Prémédité

Elle s’approcha de la jeune fille, et prenait un malin plaisir à observer la peur se dessiner sur son visage.
Elle savait qu’elle ne la voyait pas à cause de l’obscurité et elle en profita pour l’empoigner par le cou et l’amena sur le lit tout en gardant ses mains contre sa gorge.

La jeune fille n’avait pas pu se défendre, elle agrippait les poignets désespérément, en espérant qu’elle relâche son emprise.
C’était pitoyable. Sa lutte était complètement inutile.

Elle fit par la lâcher parce qu’elle ne voulait pas qu’elle meure aussi facilement.
Alors que la petite poupée blonde reprenait son souffle tout en se massant le cou, elle l’électrocuta avec sa magie. Elle fit attention à la garder vivante tout en l’empêchant de se mouvoir. La puissance du courant qu’elle avait utilisée était assez puissante pour la paraliser et la laisser en état de choc, tout en la gardant consciente.
Elle s’approcha de la lampe de chevet et la brisa sur le sol. Elle approcha les quelques étincelles des draps du lit et les aida à prendre feu.
Des flammes prirent vie et commencèrent à grignoter lentement le lit.
Elle recula et contempla la magnifique scène qu’elle avait créée.
Le corps de sa victime incapable de s’enfuir, sur son lit de mort et ne pouvant qu’observer les flammes s’approchant d’elle dangereusement.
Elle quitta la scène du crime et retourna à sa journée comme si de rien n’était.

Il était sur le point de quitter la grotte, il sentit comme une agitation.
Il demanda à ses sujets ce qu’il se passait.

— Rien de grave, Monsieur. Il semblerait qu’un incendie se soit declaré dans une chambre. Nous avons envoyé une équipe pour s’occuper de ce problème dès maintenant.

Il eut un mauvais pressentiment.
Il demanda tout de même le lieu et l’étage de la chambre.

— De la fumée est apparue à votre étage, nous faisons notre maximum pour trouver la source de-

Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu’il fit marche arrière et se précipita à l’étage où se trouvait sa chambre.
Il avait un très mauvais pressentiment et espérait de tout coeur que sa prisonière n’avait rien.

Elle ne pouvait pas bouger. Son corps était paralysé et elle sentait des picotements partout en elle.
Elle toussait pour reprendre son soufle et était allongée sur le dos, sans pouvoir faire le moindre mouvement.
Elle sentait les flammes s’approcher, la chaleur montait rapidement.
Lorsque son agresseur quitta la chambre en claquant la porte, elle tenta par tous les moyens de se mouvoir.
Elle devait s’éloigner de ce lit le plus rapidement possible si elle ne voulait pas finir brûlée vive.
Elle se tourna sur le ventre.
Elle réussit à ramper lentement jusqu’au rebord du lit.
Elle tomba et la douleur ressentie lorsqu’elle toucha le sol lui permit de reprendre un peu plus ses esprits.
La fumée accumulée dans la pièce rendait l’air ambiant irrespirable.
Sa position au ras du sol lui était favorable pour avoir un peu d’air frais.
Elle utilisa le peu de force qu’il lui restait dans ses bras pour se déplacer tout en trainant son corps jusqu’à la sortie.
Son état semi-somnolant ne l’aidait en rien.
Elle commençait à être fatiguée, ses paupières tombaient malgré elle.
La fumée augmentait et l’air manqua rapidement.
Elle toussait et elle était qu’à quelques centimètres du lit, elle savait qu’elle n’y arriverait pas.
Elle avait beau lutter pour rester éveillée, le manque d’air n’aidant en rien, elle finit par perdre connaissance.

Les gens couraient de toutes parts pour fuir cet étage et l’équipe de secours se hatait pour chercher la source de la fumée.
Ils étaient à quelques mètres de la porte de sa chambre.
Il les écarta de son chemin et enfonça sa porte, il entra en trombes et vit son lit à moitié en feu.
Son coeur s’arrêta et il la chercha désespérément des yeux.
L’equipe le suivit et commença à traiter le feu.
Il vit alors le corps à quelques mètres du lit, le visage contre terre.
Il courut vers elle,l’attrapa et l’éloigna de la pièce.
Elle était inconsciente.

À quelques mètres de la pièce, il était accroupi avec elle dans ses bras.
Il tentait de garder son calme mais au fond de lui, il était perdu, il s’inquiétait pour elle, c’était peut-être bien la première fois qu’il se souciait autant de quelqu’un. Il ne voulait pas la perdre. Il s’y était attachée. Il imagina le pire des cas, il retenait ses larmes et essayait de garder son calme.
Il toucha son pouls, il était faible.
Il approcha son visage du sien pour sentir si elle respirait encore.
Elle ne respirait plus.
Son coeur s’arrêta une deuxième fois.
Il l’allongea et commença à faire les gestes de premiers secours.
Il lui fit du bouche à bouche, à plusieurs reprises.
Au bout de quelques minutes elle reprit ses esprits et toussa fortement pour reprendre son souffle.
Il ne put s’empêcher de la serrer dans ses bras, et ses larmes coulèrent malgré lui.

Elle ne se rendit pas compte de ce qui venait de se passer mais il la serrait tellement fort dans ses bras.
Tous les sujets s’étaient enfuis et il ne restait qu’eux à l’étage, mis à part l’équipe qui avait maîtrisé le feu.
Ils avaient conclu à un accident, au vu de la lampe brisée qu’ils avaient retrouvée au pied du lit.
L’affaire fut classée rapidement.

Il aurait pu croire à une tentative de suicide de sa part mais ce n’était pas possible.
Il avait changé de chambre sans en donner la localisation à personne, en attendant de mettre les choses au clair.
Il avait allongé la petite pour qu’elle puisse reprendre ses esprits et lui parler de ce qu’il s’était passé.
Elle lui raconta ce dont elle se souvenait mais elle n’avait vu aucun visage. Elle ne se souvenait que des flammes.
Il en conclu que quelqu’un parmi les siens voulait tuer sa prisonière.
Il fut prit d’une colère qu’il garda au fond de lui, en espérant mettre la main sur la personne responsable.
Il allait redoubler de sécurite pour sa protégée, et ne la quitterait pas des yeux.
Il arrêta peu à peu de la droguer et décida de s’ouvrir un peu plus à elle tout en apprenant à la connaitre.

2015.03.06

Une réflexion sur “Prémédité

  1. james dit :

    ça me rassure que ça évolue dans le bon sens. cad qu’il s’attache à elle, il arrête de la droguer. j’ai eu un peu peur qu’on aille vers un dénouement infiniment plus sombre.

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