Soif [RolePlay]

Elle avait les mains libres mais celles-ci étaient le long de son corps, les poings serrés. Elle n’osait pas bouger.
L’être hostile qui la maintenait immobile entre ses pattes, avait les griffes sorties dirigées et aposées sur son cou, et sur ses hanches.
Sa respiration, sa transpiration, les battements de son coeur, rien ne passait inaperçu au museau de cette créature mi-féline et mi-humaine.
Cette bête imprégnée d’une certaine rage, semblait s’amuser de cette situation.
Sa proie était à sa merci et l’autre personnage venu tenter de sauver cette pauvre humaine, n’était pas en position de force.
Il était à genoux, ses armes avaient été jetées à terre et hors de sa portée. Il attendait.

Elle réfléchissait à une solution pour se débarasser de ce gêneur et enfin pouvoir partir et mettre en exécution son plan de vengeance.
Il lui aurait été facile d’égorger et déchiqueter l’humaine entre ses griffes, mais cette alternative était trop simple et trop courte à ses yeux pour en savourer pleinement la satisfaction de lire le désespoir dans les pupilles de celui qui était important.
Non, elle devait se débarasser de ce serviteur tout en gardant le contrôle du pion inutile.
Tout aussi insignifiant que l’humaine pouvait être, cela ne l’empêchait pas d’être un risque non négligeable de faire échouer son projet.

Ils ne savaient pas la nature de son plan.
Ils avaient aucune idée de ses motivations, ni que le statut vivant de l’humaine était important.
Par contre, elle savait que sa vie mettait en danger celle de son ami et collègue, et cela l’insupportait.
Elle servait d’objet de chantage et elle se sentait obligée de faire quelque chose pour mettre fin au frein qu’il avait pour agir selon sa volonté.

— Faites ce que vous voulez de moi, mais laissez-la partir.
Avait-il dit, après avoir jeté son arme hors de portée, les mains encore en l’air pour montrer qu’il se rendait. Il n’avait pu se résoudre à ôter sa propre vie en échange de cette de la jeune femme.

Elle réfléchissait à une échappatoire.
Que pouvait-elle faire pour aider son collègue tout en assurant sa sécurité ?
Elle s’agitait, les poings serrés, elle songeait à utiliser ses connaissances encore maigres en magie pour se défendre et se dégager de cette position d’otage.
L’ennemie s’en rendit compte et resserra sa patte autour de la hanche, enfonçant légèrement ses griffe acérées dans le vêtement et la chair.
Elle grimaça. Les pointes de griffes en crochet étaient bien aiguisées et froides.
Celles sur sa gorge entaillèrent la couche fine de son épiderme. La faisant saigner un peu.
C’était censé la dissuader de faire quoi que ce soit mais cela eut l’effet inverse.
Elle avait peur d’avoir mal et de mourir ici, mais la douleur des griffes avait énormément diminué cette crainte.
Ce qu’elle craignait plus encore, c’était qu’il meure à cause d’elle. Cette éventualité lui était insupportable.

Elle prit une inspiration aussi grande que petite, et décida de se dégager des griffes.
Elle remonta ses bras pour protéger sa gorge, et serra les dents tout en se débattant pour courir vers lui.
Contre toute attente, l’ennemie paniqua et desserra son étreinte, craignant peut-être de la blesser gravement, ce qui était assez étrange.
Pas assez vite, ne sachant pas ce qui était en train de se passer, ses griffes coupantes arrachèrent la chemise blanche au niveau de la hanche, à cause du mouvement vers l’avant de l’humaine. La chair souple qui se trouvait en dessous se creusa sous la patte, et laissa échapper un coulis épais rouge.
Elle réussit à limiter les dégâts sur le cou, mais une entaille fit son apparition, assez profonde pour que le sang coule à flots mais pas assez pour mettre sa vie en danger, dans l’immédiat.
La prisonnière trébucha après quelques pas, la douleur la surprit et elle s’écroula devant son supposé sauveur.

— Ne te préoccupe pas de moi. Fais ce que tu dois faire.
Souffla t-elle, à terre.

