Monnaie rendue

Des années plus tard, je pensais encore à Gabriel.
À tout ce qu’il avait fait pour moi, de sa gentillesse. De toutes ses qualités.
Mon père m’avait toujours laissé le libre arbitre pour mes relations amoureuses.
Chris était toujours à mes côtés, mais je ne pouvais accepter ses sentiments alors que je pensais à un autre homme.
Ce qui ne nous empêchait pas de nous entendre comme des amis.
Je lui avais dit que je nourissais des sentiments pour une autre personne et il m’avait répondu qu’il attendrait. Si un jour je changeais d’avis.
Alors que j’étais dans ma chambre, perdue dans mes pensées.
Pensant à ma mère, mon frère et à ce qu’ils devenaient, Chris entra en trombe dans la pièce.

— Sandra ! Le château de Gabriel se fait attaquer !

Il avait courru et son souffle était court.
Je me levais et courais vers lui.

— C’est vrai ?! Où est mon père ?
— Il est dans son bureau, va vite le voir !
— Merci, Chris !

Je courais à toute vitesse vers mon père.
J’espérais du fond du coeur que Gabriel allait bien.
La porte du bureau de mon père était grande ouverte, il discutait avec ses conseillers et informateurs.
Ils se tournèrent dans ma direction lorsque j’entrai dans la pièce.
Il fit sortir ses hommes et me dit d’approcher.

— Papa… Pour Gabriel-
— Respire, Sandra. Je viens d’avoir l’information que son château est attaqué. Cela semble être une grosse offensive…
— Il faut faire quelque chose !
Je m’emportais.

— Calme-toi, Sandra.
Je ne peux pas envoyer toutes nos troupes, l’ennemi pourrait en profiter pour prendre également notre domaine.
— Laisse-moi y aller !

Il eut un silence.

— Tu ne peux pas y aller seule.
— Il y a quelques années il m’a protégée pendant que nous étions dans une situation délicate. Nous devons faire quelque chose…
— Je n’ai pas dit que nous n’irons pas. Je te laisse y aller à condition que tu n’y ailles pas seule.
— Je suis partant.

Chris était à la porte et avait entendu notre conversation.

— Je veux que tu y ailles en tant qu’éclaireur. Rentre immédiatement si cela devient trop dangereux.
Chris, je te laisse surveiller le tempérament de ma fille.
Il s’inclina.

— Oui, monsieur. Comptez sur moi.
— Papa, merci.

Je le serrais dans mes bras et je partais en courant vers l’écurie.

— Sois prudente !
Cria t-il !

Je ne pensais plus qu’à Gabriel.
Pourvu qu’il aille bien.
Chris m’arrêta deux secondes.

— Calme-toi, nous allons arriver à temps. Garde ton sang froid.

Je respirais profondément et pris en compte les conseils de Chris.

— Oui, tu as raison… Merci Chris.

On chevaucha nos chevaux respectifs et nous avons galopé jusqu’au château de Gabriel.
Il y avait environ une heure de trajet.
Nous avons pris soin de désaltérer nos montures avant de partir.

Arrivés devant le château, il était en ruines.
Nous y sommes entrés comme dans du gruyère.
Il n’y avait presque plus personne, à part des cadavres par terre.
Je commençais à courir jusqu’à la salle principale. Celle tout au fond.
J’entendais du bruit.
Je sentis une présence et quelqu’un m’attaqua.
J’évitais au dernier moment et Chris me rejoignit.

— Va dans la grande salle. Je m’occupe de lui.
— Je ne vous laisserai pas passer !

C’était une femme qui maîtrisait le combat rapproché avec des dagues.

— Fais attention à toi Chris.

Je passais en évitant les coups de la femme.
Je lui donnais un coup de pied pour la repousser vers Chris.
Il l’attrapa.

— C’est moi ton adversaire !

