Bien entourée

Le moment tant espéré finit par se créer.
Le jeune homme se retrouva seul avec la jeune fille aux cheveux noirs.
Elle semblait perdue dans ses pensées, souriante et observant les alentours, attendant que son amie revienne.
Lui, beaucoup plus nerveux. Maintenant qu’il avait une occasion de lui parler, les mots ne venaient pas et il ne savait pas quoi dire d’approprié pour faire bonne impression. Il savait que les deux filles étaient dans une relation particulière, mais il souhaitait tout de même en apprendre plus.
Les mains moites et la gorge sèche. Il prit son courage à deux mains pour tenter de dire des banalités.
Ils se firent interrompre par un groupe de jeunes filles qui l’abordèrent.

Un groupe de filles l’observait et il était le centre de leur discussion.

— C’est bien le garçon qui est à l’école d’arts martiaux ?
— Même si on a du mal à le reconnaître dans ces vêtements… c’est bien lui.
— Qu’est-ce qu’il fait avec cette fille… ?
— C’est une Ignorée, si je ne me trompe pas…
— Peu importe qui elle est, nous ne sommes pas obligées de lui parler. C’est l’occasion si tu veux l’aborder ! Je sais que tu en pinces pour lui depuis un moment.
— … Je ne sais pas si c’est une bonne idée…
— Allez, un peu de courage. On va venir avec toi. Tu n’as pas à être intimidée.

Ces trois jeunes filles avancèrent vers le jeune homme. L’une embarquée par ses deux amies.
Elles le saluèrent et le coupèrent dans son élan, sans y faire attention. Elles accordèrent un rapide regard à la jeune fille, qui leur sourit par politesse.
Lorsqu’elles commencèrent par entamer une discussion avec le garçon, la fillette brune décida d’elle-même, de se retirer pour les laisser tranquille.
Elle avait l’habitude de ce genre de comportement et cela ne lui fit rien ressentir.
Alors qu’elle était en train de se retourner pour partir, il s’en rendit compte.
Les trois jeunes filles ne l’intéressaient pas le moins du monde. Il y était totalement indifférent, et cherchait un moyen de couper court sans leur manquer de respect.
Lorsqu’il vit la brune se retirer, son coeur se resserra et il agit par panique. Il l’interpela et s’avança d’un grand pas vers elle, en manquant de pousser les autres filles, et lui attrapa le poignet.
Lorsqu’il reprit ses esprits, il se retourna pour s’excuser de son comportement auprès des arrivantes.

— Excusez-moi, j’ai quelque chose à lui dire…

Il utilisa cette excuse pour s’extirper de cette situation gênante.
C’est pour cela qu’il n’appréciait pas vraiment ces fêtes de rencontres. Il se faisait souvent aborder par des groupes et cela le mettait extrêmement mal à l’aise d’avoir un intérêt proche du néant pour ces choses là.
Les filles voyant l’intérêt qu’il avait pour cette autre personne, n’insistèrent pas et s’en allèrent bredouille.
Celle qui était partie s’absenter quelques minutes observait la scène de loin.
Elle était curieuse d’en connaître un peu plus sur les intentions de son camarade d’école.
Son poignet encore dans la main grande et chaude du jeune homme, elle n’osa même pas se retourner vers lui, elle était comme figée.
Il s’excusa sur le champ et la relâcha.

— Est-ce que tu as quelque chose d’important à me dire… ?
Demanda t-elle, déconcertée.

Elle lui faisait maintenant face et essayait de le sonder.
Gêné par la situation, il évitait son regard, jusqu’à ce qu ils se croisent et il resta à la dévorer des yeux.

— J’aimerais en apprendre un peu plus sur toi…
Dit-il, avec tout son courage.

Elle ne savait pas quoi répondre, et comme sauvée, son amie revenait et les interpela.
Elle en profita pour à son tour faire un tour, et les laisser seuls.
Ce qui arrangeait son amie qui voulait discuter avec lui. Il voulut la suivre mais elle l’en empêcha et lui fit comprendre de la laisser.

— Qu’est-ce que tu lui veux ?
— Pardon ?
— Je vous ai vu. Si c’est pour la blesser, tu auras affaire avec moi, même si tu es mon aîné.
Dit-elle, menaçante.

— Il y a méprise. Je souhaite juste la connaître plus amplement.

Il avait repris son assurance.

— Tu es amoureux ?
Demanda t-elle, directe.

Cela le prit au dépourvu mais il répondit avec le même aplomb.

— Je crois que oui.

— Tu la connais à peine et tu crois l’aimer ?
Répondit-elle agacée.

— Justement, c’est pour cela que je souhaiterais en apprendre plus sur elle.

Elle soupira.

— Fais ce que tu veux, tant que tu ne lui fais pas de mal… allons la rejoindre.