Il avait écarquille les yeux, sautant sur l’ouverture et l’occasion créée, n’hésitant pas une seconde de plus.
Elle s’était sacrifiée pour le débloquer de cette situation et il ne devait pas la gâcher.

— Qu’est-ce que—

La mi-féline ne comprenait pas ce qu’il venait de se passer. Elle n’aurait jamais imaginé que cette fille se débattrait jusqu’à se blesser elle-même.
Elle n’eut pas le temps de retomber sur ses pattes, la situation lui avait échappée.

Il bondit sur elle après avoir récupéré son arme. En une fraction de seconde, il lui avait enfoncé sa dague dans le torse, pile poil entre les poumons, retiré son arme et tranche l’artère de sa gorge, la laissant tomber et se vider de son sang, lentement, haletante.
Il se retourna vers le corps de la petite humaine.

Elle s’était mise sur le côté, une main appuyant sur son flanc qui baignait dans une flaque sombre.
La blessure à son cou n’était pas négligeable mais superficielle à côté de l’autre. Le sang avait réussit à coaguler sur la cicatrice de sa nuque, du moins commencé, et l’écoulement était moins fluide.
Elle n’osait pas bouger, de peur d’aggraver sa situation.
Elle était allongée mais sa tête tournait, des taches apparaissaient sur sa vision et elle se sentait faible.
L’essence de sa vie était en train de s’échapper d’elle et elle se doutait qu’il n’était plus qu’une question de temps avant qu’elle ne quitte ce monde.
Elle ferma les yeux pour s’épargner cette vision de vertige.
Son ouïe était encore fonctionnelle.

Il ne dit rien.
Il ne savait pas quoi dire.
Elle avait fait un choix et il n’aurait pas trouvé mieux, ni esperé mieux pour se tirer mutuellement de ce chantage. Mutuellement, c’était vite dit.
Il s’était accroupi devant elle. Et il la voyait, il la sentait partir.
Quels mots prononcer ? Il n’y avait pas de bonnes phrases.

— Le comte va me tuer…
Soupira t-il, en se forçant à rire.

À peine ses mots prononcés, il apparut à ses côtés.

Il avait senti l’odeur du sang. Cette odeur si forte et particulière pour lui. Et il avait surtout reconnu l’odeur spéciale du sang humain, et spécifiquement celui de cette humaine fraîchement embauchée dans son château. Il avait alors accéléré sa cadence pour arriver, malheureusement trop tard.
Un autre corps baignant dans son sang était présent.
Il y fit à peine attention, jetant un oeil rapide pour l’identifier, puis voyant que l’ennemie ne se releverait pas, il l’avait ignorée, pour s’approcher et s’attarder sur celui de la brunette.
Elle respirait encore. Faiblement mais elle n’était pas encore morte.

— Ouvre les yeux.
Ordonna t-il à la jeune femme. Sa voix était froide et sèche.

Son homme de main ne broncha pas.
Ces mots ne lui étaient pas adressés mais il savait qu’il devait rester sur ses gardes. Il allait être réprimandé pour cet échec.
Il utilisa sa dague pour découper un pan de la chemise trop grande, écartant avec soin la main de sa collègue pour dégager sa plaie.
Elle grimaça mais il fit mine de n’avoir rien vu.
Avec le tissu qu’il avait dans sa main, il le roula en boule pour l’aposer sur ses balafres et appuyer dessus pour tenter d’arrêter l’hémorragie. Il reprit sa main pour la reposer à la place de la sienne et elle comprit qu’elle devait continuer à appuyer dessus. Malgré la douleur.

Elle avait reconnu cette voix qui résonna en elle.
Elle se fit violence pour ouvrir ses paupières. Pour lui.
Elle voulait le voir une dernière fois.
Il se tenait debout, et elle n’avait vue que sur ses jambes et le drapé de sa cape qui retombait derrière lui.
Elle voyait trouble.
Elle n’avait plus la force de relever sa tête pour pouvoir le regarder dans les yeux.

— Je… suis désolée pour votre.. chemise.
Reussit-elle à articuler.

