Vente

Elle avait été vendue par sa propre mère.
Elle l’avait emmenée dans une ruelle sombre ou elle avait rendez-vous avec un homme étrange.
Sa mère lui avait demandée de le suivre et que tout irait bien.
L’homme lui donna un sac remplit de pièces, à priori, en échange. Et ils se quittèrent.
Il attendit que sa mère parte pour s’approcher de la fillette.
Il leva sa main et ouvrit un portail vers un autre monde.
Ils s’engouffrèrent dedans.
Ils étaient maintenant dans un tout autre endroit.
C’était une chambre bien décorée et meublée.
Il lui expliqua à peine les choses. Il retira sa cape et sa capuche et demanda à la jeune fille de se mettre à l’aise.
Elle n’osa pas faire ce qu’il disait.
Il soupira et l’ordonna de se déshabiller et d’aller dans la salle de bain juste à côté. Le ton était froid et imposant. Elle tremblait.
Il avait les cheveux longs et noirs, le regard dur. Il soupira une nouvelle fois et d’un pas lourd, il s’approcha d’elle et la déshabilla de force, avant de la pousser jusqu’à la salle de bain.

— Qu’est-ce que tu comprends pas ?

Il se déshabilla également et la força à se laver sous la douche italienne.
Il la toucha et en profita pour la violer.
Elle avait beau crier et pleurer, il ne la ménagea pas.
Il la sécha et l’allongea dans son lit.

— Tu commences demain. Tu as intérêt à être prête.

Et il quitta la pièce sur ces mots, après avoir récupéré ses vêtements et sa cape.

Il tenait une sorte de maison close où les filles étaient jeunes et désirables. Ses filles avaient un tableau de compétition selon les clients qu’elles arrivaient à attirer. La plupart avait déjà subi ce traitement de bienvenue. Elles s’étaient habituées à leurs routines et jouissaient des biens mis à leur disposition selon leurs performances.
Les clients adoraient offrir des cadeaux.
Lui, il était le patron de ce petit havre de plaisir pour les perverts.
Tant que sa marchandise n’était pas abîmée, il était content de ses bénéfices.

Cependant, sa nouvelle recrue avait beau être mignonne, elle ne se pliait pas à ses règles et résistait malgré plusieurs mois de conditionnement.
Elle faisait la morte lorsque les clients la choisissait, elle ne faisait rien pour se mettre en valeur, malgré les cadeaux et autres présents et produits de luxe qu’on pouvait lui mettre à disposition. Elle ignorait tout ça. Elle ne pleurait plus et avait décidé de jeter ses sentiments.
Elle avait un très mauvais caractère. Cela attira encore plus de clients obsédés par le défi de la faire réagir.
Le boss alla lui rendre visite plusieurs fois pour essayer de la comprendre. C’était la première fois qu’il avait affaire à ce genre de personnalité butée.
Il tenta de lui expliquer qu’elle était populaire. Qu’il ne s’y attendait pas mais qu’il était plutôt content du résultat.

Cela attisa la jalousie des autres filles, et l’une d’entres elle décida d’aller lui rendre visite et de lui abîmer le visage avec une paire de ciseaux.
Les chambres étaient surveillées par des caméras 24h/24 et il vit la scène.
Il se déplaca en personne pour donner une leçon à cette fille, avant qu’elle n’abîme son produit.
Il décida alors de garder sa poule aux oeufs d’or pour lui tout seul.

Elle tenta à plusieurs reprises d’en finir avec sa vie.
Il l’avait attachée à des sangles sur son propre lit, mais cela ne suffisait pas. Elle trouvait de nouvelles idées à chaque reprise.
Il était à la fois intrigué et épuisé de devoir faire attention à chaque instant.
Cela lui brisa le coeur mais il décida de la vendre aux enchères avant qu’elle ne meure par suicide. Il récupèrerait au moins les bénéfices.

Lors de la transaction, elle était enchaînée et les prix montèrent rapidement. Tout le monde était au courant de son histoire et n’étaient pas indifférents à son caractère et sa beauté mystérieuse.
Elle fut emmenée dans une voiture avec son nouveau maître qui avait l’air d’être encore plus dérangé que le précédent.
Elle tenta de s’enfuir et elle tomba au sol, se cognant la tête contre une pierre.
Son nouveau propriétaire s’énerva.

— Je viens de l’acheter et elle s’abîme déjà le visage ?! Cela ne va pas se passer comme ça.

Il l’attrapa par les cheveux et la soigna avec sa magie.
Elle entendit une voix dans sa tête.

— Es-tu prête à accepter ton pouvoir ?
— Pardon ?
— Acceptes-tu de nous donner ton sang en échange de ce pouvoir ?
— Faites ce que vous voulez, je m’en fiche…
— Nous prendrons ta réponse comme un oui. Le pacte sera scellé et tu disposeras de ce pouvoir. Nous sommes heureux de t’accueuillir parmi nous.

Sa haine envers les gens qui lui avaient fait subir tout ça était immense.
Elle sentit son énergie la quitter et elle perdit connaissance.
Des racines l’enveloppèrent et la soulevèrent au niveau des arbres.
L’homme paniqua et s’écarta. Le sol trembla et la terre se déroba sous ses pieds pour enfin l’engloutir et l’ensevelir vivant, lui et sa voiture et son chauffeur.
L’affaire ne fit pas de vagues.
Elle fut reposée sans connaissance en plein milieu de nulle part, seulement des racines pour la recouvrir et la réchauffer.

Quelques jours plus tard, un cavalier passait par là avec ses camarades, et ils s’arrêtèrent non loin, pour se reposer et faire leur ronde.
Ils remarquèrent des racines étranges et c’est là qu’ils virent la jeune fille à moitié ensevelie sous la terre et les racines.
Ils la tirèrent de là et l’enveloppèrent dans leur cape.
Elle avait le pouls faible et ils décidèrent de la ramener à leur école.

— Tu seras notre protégée tant que tu nous donneras ton énergie.
— Je ne comprends pas.
— Nous t’avons choisie.
— Pourquoi moi ?

2016.02.21

4 réflexions sur “Vente

  1. james dit :

    Je commence à penser que tes textes ne finirons jamais de me surprendre.
    Je me suis fait avoir par le premier texte « Nuit d’hiver ». Quand je l’ai lu, il décrivait une rencontre positive. Le personnage au long manteau lui souris, lui prend la main, et la réchauffe. Je n’ai pas vu un indice indiquant quelque chose de mauvais dans cette personne. Tout au plus étais-je légèrement surpris à la fin, quand cette personne la déshabille si promptement.
    Et si on passe « Violence » pour lire ce texte après « Nuit d’hiver », la première phrase fait s’écrouler toute la vision que j’avais du premier texte. En une seule phrase.

    Puis après, quand on pense avoir compris que le pire est arrivé, on continue de creuser. Avec des mots choisis de telle manière qu’on comprend – avant même de pouvoir le craindre – que les gens qui entourent le personnage principale sont purement mauvaises.

    J’ai plus qu’à lire la suite en espérant que la magie rende sa vie meilleur.

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