Petits

Tout petits, il s’occupait déjà de moi.
Marianne et ses parents étaient assez proches.
Ils avaient pris Marianne sous leur aile dès son arrivée. Entre gens de la plèbe, il falait se serrer les coudes. De plus elle avait un enfant à sa charge et ils se prirent de sympathie pour cette jeune femme.
Marianne était toujours souriante et accomplissait les tâches qu’on lui confiait sans se plaindre.
Ils lui enseignèrent les règles et les lois d’ici et elle leurs en fut très reconnaissante.
Ils avaient un fils plus âgé que moi.
Nous avions l’habitude de passer du temps ensemble lorsque ses parents étaient occupés par leur travail.
C’était également réciproque lorsque Marianne était occupée.
Nous fûment élevés comme frère et soeur.
Étrangement nous nous sommes jamais disputés. Avec l’âge nous passions moins en moins de temps ensemble. Lui, avait ses amis et jouait souvent à l’extérieur.
Moi, dès que je fus en âge de donner un coup de main, j’aidais Marianne dans ses tâches et j’en faisais même un peu plus.

Il rentrait parfois totalement recouvert de boue et n’osait pas le dire à ses parents.
Du coup, il frappait à notre porte et je le couvrais.
Il avait sa manière de toquer, il regardait légèrement de côté parce qu’il savait qu’il abusait, puis il me souriait en se grattant le visage.
Marianne ne disait rien, on lui prêtait des vêtements de rechange, et il se douchait chez nous.
Ses parents n’étaient pas dupes, ils étaient au courant.
Ils lui en parlèrent et malgré le savon qu’il reçu, il garda l’habitude de passer nous voir lorsqu’il était blessé. J’apportais la trousse de soin et je lui appliquais des pommades.
Marianne en discuta avec ses parents et les rassurèrent que cela ne nous gênait pas le moins du monde.
Lorsque j’avais fini d’aider Marianne dans ses tâches, je me rendais souvent chez Syfal et j’aidais sa mère.
Elle m’adorait. Je comprennais un peu mieux le sens d’avoir une mère mais je ne regrettais rien. Marianne était comme une mère pour moi et je ne l’échangerai pour rien au monde.

Nous nous voyions avec Syfal de manière toujours ponctuelle.
Il vivait sa vie et j’avais la mienne.
Lorsqu’il rentrait chez ses parents, je m’exclipsais discrètement pour les laisser tranquille. Même si sa mère insistait pour que je dîne chez eux.
Je refusais poliment, Marianne m’attendait.

De temps en temps, lorsque je sortais prendre l’air dehors, je le croisais, assis dans l’herbe.
Je m’incrustais et je tapais la discute.

— Ça va ?
— Ouais…
— Tu réfléchis à quoi ?
— Hmm…
— D’accord.

Et nous regardions le ciel ensemble.

— Tu sais ce que tu veux faire plus tard ?
— Non, pas vraiment.
— Moi non plus. Ça me travaille. Mes parents me le demandent souvent, ils disent que c’est important d’y réflechir.
— Ah.
— Tu verras quand ça t’arrivera.
— Tant que je reste avec Marianne, ça me va.
— Vous êtes vraiment inséparables vous deux.
— C’est un reproche ?
— C’est un constat.

Nous avions eu l’habitude de nous retrouver par hasard à cet endroit et discuter de temps en temps.
Il avait commencé la formation d’école avant moi et me racontait certaines déboires. Pourtant il était plutôt bon élève et il sortait du lot.

— J’essaye de faire de mon mieux, j’aimerais bien que mon père soit un peu fier de moi.
— T’inquiète, je suis sûre qu’il est déjà fier de toi. En tout cas, moi je le suis.
— … T’es bête.
Ria t-il.

Nous restions assez distants en temps normal.

2015.06.08

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