Elle avait la gorge sèche.
Avaler sa salive lui était pénible.
Un rictus au coin des lèvres. Elle avait au moins réussit à ouvrir les yeux et elle luttait pour les garder ouverts, même si ses yeux fixaient un point invisible.

Sa blague ne le fit pas rire.
Il n’en montra pas le moindre amusement et ne sembla même pas être exaspéré par ses paroles.
Il l’ignora et continua à la regarder de haut.
De sa position.

Sa chemise qui était trop grande pour son corps frêle était effectivement dans un sale état.
Une énorme tache écarlate avait coloré une partie du col et l’épaule. Sans parler de la déchirure en plein milieu, et du sang qui continuait à se repandre sur ce qui restait de la couleur originelle blanche du tissu.
Son garde n’y était pas allé de main morte en retirant un énorme pan avec sa lame.

Ce vêtement était le dernier de son souci.
Son regard perçant était fixé sur le visage de la mourante.
Il semblait perdu dans une médidation importante.
Il devait prendre une décision et vite.
Une décision qu’il aurait peut-être souhaité ne jamais prendre.
Son visage ne laissait rien paraître. Il était stoïque.
Figé, il semblait observer avec dédain les derniers instants de sa nouvelle recrue.
Son homme de main savait se tenir et ne fit aucune remarque, et il l’en remercia intérieurement.
Cela lui laissa plus de calme que nécessaire pour réfléchir à son action imminente.

— Souhaites-tu vivre ?
Il s’exprima à nouveau, avec son ton bien à lui, qui ne laisse paraître aucune émotion.

Etait-il en train de la juger ?
Se moquait-il d’elle ? Comme si elle pouvait décider de ne pas mourir rien qu’en le souhaitant de toutes ses forces ?
Cette question sonnait différemment à ses oreilles, pourtant.
Avant d’arriver ici, elle n’aurait peut-être pas su répondre affirmativement. Elle n’avait pas eu le courage d’en finir avec sa triste vie, c’est pour cela qu’elle avait fait tout ce trajet de manière désespérée, en espérant peut-être disparaître entre les mâchoires d’une bête féroce avant d’arriver à destination. Mais depuis qu’elle était arrivée, une lueur d’espoir était née dans ses ténèbres.
Elle appréciait son quotidien ici. Aussi étrange qu’il puisse être. Elle avait des questions auxquelles elle attendait des réponses.
Elle ne voulait pas que son histoire se termine ici, au milieu des bois, allongée à moitie nue devant deux hommes qui la regardaient avec pitié.
Non, elle voulait continuer.

— Oui.
Répondit-elle. Avec toute la sincérité qu’elle pouvait avoir.

Des larmes lui étaient montées aux yeux, embuant sa vision déjà floue.
Elle continua à se forcer à garder ses paupières ouvertes, n’osant pas cligner des yeux une seconde de trop.

Le comte s’avança et s’accroupit devant elle, posant un genou à terre.
Le garde se recula et laissa sa place, tout en restant à portée au cas où.
Il écarta les mèches de cheveux noirs qui étaient sur son visage et sur sa nuque.

Il était maintenant dans son champ de vision.
Elle put déplacer son regard sur son visage impassible.

— Peu importe les conséquences ?
Demanda t-il, cette fois-ci. Le ton était plus grave.

Elle réfléchissait.
Qu’est-ce que cela voulait dire ?
Est-ce que cela impliquait des sacrifices pour d’autres personnes ? Est-ce que son choix allait causer du tort à d’autres ?
Elle avait peur. Même si elle voulait vivre, elle ne souhaitait pas que sa décision affecte de manière négative de tierces personnes.
Plus elle réfléchissait et plus son esprit s’embrouillait.
La fatigue l’envahissait, ses paupières se fermaient d’elles-mêmes, il était tellement plus agréable de se laisser aller, juste une seconde, juste une minute.
Qu’elle était sa question ?
Elle devait lui donner une réponse, elle ne voulait nuire à personne. Elle devait s’exprimer avant de s’endormir, c’était important.

