Incident

Elle était sortit en cachette comme à l’accoutumée.
Elle prit le portail et observa le paysage nocturne autour d’elle.
Elle aimait l’ambiance qui se dégageait de cet endroit.
Elle inspira l’air, lentement, puis l’expira.
Elle allait commencer à s’entrainer.
Elle récitait à voix basse différentes formules, quand tout à coup, elle entendit des bruits de pas. Ils étaient presque inaudibles mais cela faisait un bout de temps qu’elle connaissait les bruits de cette forêt.
Elle s’arrêta net et tourna sa tête en direction du bruit.
Une fille d’à peu près son âge et qui avait le même visage qu’elle, venait d’apparaître devant elle.
Elles furent toutes les deux surprises. La lumière de la lune éclairait leurs deux faces de telle manière qu’elles pouvaient se contempler.

Un troisième bruit se fit entendre.
Un inconnu s’avanca à la lumière et observa la scène. Il fut surpris de trouver deux jeunes filles en ce lieu et souriait.
La jeune inconnue semblait aux aguets et fixait l’homme.
Lui-même jaugeait les deux filles, puis arrêta son regard sur Ange qui semblait ne pas comprendre la situation.
Il se figea et fonça sur elle.
Il avait choisi sa cible.
La jeune fille recula d’un pas et s’apprêtait à partir en courant.
Elle hésita un instant, entre fuir et donner un coup de main à Ange.
Elle lâcha un juron avant de courir vers Ange.

L’homme avait déjà atteint Ange.
Il était juste devant elle, il s’était arrêté et l’observait.
Il la mata de haut en bas puis d’un coup brut, il attrapa le cou d’Ange dans sa main droite et se mit à la soulever.
De sa main gauche il chercha son couteau dans son fourreau.

— Merde merde merde !
Murmura t-elle à elle-même.

Ange essaya de désserer l’étau avec ses deux mains.
Il avait commencé à la soulever dans les airs et riait.
Elle avait mal et avait la respiration coupée.

La fille sortit son épée de son fourreau et fonçait sur l’homme.
Il sentit le coup venir et l’avait entendue.
Il l’empoigna par le bras et lui fit lâcher son arme.
Il s’était retourné et avait lâché Ange qui s’était écroulée à terre, se massait le cou et toussait en tentant de reprendre son souffle.
Il avait attrapé l’autre fille et semblait s’amuser.
Elle tentait de se dégager mais il était bien plus fort.
Elle tenta de lui donner un coup de genou dans le bas du ventre et le point faible de tout homme.
Il dégaina une dague et coupa devant lui pour éviter l’attaque.
Elle fut assez vive pour éviter un coup fatal, elle se décala sur le côté mais elle prit tout de même un coup sur le flanc droit.
Elle était à terre et se tenait le ventre pour soulager sa douleur et le saignement.
Ange reprit peu à peu ses esprits, elle vit l’homme se diriger vers l’autre fille avec une dague à la main. Il allait mettre fin au combat.
Elle était à terre, regardait avec désespoir l’homme et tentait de se déplacer, de se relever.
Ange lança alors un sort d’enchaînement. L’homme s’immobilisa, il ne sembla pas comprendre ce qu’il lui arrivait.
Elle lança un sort d’anesthésie et de revigoremment à la jeune fille.
Un cercle apparut autour d’elle et un courant d’air chaud l’entoura.
Elle se sentit beaucoup mieux, en une fraction de seconde, elle vit qu’elle devait profiter de la situation et de l’avantage dont elle disposait actuellement.
Elle se releva, ramassa son arme à terre, fonça sur l’homme, enfonça son épée dans son torse, la retira tout de suite après et lui trancha la gorge.
Il ne comprit pas ce qu’il lui arrivait, son corps qui se vidait de toute vie tomba telle une masse, à terre.
Les différents sorts se dissipèrent peu à peu.
Ange se releva et s’avanca vers sa sauveuse.
Après avoir donné le coup fatal, elle sentit sa force la quitter, elle regarda Ange et ses jambes semblaient s’écrouler sous son poids.
Ange courut vers elle et la rattrapa.
Elle saignait.
Elle était en train de perdre connaissance.
Ses vêtements commençaient à être imbibés du fluide rouge qui s’écoulait de son corps.
Elle la posa lentement devant elle, posa sa main sur sa blessure et cantonna une formule.
Le sang restait mais la blessure se refermait peu à peu.
Une certaine chaleur se dégageait de sa main.
Elle ouvrit les yeux peu à peu.
Elle vit le visage pâle d’Ange.

