Cheville

Elle était en train de courir, elle le poursuivait, tandis qu’il lui montrait la voie.
Il s’essouflait et il finit par trébucher et se foula la cheville.
Elle l’entendit jurer.

— Il fallait que ça arrive maintenant… !

Elle voulut l’aider et s’accroupit à ses côtés pour le soutenir et le relever.

— Ne te soucie pas de moi et cours, va t-en !
Lui cria t-il.

Il lui sourit et ajouta.
— Ça va aller pour moi, de toute facon je ne peux plus marcher et je ne ferai que te ralentir…

Elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser.
Elle se retourna pour jeter un regard derrière eux, et elle le vit, le patron des lieux, une arme à feu dans la main, la pointant droit sur son employé, qui était de dos.
Elle se plaça rapidement entre eux et déploya ses ailes, les refermant sur celui qui était à terre.
Il ne comprit pas immédiatement la situation.
Elle entendit les coups de feu, suivis d’une douleur au niveau de ses ailes. Quelques unes des balles venaient de lui transpercer les ailes et son dos.
Elle le relâcha, en prenant sur elle-même.
Il semblait aller bien, mis à part la tache rouge en train de s’étendre au niveau de ses côtes.
Une des nombreuses balles avait réussi à passer à travers son bouclier et s’était logée dans le dos de l’homme.
Malheureusement il n’était pas de la même constitution qu’elle. Ce n’était qu’un humain fragile.
Elle ne savait pas quoi faire pour l’aider et des larmes commencèrent à brouiller sa vue et coulaient sur sa joue.

Il apparut là, elle reconnut tout de suite sa silouhette.
Il s’approcha d’elle sans dire un mot et elle leva ses yeux.
Il la vit pleurer et cela lui fit un pincement au coeur. Plus que la vue de l’humain dans ses bras.
Il comprit sa demande et fit signe à ses hommes d’emmener l’humain et de s’en occuper.
Elle resta assise par terre, les larmes aux yeux, épuisée.
Il s’approcha d’elle et s’accroupit, il voulait la prendre dans ses bras.
Elle lui rendit son étreinte puis il sentit le poids de son amie sur lui. Elle ne répondait plus.
Lorsqu’il l’examina de plus près, il se rendit compte qu’elle avait plusieurs balles dans son corps, le sang qui s’écoulait et sortait de son corps s’évaporait immédiatement dès lors qu’il touchait l’herbe et la terre.
Il paniqua et la porta dans ses bras et donna l’ordre de rentrer dès que leur tâche serait terminée.
Ses hommes s’étaient occupés de nettoyer toute trace de leur passage.

Elle se réveilla dans la chambre de son compagnon.
Elle avait encore une légère douleur dans le dos et les ailes, mais rien d’insupportable.
Elle voulut tout de suite se lever mais la porte s’ouvrit et il la forca à se recoucher.
Il colla son front sur le sien et l’embrassa.
Ses longs cheveux noirs, légèrement réunis en arrière et attachés par un discret ruban.
Elle, ses cheveux blonds aux pointes bouclées, décoiffés. Elle lui rendit son baiser.

— Merci…
— Chut. Repose-toi encore un peu.

Il était rassuré et heureux de la retrouver et cela s’entendait légèrement dans sa voix.

— Et l’humain… ?
Osa t-elle demander.

— … Il était vraiment mal en point… On a essayé de le sauver mais on a dû le passer en forme d’ange… avec l’accord de l’ancêtre.

2016.01.25

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