— Je ne…

Elle réunit ses dernières forces pour entrouvrir ses lèvres et sussurer ces mots, puis elle se tut.

Il garda son calme.
Elle avait perdu connaissance mais elle respirait encore.
Il paraîssait calme.
Il devait prendre une décision et agir, et maintenant.
Il avait retenu sa respiration nasale durant tout ce temps, mais malgré ça, la fragrance était si forte qu’il en avait les saveurs rien qu’en aspirant l’air par sa bouche. Il s’était contrôlé et paraîssait serein.
Il retroussa la manche de sa chemise sur son bras droit.
Sa peau était pâle et ses veines saillantes au niveau du poignet.
Il ouvrit sa bouche pour y laisser apparaître deux longues canines, se terminant en pointes.
De son autre main, il s’entailla les veines sur la largeur avec l’ongle de son pouce, légèrement bien taillé, et un peu plus long.
Le liquide couleur rubis s’en écoula aussitôt et il y porta ses lèvres. Quelques secondes après, il souleva le menton de l’inconsciente de ses doigts fins et approcha son visage de celle-ci. Il posa ses lèvres sur les siennes.
Un filet rouge déborda de sa commissure et se dessina le long de son menton.

Elle sentit quelque chose de chaud emplir sa bouche et couler le long de sa gorge.
Son corps sembla se réveiller de son court sommeil, pour éviter qu’elle ne s’étouffe avec le liquide étrange qu’elle déglutit.
Elle était désaltérée mais ce n’était pas de l’eau. Le goût était beaucoup trop fort.
La texture était beaucoup plus épaisse.
La gorgée qu’elle venait d’avaler semblait avoir tapissé sa langue et son palais.
C’était ni froid, ni chaud, mais elle avait été comme électrisée au contact de cette substance.
Tiède mais elle pouvait le sentir se répandre en elle, dans sa trachée, dans son estomac. Cette chaleur était persistante et semblait s’étendre dans tout son corps, dans chaque cellule, chaque muscle.
C’était succulent, l’adjectif de ce qui lui restait en bouche n’était pas défini. Ce n’était ni sucré, ni salé.
C’était onctueux et quelque chose de fort s’en dégageait, elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Un gout de métal, du métal en fusion qui la réchauffait progressivement.
Son corps en redemandait plus. Sa gorge était redevenue sèche et la chaleur agréable du début se transformait peu à peu en brûlure insoutenable.
Quelque chose lui disait et l’assurait que reboire une gorgée de cette boisson la soulagerait. Que c’était la seule manière d’épancher sa soif et éteindre le feu qui était en train de s’allumer en elle.
Elle avait occulté la douleur des blessures, la température trop élevée de son corps était beaucoup plus douloureuse.
Quelque chose brûlait en elle. Ses organes, certainement. Était-ce du poison ?
Était-ce pour la punir d’avoir mal répondu à la question du comte ?
Elle se sentait mourir mais ses forces étaient revenues, elle pouvait bouger à nouveau, péniblement mais elle en était de nouveau capable.
Elle rouvrit ses yeux, haletante.

Il était là, à la regarder. Il l’aida à relever sa tête, et il lui tendit son poignet.
Une ligne profonde l’entrecoupait et un liquide rouge s’en écoulait. Lentement.

— Bois.
Dit-il tout simplement. C’était un ordre.

Il maintint l’arrière de sa tête et apposa son poignet saignant devant ses lèvres.
Attendant patiemment.

