Plaquage

Il me dévisagea de haut en bas, et me plaqua par terre, d’un geste.
Il était beaucoup plus grand que moi. Sa carrure, ses mains imposantes, son visage marqué.
Je me retrouvais comme prise dans une cage, son corps au dessus du mien, et ses bras étaient comme des barrières qui m’empêchaient de faire le moindre geste.
Ses cheveux retombaient juste au dessus de moi.
Mon souffle s’était accéléré.

— Tout ce que je veux ?
Répéta t-il.

Je continuais à fixer son regard. J’étais comme hypnotisée.
Je me rendis compte de la bêtise de mes paroles.
Je fis vite ma réflexion. Je n’avais plus d’endroit où rentrer et je n’avais plus rien à perdre. Du moins c’est ce que je pensais.
Alors que j’étais perdue dans mes pensées, et que je n’avais rien à lui répondre.
Il se releva, et me libera.

— Arrête tes bêtises et rentre chez toi. Je n’ai rien à faire d’une gamine.
Ce n’est pas un jeu. Tes parents doivent s’inquiéter.

— Je n’ai plus de parents.
Dis-je calmement.

Son regard se posa sur moi, allongée au sol, je fixais un meuble au coin de la pièce pour éviter de croiser le sien.
Je le sentis hésiter puis il se retourna et continua son chemin.

— Fais comme tu veux.
Finit-il par lâcher, à contre coeur.

Le voyant quitter la pièce. Je me mis à réfléchir à ses paroles et ses gestes.
Il n’avait pas tort et je ne faisais que le déranger.
Je me relevais et refis le lit avant de me décider à plier bagage. Même si je n’en avais pas.
Lorsque je mis le pied dehors, il était déjà parti loin.
Je ne pus le remercier et lui dire que je partais.
Je commençais à m’éloigner de la petite maison dans la forêt.

2015.09.26

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