— … Merci…
Dit-elle d’une faible voix.

— Comment te sens-tu… ?

Elle tenta de se redresser, par réflexe elle toucha sa blessure qui avait disparu.

— … Comment ?!

Elle se tourna vers Ange qui la souriait gentiment.

— C’est à moi de te remercier. Tu m’as sauvée.

Elle se rendit compte de l’heure.
Elle enleva sa cape et la posa sur le dos de la jeune fille qui était sans voix.

— Merci encore, accepte ce modeste présent. Est-ce que ça ira ?

Je m’excuse mais je dois partir.

— … Comment appelles-tu ?
— Ange. J’espère que nous nous reverrons dans d’autres circonstances.
— Ange… ? Je m’en souviendrai … Hélène. C’est mon nom.

Elle lui adressa un dernier sourire avant de partir furtivement.
Hélène resta encore assise avec la cape sur son dos qui était d’une agréable tiédeur en cette nuit agitée et froide.

Ange partit en trottinant.
Le temps était passe trop vite.
Elle ne devait pas rentrer trop tard ou on risquait de découvrir ses escapades nocturnes.
Elle avait des sueurs froides.
Un tâche rouge commençait à apparaître et s’étendre sur son flanc droit.

Elle arriva à la cascade, sa respiration était sacadée, elle se raffraîchit un instant le visage dans l’eau glacée.
Elle passa derrière le rideau aqueux.
Elle posa sa main sur une paroie de roches, l’autre main sur une autre roche que sa main traversa, elle s’avanca et traversa la paroie pour arriver dans un autre lieu.
Il faisait encore nuit.
Son sang commençait à couler le long de son flanc jusqu’à sa cuisse. Derrière elle, elle laissait quelques gouttes rouges.
Elle arriva enfin devant chez elle. Tant bien que mal.
C’était en plein milieu de la nuit, personne ne devait être debout à cette heure-ci.
Elle ouvrit la porte lentement et silencieusement. Elle monta dans sa chambre en faisant le moins de bruit possible. Elle entra dans sa chambre et lâcha un long souffle de soulagement. Elle n’avait croisé personne.

— Où etais-tu ?
Murmura t-il.

Son frère se tenait dans sa chambre, derrière la porte. À sa gauche. Il la fixait les bras croisés et semblait contrarié.
Elle sursauta.
Elle se tourna lentement vers lui.
Il la dévisagea en attendant sa réponse.

— Je… J’étais sortie me balader… ?
— Tu ne me feras pas avaler ce mensonge. Je t’ai cherchée dans tout le village.
— …

Elle souriait bêtement.
Elle n’en pouvait plus, elle avait besoin de s’asseoir, ou de s’allonger.
Elle ne savait pas quoi inventer comme autre mensonge plausible, la douleur occupait toutes ses pensées.

— Tu étais sur la terre ferme ?
— …

Elle détourna le regard.

— Où est ta cape ?

Il venait de remarquer qu’elle était revenue sans sa cape. Il l’examina de plus près. Ses yeux s’arrêtèrent sur une tache sombre sur le haut de sa soeur.

— Mais tu saignes !

Il s’empressa de s’approcher et de vérifier de plus près.
Elle paniqua et l’empêcha de regarder. Elle l’écarta.

— … Ce n’est rien, ne regarde p-

Il prit la main gauche d’Ange dans sa main droite pour la tenir et l’empêcher de s’éloigner.
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’elle se sentit flaibir et ses jambes cédèrent sous elle.
Heureusement que son frère la tenait par la main, il la vit perdre connaissance et la prit dans ses bras.

— Hé, ça va ?! Ange ?

