Action

J’ouvrais la porte de notre chambre
Gabriel était dans le lit, avec une autre personne.
Ils étaient tous les deux nus et ils étaient en pleine action.
Lui sur le dos, elle sur lui.
Ils avaient l’air de prendre plaisir, jusqu’au moment où j’entrai dans la pièce.
Je m’étais figée, et eux aussi. Ne s’attendant pas à me voir, étrangement.
Je gardais mon calme.
Ne sachant quoi dire.

— Pardon.
Dis-je avant de refermer la porte derrière moi, et quitter la chambre.

Je restais adossée à cette porte en réfléchissant à ce que je venais de voir.
Comment devais-je réagir.
Gabriel était avec une autre personne.
Je les entendais à travers cette porte qui nous séparait.

— Il faut que j’aille lui parler, excuse-moi.

J’entendais les draps et le lit grincer légèrement.
Je pouvais deviner qu’il était en train de sortir du lit.

— Tu ne vas pas me laisser comme ça… ?
Répondit la voix feminine.

Je l’imaginais très bien l’attraper et l’empêcher de s’habiller.

Ne pouvant pas rester plus longtemps là, à m’imaginer les moindres détails.
Je ne voulais pas le voir maintenant.
Je pris mes forces pour finalement bouger mes jambes et quitter le palier.
Je ne savais pas où j’allais, mais je devais sortir, prendre l’air.
Je marchais de plus en plus vite, craignant qu’il ne me rattrape et veuille me parler.
M’imaginant quel genre de conversation on aurait, je sentis les larmes me monter aux yeux et ma vision se brouilla.
Je portais mes mains à mon visage, essayant de balayer les gouttes obstruant mes yeux.
Je réussis à sortir de la maison.
Je me dirigeai vers la forêt, en espérant qu’elle me protège des regards indiscrets, et qu’elle étouffe mes lamentations.
Après avoir marché quelques minutes, je m’arrêtai.
Je ne pouvais plus contenir mes larmes et mon souffle saccadé.
Je m’adossais à un arbre, puis je finis par m’asseoir.
J’essayais de me calmer comme je le pouvais.
De raisonner.

— Alexandra ?

Une voix familière m’interpella et me fit sursauter.
C’était Chris. Il était derrière moi.
Il s’approcha de l’arbre, s’appuya sur le tronc et pencha sa tête dans ma direction.
Je me retournai vers lui par réflexe, les yeux rouges et mouillés.
Son visage se décomposa.

— Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu ne vas pas bien ?

Il vint s’accroupir en face de moi et essaya de comprendre la situation.
Je lui fis « non » de la tête, essayant tant bien que mal de sécher mes larmes.
Je songeais déjà à quelles explications j’allais lui donner, et rien que d’imaginer notre conversation, je me mis à pleurer de plus belle.
Il vit que je n’étais pas au mieux de ma forme.
Il me connaissait depuis plus longtemps que Gabriel, depuis mon enfance.
Il me prit dans ses bras et me consola du mieux qu’il put.

— Prends ton temps, tu me diras ça quand tu iras mieux.
Me murmura t-il, de son ton calme et rassurant.

Je fondais en larmes dans ses bras.

— Gabriel… il… aime… quelqu’un d’autre…
Dis-je, après m’être calmée.

Il m’écouta patiemment, en attendant que je trouve mes mots.

— Il… était avec une autre… femme dans le… lit… Ils… étaient en train de… coucher…

Je n’eus pas le temps de finir que Chris se leva et s’apprêtait à partir.
Je le rattrapais de justesse par le bras pour l’en empêcher.

— Je vais lui en mettre une.
Dit-il, la colère dans sa voix.

— Non, ne fais pas ça…

— … Je me fiche de perdre, mais je ne le laisserai pas te faire cet affront sans en payer le prix.

Je sentais la rage bouillir en lui.
Il m’avait avoué ses sentiments des années auparavant, et il éprouvait toujours quelque chose de fort pour moi. Je ne pouvais pas le laisser faire ça.

— Je dois régler ça moi-même…
Ajoutais-je.

— Il ne s’en tirera pas indemne de t’avoir fait pleurer comme ça.

Après avoir réfléchi à la situation, à tête reposée.
On retourna ensemble au manoir.
Chris tenait à m’accompagner et je ne pus l’en empêcher.
Gabriel m’attendait.
Chris lui fit des regards noirs.
Je lui fis signe que ça allait, qu’il pouvait me laisser seule pour que je discute avec Gabriel.

— Il faut que je te parle…
Commença gabriel.

On se déplaça jusqu’à une salle vide et on y discuta.
Gabriel s’asseya à la table au milieu et m’incita à faire de même.
J’étais en face de lui.
Il prit une profonde inspiration et parla.

— Je suis désolé.
— …
— J’aurais dû t’en parler avant…
— …
— Dis quelque chose, s’il-te-plaît.
— Qu’est-ce que tu comptes faire à partir de maintenant ?
— Je…
— Tu peux rester avec ton amie. Il n y a plus rien entre nous. Je te laisse expliquer ça aux enfants.
— …
— Je ne vais pas t’en vouloir pour ne plus avoir de sentiments à mon égard. Je t’en veux parce que tu n’as pas été honnête avec moi.
— Donne-moi une seconde chance, s’il-te-plaît.
— Tu as trahi ma confiance une fois. Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, mais malgré tout ce que tu pourras me dire, ça ne sera plus jamais comme avant. Je te propose de continuer ta vie avec la personne que tu aimes maintenant.
Je mènerai ma vie comme je l’entends.
Pour ce qui est du pacte, ne t’inquiète pas. Malgré notre séparation, nos enfants sont encore là pour que cela ne brise pas la paix qu’il y a entre nos deux pays.
Est-ce que tu as autre chose à ajouter ?
— … Je suis profondément désolé.
— Tu peux l’être.

J’avais réussi à garder mon sang froid, et je quittais la pièce, laissant Gabriel seul avec ses pensées.

Les nouvelles circulant vite, les enfants furent mis au courant bien plus vite que prévu.

Ilyan, l’aîné qui avait 20 ans, me croisa dans les couloirs et m’intercepta.

— Maman, qu’est-ce que cette histoire de séparation ?!
— Qui t’en a parlé ?
— Tout le monde en parle, est-ce que c’est vrai ?
— Oui, nous nous séparons avec ton père.
— Est-ce que c’est vrai qu’il t’a trompée ?!
— Oui.

Il courrut jusqu’au bureau de Gabriel.
Je dus le courser pour tenter de le rattraper.
Il avait l’air en colère et je craignais qu’il fasse une bêtise.
Claquant la porte, il entra avec fracas dans le bureau.
Gabriel ne fut qu’à moitié surpris.
Son fils fit le tour du bureau et l’attrapa par le col, le soulevant à moitié de sa chaise.
Il était sur le point de le frapper lorsque j’intervins.
Je les séparais tous les deux.
Ilyan était en larmes.

— Maman, pourquoi tu le défends ?!
— Il reste ton père et les années que nous avons passés ensemble resteront gravés dans mon coeur. Une page se tourne, c’est comme ça.
— Mais… il t’a fait de la peine…
— Oui… mais les sentiments ne sont pas contrôlables… tu l’apprendras au cours de ta vie.

Lui dis-je en le serrant dans mes bras.

Je dus également expliquer à ma fille Hélène, la situation dans laquelle nous nous trouvions maintenant.

2017.06.05

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.