Ses yeux écarquillés, elle le regarda, son visage sans expression et son poignet ouvert.
Elle comprit la nature de ce qu’elle venait de boire et elle ne savait pas comment réagir.
Elle ne savait pas si elle devait se sentir honteuse d’avoir pris autant de plaisir à avaler ce liquide noble ou écoeurée d’avoir bu du sang.
Elle pouvait se perdre dans ses pensées, son corps semblait avoir sa propre volonté, et il savait ce qu’il fallait faire pour apaiser cette soif irrationnelle.
Ses bras bougèrent et ses mains attrapèrent le poignet tendu.
Elle pleurait à chaudes larmes.
Elle lécha les gouttes précieuses qui s’écoulaient de la cicatrise, tendrement, ses yeux ouverts fixaient ceux du comte qui ne bronchait pas.
Elle culpabilisait mais elle ne se contrôlait plus.
C’était une pulsion.
Puis elle aspira cet élixir qui coulait de ses veines.
Chaque gorgée, aussi petite quelle soit, lui procurait un plaisir inimaginable.
Le feu en elle se calmait pour repartir plus fort, demander encore plus.
Elle ne voulait pas fermer les yeux. Fermer ses paupières pendant ce qu’elle faisait, montrerait qu’elle en avait honte. Elle ne devait pas en avoir honte.
C’était un ordre, elle devait supporter cela. Elle s’était imposée cette contrainte pour montrer qu’elle était consciente de ce qu’elle faisait.

— Ça suffit.
Il n’avait pas besoin d’hausser le ton.

Elle s’arrêta net. Se faisant violence alors que son corps criait qu’il en redemandait encore, encore plus.
Elle se contrôla.
Elle avala la dernière gorgée, posa sa langue sur la cicatrice pour en lécher les dernieres gouttes et comme essuyer son passage.
Elle décolla ses lèvres de sa peau. Lentement.
Ses yeux ne quittèrent pas les siens.
Elle sortait de sa transe assoiffée frénétique, et une nouvelle lueur était apparue dans son iris.

La cicatrice sur son poignet s’estompa et il redescendit sa manche pour rattacher le bouton à son poignet.
Son garde avait assisté à toute la scène à quelques mètres de là, sans un mot. Dans un silence religieux.

Elle s’assit, le dos droit. Figée, sur le comte.
Que devait-elle faire maintenant ?
Les flammes intérieures ne s’étaient pas éteintes, elles dansaient encore plus fort.
Qu’allait-il se passer après ? Allait-elle se mettre à brûler et finir en cendres ?
Elle attrapa son propre poignet avec sa main et le serra, fort.
Elle devait se contrôler. Se calmer. Attendre les ordres.
Pourquoi ?
Elle était dans un état second, plus rien n’avait d’importances, elle devait suivre les ordres du comte. Sa voix avait une résonnance avec le plus profond de son âme.
Cela avait-il toujours été ainsi ?
Pourquoi avait-elle si soif ?
Le vertige qu’elle avait ressenti avant de s’assoupir s’était maintenant transformé en migraine.
Les questions qui s’enchaînaient dans sa tête n’aidaient en rien ce mal.

Il posa sa main glacée sur son poignet.

— Respire.

Elle inspira.
C’est vrai.
Avait-elle oublié de reprendre sa respiration pendant tout ce temps ?
Elle expira.
Les flammes étaient encore là, mais cette inspiration et expiration lente, ralentirent leur danse désordonnée pour ne plus être que de fortes ondulations.
Sa main était si froide, si fraîche au contact de sa peau. Cela faisait du bien.
Ses blessures béantes avaient cicatrisées. Comme si la chaleur à l’intérieur de son corps avait cautérisé les plaies. Elle ne saignait plus.
Le sang avait séché et les taches d’abord rouges vifs étaient en train de virer au marron foncé, voire noir.
La chemise était fichue.
Elle respirait de nouveau. Concentrée sur le cycle de sa respiration, la chaleur en elle se fit oublier progressivement.

Il retira sa main, et il détacha sa cape pour la poser sur les épaules de la jeune fille.
Il lui noua la ficelle devant sa poitrine et passa ses bras sous ses jambes et derrière son dos pour la soulever.
Sans aucun mot, ils se dirigèrent vers le château.

2020.07.20

2 réflexions sur “Soif [RolePlay]

  1. james dit :

    j’aime bien : tu dis pas « elle se transforme en vampire » (ou autre), mais tu décris ce qu’elle ressent. c’est bien plus engagent à lire.
    et je sais toujours pas ce qui lui est exactement arrivé, tout comme le personnage l’ignore également.

    • Héhé, c’est beaucoup trop facile d’écrire « elle se transforme en vampire ». Justement, je voulais laisser place à l’interprétation !

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