Ils continuait à parler à voix basse pour ne pas réveiller leurs parents.
Elle ne répondait pas.
Elle avait perdu trop de sang.
Il la porta jusqu’à son lit et regarda de plus près la plaie. Il souleva le haut jusqu’à voir une ouverture sur son flanc droit, toute fraîche, non traitée.
Il s’alarma.
Il regarda le visage d’Ange.
Il fallait recoudre cette plaie, elle perdait de plus en plus de sang.
Il posa sa main droite sur le front d’Ange. Elle avait des sueurs froides et commençait à avoir un peu de fièvre. Sa respiration était faible.
Il se dépêcha d’aller chercher la trousse de secours.
Il sortit les bandages, une aiguille et du fil désinfectés.
Il fallait recoudre la plaie pour éviter la grosse hémorragie.
Il coupa le fil avec ses dents.
Il enleva le haut d’Ange et épongea une grosse partie du sang avec.
Alors il put appliquer les bandages tout autour de sa taille. Pour l’instant il ne pouvait pas faire plus.
Il enleva aussi la jupe d’Ange qui était un peu tâchée de sang.
Il la reprit dans ses bras pour la mettre sous la couverture.
Elle avait besoin de repos.

— Tu ne t’en tireras pas si facilement… Tu n’éviteras pas mes questions de cette manière !

En réalite il était plus qu’inquiet.
Il se rassurait du peu qu’il le pouvait.
Il rangea la trousse et mis les vêtements tachés de sang à laver.

Son regard se dirigea vers le sol.
Il y avait quelques gouttes de sang dans toute la pièce.
Ça devait en être de même dans la maison.
Il essuya les gouttes de sang.
Ceci fait, il retourna dans la chambre de sa soeur et s’assit à côté d’elle et la veilla jusqu’à son réveil.

Quelques heures plus tard elle rouvrit peu à peu ses yeux et commença à reprendre conscience.
En tant que guérisseuse sa constitution était faite de sorte qu’elle récupère beaucoup plus vite des blessures que la normale.
Il faisait nuit, elle était allongée dans son lit, elle ne se souvenait plus trop bien de ce qui s’était passé.
Elle se souvint que son frère voulait l’osculter de plus près et qu’elle avait finit par perdre connaissance.
Sa vue était floue.
Au bout de quelques secondes elle put distinguer un peu mieux sa chambre.
Son frère était assis dans un fauteuil à sa gauche. Il s’était assoupi.
Elle toucha sa blessure de sa main gauche.
Il y avait un bandage. Elle se trouvait en sous-vêtements.
Son frère avait dû la déshabiller et lui appliquer les premiers soins.
Elle ne put s’empêcher d’être embarassée.
Elle saignait beaucoup moins, il l’avait recousue. Un peu de sang s’était répandu sur les bandages.
Elle tenta de se redresser en s’appuyant sur ses coudes.
Le bruissement des draps, de la couverture et les vibrations du lit le sortirent de son sommeil.
Il se précipita sur Ange.

— Ne bouge pas, rallonge-toi !

Elle se rallongea, faible.

— Ne force pas ou ta blessure risque de se rouvrir.
Il ne le montrait pas mais il était rassuré qu’elle se soit réveillée. La blessure n’était pas jolie, mais il semblait qu’elle avait récupéré plus vite qu’il ne l’aurait cru.
Il avait eu peur que ce soit trop tard. C’était bien la première fois qu’il voyait sa soeur dans un tel état.
Des larmes de joie apparurent aux coins des yeux. Il les essuya du rebord de sa manche.

— Ne me refais plus jamais une telle frayeur !
— … Sylvain… Je suis… Désolée.

Sa respiration était restée un peu sacadée.

— Explique-moi ce que tu faisais sur la terre.

Alors elle lui conta, lentement, ce qui s’était passé.
Elle avait voulu rentrer le plus vite possible pour que sa sauveuse ne se rende pas compte qu’elle avait prit la blessure sur elle et qu’elle s’inquiète. Et puis elle devait rentrer pour récupérer et pas s’évanouir dans la forêt.
La cape offerte parce que par sa faute, sa sauveuse avait son haut complètement abîmé.
Après un long silence du côté de Sylvain.

