui manquaient mais elle était touchée par les sentiments de son père. Après tout, il avait déjà perdu sa mère. C’était normal qu’il s’inquiète pour la santé de ses enfants.

Les inspecteurs entrèrent dans la chambre et posèrent leurs questions.
Elle leur expliqua qu’elle ne se souvenait pas de tous les détails mais qu’elle souhaiterait se rendre sur les lieux.
Ils furent étonnés mais contents qu’elle demande cela d’elle-même.
Son père voulu s’y opposer, mais se contenta d’ajouter qu’il l’accompagnerait.
Ils repartirent assez satisfaits malgré qu’elle n’ait pas pu répondre à la majorité de leurs questions.

— Tu n’es pas encore en état pour marcher… Si tu tiens vraiment à te rendre sur les lieux, je vais voir si on peut emprunter une chaise roulante…
— Merci papa… J’y tiens vraiment… La nuit dernière, j’ai rêvé que j’étais dans un bar… C’était étrange… J’avais l’impression que c’était réel. J’ai besoin de savoir si cela était vrai…
— D’accord. N’en fais pas trop. Je vais devoir retourner au travail. Repose-toi bien.

Il l’embrassa sur le front avant de sortir, en regardant une dernière fois sa fille dans son lit, qui lui souriait.

La chambre de sa fille était sous surveillance par un homme du patron, mais il ne pouvait s’empêcher d’être inquiet.
Personne mis à part son frère et son père n’avait le droit de lui rendre visite et ne connaissait son numéro de chambre.

2016.04.06

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