Marcel

La porte s’ouvrit et prise au dépourvu, la pluie battante à l’extérieur, elle s’affala sur le sol, trempée jusqu’aux os.
L’homme baraqué et chauve s’apprétait à la frapper en pensant que ce n’était qu’un voyou. Il se ravisa au dernier moment. Il referma la porte aussi vite qu’il put pour éviter de tremper son carrelage inutilement.

Il s’accroupit vers elle.
C’était une jeune adolescente plutôt maigre.
Elle se releva avec un peu de mal, elle se tourna vers l’homme.
Elle prit peur à la vue de l’inconnu comme si elle avait vu un fantôme.
Elle fit un bond en arrière.

— J…je suis désolée !
Dit-elle d’une voix paniquée.

Elle était sur son postérieur, les mains en guise de bouclier.
Elle recula comme elle le put.
Elle se cogna contre la table de travail.
Le choc faillit faire tomber un bol sur elle.

Il ne sut pas comment interpréter sa réaction.
Il ne pensait pas qu’il était aussi effrayant.
Il n’était pas du genre à s’occuper d’autrui, il préférait s’occuper de ses affaires.
Il cherchait déjà un moyen de se débarrasser de l’intrus qui venait de débarquer chez lui.
Il resta accroupi pour ne pas l’effrayer plus.
Il chercha les bons mots pour la mettre en confiance et comprendre ce qu’il se passait.

— … Tu n’as rien à craindre ici. Je ne te ferai aucun mal. Que s’est-il passé… ?

Elle était encore perdue dans ses pensées.
Elle semblait chercher du regard quelque chose. Un repère.
Le souffle encore court.
Elle pensait qu’elle était peut-être en lieu sûr mais pas pour longtemps.
Elle devait partir d’ici et ne pas déranger plus.

— Je…
Commença t-elle.

Elle tenta de se lever mais prise d’un vertige après avoir tant couru, elle s’évanouit sur le sol.
L’homme se précipita pour l’attraper avant qu’elle ne percute le carrelage.
Il l’examina un peu plus.
Elle était extrêmement légère et maigre.
Ses vêtements étaient trempés et sales.
Il se demanda combien de temps elle était restée à l’extérieur, sous la pluie.
Elle avait un peu de fièvre.
Il soupira.
Cela lui rappelait de mauvais souvenirs.
Il décida de la porter jusqu’à l’étage.
Il la déshabilla, elle allait attraper froid s’il la laissait dans des vêtements complètement trempés.
Il lui mit un marcel propre lui appartenant et un short.
Elle flottait dedans mais c’était mieux que rien.
Il se dirigea vers une chambre libre, ce n’était qu’une modeste petite chambred’ami, plutôt sombre. Tout l’étage était sombre.
Il tira la couverture et la posa dedans.
Il se rendit compte qu’elle était vraiment gelée.
Il se renseignerait à son sujet demain.
Il jeta les vêtements mouillés dans la corbeille à linge sale.
Il jeta un dernier regard dans la chambre d’ami et s’en alla vers sa propre chambre.
Il alla chercher son caleçon de nuit et se rendit dans la salle de bain pour prendre une douche, se changer et aller se coucher.

Il dormait qu’avec un caleçon de nuit.
Il se réveilla au petit matin.
Il se demanda si tout ce qui s’était passé hier était un rêve.
Il se rendit dans la chambre d’ami, il y avait toujours quelqu’un dans le lit.
Il poussa un soupir.
Il se demanda ce qu’elle, ferait à sa place.
Il se changea et mis un pantalon.
Il s’approcha du lit de la fille et toucha son front pour savoir si elle allait mieux.
La fièvre semblait être retombée.
Il alla s’occuper du linge sale, le laver et l’étendre.
Après la pluie torrentielle d’hier soir, il faisait un soleil radieux aujourd’hui.
Il descendit ouvrir à son cuisinier.

2013.7.29

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.