— Je vais prévenir maman et papa. Repose-toi. Je vais dire à ta classe que tu as attrapé froid.
Ils n’ont pas besoin d’en savoir plus.

Il s’approcha d’Ange, lui serra la main et posa un baiser sur son front.
Il jeta un dernier regard derrière lui avant de quitter la chambre d’Ange.

— Merci…

Le lendemain matin, alors que Sylvain avait à peine fermé l’oeil de la nuit, il expliqua la situation à ses parents.
Son père semblait un peu énervé contre lui même, de n’avoir rien pu faire pour éviter cela, mais il n’y pouvait rien.
Sa mère réussit à canaliser la colère de son époux.
Ils décidèrent de garder ça entre eux.

— Où est-elle ?
Dit son père inquiet.

— Dans sa chambre, elle se repose. Je lui ai déjà donné les premiers soins. Il faudra juste changer les bandages… J’y vais, je vais être en retard.

Son père et sa mère allèrent tous deux dans la chambre d’Ange.
Elle dormait à poings fermés.
Il s’avanca le premier, prit la main de sa fille et s’excusa de n’avoir pas été là pour la protéger.
Il l’embrassa sur le front.
Il serra fort la main de sa femme.

— Je te laisse t’occuper du reste Myra…

Il sortit.
Sa mère alla à gauche du lit et souleva la couverture pour voir l’ampleur de la blessure.
Ça avait un peu saigné durant la nuit.
Elle retira le bandage. Il avait été appliqué avec soin.
Les bords et quelques centimètres avaient déjà fini par cicatriser, il ne restait que quelques marques de couture.
Cela restait une grande ouverture.
Elle imaginait la taille originale.

Elle caressa de sa main droite le visage d’Ange.
Tristement en pensant que sa fille ne se rendait pas compte du danger qu’elle encourait, à prendre ce genre de décision.

La trousse de secours était sur la table de chevet. Elle put changer les bandages sans problème.

2012.06.19

3 réflexions sur “Incident

  1. james dit :

    Elle était à terre deux fois de suite: « Elle était à terre et se tenait le ventre », « Elle était à terre, regardait avec désespoir »
    « enfonca son épée »: « enfonça » avec une cédille
    « pour pque sa sauveuse »: « pour que » dans le p
    « et pas s’évanouir dans la forêt. », j’aurais écrit « ne pas », mais bon je chipote
    « La cape offerte parce que par sa faute, sa sauveuse avait son haut complètement abîmé. » pareil je chipote, j’aurais écrit « car par sa faute »
    « Elle put changer les bandages sans problèmes. »: « sans problème » sans s à problème

    Il me semble que tes persos sont souvent très altruistes et pensent d’abord aux autres avant eux, comme par exemple ici : « Elle avait voulu rentrer le plus vite possible pour que sa sauveuse ne se rende pas compte qu’elle avait prit la blessure sur elle et qu’elle s’inquiète. »
    Et si son frère ne l’avait pas attendu sur le pas de la porte, qui sait ce qu’il serait advenu d’Ange.
    Lorsque son père arrive, et qu’Ange dors à poings fermés, il la réveille juste pour s’excuser ? Il aurait pu la laisser dormir 🙂

    • Ah, j’ai p’tre écrit deux fois de suite qu’elle était à terre pour insister sur ce point.
      Ou tout simplement, parce que j’avais oublié la première fois.
      Je sais que j’ai un gros défaut de vouloit économiser des mots, et du coup le « ne pas » saute régulièrement, systématiquement, alors que je sais que dans un vrai texte bien écrit, il faut le mettre.

      Dans le texte, le père ne réveille pas sa fille, puisqu’elle dort d’un sommeil très lourd.
      En tout cas, c’est ce que je voulais dire , sinon ça aurait été un peu méchant de la réveiller juste pour s’excuser.

      • james dit :

        ahh ok, quand je lis « Il s’avanca le premier, prit la main de sa fille et s’excusa de n’avoir pas été là pour la protéger. », il s’excuse en la laissant dormir donc

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