Au loin, un groupe de plusieurs adultes descendait d’une branche peu empruntée et marchait joyeusement.

— Je m’excuse que nous n’ayons pu partir que maintenant.
Disait une femme qui avait les vêtements avec le tissu le moins riche.

— Tu n’as pas à t’excuser ! C’est tout à fait normal de finir le travail de la journée. C’est déjà aimable de ta part de nous autoriser à nous rendre à cette fête.
— Je ne sais pas si c’est un cadeau que je vous fais en vous mettant dans une situation délicate lorsque vous rencontrerez quelqu’un qui vous plaît, ici…
— Ne t’en fais pas. C’est à nous de gérer !

La plupart partirent devant et laissèrent la femme accompagnée de son amie.

— Ce sont vraiment des enfants !
Dit l’accompagnatrice.

— Laisse-les donc s’amuser. Nous avons également peu d’occasion d’être toutes les deux ensemble, tout simplement.

— C’est bien vrai.
Dit-elle en attrapant le bras de la femme.

Elles marchèrent les bras l’un dessous l’autre, en prenant leur temps et profiter de ce moment rien qu’à elles.
Elles aperçurent une jeune fille accroupit à côté d’un buisson. Elles s’échangèrent un regard et décidèrent d’aller voir.

— Est-ce que tout va bien ?
Demanda la femme aux longs cheveux rouges et bouclés.

Ils étaient légèrement attachés dans son dos.
Elle s’accroupit auprès d’elle et lui prit la main.
La jeune fille aux cheveux ébènes, releva lentement le visage pour les voir, et sa vision un peu trouble ne s’améliora pas, et elle perdit connaissance.
L’autre femme, qui avait les cheveux bruns foncés lisses, attachés grâce à une barrette en bois, l’aida à l’allonger sur le sol.

— C’est celle que j’avais repérée… je ne pensais pas qu’elle serait autant affaiblie…
Dit-elle songeuse et inquiète.

— Il va falloir que j’accélère les choses.

La main sur son pouls, elle examinait soigneusement sa condition.

— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Rien. Regarde, ça doit être ses amis.

Ils la virent à terre et accoururent.

— Que s’est-il passé ?
— Elle n’avait pas l air de se sentir bien, et elle vient de perdre connaissance.
Expliqua la brune.

— Merci de vous être occupées d’elle… nous allons la ramener chez elle. Merci encore… désolée du dérangement.

Elle avait l’habitude de gérer ce genre de situation depuis, et expédia l’échange le plus rapidement possible.
Elles s’en allèrent sans rien demander de plus, mais la rousse se retourna vers eux pour leur jeter un dernier regard.

— Elle a l’air d’être bien entourée.
Songeait-elle.

— Tu sais ce qu’elle a… ?
Demanda le garçon.

— Je crois que j’ai un peu trop abusé de sa présence ce soir. J’aurais dû la raccompagner plus tôt…
Disait-elle sous le poids de la culpabilité.

— Je vais la porter, je vous accompagne.
Dit-il sans tarder en la prenant dans ses bras, prenant bien soin de caler sa tête dans le creu de son épaule et son cou.

Il saurait où elle habite par la même occasion.
Il ne put cacher sa surprise lorsqu’il la soupesa. Elle était extrêmement légère.

— Elle est aussi fragile que tu le penses.
Dit-elle en devinant le fond de sa pensée.

— Ne t’avise même pas d’en profiter pour la toucher de manière inapropriée, ou je t’arrache tes bijoux de famille.
Rétorqua t-elle agacée, mais elle lui montra le chemin.

— Je ne risque pas.
Répondit-il naturellement.

Essayant de cacher son coeur battant à vive allure.
Il sentait l’odeur du shampoing et de sa chair lui arriver aux narines.

2018.11.27

3 réflexions sur “Bien entourée

  1. james dit :

    J’ai un peu eu du mal à suivre qui était qui, y’a beaucoup de monde.

    Un exemple :
    « Ils se firent interrompre par un groupe de jeunes filles qui l’abordèrent.
    Un groupe de filles l’observait et il était le centre de leur discussion. »
    Si c’est le même groupe, ptete écrire juste « elles » pour la deuxième phrase.

    Une fois que j’ai réussi (sauf erreur) à suivre qui est qui, c’est intéressant et décrit bien une ambiance particulière.

    • Merci. Je continuerai à te remercier haha.

      C’est relou d’écrire sans les prénoms mais c’est une contrainte que je me suis imposé pour que mon texte reste un peu « intemporel » ! Je me suis retrouvé parfois, à relire des textes et ne plus savoir pourquoi j’avais choisi ce prénom, ou que j’avais même changé de prénom alors que c’était la même personne… bref, c’est l’un des nombreux inconvénients quand on écrit plein de petites choses étalées dans le temps !

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