Arrivée dans la grande salle, des soldats jonchaient sur le sol.
Je voyais au loin sur le trône, Gabriel qui se maintenait sur l’accoudoir, le sang coulait sur son abdomen et recouvrait une partie de son visage.
L’ennemi était en face de lui et était également amoché mais plus jeune et vif.
Il s’approchait de Gabriel et comptait mettre fin au combat.
Leurs paroles résonnaient avec l’acoustique de la salle.

— Tu tiens plutôt bien pour un vieux…
— …
— Je vais te finir…

À la vue de Gabriel dans cet état, j’ai commencé à voir rouge.
Je courais vers l’adversaire et le repoussait loin de Gabriel.
J’avais une épee et je me rendis compte que l’ennemi avait une lame empoisonnée.
Gabriel me vit et fut surpris.

— Qu’est-ce que tu fais là… ?! Va-t-en !

La lâme empoisonéee m’avait refroidie mais je faisais mine de n’avoir rien vu ni entendu.
Tant qu’elle ne me touchait pas, c’était bon.
Je me battais à l’épee contre cet homme.
Des gouttelettes de poison, dû au choc des lames, tombaient au sol.
Je faisais attention à ne pas en prendre sur le visage ni dans les yeux.

— Pas mal, jeune fille…

Il était amusé par le combat.
Gabriel commença à tousser et était sur le point de s’effondrer au sol.
Je criais intérieurement.

— Le petit vieux va finir par clamser tout seul !
Il riait.

Je perdis mon sang froid et je déchaînais une attaque magique.
Des faisceaux de laser partirent de ma main gauche.
Je trouais petit à petit le corps de cet homme malsain.
Il ne comprit pas ce qu’il se passait, puis il finit inerte, au sol.
Je courais vers Gabriel.

Il était genoux à terre. Se tenant d’une main à l’accoudoir de son trone.
Il me regarda.

— Ne t’approche pas !
Cria t-il.

Je mourais d’envie de le serrer dans mes bras.
Il lui murmura de ses forces restantes.

— J’ai été blessé avec du poison. Ne t’approche pas de moi.

Je m’arrêtais net.
Je savais que si j’entrais en contact avec le poison je mettais ma vie en danger.
À contre coeur. Je m’approchais de lui le plus possible, sans le toucher.

Quelques secondes plus tard, la femme ninja que Chris combattait, apparue dans l’entrée.
Mon coeur s’arrêta pendant quelques secondes.
Je sentais les larmes me monter aux yeux.
Où etait Chris ?
La ninja s’effondra après avoir fait quelques pas.
Chris apparu à son tour dans l’ouverture de la porte.
Pas mal amoché mais vivant.
Il enjamba le corps de son ennemie et me rejoignit.
Les larmes aux yeux, je le fixais.
Il se demanda si je pleurais pour Gabriel.
Il s’accroupit à mes côtés et examina rapidement le blessé.
Il tapota le haut de ma tête.

— Ne t’inquiète pas, il va s’en sortir.

Je lui attrapais la main.

— Ne me fais plus jamais une peur pareille !

2014.08.17

4 réflexions sur “Monnaie rendue

  1. james dit :

    « Des faisseaux de laser partirent de ma main gauche. »: faisceau

    Je me demande si Gabriel va s’en sortir. Ceci dit j’l’aime pas trop, donc ça va pour le coup s’il survit pas.

    • Qu’est-ce que j’ai ri quand j’ai lu ta remarque sur Gabriel !
      Il faudra vraiment qu’un jour je me penche sur l’évolution de cette relation entre eux deux !

  2. Fluo dit :

    Question meta : visiblement le poison est du genre inefficace sur les « non-humains » : ils se font blesser par des lames empoisonnées mais ils guérissent sans problème.
    Aussi je me demande pourquoi les assaillants continuent à mettre du poison sur leurs lames si c’est aussi inefficace. Y’a une raison particulière ?

    • J’ai pas dû expliquer plus les détails, mais le poison est quand même efficace sur les non-humains, il empêche la guérison. Du coup, sur les humains c’est mortel.

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