Départ

Ma mère avait eu une vie ni trop longue, ni trop courte.
Mon père avait découvert la lettre qu’elle lui avait laissé, ainsi qu’une autre qui m’était adressée.
Elle le remerciait de tout ce qu’il avait fait pour elle jusqu’à aujourd’hui.

Il essayait de se retenir, sa grande main essuyaient le flot de ses larmes.
L’autre serrait de plus en plus fort le papier.
Sa vue se troublait. rendant sa lecture encore plus difficile.

Ma mère était allongée, ses mains avaient été ramenés sur son torse.
Elle semblait dormir. Ses longs cheveux bruns étaient parsemés de quelques fils argentés qui accusaient l’âge qu’elle avait.
Mon père attendait mon arrivée et le début du rituel funéraire.

Deux gardes étaient restés dehors.
Deux m’avaient suivie.
Mon père ouvrit la porte.
Ses yeux étaient rouges.
Cela faisait plusieurs années que nous nous étions pas vus.
Il s’approcha de moi lentement, hésitant, puis me serra dans ses bras, de plus en plus fort.
Je lui rendais également son étreinte.
Je n’avais pas changé depuis que j’étais devenue la doyenne.
Mon père avait définitivement vieilli.
Ses rides, ses cheveux grisonnants.
Je le regardais tendrement mais il n’était pas l’heure aux retrouvailles.
Mon ami de longue date était également à mes côtés. Il porta ma mère.
Mon père resta dans la pièce, tristement vide.
Notre petit cortège nocturne continua sa route jusqu’au pied de l’Arbre.
Nous descendîmes vers les racines profondes.
Mes gardes n’étaient pas là uniquement pour le rituel mais assuraient ma sécurité.
Cet étage était dangereux, même si les bêtes, en tant normal féroces, se comportaient différemment à mon égard, cela n’empêchait pas un incident.

Arrivés aux racines, cet étage était lumineux.
Je me souviens vaguement de la première ici.
Des fleurs blanches de toutes sortes poussaient ici, un halo éclairait exactement cet endroit.
Il venait d’espèces de champignons luminescents.
Les fleurs elles-mêmes semblaient dégager des rayons lumineux.
On se serait cru en plein jour.
Ma mère fut allongée au milieu du champs floral.
Je m’en approchais et je déposais un baiser sur son front.
Elle illumina, sa peau semblait briller.
Elle devint peu à peu transparente et une explosion de projections luminescentes se fit.
Les particules flottaient dans l’air et restaient en suspension. Elles rejoignirent les racines au ralenti.
Les racines absorbèrent ces lumières.
J’ai eu l’impression que ma mère deposa un baiser invisible sur mon front avant de partir.

2015.03.10

2 réflexions sur “Départ

  1. Fluo dit :

    C’est triste mais c’est beau. Je trouve que tu as mis beaucoup de sentiment dans ce texte, aussi court soit-il, pour qu’on ressente pleinement la peine des gens.

    Je ne sais pas pourquoi mais j’ai particulièrement été touché par la dernière phrase « J’ai eu l’impression que ma mère déposa un baiser invisible sur mon front avant de partir ».

    Les adieux des vivants aux morts sont toujours des moments saisissants.

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